‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 458 sur 494 · CHAPITRE CLXXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXXXII

Comment Taucteur traite ceste matère bien à dur «t envis , qui fait mention du roy de France , qui tacitement marchandoit de faire morir le duc.

Je entre ici en matère de grand charge, «t qui fait à doloir et à plaindre durement, en si haut homme que d'un roy, soy consentir en si laide œuvre que de voloir faire tacitement morir ung sien prochain parent, frère jadis pa ir mariage, son pacifié solennellement par veii, par serment, par contract et accord des prii ices de France et de tout le parlement, et ps ir scellés et instrumens si estrois et si authenti ques comme pour tout le monde y estre con ipris dedens et sauvé. Mes quand je regarçle

et considère la condicion des princes de la terre, comment en ce dont ung povre noble homme feroit grand pois et grand refus de le commettre, eux, plus encore sont grans, moins encore en font estime et dangier, et leur est aussi peu horreur de grand vice , comme il leur est^amour ne honneur à vertu , certes je me rappaise moi-mesme ; et par le naturel et commun usage de leur vie, je retire monammiracion de leur abus , et conforme auques près comme par une maxime : que tous grans princes coustumièrement sont à mal donnés aujourd'hui ; n'accontent à reproce|de malvaise opéracion, et ne font festedeloenge qui est acquise en vertu; retirent leurs ieux de arière de Dieu, et en vanité temporelle tant seulement posent leur corrage ; vivent plus à eux-mesmes et pour eux, en leur privé appétit désordonné , qu'en soing ne en veille en conunune salut, qui est cause de leur seigneurie ; sont plus grans que autres hommes, et plus dignes en leur estât, et tels veulent estre maintenus ; mes sont moindres et plus obscurs en bonnes meurs et vertus ; et ne reçoivent pourtant nulle vergogne , car ne cognoissent nulle correction sur eux ; sont hors de toute répréhension, ce leur samble, et non serfs à nulle loi d'hommes; et se Dieu recognoissoient à desseure de eux pour les jugier, si diffère-il ceste vengeance jusqu'au'grand jour, dont Tentre-deux pora porter avis. Ainsi, hélas! se contiennent-ils et se desvoient en la grâce de leurs biens, et en la vanité de leurs honneurs, enivrés en péchiés et desriglemens, et tous taris et séchiés en bons exemples et en loables conversations; couchent encortinés du feu d'envie , l'ung sur l'autre, et dorment en lit de machinacion perverse ; veillent en ruyne 'et en efiusion de sang par fraude , et songent en turbacion du povre innocent peuple, sans pité et sans miséricorde; n'accontent à irriter Dieu ne de le traire à ire , mes que leur appétit puist estre accomply ; préfèrent leur affection devant lonneur de Dieu, et privé plaisir devant salut universe; font feste des malvais, malicieux, engigneux, vicieux , corrompus , gens reprochables et damageables , et en font trésor et estor, et les tirent emprès eux ; et les sages et preud'hommes bien doés et bien morigénés , clercs et

luisans, et de ffrand parement, et de fruit, et de salut, ils boutent en arrière, et ne les ac- CQOtent; et aux samWablcs à leurs dolorcuses inem*s viciieuses et natures ils s'adonnent et ajoingnent, et là s'arestent et adlicrent. Dont certes, ce poise moi , eî m'est grand doleur de tant 4'^^emple$ que j- en donrpis bien , et dont h vérité se preuye 4 l'œil ; et en est; la digmlé des princes laidement obscurpip , et YisfïàRviiè de la phosc publique dur.eïfient blessée et mal mise* .

Ici ff If r^pftcjir vxtp généRle oWïirgation à TenpQ^trç Dl^icûps iip{)les et autres qui vicieusement viyept. ..

fH ce^te génénilité que je mets sur tous les pinces, et dont , à là vérité, on cognoit à Toeil ,ce qui y est , je n'aecpse nullui ne ne donne cliarge par exprès, fors d'autant que chqîcun en soy-mesmes et de soy peut jugier ce qu'il y a de cpulpe; et ne m'eçt ne haine ne amour envers nulluy, cause plus de Tungque de l'aultre. Tous me sont honorés et recommandes, amé$ et doublés; mèsamèrepaentme tient et fait çrief , souverainement en ce royaulme , que de tant de nobles vaillans princes , homr]nies aisés de corps et doés de vertu, d'entendement et de sens, j'ay si peu de cause de e^riprc pn habite recommandacion. Mes ce que je plains et ce qui m'est dur, c'est que je me trp^y.e coniraint, se je veuille satisfaire à ce que leç temps portcnî et rendent, que je moul)p ma plumé en leur honte et opprobre , et ejf détester leur odieuse maulditc vie toute enténjûtfréc de confuse laidure, acharnés Tung sur l'auUre, comme tigres ramages que seule seççuali^é féroce conduit sans entendement envers le ciel ; et souffrent le divin opprobre multiplic|r et croistre ; la foy cresticnne succomber et cheoir devant leur nez , en poilucion inlidèle ; reniiomi de Dieu prévaloir sur Téglise, et les prochains (mvirons de France gésir en prochaine menact; de perdicion ; et n'y ac(mtenlncne s'cndeullent. Ains, ce dont deussent servir Dieu, les torribles pratiequées

puissances des vuillans iiommcs; leurs iimom-

GEORGE CHASTELLAIPJ.

brables et excessifs deniers et argens que ils rapinent pi prendeni sur le pov-^c menu peuple, leurs sens , leurs entendemens , et toute leur industrjjB ^ tout ils l'exposent au scnnce de l'epfieiqi, tout le cppvertissent en excitation de çJlYinp ire ; et veuillons miner et déchirer l'upg l'aulfre aux dpns et aux ongles , comme chien? f obis, ne yeulept que perdre et désoler le jnonde , et fajpe lucre et donner joye au deable ; et infoment et diffament Tung l'aultre; jet se publient et se font prescher inhumains tous qeu?; et se scandafisent es malignités volontaires, et dont le ciel mesmes les reboute eit conf ule ; et de quoi tout le monde se doibt plaindre, auand dignité royale et princiale est îi à bas venue, que; d'estrp cntéchie de tels vices. Dieu y pourvoie! ,

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