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PAROISSE, CURE ET ÉGLISE PAROISSIALE

Selestadt est situé dans le diocèse de Strasbourg et dans l'archiprêtré de Selestadt. A une lieue de cette ville est le fossé provincial ou Landgraben , qui sépare le diocèse de Strasbourg de celui de Bàle, et où commence l'archiprêtré de ce dernier diocèse, dit ultra colles.

L empereur, Louis-le-Débonnaire , confirma, en 836, la chapelle in loco , qui dicitur Selezistata , cum omnibus ad se pertinentibus , à l'église de Coire ; Hist. de l'Eglise de Strasbourg, tom. 2, num. 109, pag. 204.

Par un échange, passé en 880, le roi , Louis- le-Gros, accorda à Luitward , évêque de Verceil , son chancelier, les biens que l'église de Coire possédait auparavant en Alsace et en tr autres capcllam in villa nominata Slectistaie; ibidem, n. 145, p. 268.

Otton 1er , par son diplôme de 952 , confirme à l'église de Coire , la cape/la in Slezistat , qui en avait été aliénée ; Hist. d'Als., tit. 271, pag. 118.

Le même prince , par un autre diplôme, de 953, confirme et restitue à l'église de Coire , in villa Selezzislat trclesia cum omnibus sibi legaliter pertinentibus decimis et pvœdiis ac mancipiis ; tit. 273, pag. 119.

Petrus plebanus de Slctzsta't est rappelé dans une charte de Berthold , prévôt de Strasbourg , donnée en

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Rodolphe , grand-prévôt de Strasbourg , termina , vers Tan 1203 , au nom de l'évêque Henri , un différend qui s'était élevé entre le prévôt de Sainte-Foi de Selestadt, et Egelolfum sacerdotem ejusdem ville , au sujet des sépultures faites in monasterio S. Fidis et in parochiana ecclesia. Son jugement fut confirmé par des lettres de l'évêque Henri, adressées plebano, tolique populo de Slecestat.

On lit dans le nécrologe de la cathédrale : /// idus julii, Heinrichus imperator obiit : de Slehhestat plénum servicium. Cela peut faire croire que ce fut saint Henri qui donna des biens de Selestadt au grand-chapitre de Strasbourg, les mêmes que possède aujourd'hui le grandprévôt.

Dominus archipresbyter in Sletzstatt est nommé dans une charte de 1284.

Guillaume, évêque de Strasbourg, à la demande magistrorum , civium et consulatus oppidi Selestadt et Martini Ergersheim rectoris, sive curât i dicti oppidi unit, en 1513, les treize diverses chapellenies undecim bénéficia ecclesiastica capellanias dictas olim per diversos christi honestos ac devotos fundala et erecta , lesquelles , à l'exception d'une seule , étaient tant du patronage du grand-prévôt que du recteur de Selestadt , pour n'en former dans la suite que six chapellenies, quorum collalio, presentatio et jus patronatus admagistrum et cives dicti oppidi spectare debent, qui personas idoncas preposito Argentinensi tanquam archidiacono loci ad inslituendum et investiendum presentare debent. Le décret de cet évêque, du 20 juillet 1513, fut confirmé en 1514, par bulle du pape.

Ces • six chapellenies ainsi réduites par les lettres de 1513, étaient:

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1° La chapellerie de l'autel de la Sainte-Vierge , dans l'église paroissiale , à laquelle fut unie celle de l'autel de Saint-Léonard, dans la chapelle de la ladrerie.

2° La chapellenie de Saint-Pierre, dans l'église paroissiale, à laquelle fut unie celle de Saint-Jean-Baptiste, dans la même église.

3° La chapellenie de l'autel de Sainte-Agathe , dans la même église, à laquelle fut unie celle de l'autel de Saint- Jodoque.

4° La chapellenie de l'autel de Saint-Antoine , à laquelle fut unie celle de l'autel de Sainte-Catherine.

5<> La chapellenie de l'autel de Saint-Laurent , dans l'église paroissiale , fondée par Jean Burn , à laquelle furent unies les deux chapellenies de l'hôpital , l'une du Saint-Esprit et l'autre de Saint-Nicolas.

Et 6° La chapellenie de la chapelle de Saint-Nicolas , dans le faubourg , à laquelle fut unie celle de l'autel de Saint-Nicolas, dans l'église paroissiale.

Beatus Rhenanus , Rer. Germon., lib. S , pag. 29i, remarque que l'église paroissiale de Selestadt est plus ancienne de plusieurs siècles que celle de Sainte-Foi. II a raison, d'autant plus que le baptismalis ecclesie presbyter, est lui-même rappelé dans l'acte de fondation de ce monastère, de l'an 1094.

Voici comme Beatus Rhenanus, pag. 302, décrit l'église paroissiale : « habet hoc oppidum parochiale templum et « unicum et omnium antiquissimum , cujus lapidea struc-

* tura una cum turri satis quidem, magnifica est f sed « recentior. Olim haud dubie simplicius fuit et augustius,

* S. Cruci divaeque Catharinœ dicatum. Sed postèa D. c Georgius et Agnes in adyti, quod chorum vocant , tute-

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« lam asciti soli nunc régnant , veterum nulla meraoria , « prêter picluram. »

Wimphelinguc parle ainsi dans une lettre qui se trouve à la fin de la Germania JEneat Sylvii, imprimée à Strasbourg en 1515: « etsi in pueritia et adolescentia mea plures in « in patrio loco honesti sacerdotes in baptismali sacraeque « communionis templo Deum coluissent, hoc tamen tem- « pore praeter curatum suosque mysteriorum dispensa- « tores, unum duntaxat sacellanum gemens offendi. Licet * enim ecclesia plures habuerit capellanias a saecularibus « fundatas , illae tamen intérim ab opulentes et majora « sacerdotia tenentibus obtentae sunt, qui dum in opimis « alibi beneficiis , aut apud tyberim pingniora venaturi « moram habuere, exiguis, quos in absentia perceperunt , « proventibus contenti , sacerdotia patriae , quae singula « frugalem sacerdotem sustentare poterant , ad inopiam « vergere neglegerunt. Sicque bénéficia patriae diminuta, « cultus dei labe factatus et parochia clero seculari desti- " tuta est.... Cujus calamitatis gratia ex eremo in patriam « accersitus cum honesto senatu ad id nitimur, ut duae « aut très sacellaniac ignariter ad miseriam reductae in « unam alimenta residenti et cum ecclesiae rectore deum « honoranti suppeditaturam sacrosanctae sedis favore et < auctoritate conllari et conjungi possint : cujus rei Guil- - « helmus antistes noster pientissimus , dignissimique « prœlati et capitulum suum fundamenta jecerunt. »

L'église paroissiale de Selestadt, dédiée à saint Georges, et sa tour forment un des édifices les plus remarquables de l'Alsace. C'est um monument du quatorzième siècle. L'église est grande et voûtée dans toute sa partie. La nef a deux bas-côtés et elle est séparée du chœur par un grillage , au-dessus duquel est un ambon , ou tribune en

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pierre. Outre le maître-autel, il y en a quatre dans la nef. Le portail de l'église est très-beau ; au milieu se trouve une tour de pierre fort élevée.

On voit dans le chœur, du côté de l'épître , reliquiœ ornamentorum funeralium ex divi Ferdinandi primi Romanorum imperatoris augusti Castro doloris Avstriœ Vienna per Jacobum Taurellum , alias Œxel , prœlibati , nec non Maximiliani sccundi ac Rudolphi secundi itnperatorum augustorum consiliarium , hue translatai an. M.D.LXXVH mense septembri. C'est l'inscription qui s'y trouve et que j'ai copiée.

On trouve dans l'église paroissiale plusieurs épitaphes , parmi lesquelles nous avons copié les suivantes :

\. Florent Gebwiller, fils de Jérôme, mort en 1559.

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