CHAPITRE LIX
Conmient les deux royscstanscstablis en siège royal, les princes et seigneurs des parleniens et de Funiversité entonr eax , le duc de Bourgoingne flt exposer ses complainctes par messire Nicolas Rollin son chancelier.
Ûr n^avoit encoires le jeune duc de Bourgoingne fait sa complaincte à bon escient au roy françois son seigneur et beau père , pour cause que à Troyes et autre part il ne trouvoit le royal siège gamy et acoustré de conseil et de seignourie comme il appartenoit au cas. Si s'en faignit jusques à Theure de présent où il véoit les deux roys ensemble et la droite splendeur du thi*onne françois , Paris , reposaillc d*honneur mondain et de sens. En laquelle délibéraciou très longuement portée, quand il s*y trouva, Use disposa à foire ses doléances très amèrcs au lieu où il appartenoit ; c'estoit devant le siège royal gamy de tous les membres de Sa Majesté , comme des princes , des seigneurs du pariement et de Tuniversité qui tous y estoient. Si estoicnt assis les deux roys sur un siège, par aucune distance convenable entre deux; les ducs de Glarence et de Belfort^sur un autre; et sur ccly mcismos, et au dessus de eulx séoit le jeune duc orphenin, vesiu de noir, accompn{;nc de moult noble et haute seignourie beauc p, tant d église comme séculiers, cl de notables clercs : les évesques de Thcrouanne , de Benuvaîs ,
de Toumay et d'Amiens , messire Jeban de Luxembourg , le seigneur deCroy, et autres grand nombre qui se retrouvèrent bien en leurs lieux. Maistre Nicolle Rollin » lors advocat en parlement et serviteur audict jeune duc et à son feu père et grand père , et depuis, par son liaultsens et valeur, eslevé jusques à estre devenu ung des haults hommes et des plus recommandés du monde , ceslaylà y estoit aussi , chargé de son dict maistre le duc de faire les complainctes et deprofiérer les doloreux termes de la très cruelle et inhumaine mort de son feu père , pour et lu nom de la ducesse sa mère vefve et de lui-mesmes, comme vous orrez cy-après tantost, là où sa relacion aura lieu. Le chancelier de France aussi, nommé maistre Jehan Le Cleix; , et assez près de lui maistre Phelippe de Morvilliers premier président en parlement, et aulcuns autres de grand auctorîté , estoient assis au pied du roy françois, sur son marchepied, droit devant luy comme les chefs de sa royalle justice , qui redondoit et estoit établie sur eulx poin*la iaire esvertuer et donner efficace en aultrni en tout et partout. Et eulx ainsi trestous ordonnés par la manière devisée, et que chacun apprestoit oreilles à oyr la proposicion du bault et excellent homme maistre JNicolas, tout plain do savoir et d'honneur, le genoulx à terre, requist humblement aux deux roys pour bénigne permission d'estre ouy; laquelle à rinstant lui fut affectueusement accordée et aggréée à tous lez , dont à gravité et profondeur de sens couvert de beaux termes il commencha sa raison en telle forme.
Reste la proposition de maisire Nicolas , qui n'est ici couchée pour cause de brie fié (4).