‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 456 sur 494 · CHAPITRE CLXXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXXX

Comment messire Guillaume Rolin abandonna le pays du duc ; et du basUrd Baudewyn -, et comment le comte de Warwryc mil bors delà prison le roy Henry d'Angleteire contre le roy Édourd.

Tout le royaume en ce temps-ci estoit plein de murmures contre ceste maison de Bonr-^ gogne ; et parcevoit Ton à Tœil comment le roy , du long et du lez , et à longues traites suptilla sa ruyne , aveucques ce que le duc ) de soi mesmes en estoit assez cause , par trop cstre roide et dur à ses gens en diverses ma nières non apprises , par espécial aux nobles hommes , lesquels il maintint et voult asservir en eslroiles servitutes : comnie de l'audience où il failloit cstre enclos trois fois la sepmaine, comme à ung sermon; et puis es(re subgectà toutes autres ordonnances du vespre et du matin ; et se d'aventure il chéit à mesprendre à qui que ce feust , en cas encore dispensable , si convenoit-il encore porter correciion volontaire ; et parquoi beaucoup de gens de bien s'en tannèrent et en devindrent tous

frois. Si le seut bien le roy ; et lui estoit ceci

ung grand fondement, ce ly sambloit, d'avoir

' une fois de cestes gens beaucop devers ly, en

confusion de Taultre qui à peu de bienfais et

' à roidement les traitier les voult tenir serfs

' encore et en grand crainte. Or avoît novel-

\ lement abandonné les pays du duc de Bour-

' gogne , messire Guillaume Rolin , seigneur

' de Beauchamp , fils jadis au feu grand clian-

celier et très fameux , le chancelier de Êour-

gogne , pour ung procès qui lui avoit esté des-

jugié , et duquel il avoit appelle en parlement

par doléance de tort , et de quoy le duc cour-

roucié prestement , comme d'injure à lui faite,

confisqua toutes ses terres en Bourgogne ^

monlant à grand somme de deniers par on ,

car moult grand seigneur estoit et rice ; elle

BOURGOGNE.— IIP PART. 470

despouilla de tout quanqu'il avoit d'offices et destat , tant en sa maison comme ailleurs , et les conféra à autrui. Si en ot dueil ledictcbe* valier, et lui despleut moult ; et ne cessa point pourtant de poursievir son appel ; et s'en tint coi en France ,'^où aultres après le sié virent. Or y avoit-il en ce mesme temps ung che-* valier en Tostel , qui repairoit sous l'aisné bastard de Bourgoigne , seigneur de grand sieute , et se nommoit messire Jehan de Chassa. Cestui estoit ung gentil , galant , rade chevalier et bien à ly ; et avoit fait armes en Angleterre avecques ledict bastard. Mes estoit de petite chevance, et de commune genlillesseï du comté de Bourgoigne toutes-fois,', et de grands beubans plus qu'à son appertenir ; et dont la puissance ne pooit porter le coustage, que tousjours contiuuoit par faire autre tel que les grands. Si advint que cestui chevalier, an après autre , soi confiant sur le bon temps , et tirant toujours avant en sa manière apprise, accrut et fit diverses grandes debtes en l'ostel du duc aux uns et aux auttres, et dont enfin il convenoit faire raison ou au moins monstrer visage et respondre aux créditeurs par consentement; laquelle chose lui estoit dure; car passoit et excédoit la somme sa faculté et pooir, par nombre de milliers; et de quoi tous les jours il estoit en vergogne de respondre à ceux qui le poursievoient , attendu que la puissance n'y estoit point , ne le tour nul d'en savoir bien faire , pour ce que la court ne le portoit point , ne le temps aussi ; et ly aussi ne i'avoit point de ly-mesmes. Or estoit il gent chevalier et de grand corage , et avoit vescu hors du pays , tant en la [Barbarie comme es Espagnes et Ytales , et avoît honestement voyagié en divers lieux jusques à en rapporter bon nom et bon los /avecques assez savoir , et bien soy monstrant partout. Si se trouva assez en bruit en tous les meilleurs, et homme de mise. N'y failloit fors que sa puissance ne se trouvoit à la mesure de son corrage. Si murmura longuement en sa fortune , qui lui estoit escharse , ce lui sambloit , et le tenoit en dangier de ses créditeurs qui le bariolent , avec pluiseurs autres mincetés en son estât. Et voyant comme ceste maison jà dhëoiC <» m^*«^ *•*» «-«emi , et que

leroyw^ Bede-

GEORGE cnASTELLAlN. *

■vers ly , et leur donner grans dons ei f^aiis bieiis,finablemenLconclut d'y aller et de soi rendre au roy. Et do fait y alla et fiu rcceu el joyeusement bienveignc ; et lui fit le roy des Liens . et lui donnu eslat et pension , et bien l'entrelint et lui (il grande cliière ; ei dont la conséquence après tourna à plus grand cffect et de plus malvatse importance comme vous orrez.

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