CHAPITRE CXCII
Comment le duc de CUreote aida à persécDier soa Trère le roy, el àcn beodes qui sounlireiit en Atigloicrra pnlra les seigoejrsel peuple eoniniun.
Que feroye-je long conte de ceste malère , qui est toutte pleine de brouillis, etori^jinellemenl et en fons conduite de vicieux personnages, et soubs une estrange reddition et sauvaige importance de temps non vcupareil.^ Le roy Loys de France se délitolt en la malice du comte de Warwyc, lequel toutes-fois il cognoissoit bien que point n'estoit bien sain de ventre et de nez, et si en avoit faîl «on frère d'armes; et Warwyc savoit bien aussi les belles meurs et condicions da roy, aussi aveucques tousses littres; cl pour ce s'accouplèrenl-jis ens;imble,el firent de deux natures, anciennes ennemies cnsamble l'une à Tanttre, ime soudure et conjonction di^shonnesie, pour faire encore malvaise euvre. Mesmes le duc; de Clarence, frère au roy Eduard, se porta contraire encontre son fi-èrc , pour avoir la couronne ; et contre nature el contre honneur , l'aida à persécuter aveucques Warwyc; mes enfin, et ne demora j;aires que division ne sourdist entre Wannyc et ly, pourlaprémrnenceenauctorité, et pourquoy le fait de Warwyc en devint moindre; et sourdircnt tant de bendcs eu ce temps-cy en Londres , et par le royaulme et ailleurs, (jue tout y cstoit lempestc et malédiction, qui jamès n'en puist vidier , doint Dieu ! mais qu'il y eust paix en France I
0 digne, glorieuse France, sainte chrestienne maison , refulgent sur toute .la terrée et que diray-je de toi maintenant, 'et quelle narration feray-je de la fortune d'aujourd'hui, quand cely qui gouverne ton tbrone et occupe le lieu de ton ancienne splendeur, et en quoy tu précèdes et survoles toutte autre uacion , ly ,*le plus diijne du monde et le plus noble eu temporel estât, et qui doit porter cuei-
d^aigle et nature de lyon , et ajouster sur ses nobles vieux pères de jadis aucun nouvel
acquest de cler tiltre, s'est allé conforter, CHAPITRE CXCIIL
et associer soy, et évoquer à son frère d'arroes, ung Anglois, un homme forfait encore, et sursommé , de bas estât et tout despareil emprès ly^ ennemy de sa corone et de son estât, et ami tant seulement à terme et à fiction et à flatterie ; et tout pour une honteuse malvaise fin envieuse, qui est de desfaire la maison de Bourgoigne , qui par tout temps du monde toutes-fois a servi et reconforté la maison de France^ dont elle est membre , sinon depuis les maudites divisions qui y sont venues , et là oii de France , originellement, est sourse Tenvie contre elle, de sa gloire et de sa force ?
0 roy Loys , peu prises-tu de ta dignité et ton glorieux estât , qui vaux à estre requis de Tempereur et prié pour estre son frère d'armes, et tu requiers par flatterie et à fainte vicieuse fin ung porc-sengler sauvage, de nacion et extraction inhumaine , et là où il n'y a fors brutal orgueil , crudelité , viles meurs et nature , ramage sans foy , sans loy et sans quelque vertu , sinon de faire grief au monde ! 0 roy Loys , tu ne peuls ignorer quQ tu feis aller au devant de ly les processions solennelles de Ruan , et tout Testât de ta maison, comme au devant de l'empereur de Grèce. Se tu argues que tu le fis à fainte et à cautele , tu te juges toi-mesmes que tu es ung homme faint et* double , et que tu as tendu à déception; et se tu demonstres que tu Tas fait à fin de fruit et de salut de ton royaulme , tu te monstres ignorant doncques en savoir faire et lessier à point, quand tu excèdes mesiu*e des appertenances. Certes, tels honneurs fais à tel homme sont dérisions à qui les rechoit , et à cely qui les fait tournent en confusion aussi, et en tient Ten moins de bien ; si est pité , et je le récite à plainte et à regret , quand le noble royal sang de France d'autant se défigure et forligiîe que de condescendre à .telles basses menuetés et ordures, et tout par envie Tung sur l'autre en dedens eux-mesmes, et pour se desfaire et escandeler , par pieurs encore et plus malvais que eux , leur propres anciens ennemis.
Ici parle Taactear uog pea des moeurs et estraogm fâchons de faire dudit roj de France.
Ceci ne dis-je point toutefois en charge du roy , pour parer le duc Charles , ne que je désire à condempner et déturper l'ung en sa cause, pour embellir l'aultre; car dur m'est et amer que les temps et les personnes ne rendent ainsi que j'en puisse escrire en grand los, et que leurs fais ne se comportent entièrement à vertu, aussi-bien comme ils les tournent ambe-deux à désolacion du monde; c'est ce qui m'a donné et donne cuisance en cuer, et que les nobles excellentes personnes , introduis de la foy et des divins exemples n'entendent pareillement à haultes nobles ouvres, en ensievant leur estât, comme ils font à toutes choses de ruyne et de reproche, pour obéir à leurs vicieux corrages. Une chose est, sévérité se seuflre escrire : ce roy Loys ici , sans touchier à sa conscience ne à ce qui estoit en Tomme par dedens, avoit beaucop d'estranges fâchons de faire , non de grand pris par dehors , et lesquels estoient si patentes et si communes , que mesme tous les princes de France s'en doloient , et non moins les petits subgects. Et depuis tout le temps qu'il estoit devenu homme , on lise et quière ses fais , ses condicions et ses meurs , Ton y trouvera plus de trouble beaucop que de cler ; Ton y trouvera sédicions et ruyne partout où il est venu , vie voluntaire et desréglée, et qui s'est servi de maisnie de meismes, plustost que des bien moriginés. Son père , le roy Charles , en iaisoit bon accroire , qui , par bien le co« gnoistre , lui donna tous sestiltres; Dieuscet comme fais !
Se doncques je déclaire ce que j'ay vu en Thomme , par condoléance et non pas par hayne , et que je i^omplains ses vices et povretés , dont tant de maux ensieuvent et tant de turbacions au peuple , et que je cognois et sçay qu'en ce faisant je ne pèche point ; et qu'il n'est point perpétuel, ne que moy; et que des roys d'Israël, «» ••r *^«^ . on a
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