CHAPITRE LXV
Gomment le<dini1phin , fits dn rérf Chartes , foi f^ottkûè à Paris , et exhérédé de la couromie de France.
V Vuydant donc de ceste matière de Èaynault, qui n'est pas encoires en. son propre lieu pour estre iraictée, il fault venir au recouvrement d'aulcunes choses oubliées, dignes toutesvoies de rccitacion ; c'est comment le duc de Tourraine , daulpbin de Viennois et fils du roy Charles , avant le parlement âù roy anglois et du duc de Bourgoingne de Paris , fut appelle et crié à haulie voix de compai'oir,
GEORGE CHASTELLAIN
personnellement ou souflisant procureur pour lu y, à la table de marbre. A laquelle vocation faire, estoit la justice royalle bien et deuement garnie des personnes et solepmnités qui y appartenoient, et qui y ont esté acoustumé de tous temps , comme le cas le requerroit , bien considéré que les parties estoient toutes deux royalles et excellentes personnes de grant et merveilleux poix, a justice d'en condemper nulle , si non par le droit , ex trémc bout de riguer et d*appertenir. Si est vray que ledit infortuné daulphin, souillé d'autruy mauvaistié , ne comparu point à ladite vocacion^ ne personne pour luy, car estoit es marches de la rivière de Loire et par deçà. S'il ne se fiisl trouvé puissant pour résister aux deux puissances ses contraires, il y faisoit mal sain pour luy; car,fai( à craindre, on luy eust donné à soufFrir ou par justice ou par voye de fait , et souverainement aulcuns ses plus prochains, nommés ou déclarés en ladite appelacion , acteurs et conseillers de la mort du duc Jehan. Et pourtant par juste déffinitive sentence , et pour ce que la chose estoit toute notoire et bien sceue , luy et lesdits acteurs ses adhérons , par vertus |et puissance royal, et de plaine et entière court deuement procédant,, furent bannis et expulsés hors du royaulme de France, sur paine capital , et jugés indignes de succéder à toutes seignouries présentes ou venir, et meismes de la succession et attente qu'il avoit à la couronne de France dont, par droit naturel, il devoit estre héritier, après le trespas du roy Charles son père ; duquel bannissement certes les Parisiens pluiseurs en y avoit qui le craindoient, se resjoyssant beaucop , et désiroient jamais son retour ou son reliefvement, et espéroient bien à vivre en salut soubs la main de leur conunun ennemi conquéreur. '