‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 472 sur 494 · CHAPITRE CCI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCI

Comment ces deux princes ne se pureni «nrqaei ucorder, lués y aïoil loujoure une aigrcui el tuw

, Enirc ces deux princes 'de loui temps j avoit rancune ; et quelque pucificaclon qui s'a pensi faire buy , demain tout revint et retourna en son premier estât ; ne vraie amMT s'y pooit former. Avoient conditions etmem incompatibles, et volontés loules discordantes. Et plus alloient avant les jours , el plus enchéoient en grana différens ensemble et es àésespérables aigreurs , plus toutefois l'nng que l'aukre ; l'ung dissimulant, et l'autre par semblant moins accon tant et plus soy descoovrant. Le roy, certes, esioil homme subtil et fabt; savoil reculer pour saillir plus loing; savdt faire l'umble et le doux à couverte fin , savoil concéder et donner pour recevoir au dotible; el savoit porter el soulTrir, à termo propre, grief, sur l'espérance de sa vertu, qui dutonl en lin lui poroil rendre veogeancc. Ainsi

j\m\ CimONIQUE DES DUCS DE BOURGOGNE.— III' PAKT,

ddnques estoît ce roy ici fort à craindre , à cause de son engin, le plus aj^u du monde, Et le duc Charles faisoit à craindre , ù cause de son grand corrage , lequel il descovroit et sambloii monslrer par effeci , qui de nul ne lenoil conte , ne de roy ni d'empereur j et quand ce venroit à la guerre aux Franchois , sise lenoit-il fier e. fort assez, aveucques son Eduard, contre tout homme, aveucques ce que ie cucr lui estoît fort eslevé , et ce qu'il avoit acquis de gloire contre eulx à Moi tle-Héry , et depuis en Liège , qui toutle succomba soubs lui en arsion et en glaive. Et ainsi doncques , comme le roy avoil sens grand et cauteie, et en usoit en une manière, ce duc ici avoit uDg aultre sens grand et d'aultre eflect, et en usoit en aultre médccine,comme j'ai dit; en dlssimulacion et en fainte , sup t'oy nte à cautèle de fruit, et l'autre en publlcque ostension de fierté , sans peur de me=preodre ; car oommeltoil à sa diligence et A son veillier , et la veue en tout et surtout , toute l'cllicace de sa fortune ; et cuidoit et espéroit , par son pootr et par son propre sens , parvenir à toutes ses précogitées fins, feust de paix, feustde guerre.

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