‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 89 sur 494 · CHAPITRE LXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXX

Comment le daulphîn exploita en Poitou ^ Toiirajne , Anjou , Guicnnc , Jjingiiedoc , Dausphinois et vint jusqnes en Tlsle de France.

; En ce temps que messire Jacques de Hareourt entroprinst ainsy la guerre encontre les ennemis du daulphin es marches de Pontieu et d'Artois , le daulphin aussi à l'aultre lez , duc de Touraine , à qui diligence et travail faisoit bien mestier et besoing, et de fort entendre à ses affaires, car se véoit déshérité et expuls du cuer du royaulme, à très grosse et puissante armée levée es pays de delà Loire en Poitou , Touraine, Anjou , Guienne et Languedoc et en Daulphiné meisme, vint et devalla jusques à llsle de France , sept mil harnois de jambes, quatre mille arbalestriers, et sept mille archicrs ; et par emprinse conclute pour mettre en destroit la ville de Paris et tout le pays.Etvint mettre le siège devant Chartres , que les Anglois tenoient , et toutesvoies, doubtans que ce n'avenist , pourvus et

garnis de bons capitames et geiLS d*armes pour la deffendre.

Or avoit jà ledict daulpbin , ep son ?eiijr vers Chartres , acquis en sa m^in le$ vj)]l^ ^ Gallardon et de Bonueval et aulcunes agj^rj&i fortresses là entour es quelles il av/ojt joqjif gens et gardè$ de par luy. Si en e^tQÎt agn siège plus asseuré et plus avanta^ié Jb^inom, et luy estoient un bon refuge à nqg lez ^t ^ l'aultre, et une bonne dure verge guxParifiepiyy qui souvent en estoient mis en Yestrqite ^ sette de vivres ; car pour dire vray les Ao^^iW pour celle heure n'estoient p^s si drffs fm Paris , ne es autres villes conquises, qm'ponr povoir résister à la puissance de )eur9 emyemis , sans avoir le secours du roy ^ffinfi» ^t du duc de Bourgoingne, lequel pourcaÙiî heure n'avoit point d'armée , care^toijt greyé de maladie. Si tenoient les daulpbinois ))ie^ court les Parisiens , et leur doijvièrent jjes souffrances beaucop ; et à Taultr^s lez tenoient en 'grand destresse la cité 4b Cbartres par siège , et lui firent du meschief et du trayail beaucop, par les manières qui sent accoutturmées en siège royal , assez sc^ne9etdevis(£^ aultre part, tant en envahyes que jan deflbpfseç. Si furent constraincts lesP^uis^ens d^9j9ffopfi^ leur povreté au roy anglois et de Ipi inonder le péril en quoy ils estoient par gop adversaire, descendu fier et puissant jàQfqpr 4e Paris , et tenant siège devant Chartres en voye d'estre perdu si ne leur Fenoii liastiviement secours ; parquoy lui prièrent q^'il ne différast que le moms qu'il en peust et qu'il vinst revisiter et reconforter ses amis qui languissoient en sa longue demeure et seroient perdus si tardoit , et pour dire vray ainsi leur en cstoit il.

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