DU BON DUC PHILIPPE
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pays et subjects/cn faict de justice ,'en faict de finances , en faict de marchandises , et en faict de diverses iniquités , qui à telle cause peuvent sourdre et avoir cours , mesme rompture et ruyne en sa maison. Mais le parement et Texcusation contre ceci est , car il cuidoit que ceulx qui son faict gouvernoient, en fissent et disposassent à Thonncur de Dieu, toudis , et au bien du peuple. Mais la réplique y est : que ceste fiance n'excuse point : car prince doit entendre luy mesme , et congnoistre ses affaires. Ergo, cesie fiance tient de vertu en partie, et ly movoit de bien ; et se tient de vice , en tant qu'elle est trop ample et sans règle. Avoit aussi en luy le vice de la cbair : estoit durement lubriqae et fraisle en cest endroil : à souhait de ses yeux complaisoit à son cœur, et an convoie de^son coeur nmltipUoh ses délicts : ce qu*ii en vouloit luy venoit, et ce qu'il en désiroit s'ofiroit : repudioit par argu en son derrain la noble et saincte dame] sa femme , saincte chrestienne et dévote , chaste , grande aumosnière ; et en quoy je ne mets nulle excuse pour luyj sinon que son grand courage ne se pouvoit rompre envers elle en son pris argu , dont je remets à Dieu la cause. Avoit encore un déjfaut en luy, qa*il ne regarda point également ses nobles hommes en leur dignité et prix; par espécial en ses vieux jours dondoit aux moins dignes, et aux mieux vaillans telles fois point ; et souffroit rapproche des moins utiles en reboutement de ceux à fruict. Mais le parement contre cecy si est : que tousjours en approchant ses vieux jours plus et plus s*esseuloit , et à dangier y pouvoit-on altaindre ; et tous ceux qui avoient l'entrée vers Iny et ! V voient en main, et à peu de gens le manioient, ets*en aydoient, le flaftoient, luy complaisoient, juy demandoient; tenoient les autres dehors Tfauis et eulx tousjours se tenoient près. JSrgo, la mahce est devers eux; et l'excuse devers le noble viellart. Avoitde condition encore , qu'en chambre se tenoit clos souvent avec valets : et s*en indignoient nobles hommes. Le parement de cecy est konneste et juste. : car luy , le
plushonnestedu monde, le fit, cemaintiens-je, par honnestcté de courage : il avoit aucunes fois des accidens pour lesquels il s'esseuloit , et desquels aux vallets , non aux nobles gens, il apparteiK)it congnoistre ; se fut évergondé de\'ant les nobles : ce qu'il ne faisoit de sa privante en basse main ; car oncqucs de nobles hommes ne se souffrit ostcr soulier. Aussy en sa soliiude valets ne l'eu&sent osé travailler , mais aux nobles il luy eust faillu complaire; car les honnoroit de singulier honneur et amour.
Alloit tard à messe et hors heure : fit célébrer deux heures après midy , voire trois souvent ; et en ceste manière de faire il excéda toute observance chrestienne. En moi bè gist nul parement de ceci, ne que j'osasse mettre avant; j'en laisse le jugement à Dieu : en avoit toustefois obtenu dispence du pape par causes données à entendre : d'en user iireslroict ou au large compète à luy seuT, et à lui seul en est d'en respondre. Il a esté glorieux au monde , béat et plein de bénédiction en terre , cler et fulgent en fortune , riche de tout honneur, et le plus haut en renommée qui fnst en longs ans. Tous roys de son temps Font préféré en tiltre devant eux ; les cieux Font magnifié de leurs grâces , et les hommes Font sollemnisé en ses vertus. Orient et Occident^, h la croisure du c'iel , tout souiQoit en ses voiles ; tout aspiroit et toumoît en ses acqniescenccs. Son dehors apparoit tout bon : son dedans pend en divin œil et Dieu seul en peut juger et cognoîstre. Clair est toutes-fols et manifeste que sa claire , singulière fortune luy estoit venue de singulier don de Dieu, et ses claires singulières vertus, maintes Iny ont esté données par singulière grâce. Dont après les avoir conférées à tel homme , et & si grand nombre quant au corps , pitié seroit si l'amc eu avoit carence par abus en ce monde. Non plaise à Dieu , j'en invoque par déprécation sa pectorale miséricorde. Terre ne suiBroit à complaindre, ne nature dMiorame à pleurer telle perdition de telle ame et de tel prince , et dont l'enfer n'est digne assez , ne bon pour le loger.
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ÉLOGE
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