‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 469 sur 494 · CHAPITRE CXCV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXCV

Comment ledit côtnte leVa ^atts géiw sôtis le nom dfe Edaard , et qnel ItijCIice ièellQi coitftélusolt^ et toinment le roy en fut aTerti.

Or venons à ce bon prendliomme icy, ce comte (1). . . . .qui avoit reccu mercy

(i) DeMoQtaigu, sans doute.

et respit de mort en la bonté de son roy, et lequel il avoit reconquis de rèchief plus sien qu'oncqiies et plus son entier et son bonfiable. Le roy Itii âvbit baillië charge de son avantgardé, et requis dé lever gens éh plus grand nombre que poroit, et de venir atout devers ly, aiiis tost qiie iai^d; car votoit aller résister au comte dé Wairwyc en ses entreprises. Si l'àgtéa llbéraièment. Et de fait leva grans génS et puissans soiis le pom dé Ediiard et de l*àller servir. Et iceulx menés pat Ijf Jii^ù^îiiiptésou éstditËduard, ehcéineismes châsleau (1) où le roy tlichârd èstoit mùrdri, Ce comte ici , en qui Ëduard se fioit , fit iirtester ses gens ; el tournant visage envers ëtih, il les comnienclià à arraisonnée, et dire ainsi :

» teelssêigneulr's, nous sommes ehsahiblé ilnë bëllfe compagnie de gens j et poohs faire , ce liiô sdîiiblë, né sais qiioi de grande s'il cbièt S poifit. Qiié diles-voiis? Ëaites-moy sage dé vosti*e cot^ràgë et de vos volontés. Maintenant il ë^t heure et besoing de le savoir. >

^i fut rëspdndu alors d'une dommùhë vbi5L : « Mohsèigneiir, notis sommés venus et esmeus aveucques vous, et sommes toiis conëliis de faire tout ce qu^il vous plaira nous obdonher et commander. — Par Sainl-Thoiliàs , ce dist i'aultre , alors je suis doncques poiir Henry de Lâncastre, roy d'Angleterre; et si veulx maintenir et soutenir sa querellé.» Et ëèmnlencha à dire : «Vive le roy HefaryU Et tout ce peuple après , et en l'instant , cria tous ensemble : « Vive le roy Henry, roy d'Angleterre ! » Et là s'arrestèrent sans aller plus ayant; et prirent logis en contraire du roy Ècliiard, qui s'attendoit ^à eulx de les avoit pour ly et en son aide : ce que point n avint. Ëtèn fust dolentement déceu.

Or prindrcnt conseil eiisamble sur ce qui cstoit de faire au surplus pour meilleur esploit, et se porta aihsi Tavis: que d'une traite on allast là où cstoit Eduard tout à la haste pour le prendre, et de le saisir au corps; car n avoit comme nulles gens aveucques ly poùt* le deffcncire. Et de fait fut délibéré d'y al- 1er. Or en y avoit-il un^jen ceste compaignie, lequel voyant la mah uiselé du^ comte , qui

(1) Conway-Casile.

GEORGE CHASTELLAIN

frère estoit à Warwyc ^ et en qui le roy Edoard toutes-fois se confia sur tout aultre, et estoit jà tourné nient-moins en son contraire, subtilement s'embla de la compaignie ; et à toute baste s'en alla vers le roy £duard, pour Tavertir de ceci, et pour le garantir; car abltrement le véoit ou pris ou mort. Si vînt jusquesà lui^ et lui conta la manière comment

le comte (1) estoit tout au plus

près de ly atout {p*ans gens ; et estoit tourné du parti Henry de Lancastre, prisonnier; et venoit devers ly pour le prendre ou tuer, ou pour le livrer en la main de son frère , le comte de Warwyc. Si Foyt le roy et le vit, tout effirayé ; mes à dur voloit croire ce qu'il luy recorda ; ains respondy et dist : « Tu es ung laische ribaut tout effrayé, et as eu peur; et par peur, tu t'en es enfoy par une gabe qu'on t'a donné à entendre. Tu meismes porteras la punicion de la honte que tu mets sus à mon cousin le comte, qui ne me feroit faulte, ce sçay-je bien), pour soulErir mort. Et mescrerroie plustost tous ceulx de mon royaulme à peine que ly tout |seul. Par Sainct-George ! tu en seras mis en prison , et en aras à souffrir, si tu es trouvé en bourde. »

Or fit le roy monter à cheval prestem.ent un sien [escuyer, pour aller enquérir en toute haste de cestui affaire et comme les choses alloient. Si vint cest escuyer jusqu'où estoit ce comte, lequel il cuidoitestre bon et confiable. Et de fait vint aborder à ly tout à l'ombre de bonne foi , et ly dit les nouvelles que le roy avoit oyes ; mes ne les voloit croire ; et pourtant venoit savoir comment il en estoR. « Saint George! dist le comte alors, vous estes venu pour savoir de mon corrage ; mes vous n'en porterez point les nouvelles à vostre Eduard ; vous demorerez ici. » Et là fust détenu prisonnier, et n'ot loisir de retourner, car ne lui fut point souffert. Si s'argua Eduard en son long retour; et ne savoit point son empeichement; et par argu fil monter à cheval arrière ung nommé (2) Iiomme et seigneur d'auciorité ; et l'envoya jà seconde fois sur Taultre le premier, pour oyr vraies nouvelles. Et vint icellui , comme le premier avoit

(i) De Montaign.

(2) Lacune danri le manuscrit.

fait , aborder pleinement jusques aaditeomte, qui arrière le retint prisonnier, et a plus grand joie encore que l'autre , car estoit pour en tirer grand finance. Si luy fut le retour arrière empeiché pour avertir le roy Eduard; car ne tendoit-on qu'à le prendre au despourvea. Et toosjours marchoient avant cestes gens cy à intencion de vemr le surprendre. Et Eduard, voyant que nul ne retournoit vers * ly, et tout esbahy de ceste manière de faire , envojr^ la tierche fois arrière diverses gens k force pour savoir et pour enquerre. Et îceux sans aller bien loing et sans grandement tarder, vindrent corrans et affuyans à priemes vers Edoard ^ et lui dirent comment les choses alloient ; et que s'il ne trouvoit manière de soi sauver, et bientost, il estoit ou mort ou pris.

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