CHAPITRE LUI
Comment le it\T anglois s^empani de la BaslUle Saîiict- AnUioine, du Louvre, de IVistel de Ncsie, du bob do ^ iuceoues , et y mit capitaine k luj ; et cfMUBeot le roT augloi>caTO}e lectres-fialenles pour coBBandor à ses >ubjecl^ il'obêir au tvj anglois.
Or est \Tay que le roy anglois. qui tousjours vouloil et labouroit à employer son temps à qnelijue utilité pour luy , voyant que son sii'je ne povoit prendre si légière fin iH>iDme il oust Lion voulu, s'appensci d'aulounes places ar.ti'ur de Paris, et dodens Paris meismes.
[IdîO]
CHRONIQUE DU DUC PHILIPPE
doit que par commendemcnt du roy son beau-père, avec raggrément du duc deBourgoiogne , elles estoient à avoir sans siège et sans main armée, pour ce que elles se tenoient pour le roy et pour le duc bourgoingnon,. comme la Bastille Sainct-Anthoine , le Louvre, Tostel de Nesle , le bois de Vincennes. Si fit tant par ses pryères que le roy et le duc de Bourgoingne les luy accordèrent; à quoi le duc y pbvoit mieux que nuls aultres,pour la gtandTaveur que les Parisiens luy portèrent. Et de faict y fut ordonné et trasmis le duc de Clarence, frère du roy anglois ; pour les recevoir, pour et au nom dudict roy. Lequel y alla ; et les places toutes reçues , tantost désappointa les François vieux officiers , et y mist garnison nouvelle d' Anglois ; et qui plus estoit, osta au jeusnecomtede Sainct-Pol, cousin germain du duc bourgoingnon , la capitainerie de Paris , que le roy par avant y avoit establi pour luy, et y mist ung seigneur anglois. En quoy, et son frère le roy, aussi trop à tost montrèrent, me semble, que ils tendoient à fouler des pies les nobles François, se leur entreprinse leur eust dit vray, que non en partie y et assez et trop en Tautre. Le roy toutesvoies néanmoins ^ non gairesmeu de ceci, envoya sur ce pendant sondict cousin, le comte de Sainct-Pol^ es marches de Picardie , son ambassadeur, et maistre Pierre de Marigny , et aulcuns auUres avec luy, pour prendre les services et promesses des trois estats et bonnes villes dudict pays, sur Tentretenement du traictié et paix nouvellement faicte entre le roy anglois etluy,afinqueeulxcontens d'accord en ce qu'il avoit faict et passé, ils le voulsissent entretenir et observer à tous jours mais vers le roy son héritier et son fils. Lequel certes, s'il eust esté saige, il ne ledevoit point tant aimer > comme il se travailloit fors à luy faire plaisir, comme il honoroit à mort son ennemi et eslevoit ceulx qui ne tendoient que à le mettre au bas. 0 fortune ! que tu esespoentable et bien à craindre en tes secrètes malicieuses machinacions que tu apprestes si estranges aulcunes fois , quand ung si glorieulx siège comme le tronne françois , meismes pour le conforter, tu le fais condescendre en la court de son vitupère , de sa désercion, de sa mortelle plaie et ruyne^ ravi de sens, forclus
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d'entendement , endormy d'ignorance , qui le bien n'assavoure , et à son propre grief s'encline , comme cestuy noble roy, hélas î Charles sixième , permis de Dieu estre tel pour nos péchiés, qui ne cessoit à toute haste d'envoyer par tout son royaulme mandemens et aipbassadeurs pour entretenir et faire aggréer tous ses subjects à doloreux traictié , comme s'il luy eust porté autant de prouOit comme de dommaige; et vouloit avec ce, que I sesdicts subjects et bonnes villes scellassent et donnassent Chartres perpétuelles inviolables de tenir ferme et estable ledict traictié , et de recongnoistre et tenir à tous jours mais futurs cestuy roy Henry et ses boires , paisibles héritiers et successeurs de la couronne de France , à qui qu'il portast dommaige ne préjudice. Et sur ce donnoit-il audict comte de Sainct-Pol et à tous aultres tramis en divers lieux ses lettres et mandemens patens pour mieux en acertener chacun; desquels mandemens et lettres en dessoubs est mise la copie. . ,
Charles , par la grâce de Dieu (1), ]