CHAPITRE CCVI. ^H
Giraïuent le roy Lovs, aveucqtiea tedit daWminfi pi'Rlic|iioit i]uc le JGuane EJiurd, flU de Hou? pri* «Hiiiier, prendioit ea mariage la teconde fltk de Warwjc.
Le comte de Warwyc donc prisI et esleva ce litlre aveucques le roy Henry en prison eu
Londres , régnant encore Liduurd, qui bicti
savoit tout et s'en léconfortoît nii possible. Dont , et pour donner cllccl à teste nouvelle querelle du roy Henry , et en asseurancc de son lils Eduard, estant uveuci|uos la reine Hargrietc sa mère par decbà, le roy Loys pratiqua aveucques ledlci de Warwyc : que le jeusae Ëduard, iils de Henry, prendroit en mariage la sedinde fille jouvenor dudict de Warwyc , à ceste fin que , par sauiblant , à ceste|cause tedîct de Warwyc : devroil tant plus laborer cy après en la resourse du roy prisonnier, et par qui , après cslre remis en son règne , la coronne retourncroit sur son lils ; et seroient père et fils remis en estât par ce moyen , et le roy Éduard déboulé et privé de couronne. Ce mariage doncques fut pratiqué entre le roy Loys et le comte anglois, et promisd'ung costé et d'aultre de le maintenir à bon; quoique toutefois ledict comte anglois , jà de piéça par avant avoit donné sa fille aisnée au duc de Clarence , frère au roy Ëduard, ù intencion delà faire reyne d'Angleterre. Et par ainsi maintenant, en ce second mariage dont le roy Loys' traite pour faire la querelle de Uenryetdeson fils bonne, c'est pour faire la fille maisnée reyne d'Angleterre aussi , et sur ung titre tout au contraire i par quoi il samble que ce comte anglois ià usoit et savoit user de merveilleuses trafiques et doubtesses , et que son honneur lui estoit de petit pois , qui de tant de fraudes et cautèles , les unes contraires aux aullres , usoit, et en France et en Angleterre, et toutes confuses pour ly. Or ai-je dit que ce mariage estoit mis en termes entre le roy Loys et le comte anglois ; mes grand fort y avoit pour le conduire , à cause de la mère , Margriete, que ce comte avoit déchassée honteusement dehors Angleterre et fait prèscher ribaude , maivaise lisse , et son fils à voulre, non fils de roy; et mesmes le roy soB mari fait mettre en prison ; et dont la plaie lui cuisoit tant, et non merveilles, que non jamès jusques au jour du jugement n'en poroit estre sance , ne tant te mettre en oubly qu'elle ne demandist justement et i\ bon droit la divine vengeance. Et par ainsi doncques fait bon A arguer de son costé . atiand on lui parleroit du mariage de s(h< fille d'ung tel qui tant lui estoit d
oITciiseur, le cas lui devroit bien sonner es- Irange , cl lui faire profonde plaie en cuer, par seulement en tenir parole. Toutes-fois, après toutes choses considérées, et pesées les grandes fructueuses fins qui en poroient naistre il la maison de France et à celle d'Anjou, qui icy estoit fort inicressée, Unt fut parlé et traiiié que ce mariage ciseferoit et se consentiroit du costé de la mère , poarveu que le comte anglois, contre-mineur de la -noble dame royne , se vouldroit publiquement desdire devant roysct princes, soi confessant menteur et faux injurieux de sa personne , à tort et sans cause , et en après faire le pareil en Angleterre , devant tout le peuple. Laquelle chose fut accordée dudict Warwyc , et promise d'ainsi faire. Et de fait le fil ainsi ; et vint là où estoit la reine Margrite ; et là se rua à genoux devant ly , disant tous les mots ci -dessus touchiés, et Lui priant humblement merci et pardon; laquelle, durement parlant à ly, le soufirit à genoux un quart de heure , et enfin lui pardonna sur les conditions devisées.
Par ceste manière doncques fut fait un mariage ici ; Dieu scet quel , et par l'invention de deux personnages, chacun béant à son prétendre, le roy pour renvoyer Warwyc en Angleterre , soubs nouveau tilire , encontre Eduard , et Warwyc pour retourner en' Angleterre , soubs le confort de France, pour là soi vengier de sa honte. Et finablement les deux appétis du roy Loys et de Warwyc tendirent à une commune fin principale, qui estoit de desfaire la maison de Bourgogne, ce qui faire ne se pooit, si non par desfaire premier le roy Eduard.
Or estoit Warwyc assegié toujours en Normandie, et ne se osoit mettre en mer, pour cause de la grande armée et navire que le duc Charles faisolt tenir sur ly par l'espace de cinq mois ; car savoit bien, s'il estoit renconirc, il estoit mort, et n'y avoit remède en ly. , Si lui tarda fort et ânnuya : aussi fit-il au roy Loys, qui volentierseneustestéquite; car en avoit grans frès sur ses bras et grandes coustances. Si raist ledit roy toutie diligence de faire assemblemenl de navires par tous les ■- PI en effet en assembla jusixantc beaux navires et à
Mtt
GEORGE CHASTELLAIN
puissans*; et d*iceulx constitua gouverneur Tamiral de France, le bastard de Bourbon, sage et gentil chevalier, et de bon corrage ; et en la conduite d*icely se mist Warwyc en mer avencqnes toute sa route, au plus couvert qu*il put, et hors de veue du navire du duc Charles. Et leur avoit recommandé le roy qu*à nulles fins ils ne quéri«sent la navie du duc pour Tassaillir; mes tant seulement, si les •ultres le quéroient » leur ordonna ;de eulx
deffendre. Dont toutes-fois né Tung^ne Tanltre n*avint, car ne s*entre-trouvèrent point. Ne sçai se feust à sens ou d'aventure ; mes ainsi toutefois en avint-il. Et Warvyc prist port et descendi en Angleterre atout ce que ayoit de gens de son parti ; Anglois. Et Taminil de France, atout ses Franchois, retourna en Normandie , aprës| avoir mis en sa sauveté le comte de Warwyc , sur lequel maints cuers anglois s'attendoient et héoient.
{Ici $e termine le tnamuecrii 8349. )
DÉGLAHATION
DB TOCS