CHAPITRE XLIIL
Comment le roy anglois espoiisa Katherine fille du roy de France et de la forme du traicté qui fut conclu et jnré.
Le roy anglois , qui moult désiroit à veoir • de près madame Katherine, s'approcha de la royne, et ployant genoulx bien bas devant elle, la royne aussi honnorablement le recueilly et le baisa; et puis tirant jusques à madame Katherine , pareillement s'enclina bien bas et la baisa à grand joye. Et eurent ung peu de gracieuses devises la royne et elle et luy ensemble ; mais gaires ne durer eUt ; et ce faict , il print congié à tous lez et s'en retourna en son hostel qui luy estoit député et mis à poinct magnificquement ; et là demeura jusques au lendemain que la seignourie et tout le conseil assembla de toutes les trois parties pour avoir advis et déterminacion sur les choses et matières jà autresfois entamées , dont il ne restoit mais que la finalle exécution qui se devoit faire, toutes personnes présentes , c'estoit : premièrement de laliance et de la paix entre les deux roys ; secondement du mariaige de madame Katherine avec certaines conséquences bien estraingnes. De quoy en la faveur du duc bourgoingnon non visant à autre chose que au vengemenl de son meschief sur le principal héritier rebelle à son père, toutes les demandes et parties luy furent accordées , octroyées et ratifiées tant par le roy propre que par son conseil ; et print et fiança selon Tordojiinance françoise , madame Katherine ;
DUC PHILIPPE
et le lendemain du jour de la Trinité espousa très solempneusement ladicte dame en la meisme paroche ou estoit situé son logis. Et furent faictes les nopces riches et pompeuses , ne fait à doubter , car toute extrémité de gloire et de beubant y estoit mis en avant , plus que ne se pourroit dire ne escripre. Aus^i l'or et la richesse y estoient sans mesurp et les couraiges sans espargne. Le duc bourgoingnon paroit moult ceste feste, excepté qu'il ne se vestoit que de noir; et estoit accompaignié moult noblement comme des deux frères comtes, le comte deCk)nversaa et le comte de Ligny , son fils , le prince d*0renges , le seigneur de Jouvelle et le seigneur de Ghasteau-Villain , le seigneur de Montagu , messire Regnier-Pot , le seigneur de Ghastellu, te Veau de Bar, le mareschal de Bourgoingne Cottebrune , messire Jacques de Comable , le seigneur de Groy , le seigneur de Longueval, le seigneur de Robais, messire Anseau de Brimeu , messire Jacques son fils, le seigneur de Humbercourt, messire Hue de Lannoy et son fils messire Guillebert et d'antres beaucop. Y avoit aussi aucuns prélats et gens d'église ; entre les autres , Tévesque de Tournay, Thoisy , cbancellier dudict duc , maistre Eustace de Latre , maistre Jehan de Mailly, depuis évesque deNoyon, qui tous ensemble , au moins la plus grand part , jurèrent et promirent avec leur prince à entretenir perdurablement iceluy traicté, là faict et passé, dont la copie s*ensuyt telle que cy après. ^
GHARLKS par la' GRACE DB DlIU (1),