CHAPITRE XXX
le iae Phelippe ac purlil d' Arras [loirr coni-
Phelippe doncques , le duc Ijourgoîngnoa , se partit d'Arras tantost après la Chandeleur, laissa la ducesse sa femme andlct lien , et vint en noble et bel arroy de sergnorie et de belles gens d'armes. La nuit prist son premier gisle à Bappalmcs , et lendemain à Oisy ea Cambresis, vers la douagîêre de Haynnaul t, sa tante , pour aucuns certains airaires , dont
ils prindrent advis ensemble. De [là pariy, vindrent à Péronne , puis à .Saint Quentin ; et là par aucuns jours attendoit toute la venue de son armée, car n'isioit encoires joincte à luy. Si vindrent les capitaines presque tous en ladicte ïille ; et les gens d'armes se logeoicnt aux champs tout à l'entour , et attendoient 1ù le plaisir du prince pour tirer ou çii ou là. L'ambassade des Anglois, ainsy comme il avoil esté ordonné , vindrent en nombre de cinq cens combatans , tous armés , en ladicle ville de Saint-Quentin , devers luy, pour aller on sa cumpaingnye devers le roy; et là l'aitendoient tout à son aise et nu plaisir de sa dîsposicion. Les chiefs desdicts Anglois furent les comtes deWarewyc et de Quint, le seigneur do fios, mareschal d'Angleterre, et messire Loys de Itobersarl Haynuier, auxquels ledict dtic fist et lisl faire honneur et bonne chière, et là et sur tout le ciiemin. Ceulx de Laon louiesvoies, Iraveillèsde ceulx de Crespy , doubians que le duc de Bonrgoingne ne presist autre chemin que par ledict Crespy , ne s'oublièrent pas aussi à Tenir devei-s luy en ceste meisme ville, maisjoincts avec les citoyens et habilans de Saint-Quentin vindrent prier que, pour délivrance de tant de maulx que longuement avoieni soulTert de ladicte place , il la voulsist assié{>ier et la prendre vers luy par puissance, car tout letir pays et grand part d'autres en esioient gastés et désers , et mis en toute deslresse de povreté. Si fut la reqnesle bien recueillie et amiablemont accordée en faveur de eulx v^ luy par puissance.