‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 475 sur 494 · CHAPITRE CCV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCV

Coitunent plusieurs Francbois {ilaignoieni fori Itcharg* , el tes grans Iris ilu ro; i]u'il outt de par Wamyc.

Le roy doncques soustenant Warvyc ii gratis liés, soustinl aussi le duc deClarence, frère au roy Éduard , et la ducesse ss femme, ensemble la comtesse de Warwyc et une sienne fille à marier. Et comme j'ay dit que le roy en avoit grand charge et frès de les entretenir sur ses bras, aveucques une grande multitude de famille et de gens de guerre, certes, plusieurs Fruncbois d' entour ly le plaignoieat fort et le portoieut à dur; premièrement, pouh:e que ennemi egloient anciens de France , malvaises gens , eC secondement pour ce qu'ils estoient geoa forfais , laiches et recrans , paillars, sans bon- ' neur el sans vergoigne, et prouvés puLlicquement ti-aitres encontre le souverain, seigneur et prince, l'ung cousin-germaia , et l'autre frère d'ung père el d'un ventre , béant iniquement à destituer son frère par bataille, Ift dont il estoit enfui confus. Ainsi doneques^ Francliois voyans que le roy en faisoit feste, el en poiloit grans frès, le portèrent à dur et à envis, et leur eussent volu avoir erevi les yeux. Mesmes le comte de Saioct-PDl, connestable de France , oncle de la reyue d'Angleterre , pour quelque roand que le roy : ' luy feist , oncques ne volt aller devers ly ne l'approcier , umi que Warwyc y esioii. Mes

GEORGE CHASTELLAIN

ly manda que , ponr perdre l'espée de France et tous ses bienfais, jàmès devers ly ne viendroil, lanl que leb^traitres y scroientl, et qui avoient fuît morir ses amis et purens. Normans aussi , tout au long des cosies de la mer , les maudissoieut de ceut mille malédictions , à cause du travai que porter leur convouoil jour] et nuit à rencontre de l'armée du duc, qui vaucroit par mer, et encontre laquelle îl leur convenoit jour et nuit faire guerre à hacques et à macques , de peur de descente amont des ports. Si en estoient à mal aise que merveilles -, car , ne feust Warwyc , de telle armée qui les travuilloil n'eust esté besoing , ce disoient.

: Or, entendez et oez quelles conclusions prinl le roy Loys, roy de France, aveucques le comte de Warwyc , deschussic d' Angleterre , car moult y a ici grand matère et estrange. Assez avez oy, seigneurs, comment Henry Ris de Henry le second, par le moyen de ce comte de Warwyc , avoit esté écrié à Londres et destitué de sa coronnc confusément et comme inutile et îoliabile de régner. Jh long-lempa avoit esté tenu en prison, en la tour de Londres , et Éduard , comte de la Marche, eslevé en roy; la reync Margriete, femme à Henry, chassée aussi dehors d'Angleterre atout son enfant , atout extrême confusion de l'ung et de l'au'lre. Warwyc l'uvoit fait preschier publiquement par Londres , et en la présence de la mère : comment elle esioit femme aboutie de son corps , et que l'enfant qu'elle faisoit accroire esire fils du roy Henry , estoit ung enfant de fornication , emprunté en péchié aveucques ung bas homme , ung baveur , parquoi n'estoil digne de succéder h coronoe ne à royal estât , comme tout à long à esté récité en ung anltre volume ici devant, sur l'expédition du temps d'aloi-s (1). Or est vrai que le roy Loys, visant toujours venir à ses fins , comme de desfaire le roy Éduard , qui estoit une mesmes chose aveucques le duc Charles , communiqua aveucques cely de Warwyc de relever la querelle de Henry , tenu en prison à Londres, et lequel, posé que innocent feust cl mal ydoine pour régner, si estoit

(1) Ce volume DiaiWiHi-,

touiies-fois le droit de la coronne "sien , par succession de père et de grand-père , sans que réi;né eust en Angleterre , et porté coronne par l'espace de quarante ans ; et estoit cousin-germain audit roy Loys , enfîins de frère et de seur ; parquoi la cause lut estoit plus juste de lui pourchascer son bien et son revenir sk son héritage , comme vrai estoit, se le movement à ce lui feust venu de pité et d'amour de nature. Que nenniP. car lui meut de caulèle, ce faisoil à conjecturer,* pour le roy (cduard bouter dehors d'Angleterre par ce moyeu , et faire (îommovoir tout le peuple contre ly, par une nouvelle criée. Dont , et comme cely de Warwyc cogneust et entendist bien que pour trouver son retour en Angleterre, dont il s'en estoît fui , il ne pooit trouver lîltre ne cause pour soi faire recevoir que ceste ; pour souverain espoir de loiit son resourdre , et pour faire confusion à Ëduard, prisi 'ceste querelle, sachant que une gnint part des nobles d'Angleterre , couvertcment et de tout temps icy portoienl favuur et là sus se reposoicnt. Kl en elfect , au partir d'Angleterre , ce comte de 'Warwyc n'avoil aulire tiltre ne espoir d'aller vers le roy Loys , sinon ceslui par lequel il pensoit jà tellement entroublcr le roy Éduard ;que le bon n'en demorroit p»Dt sien, comme il fit en efl'ect. El jà , de, longtemps par avant , de cy et d'aultres grandes choses le roy Loys et ly avolenl tenu leurs devises et fait compact ensemble ; car ledicl roy Loys, l'avoit de tout temps quis pour l'avoir devers ly, pardons et par promesses, pour ce qu'il véoit ledicl comte estre homme propre à ly, en cautèle et en divers moyens, pour estre instrument et tout propre homme pour venir par ly à ses lins , comme ît a esté trouvé depuis. ^^^

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