CHAPITRE CLXXXI
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France , el lui ï n n se il econi-
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Est vrai que en 1 o el de p n 1 1 stard de Bourgogne .comte de la Roche en Ardenne el premier cliambrelenl du duc Charles , avoit ung escuyer natif de Bourbonnois ; et se nommoit .Telian d'Arson , homme très adroit el vaillant en armes, mes en aullres endroits non pas de si grand pris ; et lui mît-on sus cpi'il esloit broulleur et séditieux en son repaire. Icestui Jehan d'Avsun estolt fort acointé et privé avec ung assez jeusne, ung autre baslard de Bourgoigne, nomme messire [Baudcwyn deLille.soy tenant avecques son frère le grand baslard. Et ainsi comme jeusnesi^ens en longue hantise se devisent de muult de clioses aulrunes fois, et non loiiies utiles, entre ces deux icy en avoit de couvertes et eslrangos dont on ne se doubtoil poiulj mes longuement les tiadr'ent closes, comme il parut.
Or estoitce messire.Baudewyn de Lille, fier durement ei de grand cuer, quoi et couveri de corrage , mes poignant et aspre en parolle. Avoit eu bon temps et de grani espoir, du temps du bon duc Philippe son père, bon et grand entretenemcat sans sorvitute cl sans nuls apparans dangieis. Dont maintenant , quant il vit ce bon duc trespassé, qui cstoil pèi'e de noblesse et de toute bénignité et solas, et véoil le temps du présent esii'e tout autre , tout dur et eslrange envers l'aultre passé , et que nouvelles gens esloient eu cours, et le maistre, de novelle dure modo, lenanl ses gens serfs el soubs verge et cremeur, avecques aullres couvertes doléances peul-cslie
qu'il avoit en cuer, se tanna, fait à arguer, de la maison ; et voyant que au monde n'avoil lieu là oîi mieux se pooil retraire qu'en France devers le roy, condescendit bien d'y quérir entrée céléemeni , et par moyen d'icellui d'Arson qui lui sambloit homme tout propre ù ce faire , parce qu'il mesmes estoil de France, et congneu en court , et da roy el de tout i et qui plus est, et qui bien y siet estre dit, ccstui Jehan d'Arson mesmes qoéroit l'eslongne de ce duc Charles et de soi relraire en France, sa'propre. marche, ne sai à qnel lîltre , ou juste ou non ; mes tant en avoic-ja bien ouy dire que broulleur estoil et pt^rilleut homme ; aussi le monslra-il bien. Or advint que pendant toutes ces devises et secrès progels enire ces deux , le duc Charles envoya ceslui Jehan d'Arson devers le duc de Bourbon, son beau-frère, qui se lenoit en la court du royi et en cependant ce Jehan d'Arson poursievoit en court les affaires de son mais- Ire, quiestoleut gruns eitouchoîentà messire Philippe de Savoie, que le roy n'amoit point, et aussi peu le duc de Bourbon, car estorent en pointe ensemble. Le roy accueilly fort devers ly ce Jehan d'Arson, et longuement par avant l'avoil assez cogneu.elsavoit bien comment il esloit assez IVaile. Eux deux donquea entre accouplés ensemble en devises, et leroy interrogant de lestât du duc Charles son maistre,el parfondement l'intertnant sur ddc chose et sur autre, fait à ymaginer que leurs devises esloient du mesmes aux personnages, dont l'ung héoil de tout son cuer le duc Chsrliis, et l'autre quéinit avoir maistre à poste, dont il se poroil refaire et retourner eD son bien.
Or esloit-il heure maintenant , ce samMoîl à ce Jehan d'Arson, de mettre en conte W messire Baudewyn, el de l'avancîep devers le roy, laquelle chose il fit; et le prononça ung gentil chevalier, homme do grand esioRe et de qui grand service se poroil traire, ce disoit. Si le print le roy bien en gré ; et dîsl qu'il cognoissoit bien le chevalier, el que voirement, s'il voloit venir devers ly, il lui feroilde grans biens et beaucopplus que là où il estoit, el de ce il pcust eslre tout asseir. Prioit pourtant à ce Jehan d'Arson que Inbovcr voulsist luui envers ledit Caudewya quo
la chose en venist à eflect, ainstost que tard. Or, ai-je dit que le roy héoit couvertement ce duc Charles; et quelque traité de paix qu'il y eust entre eux deux, ne cessa pourtant de machiner tonsjours en son grief et de voloir sa ruine, tant par peurqu^il avoitde ly d'en rechevoir plaie en son royaume aveucques le roy Eduard, comme parce que sa nature ne se pooit accorder à ce que de le pooir amer. Si s'en descouvry assez avant| audit d'Arson, et lui donna assez à cognoistre comment il désiroit bien d'en pooir estre quite par ung bout ou par ung autre, ne lui challoit comment; mes désiroit bien à trouver personne et moyen comment on le peust expédier, et que de ce il en peust faire la ré(!ompense aux facteurs, à la grandesse de la cause , et là où il pooit cheoir ung grand inestimable butin et le plus grand du monde , parce que ce duc Charles n'avoit nuls enfans , fors une seule fille. Parquoi, quand il seroit failli par mort , ses pays iroient tous estrangement , et se dessevroient par pièces et par morceaux en diverses mains, et desquels il voloit satisfaire et rétribuer en condigne porcion ceux qui en ce l'aroient servi. Si pleut moult la parole du roy audit d' Arson , et par les approches que ledit roy lui avoit fait, lui sambloit bien aussi que le cas estoit conduisable , et souverainement par le moyen de messire Baudewyn , dont il congnoissoit le coiTage, et s'en faisoit fort.