‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 483 sur 494 · YMAGINACION · texte numérisé non relu

YMAGINACION

Sire ENTENDEMENT, cc ne m'est joîe nulle de

te vexer, et ne me délite point forment en

l'occasion qui droit cy nous assemble. Je t'ay

meu des questions et difTicullés aulcunes

^ '^Y. Sont maintenant ung pou je te don-

"^jWt queinteri:oguier touce j et te

»tt8

EXPOSITION

requiers senlement que huit articles ensièvent, qui sont vingt-huit, vingt-neuf, etc.

Ké Youi M nous n'aroni de propre Ibrce Me de bras fier certaineté ne taille « Car U bauU gist la niain et trenchaot force Qui d*ung chascun affoiblist et renforce Le bras armé de qtioy il coppe et taiUe. Dont se gloire iat an vaincoer en bataille Ne lui Yient point de Terta leole hnmaine , Maia de celui là tus qui Foeuvre maine.

Puissance humaine est une po?re chose Qui est fondée en .vanité légère.

* Millions gens , et cent fois plus par glose Là où péchié d'orgueil se contre oppose Tout n'est en pris qu'un Toirre de fougière Emprès la main de Dieu avantagcre Qui vient au foible et à i'unible en aïde , Lorsqu'au plus fort baille fraeur et bide.

Quans a-t'on ten de si fais hanlts mystères , De tels divins bauUs jugemens sans nombre ^ Là où les fiers humains parsecutères De leurs grands osts ont rempli cymitères Sonbs ung petit flaiel tout humble et sombre, Et ont esté estains , ainsi qu'une ombre Qui passe au vent et James ne retourne, Par leur orguel qui ainsi les atoorne.

Non se confie nng roy en ses cohortes , En ses maintes puissances redoublées Parce que là où Dieu n^est de ses sortes , Toutes fiertés liuiiiaincs si sont mortes Et en l'instant ravies et cmblées ; Car veutt monf^trer en tontes assamblècs Qu'en lui seul gist pins qu'en cinq cens mil amos La paix des rois et salut des royames.

Proposcmens seufTrc assez dire et faire, Grands apparaot macincr et esmeuvre.

Dont qnand nng vient à ce pourpos parfaire , Souvent le tourne en ung tout autre alKiire , Et au rebours du proposant chict l'œuvre. Ainsi sa grâce où tout salut se coeuvre Souvent tient roide aux rois bride et cheval |

Paar> support da nioode kl tfal.

Besoing fait voir que le frain se rctiengne , Des roys souvent Ireulx et volontaires.

Que une main puissant le contretiengne , Qui malgré eulx et parfait les abstiengne De leurs pourpos non toujours salutaires ; Car se leurs cners et pooirs solitaires Avoîent frans, comme en main une fronde, Jamais n'aroit paix ne salut au moode.

Exemptez vous et vous soit à figure . Le roy Henry vostre infesteur si sage , Leqnel , après mainte gricve laidore Faite en vos yenlx, qni trop vous estolt du Fut revocqué du hault de son passage; Mais non vcullant croire le vrai message , Qui l'avertit du saint divin remort^ Fut prévenu d'ingarissable mort.

Dieu voit et scet qni h salut contcndent , Et qui à bien et à mal se disposent.

Si fait il ceulx qui h leur propre entendent El rien qu'à gloire et vanité n'attendent » Sur quoy leurs cners labenrent et proposen Mais eulx trestous , tout ainsi qu'ils s'expos Par plus par moing à hault bien qui appérc Tout en ce point les conduit et prospère.

TMAGlNAGIOiN FRANÇOISE.

Tous lesquels huit articles ne sont reboutables en sentence, comme ils s< gnes d'eslre mis en question ; pourquo sont mis. Si ques pren le papier mesmc te plaist, et les re{;arde; et de mesmes plaisir fay une petite déclaracion pour (ire aux François tant de l*un comn Taultre.

EirrENDEMENT.

Damé,.ù le te'faire brief et selon la 1 laquelle est clère de soy et non dise d'exposicion : quant an premier où tu que je parle, qui est le vingt-huiticsme, lègue Tacteur : que vous ne nous aultres, à dire nullui , n'avons de propre force i propre fierté nulle certaineté : il dist l'acteur. El en ce disant il glorifie Dû

qui tout vient, force et vertu , et recon

SDR VÉRITÉ MAL PRISE

titte

propre fragilité, propre insuffisance dont Fbumain 'genre est plain.

Lors quand il dit que là haut au ciel , gist le bras et la trençant main qui coppe et détaille cy en bas ; dont se les hommes composent et ordonnent les batailles, Dieu envoie les victoires là où il lui plaist et règne la main là sus invisiblement qui maine l'œuvre \ de. ceci ne te fault autre exposicion que telle qui se prend à la lettre, quand toute vraie et non repugnable est approuvée et exemplée réalcment et de fait par toutes saintes escriptures, que vous aultres nobles et sciencieux François savez par cuer toutes.

Quant au vingt neuviesme là où Tacteur dit :

Puissance humaine est une povre chose Qui est fondée en vanité légère ,

Ne'dist vray Facteur, te semble-il? N'est ce pas une povre chose et très petite que de vanité et présumpcion qui se mettent en puis,sance et en confidence humaine. Certes, si est. Et tu scés mesmes que Téglise reboute celle confidence qui est seulement en homme, et avoe et auctorise celte qui se pose en Dieu et non pas en princes. Dit en outtre : « que millions et cens millions de gens, là où péchié et orgueil, descongnoissancedeDieu et présumpcion régnent, ne sont en coraparison que ung voirre de fougière qui se casse à la main et se froisse à deux dois en mille pièces; » là où il vray dit, et professe les œuvres et les merveilleux jngemens de Dieu estre à craindre , le quel constumièrement vient en aide et secours à petites routes de gens humbles , à gens espaourés et craintifs , à gens traveillics et vexés par mains de tirant; et à ceulx là baille et pourvoit de victoire et de regnacion , pour reprouver Torgueil des aultres et la confidence qu'ils prennent en Tinfînité de leurs multitudes. Si on me demande nuls exemples ne alléguemens, quand trop me seroit paine de y prendre recours , et que tous livres et tous bons sentemens françots et autres en sont pleins, et que François mesmes, ^ parce qui leur en est avenu*en leur temps, ' présentement' et de vive mémoire pevent ju- ■ gier estre tel , quand.cent mil des leurs sont ' cheus , hellas ! par ceslui meschief devant ung ' petit tropeau , non pas par la bonté des au-

tres, ne que Dieu les amast mieux, mais pour rompre leur orgueil et corrigier par leurs plus meschans. De ceste déclaracion du vingtneuf viesme, se passe légièrement et tout à net Texposicion plus avant du trentiesme, là où ildiist :

Quant à Ten Tea de si fais haus mistères ?

Car tout est dit cy devant ce que de cestai là se porroit dire ou déclarer plus.

Pareillement est du trente et uniesme, excepté que cestui-là fait mencion en la fin : que Dieu veult donner à congnoistre aux hommes, que plus en lui qu'en nulles puissances humaines gisent la paix et le salut des royaumes et des roys.

Dont après , au trente-^deuxiesme , il am^ plie ung petit sa matère , et dit : Que Dieu seuffre assez aux hommes faire grans apparaux beaucop de proposemens et de machmacions, mais quand tout a esté proposé et mis sus, tout entrepris et délibéré de faire ainsi et ainsi, sur lecling d'un œil fait-il tourner tout; et fait tout avenir et chéoir au rebours de leur intencion, au contraire de leur entendement. Pourquoi, certes P pour ce que les ictencions à Taventnre n*estoient point justes ne saines , n'estoient fondées en regart qui regardast Dieu^ ne qui demandast sa gloire ne sa loenge ; mais tout le contraire d'umain salut publique et de propre, comme maintenant de vous autres se peut dire : Que les proposemens , les machinacions rumoreuses et diverses qui se préparent convertement à rencontre de ceste maison , les alliances et renforcemens qui s'y quièrent , les substraccions qui s'y essaient et espreuvent , pour pstrticulière^ privées passions dont les racines ne sont ne justes ne honnestes, au tour d'une main , au cliug d*un œil peut-estre , tout se tournera ce dessus dessouû, par mort de personnes, par pités et compassions divines, par maintes autres] diverses divines pourvisions, qui font contretenir les roys et les princes mal- {]ré eulx, et des quels souvent les légières, mal saines, mal causées, mal méditées, très povres et petites causes, me sont abominables et me donnent terreur et espoentement de leurs grosses , larges , desvergondées et iouniséri'-

cordieiisesconsciences, es r|iiellcssi pou rcssongnent et poisent persécucioii de peuple, el de respandre et calamker sanf; humuin.

Par quoy sainement adjoinct l'acieur ce qu'il dit en so vingt-liuiliesme article : que pour cesles et telles causes , bcsoin^r lait bien que la main de Dieu retiengne devers lui le frain des roys voloniaires et ireulx, parce que leurs passions et fragilités Immaises , non veutlans vivre de conseil ne de raison , soroient mainlesr^is préjudiciables et de grand giiefau povre innocent peuple (}ui ne peut Tuir leurs mains, si non en tant que Dieu les préserve el garantist en leur inaocence. Et vous met conséquemment uog exemple Tacieur, du vertueux eltrès puissant victorieux roy, le roy Henry d'Angleterre darrenîcr , lequel , après que Dieu l'avoit souffert calamiier et corrîgier son peuple françois, et non pus tant seulement te peuple, mais tout le throne avec son contenu , Dieu le Hst révoquer de sou conlendre plus avant , et par son propre message le fisl rappeler et lui enjoindre que plus avant il ne persècutast son peuple, ne ^aitemplast outre en conqiieste, parce que la clameur d'icelui monloit jusques en son regard ; et voloit convertir ses baulies vertus et diligences que lui avoit données, en plus haultes el 'glorieuses fins et opéracions. Mais ledit roy, cmbuvré de convoitise', pessu de vaine gloire et de ébicion en sa liuulte fortune , proposant le sien fait devant celui de Dieu', et conlempnant le message divin et son avertissement , ne voult obéir à conseil; et proposant à bouter outre ce que avoil empris , coniiniia en son erreur. Dont , dedens l'an , de la mesmes main qui l'avoit fait vivre et régner jusqu'alors fust perçus et exterminé en terre, et perdu et esvanui entre les hommes, comme une ducc qui droit cy vole , ei là prenl sa résolucîon en pluie. Ainsi fut-ii de lui; et ainsi peut-il advenir dus autres roys el princes ses semblables.

Dont après, pour encore plus ouvrir sa malère dit: que Dieu, qui voit tout et lout scet, congnoit et entent les cucrs de tous ceutx qui cootendent à bien et à fruit et disposoui et ordonnent leurs cogiincions à publique saint , et pareillement cnient et congnoîl aussi ceulx, qui par couiriiire ii'enlcudeut

que à la vaniié du monde et à propre privée affection, en quoy labeurent et veillent; desquels tous, ce dist après, comme il voit.et congnoit leurs chemins et proposemens divers, l'ungcy, l'aultre lù, lout en ce point les conduit et fait prospérer en leurs voies , par plus , par moins , selon que leurs affections plus ou moins tendent ù ulilce el loalilcs fins. .

Dame, olquedis-lu droit"cy?N'esl vray et soustenable ceslui |arliclc? n'est Dieu sur les roys et princes teniens ? N'est-il celui ipii voudroit lout le monde csire paisible , les hommes estre justes et raisonnables, les choses humaines esire gouvernées esiablement, les vertueux et les bons régner, et les maulvais exterminer, jusqu'à non estre? Dont se sur princes peut avoir ung regard singulier , les bons doncques eiceulx qui contendeot à bien publique doibl faire prospérer en leurs voies, el les pi-esumpcieux el remplis de vanité réprimer en durée. Si a bien mis et notamment l'acieur l'exemple de ce roy Uenry, le quel, par les vertus el singularités créées en lui , pooit cslre insti'ucuent du bras de Dieu esmerveillable à l'enconire des Inlîdèles cl aultres roulures et plaies de la chreslienté dont il pooil estre répweur; mais lui lout plain de sens, plain de prudence el d'activité, plain de labeur Cl de diligence, plaiu de vertu et de condicion séant à conquéreur, à prince belliqueux, batailler, jeune et robuste de corps, rice de finance sans nombre, puissant de peuple cl de clievalei'ie, s'exposa tout au traveil des chresliens, cl do pi'opre querelle , ù vanité de privée gloire ; el là persistant et désobéissant à Dieu , qui à plus grand chose le vouloit convertir , fut en fleur de ses joui-s précipité de mon.

El dame, n'est-ce pas un exemple bel aux autres roys et princes terriens , les((uels peut estre sont instrumens, ou seroient, i Dieu pour grands bcsongnes faire, se leur» vertus et nobles condicions voloicnt COBvertir en choses de gloire publique, en cbom d'expecuilion méritoire, dont Dieu et la foy sainte sontraalêre subgfcte? Cerlos si est L'exemple y est bel et séant. Maïs aujourd'hui fnyans iccllc voye, ignorans ipels dons ont de Dieu!, quels instrumens ilssoul ou porroïenl

SUR VÉniTÉ MAL PRTSE.

éstre', s'afniisent cl s'escliarnent ea l'unj; l'aultro , s'cnlregnoDgnent et s'entremenaceDl ensemble pour privées affections, pour particulières querelles non nécessaires , pour causes cl sulitilliiés non honnestes ne saines'; et parvenus à la gloire du monde , par {rrnce de Dieu, se disposent à la remettre en branle et dangier , par conseil de l'ennemi- Et belle dame, qu'est il aux François, qui avec ledivinbras ont purifié maintenant leur [lirone des vieilles bruynes qui , passé a trois cens ans. y ont courues, et ont les bras audesseure de leurs ennemis anciens, ont bouté (rucrre hors de leurs mcies pour avoir paix, etmaintenint en dedens eul\ vont quérant une nouvelle, l'une main contre l'aultre? Que estil ù eulx, se tiltre n'ont juste en leur propre rcf^ion de la quérir illec ou mouvoir , do la venir quérir !> Luxembourg , hors de leur con{;notssance , hors de leur dicion et appartenir, pour mouvoir et exciter celui qui jusqu'à la darnière et toute extrême consirainle fuit la meslée ? Est-ce chose honnesie à eux ne respondable qu'en ce qu'en glorieuse vertu et main Torle est obtenu victorieusement et conquis , et jù si justement possédé que oncques nuls d'eulx , fors depuis peu de temps en ça n'y réclamoit ,riens , que mainienant on iraveille, par couvertes subtiles voies non lionnestes, de l'airaire hors de la main du posscssani, qui cheval ereusement et ajuste tilire y a exposé son corps , y a mis son excrcite, donné soing et labeur, et Isnt fait que trinmphamment a fait d'une spelonque de larrons, pays de justice et de tranquilité.

Etdame, Luxembourg, qui n'est delà cûnccrnence , de France nullement ne des François, qu'est il aux Françijîs, en qui main elle soilMoivent François, qui ont paix maintenant et gloire en extrémité , aller quérir droit la guerre qui leur baillera ignominie ; et la quelle, quand l'aront meue en deliors leur royaume, la retireront arrière malgré eulx en dedens leur gyrou , el se retrouveront en pestillcnce et en malédiction jusqu'aux yeulx; dont jamais n'aront lin.

0 sens de France et proud'ommie ! ô haulto

glorieuse noblesse et vertu ancienne que estes

TOUS devenues ? A salutaii'e et utile crémeur

rde Dicul A hauUe circoospecilon et pru-

Page 1