‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 78 sur 494 · CHAPITRE LVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVIIL

De rentrée des deux royîiesà Paris.

Le lendemain après vindrent les deux roynes très noblement accompaigniées de pluiseurs aultres princesses, et de grands dames, souverainement anglesses, que le roy Henry y avoit fait venir. Et partirent de lu cité de Paris en noble et bel arroy pour aller au devant d'elles, le duc de Bourgoingne, ensemble les frères du roy anglois, qui comme le jour de devant que les roys y entrèrent , estoient accompagnés par devant et par derrière de toute la noblesse et de tout Testât de Paris. Et estoient les rues demeurées en la mcisme décoration de parement , de fontaines et d'autres ymaiges gectans vins et eaux roses abondamment à chacun ; et crioit on Noël à haulte voix partout. Dont présens et mamtes largesses y furent faictes, tant aux roynes comme ailleurs , dont je ne fais mencion ; aussi la chose n'est de nul fruit poury arrester;car chacun peut congnoistre, en cuidant que ung peuple ne peut estre ressous et relevé d'une longue et envieU lie malédiction et misère, et soy trouver en une apparence de repos et soulagement comme cestuy povre peuple parisien, non hors encoires ni affranchi de son meschief ^ que certes continuement il fait et demoian

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GEORGE CÏIÀSTELLAIN.

une grande exultacion d'esprit, et se degoise en toutes diverses invencions de joye et de solempnités , comme tout nouveau ressuscité et eslargy de prison. Ainsi faisoient les povres François à Paris, lesquels, par rinconvenicnt des doloreuses morts advenues et de la tyrannie du roy anglois, que 80uflrir leur foilloit et avoir aggréable , pour lors faisoient bonne chière de leur propre malheur et de leur propre confusion et vergoigne , reputans plus eslre félicite , aul- €uns, en leurs vieulx jours, vivre paisibles et foulés soubs main de tyrant , que misérables champions en leur honneur soubs un roy héritier infortuné avec eulx.

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