CHAPITRE LXXTI
De plusienn cheraliers qui furent ftildi imurtfi WlâiHe entre les deux osts , et de la bataille fol tfcsgigci très fellenient. j
' Mais afin que la valeur des hommes nobles appert , et soit congneu qui a bien faîct et qui mieulx en leur temps , maintenant besoinge-il savoir les noms principallement de haults et vaillans hommes qui estoient cmprès cestuy jeusne prince le duc des Bourgoingnons en ceste assemblée par devers luy , et à l'aultre lez aussi du costé de ses ennemis les daulphinois. Pour venir doncques aux noms de ceulx du parti bourgoingnon, il y fut premièrement messire Jehan de Luxembourg , le seigneur d'Antoîng , le seigneur de Croy, le seigneur de Jonvelle, le Seigneur de la Vîefville , le seigneur de Longueva! , le seigneur de IJenly , le seigneur de Roubais , messire Jehan de Roubais, le seigneur (flncy, le seigneur de Saveuses, le seigneur de Crèvecœur, le seigneur de Noyelle, nommé le blanc chevalier, le seigneur de llumbereoiirt et ses deux fils, messire Philippe Brierei , le seigneur de Mailly , Jehan de Faulceux, le Moyne de Renty, messire David (le Hrinieu , messire Andrieu de Vallins, le seigneur de Sainl-Symon , le seigneur (le lYoïneseni, Ilegnanll de Longueval , André de Foll(»vilIe, le Bastarl de Coucy , messire Louys de Samct-Saulieu , Jehan de Fiavy,
Andrieu de Taulonjon, messire Phelippe d'Andrinet , messire Gauvain de la Yiefville , messire Florimont de Brimeu, messire Mauroy de Sainct-Lëgier , messire Andrieu d'Azîncourt, te seigneur de Gomines, le seigneur de Mamynes , messire Golard de Comynes, le seigneur de Steinhuys , messire Jehan de Hornes, messire Rouland de Hutkerke , messire Jehan de Hutkerke , messire Guillaume de Haiwin, messire Adrien Vilain, messsire Jehan Vilain , messire Damont de Poix , le seigneur de Moyencourt , et plusieurs aullres grand nombre dont je n'ay peu attaindre les noms. Et à Taultre coslé y avoit : le seigneur de Gonflans, le baron d'Incy, le seigneur de Moy, Loys d'Offemont, messire ', Gilles de Gamaches , Loys de Gamaches , Poitou de Saincte-Trailles , messire Reguaull de Fontaines, messire Charles de wSaint-Saulieu, Jehan de Proisy , le marquis de Sore et son frère , Pierron de Luppel , Jehan Raulet , messire Jehan de Rogan, messire Raoult de Gaucourt, messire Loys de Cierabronne, le seigneur de Monmort , Bernard de Saint-Martin , ThiebauUdeGerincourt,Galahau1t de d'Arsy, messire Sarrazin de Beauforl, Robinet de Verseilles, Jehan de Verseilles, Jehan de Joigny, y von Dupuis, Jehan de Sommain, Jehan de d*Ourdas et aulcuns aultres qui ne sont point venus à mon sceu. Et povoient estre tous mis ensemble ceulx cy , de cinq à six cens hommes d'armes et trois ou quatre cens archiers , gens bien en point qui s'estoient assemblés de plusieurs garnisons les plus esleus.
Quand doncques Potton de Saincte-Trailles s'estoit apperceu, par Tinformacion de messire Jacques de Harcourt, quejes garnisons se dévoient assembler pour venir lever le siège de devant luy et combattre le duc leur ennemy , doublant peut estre qu'ils ne venissent si tost qu'il voulsist bien , secrètement s'embla dehors luy douziesme, et laissant la ville en bonnes mains , garnye et pourveue , s'en alla passer Somme par nuyt , et vint joindre avec lesdicles garnisons , cuidant par ce qu'il savoit et congnoissoit le conlennement du siège du duc et de son ost , leur faire faire un grand et mortel cxploici sur luy. Or failloit ledict Potton en ce ; car le duc
CHRONIQUE DU DUC PHILIPPE
bourgoingnon , sans leur donner celle paine de le venir quérir, se vint présenter meismes en leur main , là où ils Talloient quérant. Si chevauchoient , comme j^ai dict des* sus f les deux batailles fièrement Tune contre l'aultre. Et véoient bien les daulphinois que combattre les fauldroit ; aussi les quéroient ils , mais non pas si tost , car ils cuidoient avoir joincte avec eux la compaingnie de Sainct-Ricquier, et messire Jacques de Harcourt , à toutes ses gens , dont ils n'avoient nuls: Si leur convenoit faire de nécessité vertu , et faire du mieulx qu'ils porroienC de leur troppeau , qui estoit bel toutesvoies et bienà doubler. Et firent des nouveaulx chevaliers plusieurs, entre les aultres Gilles Gamaches , Regnault de Fontaines , Collinet de Villequier, le marquis de Sore, Jehan de Roan , Jean d'Espaigny , Torbiau de Rieu et Sarrazin de Beaufort. Et tandis que chevauchoient les deux batailles, pour venir joindre , vindrent férant des espérons aucuns aultres qui estoient demeurés derrière ; et n'estoient pas venus si tost que le duc bourgoingnon , au partir d' Abbeville. Et vindrent joindre à la queue de sa bataille droicl à point ; mais sembloient aulcuns plus effrayés qu'il ne faisoit mestier , comme vous orrez tantost. Si furent faicts de la partie du duc plusieurs chevaliers, qui ce jour bien achatèrent chevaleries, tel y avoit. Dont celui qui premièrement en reqnist l'ordre ce fust le duc meisme , lequel à messire Jehan de Luxembourg chevauchant d'ung coslé lui bailla son espée, et froidement, sans montrer sembler esmeu , lui bailla son espée et va dirq : « Beau cousin , en nom de Dieu , je vous requiers chevalerie. » Ledict de Luxembourg la print à très bault honneur, et luy bailla l'acoullée , disant : « Monsen gneur, en nom de Dieu et de monseigneur Sainct-George , je vous fais chevalier; que aussy le puissiez vous devenir , comme il vow sera bien besoing et à nous tous. » Si croy, et ainsy le mainiiennent les bons , que puis rheure qu'il le devint, oncques meilleur ne se trouva entre les chrestiens. Les aultres chevaliers après furent Phelippe [de Saveusos , Golard de Comynes , Jehan de Stenhuis, Jehan de Ro1)ays, Adrien Vilain , Jehan Vilain, Phclipc d'Aiidnnet, D>amot de Pois,
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GEORGE CHASTELLALN.
Gérard d'Alies , Gauvain de la \ îefvillc , Andriftii d'Azin(X)url, U5 Moisne de Renly, (Miatt de Brimeu , Jacques Pot , Loys de Sainct'Saulieu , Guillaume de Ilalwia , Derre de Cauroy et aucuns aulrres.
Or fault-il veuir à la bataille ou le bar- (fuî(>ner maintenant n^avoitlieu ne pourung ne [Kiur aultre , car trop csioient approchés de prés. Si Tault entendre que jà par avant on avoit envoyé Testandart de Plielippe de Sayeuses, atout Kix vings combaitans au travers des champs à couvert sur ce costé des daulphinois, pour venir férir dcdcnseulx sur esie quand la {;rosso en sourdreroit par devant. Et menoient ccst estandart , messirè Mauroy de Sainct-Léfrier et le Baslard de Coucy. Or semblait-il aux daulphinois que par baudeur et fièrement aller en besoingne , ils povoient espovanter leurs ennemis , et venir à la victoire du jour. Si leur doubla leur orgueil , et férirent chevaulx des espérons , et à lances bassées vindrent courans sur les Bourgoingnons , avec leur prince qui y estoit au front bien accompaignié , mais non pas vestu de sa cotte d'armes , car aultre Tavoit et la portoit pour abuser ses ennemis. £t receurent lesdicts daulphinois comme peu esmeus de leur orgueil , et s*entreférirent de leurs lances agiles très feliement. Là y cuit ung grand et [.horrible froissis , et ung pesant et mortel assemblement en cestuy premier encontre , dont maint bel homme d'armes et vaillant en estour se trouva levé en air, bleschié à mort ou à terre , car chacun mettoit mortelle main à son compaignon là où il povoit joindre. Si ponsox que si les daulphinois avoient grand faim do se monstrer fiers et espovanteurs de ([tMis«quo le duc de Bourgoingne, à qui plus cuisuit s;i vieille playe que la présente bataille, ii'oii avoit rions moins , ains y monstra fierté d'ung ohovuUor, nond*ungroy, ne d'ungfils, niais d'ung homme dont nature ne congnois- •oit la oomiH>sioion no la naissance des hornblos 01 luuiUs faiois que elle y véi>it ; car ouor do h on, oudotygro, ou do dragon , ton* nus oiisomblo » no poult monstrer Tai- (îivur, U Tolloio 01 les Inirriblos fais que do îm Noulo maiu il nu>nsir\>ii ou Pospesso nio^- Kv do SOS ouuomis, au\ quels il donnoil hido 01, tV»)Yur %lo sini bra$ que il c$(ounuissou 1 la porta pai* les ctkunps eaipK^soa^nttisirêy
tout ce qu*il trouvoit devant luy, et loy tiroit sang du corps ou la vie. Si oe caide nul que ce soit langaige glosé par faveur, ni fiction faicte par flatterie; car, comme les haults hommes de son temps , plosienre fais ailleurs Tout bien congneu et esprouvé. Certes nature y avoit mîs de valeur tant et si largement que en son temps ne s^est nul trouvé son per. Par quoy si je dis ce qui est \Tay en soy, je m'ose bien eslargir de louer ce qu*il vault en la forme qn*il a valu.