‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 83 sur 100 · SUL · texte numérisé non relu

SUL

< sia Novi-Castri in villa , que vocatur Suvelheim tam in « curtis, quam agris seu pratis , etc. »

L'empereur Frédéric , dans son diplôme de 4219 , rappelle curiam Sufflcjiheim , quam de communi consensu fratrum Novi-Castrensium abbatisque voluntale in usus nostros vendicatam œdificavimus.

SULTZ (eh haute-alsace) , situé en Haute-Alsace et dans le diocèse de Bàle, nommé aussi Ober-Sultz ou Haut- Sultz, pour le distinguer de deux villages du même nom, situés dans la Basse-Alsace et au diocèse de Strasbourg , est une petite ville du Haut-Mundat , appartenante à l'évêque-prince de Strasbourg. Elle est située près des montagnes des Vosges , dans un pays fertile en grains et en vin ! , entouré aussi de bois, à une demi-lieue de Gebweiller, à deux d'Ensisheim , à une demi-lieue d'Isenheim, à deux de Rouffach, à cinq de Colmar et à vingt de Strasbourg.

Il est fait mention de cet endroit dès le septième siècle, sous Adalric, qui obtint, vers Tan 662, le duché d'Alsace. Curtis dominica in Suiza cum omnibus appendiciis suis, ecclesia videlicct matrice cum decimis suis , etc., est rappelée, dans la chronique d'Ebersmunster, dans le nombre des biens que ce duc Adalric accorda , vers l'an 670 , à l'abbaye il'Ebersmunster. On lit dans la même chronique, que du vivant de l'abbé Colomb , qui vécut jusqu'au règne de Pépin, un prêtre, nommé Yrin, bâtit à Sultz une église, que celîa S. Pétri dicitnr, et qui fut consacrée par saint Pirmin , en l'honneur de saint Pierre. Cela arriva donc entre l'année 752, que Pépin devint roi, et entre 754, qui

• Le vin de Sullz est estimé.

SULTZ

fut Tannée de la mort de saint Pirmin. Carloman , roi d'Austrasie et fils de Pépin, confirma, en 770, à l'abbaye d'Ebersmunster, predia in Suiza cum omnibus ad se pretinentibus , qui lui avaient été accordés par Adalric , duc d'Alsace ; Hist. de l'Eglise de Strasbourg, tom. 2, p. 103. L'empereur Charlemagne , frère de Carloman , confirma aussi , en 810 , bona in Suhha , à la même abbaye ; ibidem , pag. 155. Curtis dominica in Suiza cum omnibus pertinentiis suis , id est , ecclesia cum decimis suis , curtis porte cum omni décima salice terre , capella , quœ cella S. Pétri dicitur, in supradictam curtim porte pertinens, sont aussi rappelés entre les possessions de l'abbaye d'Ebersmunster, dans le diplôme interpolé de Louis-le- Débonnaire, de 818 ; ibidem, tom. 2, pag. 169.

La même chronique d'Ebersmunster, apud Martenne thesauro anecd., tom. 5, col. 1144 , rapporte que Werinhaire , qui était évêque de Strasbourg au commencement de l'onzième siècle , enleva Suiza cum pertinent ii* suis , à l'abbaye d'Ebersmunster et l'accorda à Radeboton , son frère, comte de Habsbourg. Ou ce fait est controuvé , ou les biens de Sultz furent rendus après à cette abbaye, puisque le pape, Luce 111, confirma à la même, en 1183, in Suiza curtem porte cum decimis suis et cum decimis dominice curtis in agris pratis et vineis.... Capelhm celle cum decimis suis ; Alsat. dipl., tom. 1, pag. Ti$. On trouve aussi un diplôme de l'empereur saint Henri, de 1022, qui confirme à l'abbaye d'Ebersmunster, capellam silam in banno Suiza, quœ cella S. Pétri dicitur, cum decimis allodii ad ipsam pertinentis. On lit aussi dans la chronique d'Ebersmunster : allodium in Sulze cum capella tempore Rimundi abbatis venditum est centum Marcis. Ce Rimond était abbé au commencement du 13e siècle. Cependant une

SULTZ

bulle d'Honorius III , de 1224, confirme à l'abbaye d'Ebersmunster, eapellam de Suiza cum allodiis et pertinenliis ejusdem ab inclite recordationis Henrico secundo Romanorum imperatore concessam. C'est le dernier acte où il soit fait mention de Sultz dans les titres d'Ebersmunster qui n'y possède plus rien.

Suivant la chronique d'Ebersmunster et le diplôme interpolé de Louis-le-Débonnaire, de 818, les possessions d'Ebersmunster ne consistaient pas seulement dans la cour dominicale de Sultz , mais encore dans des biens situés à Reguisheim, Gundolsheim, Bergholtz, Baldersheim,Battenheim , Ruelisheim, Hirzvelt et Bollweiller, qui dépendaient de cette cour dominicale. Ils ajoutent : « Familia tota , « sive militaris , sive censualis , vel et servilis cum omni « banno de ipsa villa , sive marcha cum omni libéra utilî- « tate in ipsam curtim dominicam Suiza pertinet , quae * marcha orditur in jugo montis , qui Beleus dicitur, et « pertingit in descensum usque per médium ville , que « Reteresheim vocatur ; in latitudine vero a medietate « ville, que Alreswilre dicitur, usque in antiquum alveum t fluvii , qui Lorfaha dicitur. » C'est sans doute cette étendue de biens que l'évêque Werinhaire enleva à Ebersmunster, pour la donner à Radeboton , son frère. Cette abbaye ne conserva alors que les biens et dîmes dépendants tant de la curtis porte que de la chapelle de Saint- Pierre, rappelés dans la bulle de Luce III , de H83, et vendus ensuite par l'abbé Raimond , pour cent marcs. Quoiqu'il en soit, l'évêque de Strasbourg , qui est aujourd'hui seigneur de Sultz , y jouit également du droit de patronage et d'une partie des dîmes. Cette partie de dîmes était autrefois une dîme inféodée par les évéques de Strasbourg aux comtes de Ferrette. Thibaut , comte de

SULTZ

Ferrette, engagea, en 4295, du consentement de l'évêque, cette dtme féodale , zehenden zu Sultze , à Catherine de Klingen , sa femme , pour mille marcs d'argent qu'il lui avait donnés en dot ; Berler, fol. 376. Ulric, comte de Ferrette, fils de ce Thibaut, résigna, en 1312, à Jean, évéque de Strasbourg, ailes Rechtes und Anspracke uff den Zehenden zu Sulze , qui lui provenaient de l'héritage de Catherine, sa mère, de Thibaut et Jean, ses deux frères ; Als. dipl., tom. 2, pag. 100.

On ignore le temps précis que le village de Sultz fut changé en ville. Elle était encore villa au commencement du douzième siècle , lorsque Heilwige, comtesse d'Egisheim et épouse de Gérard , comte de Vaudémont , obtint , en i i i 8 , de l'évêque de Strasbourg , ainsi que Hugues et Ulric, ses deux fils, honorata est beneficio de curte episcopali videlicel que sita est in villa Sulzho juxta Vosagum ; Als. dipl., tom. 1, pag. 193. On lit dans un chartulaire de l'abbaye de Cluni , fol. W5 , que parochiam in Sultza nobiles et ignobiles , venerabili Gebehardo Argentinensi épiscopo et Wernhero lantgravio de Habensburg , ad quorum dominium et protectionem , eorumque successorum fundus silve principaliter pertinere dignoscitur , annuentibus , accordèrent, en 1135, parficulam gênerai il a tis sue , à l'église de Notre-Dame de Thierbach, qui en était voisine. Ce qui prouve que Sultz était alors sous la seigneurie et la protection de l'évêque de Strasbourg et du comte de Habsbourg. Diethelmus rector et presbgler in villa et in parochia Suiza , de rogatu, consilio , et consensu mtnlium, civium et universorum tam in ecclesiis quam in capellis et in villis ad parochiam , seu ad villam Sulze spectantium firent , en H 38 , le vœu d'une procession perpétuelle et annuelle à l'église de Thierbach , pour obtenir la fertilité

sultz

de leurs vignes et de leurs terres ; Martenne , tom. i , Anecdot, , pag. 390 , ce qui s'observe encore aujourd'hui. Le vénérable Pierre , abbé de Cluni , adressa, en 1142, une lettre , venerabili presbytero domino Diethelmo et omnibus in parochia de Suiza commorantibus , pour les incorporer aux prières de son ordre ; Martenne, tom. cit. pag. 395. Le pape, Célestin III, confirma, en 1191, les possessions de Sulze au monastère de Goldbach ; Alsat. dipl., tom. i, pag. 296. Baldemarus plebanus de Sulze est nommé dans une charte de Conrad, évéque de Strasbourg, pour le monastère de Schwartzenthann , de 1 202. Berler, in Chron. mss., fol. 349, compte dans le nombre des curés-recteurs de Sultz , Herman , comte de Thierstein, Henri de Hohenstein , Rodolphe d'Oberkirch et Jean- Jacques d'Andlau ; ce dernier mourut en 1520.

Berler, fol. 349 , cit. , prétend que Sultz resta village jusqu'au quatorzième siècle , temps auquel le village d'Alschweiler, où était la mère-église , fut détruit par les irruptions des Anglais.

Villa , que Alreswilre dicitur, est rappelée dans le diplôme interpolé de Louis-Ie-Débonnairc , pour l'abbaye d'Ebersmunster, de 818; Hist. de l'Eglise de Strasbourg , tom. 2, pag. 170. Herman, abbé de Hhinau, vendit, en 1242, au monastère de Marbach, prœdia sua in terminis Alswilre et Sulze. Rudolfus de Alswilre miles , est rappelé dans des chartes de 1245 et 1246; Alsat. dipl., tom. 1, pag. 389 et 394 ; de 1259, pag. 427, et 1268, pag. 460. On trouve , dans ufle charte de 1295, le nom de Uurchart der Kirchherre von Alswilre Brader von Peter, ein Rilter von Bollewilre.

Berler donc prétend que ce ne fut qu'au quatorzième siècle que se forma la ville de Sultz , lorsque les habitants

SULTZ

d'Alschweiller, abandonnant leur lieu natal , se retirèrent près du château de Bucbneck , qui était à Sultz , où cette réunion des habitants des deux endroits forma la ville. Mais Berler se trompe, puisqu'il est certain que, dès l'an 1 254 , le village de Sultz commença à être entouré de murailles et à prendre le nom de ville. Cet endroit est nommé villa et oppidum dans les mêmes lettres de Henri , évéque de Strasbourg, de 1254, par lesquelles il accorde teloneum suum apud villam suam Sulze, au noble Guillaume de Sultz , aux conditions ut debeat munitionem suam in dicto oppido Sulze episcopo Argentin, presentare ad ejus usus et ipsam munitionem tam ipse , quam sui heredes ab ecclesia Argentinensi infeodo tenere. Cette double dénomination prouve que Sultz commençait alors à devenir ville. Aussi depuis ce temps , elle est constamment désignée sous cette dernière qualité. Guillaume de Sultz, dans ses lettres de 1264 , l'appelle seulement opidum Sulze. L'annaliste de Colmar, pag. 14, rapporte, sous l'an 1277, que episcopus Argentinensis de civibus in Sultz octoginta marcas accipiebat , gui antecessoribus suis cum murmure vix sexaginta marcas solvebant , ce qui prouve l'augmentation de cet endroit. Le même annaliste rapporte , sous la même année 1277, in Sultz , quedam meretrices dômesticœ a meretricibus sylvestribus baculis expulsai. Il avait rapporté précédemment, pag. 12, sous l'an 1276, in Sultz prope Rubeacum decocttts fuit monetarius , scrvus domini Joannis de Jungholtz. Conrad , évéque de Strasbourg , vendit, en 1295, Henrico dicto Baselwint sculteto , Egenolfo dicto Zeinehesche et Wernhero dicto Limes , civibus oppidi sui in Sultze supra Rubiacum , thelonium et quod vulgariter ungelt appellatur cum attinentiis eorumdem, quos habet in oppido suo Sultze predicto. Stat und Bann zu

SULTZ

Sulze sont rappelés dans des lettres de Conrad , évêque de Strasbourg, de 1295; Als. dipl. t tom. 2, pag. 63. L'empereur Henri accorda aussi, en 1308, à Jean, évêque de Strasbourg, omncs utriusque sexus judœos opidi Sulze

incolas ita quod dicti judei ad illum pcrtineant pleno

jure ; Alsat. dipl., tom. 2, pag. 87. Tout cela prouve que Sultz était déjà ville longtemps avant la date que lui fixe Berler.

D'ailleurs le château , qu'il nomme Buchneck , est le même qui dans les chartes est nommé le château ou la forteresse de Sultz. Les lettres de Henri, évêque de Strasbourg, de 1249, pour l'abbaye du Lieu- Croissant , sont ainsi datées : Acta sunt hœc an. Dom. 1249 apud civitatem noslram novam Sulze. Les lettres d'Ulric , comte de Ferrette , pour l'église de Strasbourg , de 1251 , furent données apud munitionem Sullze domini Henrici episcopi Argeniinensis ; Alsat. diplom. , tom. 1 , pag. 406. Nous voyons par les lettres de l'évêque Henri , de 1254 , que Guillaume de Sultz tenait alors en fief de l'évêché , munitionem in opido Sulze. Pierre , abbé du Lieu-Croissant et son abbaye, vendirent, en 1260, à Conrad Waldener de Gebwiller et à ses trois frères , curiam suam sive domum , que vocatur O'.wilr, sitam in banno municipii Sullza cum omnibus pcrtinentiis , excepta capella sita in dicto municipio Sultza et ad ipsam curiam pertinente ; Als. diplom., tom. i, pag. 430. Les quatre frères Conrad, Herman, Gunther et Eberhard de Waldner offrirent en fief, en 1261 , à l'église de Strasbourg , la même curiam dictam Ollewilre , sitam in banno de Sultze....; ibidem , tom. i , pag. 435. Guillaume de Sultz rappelle, dans ses lettres de 1264, castrum suum in opido Sulze situm. 11 parait que les nobles de Pfaffenheim , à l'extinction de ceux de Sultz ,

SULTZ

obtinrent le ehâteau de Sultz en fief, de l'évéché, pendant quelque temps, puisqu'il existe des lettres des trois frères Pierre , Henri et Jean de Pfaffenheim qui résignent , en 1 289 , à l'évéque et à l'église de Strasbourg , die Burg zu Sultzc , und ailes dus darzu h'ôret , il as wir von Miser en Herren Bischoff ze lehen helten. On lit dans l'annaliste de Colmar, pag. /7, sous l'an 1281, aqua transiens castellum Sultzc magnum dammim ibidem fecil.

Les nobles de Sultz , dont il est fait ici mention et qui possédèrent le château de ce nom , s'éteignirent vers la fin du treizième siècle , dans la personne de Guillaume de Sultz, et non en 1648, comme le suppose M. Schœpflin, A h. illust., t. 2, pag. 85, qui les confond avec une autre famille du même nom , établie en Basse-Alsace. Le pape , LucelM , confirma, en 1183, au chapitre de Lutenbach, les possessions quas Johannes de Sultza quondam ecclesie Lulenbacensis canonicus ecclesie ipsi conlulit. On trouve dominus Heinricus de Sultze dans la charte de Henri, évêque de Strasbourg, pour l'abbaye de Pairis, de 1185. Wilhelmus miles dicttis de Sulze possédait, en 1254- et 1264, le château de Sultz en fief, de l'évêché. Wilhelmus de Sulze miles est nommé, en 1256, entre les vassaux des seigneurs de Horbourg; Alsat.dipL, t. 1, pag. 417. Il est encore rappelé dans une autre charte de 1257, pag. 420, et 1259, pag. 427.

Sultz est composé d'environ cinq cents familles catholiques et est le chef-lieu d'un petit bailliage du Haut- Mundat. Ce bailliage n'est aujourd'hui formé que de la ville d'Obersultz et du village de Wunnenheim , depuis que les villages de Hartmansweiller et Rimhach-Zell en ont été démembrés. Le magistrat de Sultz est aujourd'hui composé du bailli et prévôt , d'un procureur fiscal , d'un

SULTZ

greffier, d'un bourgmaître et de cinq autres conseillers. ïl a été fixé à ce nombre par l'évêque de Strasbourg , autorisé par un arrêt du Conseil d'Etat, du 23 août 1760.

Les décimateurs du ban sont l'évêque de Strasbourg, l'évêque de Bàle , le commandeur de Sultz , le curérecteur et le chapelain de la chapelle des Waldner, chacun par portions inégales. L'évêque de Bâle est décimateur au titre de la chapelle des Trois-Rois. La fabrique a aussi une très-petite portion de dîmes.

Les armoiries de la ville de Sultz sont de gueules , à la croix d'argent, accompagnée de quatre corbeaux ou oiseaux de proie , de sable bequés , membrés et grilletés d'or.

Les juifs de Sultz eurent le même sort que ceux de Bouffach. (Voyez Rouffach.J

L'église paroissiale est sous l'invocation de saint Maurice. Elle est située dans l'archiprêtré , dit: en-deçà des collines.

11 y a , dans cette église , une chapelle qui appartient à la maison noble des Waldner. On y voit , entr'autres , le monument sépulchral de Bertold Waldner, mort en 1343, qui se trouve gravé dans YAlsatia illustrata, t. 2, p. 633, et le mausolée en marbre de Louise-Françoise de Vologer, marquise de Ferrière, épouse de Chrétien-Frédéric-Dagobert , comte de Waldner, morte à Ollweiller, le 22 août

Il y a , dans la maison de recette.de l'évêque de Bâle, une chapelle des Trois-Rois , qui appartenait autrefois à l'abbaye du Lieu-Croissant, en Franche-Comté.

Près de la porte, qui conduit à Gebweiller, il y a une commanderie de l'ordre de Malte , à laquelle sont unies aujourd'hui les commanderies de Colmar et de Mulhausen

SCLTZ 383

et qui dépend du grand-prieuré d'Allemagne. On ignore l'époque de son origine. Conrad von Sullzmatte, commendure zu Sultze , est rappelé dans un acte de 1371. Il y avait, en 1367, outre le commandeur, huit prêtres de l'ordre et dix frères laïcs. On y trouvait, en 1520, douze prêtres , quatre sœurs et trente pauvres femmes , qui y étaient loges et nourris. Toute cette conventualité fut abolie en 1528.

11 y a aussi , hors de Sultz , hors de la porte de Gebwiller, un couvent de Capucins , qui s'y établirent en 1632. Mais la guerre des Suédois ayant interrompu leurs bâtiments , ils n'y retournèrent qu'en 1651 , qu'ils achevèrent l'église et le couvent. L'un et l'autre furent rebâtis en 1732. Ces Pères sont, dans la paroisse, prédicateurs des dimanches et fêtes ; ils fournissent aussi des prédicateurs et des confesseurs aux villages voisins.

Sultz fut pris, le 2 février 1634 , par Otton- Louis, rheingrave , qui y fit grand pillage et qui , comme le raconte Kemnitz , y reçut, du seul comte de Liechtenstein , trois quintaux d'argent.

M. Schœpflin, Alml. illust., t. 2, pag. 84, dit qu'on ne trouve à Sultz, en Haute- Alsace, ni bains , ni eaux salées. Cependant il y a une source d'eau salée au bas d'une montagne , dans un terrain appartenant à la commanderie de l'ordre de Malte , mais qui n'est d'aucun usage et qui est malheureusement négligée.

Il y a , dans l'église paroissiale de Sultz , une chapelle fondée par M. de Waldner. C'est le titre d'une chapellenie, dont le droit de patronage appartient à l'aîné de la branche atnée de cette famille.

Cette chapellenie fut fondée sous le titre de l'autel de Sainte -Croix, le samedi après Invocaviî 1340, par Berthold

384 sultz

de Waldner, sous l'autorité de Jean, évêque de Bàle et du consentement de Berthold, évéque de Strasbourg ; Archives de Waldener. Il y fut aussi enterré. (Consultez mes notes sur la maison de Waldener.)

On y voit aussi la tombe d'Ursule, comtesse de Nellenbourg, épouse de Conrad Waldener, morte en 4390, et le mausolée de Madame de Waldner, morte en 4764.

Jean , évêque de Bâle , confirma , par ses lettres datées du samedi après Invocavit 4340, la fondation que sirenuus miles Bertholdus Waldener avait faite de la prébende sacerdotale de l'autel de Sainte-Croix , in ccclesia parochiali in Sultzc, à la collation du plus ancien de la famille. Elle se fit du consentement de Berthold, évéque de Strasbourg , patron de la cure , et de Jean Erlin , recteur de la même église.

La Société royale de médecine , dans son assemblée publique du 7 mars 4786 , a fait une mention honorable d'un mémoire sur la topographie médicale de la ville de Sultz, en Haute-Alsace, composé par M. Beltz, docteur en médecine. M. Beiger, également docteur en médecine , en a été le coopérateur pour toute la partie de ce mémoire qui concerne l'agriculture.

Sultz (près molsheim) est un village de l'évêché de Strasbourg, situé dans le bailliage de Dachstein, à quatre lieues de Strasbourg et à une petite demi-lieue de Molsheim, sur la rive droite de la Mosig, non loin de l'endroit où ce ruisseau se jette dans la Brusch, entre deux collines de vignobles, composé d'environ 124 familles catholiques et six juives. Merian , qui a donné la gravure de cet endroit tel qu'il existait en 4663, écrit, pag. 63, que Sultz était , au quatorzième siècle , une petite ville qui fut

SULTZ

détruite en 1333 et changée en village. L'évêque de Strasbourg en est aujourd'hui seigneur ; le prévôt de la collégiale de Haselach est collateur de la cure. Le chapitre de Haselach, auquel furent unis les revenus du rectorat, est décimateur, mais il a cédé au curé de Sultz la dîme entière en grains et la moitié de lu dime en vin. Avant le luthéranisme , il y avait à Sultz , outre la cure-pléhanat , une primissairie aujourd'hui éteinte. Le curé de Sultz dessert aujourd'hui les habitants du village voisin de Biblenheim. L'église paroissiale est sous l'invocation de saint Maurice.

Sultz est fort ancien. Salie est rappelé entre les possessions de l'abbaye de Nidermunster, dans le testament de sainte Odile, vers l'an 708; liht. de l'EgL deStrasb., t. 1, pag. 44, preuves. Il est aussi nommé Suiza dans la charte polyptique de l'abbaye de Maurmoutier, écrite vers l'an 1144. Ekkehardus canonicus ecclesiœ sa ncti Florent ii, Sulcensis pastoris officio funclus , est rappelé dans une charte de Brunon, prévôt de Haselach, de l'an 1162 ; Ah. dipl., t. 1, p. 252. Burchard, qui fut aussi prévôt de Haselach, et qui devint ensuite évéque de Strasbourg , accorda décimas de Sulcen à ses chanoines de Haselach , dans le temps qu'il en était prévôt , dum preposituram ecclesie Haselacensis in ipsa manu teneret , comme on le lit dans une bulle du pape , Luce III , de 1 182. Le pape , Alexandre III, confirma, en 1179, curiam apud Salze a l'abbaye de Maurmoutier ; Ah. dipl. y t. i, pag. 268. Dans la guerre que Walther, évéque de Strasbourg , eut à soutenir en 1262 avec sa ville épiscopale , les bourgeois de Strasbourg brûlèrent Sultz, suivant Kœnigshoven , cap. 4, pag. 253. On lit dans la chronique manuscrite de Godefroi d'Ensmingen, qui a laissé la relation de cette guerre: An. 1262 , post messes , cives villam episcopatus Sulze incendio

sri.Tz

devastarunt. Par une transaction , passée en 1274 , entre Conrad , évéque de Strasbourg , et l'empereur Rodolphe, renouvelée en 1293 , avec l'empereur Adolphe , il fut décidé que l'empereur et levêquc posséderont conjointement la ville de Sultz de leur vivant , villam Sulze possidebunt communiter pro indiviso tempore vite sue. Dans la guerre des Armagnacs , de 1 444 , les Strasbourgeois envoyèrent, la veille de Saint-Martin, huit cents hommes au secours des habitants de Mutzig et de Sultz. A leur approche , les Armagnacs se retirèrent , et les Strasbourgeois brûlèrent deux moulins , après avoir tué deux Armagnacs ; Schiller ad Kœnigshovium , pag. 928 et i009. On trouve le tiers de Sullz engagé par l'évêque en 1456, à Sigefroi d'Obergass de Molsheim ; Alsat. illust., t. 2, pag. 146,

Près de Sultz , de l'autre côté de la Mossig , sur le grand chemin venant de Molsheim, sont les bains de Sultz, qui ont donné le nom à cet endroit 1 , fréquentés dès le seizième siècle , près desquels est une chapelle dédiée à saint Amand. Cette chapelle est un pèlerinage où les femmes stériles portaient autrefois en offrande des coqs noirs pour avoir des enfants.

Les premiers qui ont fait mention des bains de Sultz et qui en ont conseillé l'usage, sont Wecker, Antidotar. spécial. Basil. , 156i , lib. 1 , sect. S , et Etschenreutter, Beschreibiuig aller hcilsamcti Brunnen nnd Bader, Argentinœ , ioli. Feu M. Schurer, célèbre médecin de Strasbourg , a donné, en 172G , une Disserlatio inauguralis medica sistens descriptwneni halnci Sulzcnsis prope Mois- Iwmium, de 24 pages in-4°, qui en donne une description

1 Les bain» de Sultz »uut sous la paroisse de Wolxheim.

Sl'LTZ

fort bonne pour le temps. Mais il faut préférer celle que M. Guérin a donnée en 1769, dans sa Disserlatio chemicomedica de fontibus medicath Alsaliœ, pag. 30-34.

L'auteur de la Dcscriptio particulœ territorii Argentinensis , an. 1615 , écrit que de son temps , pag. 55 , la maison des bains de Sultz avait été très -proprement renouvelée.

En 1726, les bains de Sultz appartenaient à Mrs. de Meyerhoffen , qui les avaient acquis de l'évêché de Strasbourg. Près des bains coule la rivière de Mosig. Sultz est située dans une plaine ouverte à l'orient et à l'occident. Vers le midi est uue montagne sur laquelle se trouvent des vignes et des pâturages. Au nord est une montagne dont une partie est carrière et l'autre vignoble. Toute la partie qui est vignoble abonde en terre calcaire , qui se trouve aussi dans les montagnes voisines , d'où l'on tire aussi de la chaux vive et du plâtre. Les pierres, qui sont rougeâtres, participent non-seulement beaucoup du mars (fer), mais on y rencontre même des veines de mars subtile ; Schurer, pag, i5.

On trouve, dans les édifices qui forment ce bain , deux puits assez larges et profonds , dont l'un est grand et l'autre est petit et qui n'est presque plus d'aucun usage. L'un et l'autre poussent une eau copieuse et presque semblable , dont le superflu tombe par des canaux dans des fossés qui entourent les bains. Le grand puits a une pompe qui soulève l'eau pour la faire passer dans des chaudières par le moyen de canaux de bois ; Gucrin, pan. 31.

L'eau de ces bains ne tarit point: elle est limpide, claire, verdâtre et ne gèle dans aucun hiver ; elle est plutôt tiède et elle exhale de copieuses vapeurs. Son odeur est sulfureuse et assez semblable à celle d'œufs pourris ,

StTTZ

mais exposée à l'air ou au feu , elle la perd bientôt. Cette odeur est moins forte en été qu'en hiver. Son goût n'est pas agréable : elle est salée et porte une petite amertume qui ne plaît pas au palais; c'est ce qui fait qu'on s'en sert peu intérieurement, (jette eau, d'ailleurs limpide lorsqu'elle est réduite dans les chaudières à un tiers , prend presque la couleur du lait : devenue alors plus légère au tact, elle devient plus salée au goût ; Schurer, pag. 15 et 16. Presque toutes les eaux voisines sont un peu salées et on a eu de la peine à découvrir un puits d'eau douce hors de la maison. C'est une ancienne tradition qu'il y avait une fontaine d'eau salée sur la montagne voisine de Sultz ; p. 16. On ignore le temps quand les eaux de Sultz furent connues , mais il est certain , tant par les auteurs qui en ont parlé en 1561 et 1571 , et par des contrats de louage antérieurs à ces années , qu'elles existaient au moins au commencement du seizième siècle.

L'eau mesurée à l'hydromètre est plus pesante d'un degré que l'eau commune. Lorsqu'elle est cuite, elle perd aussitôt son odeur de soufre. Elle ne se corrompt pas, quoique conservée pendant un été entier dans un vase ouvert ; Schurcr, pay. 17.

11 n'est pas douteux que cette eau tire son origine de la montagne qui se trouve au nord des bains ; pag. 19. L'eau, dans quel temps de l'année que ce soit et quelque quantité qu'on en tire , reste toujours en égale quantité ; pag. 20.

Wecker et Etschenreulter donnent aux bains de Sultz les mêmes qualités qu'à ceux de la Hub , situés de l'autre côté du Rhin, près d'Otterowyr.

Schurer, pag. 23 et 24 t écrit que les bains de Sultz sont très-eflieaces tant pour les maladies arthritiques que pour

SULTZ

la gale, ce qui fait qu'on trouve dans la chapelle voisine de Saint-Amand , tant de béquilles et lant de figures , de bras et de pieds des malades qui ont été guéris dans ces bains. Ils sont si connus pour la gale , qu'on les appelle communément das Grind-Bad, ce qui fait qu'ils sont particulièrement fréquentés par les juifs.

M. Guérin, pag. 33, croit qu'elles pourraient être aussi utiles prises intérieurement. Il ajoute que ces bains conviennent aux affections de femme, à la gale, aux maladies de la peau, à celles des nerfs, etc., etc.

C'est près de Sultz que commence le canal de la Brusch , qui est conduit de là dans 1*111 , à une petite distance de l'endroit où cette dernière rivière entre dans Strasbourg. On appelle ce canal très-improprement le canal de Molsheim , puisqu'il ne touche point cette ville et qu'il en est éloigné d'une bonne demi-lieue. Ce canal, qui est de la plus grande utilité tant pour le transport des moellons , des pierres à chaux , à plâtre et de taille provenant des carrières exploitées près de Sultz, que pour celui du bois de chauffage, qui arrive par flottes du fond de la vallée de Schirmeck, fut construit en 1682 , et a été cédé en 1755 par le roi au magistrat de Strasbourg. Ce canal, qui passe près de Wolxheim , Ergersheim , Ilangenbietenheim , Achenheim et Eckbolsheim , a quatre lieues et demie de longueur, et il y passe , année commune , près de 950 bateaux. La chûle de l'eau est en tout de 98 pieds de roi deux pouces. Ce canal a onze écluses , dont la première est à double sas , sans compter celle de prise d'eau à la tète du canal, près de Sultz '.

L'église paroissiale de Sultz est sous l'invocation de saint Maurice. C'est aussi le patron de l'autel qui se

* Voir sur le canal de le Brusch, le Dictionnaire d'Alsace, tom. /, pag. 360.

dyU SULTZ

trouve du côté de l'épître , dans l'enfoncement d'un petit chœur. On trouve, du côté de l'évangile, un autre autel de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Entre ces deux autels est un troisième , dont le tableau représente Jésus-Christ attaché à la croix.

Cette église est d'une double ou même d'une triple Architecture , car la tour paraît être plus ancienne que le reste et l'ouvrage du 14 e siècle. Une partie de l'église fut construite en i484, comme le porte une inscription allemande , qui se trouve au haut d'un mur extérieur, et comme le porte celle qu'on lit à une des portes d'entrée :

Stemmata, robur, opes, ars, gloria, sceptra, voluptas omnia prœtereunt piœter amare Deum 1484.

Une autre partie de l'église est plus moderne et date de l'an 1562, suivant l'année qu'on lit à la porte d'entrée opposée à la première.

Les bains sont situés à un petit demi-quart de lieue de Sultz. D'un côté elle a les vignes et les carrières , de l'autre côté coule la Brusch, au-delà de laquelle se trouve, sur la route de Sultz à Molsheim , la chapelle de Saint- Amand. Les bains renferment deux bâtiments : l'un destiné aux chrétiens , où est la source , renferme seize baignoires. L'autre, commun aux seuls juifs, en a sept.

StxTz-sots-FORÊT. Le mot de Sultz indique d'ordinaire ou des eaux minérales , ou des salines. Tels sont pour l'Alsace, Sultz, dans le bailliage de Fleckenstein , où il y a des sources d'eau salqe ; Sultz, près de Molsheim, où il y a des bains ; Sultzbach et Sultzmatt , en Haute-Alsace , connus par leurs eaux minérales. Le village de Soulces , en Franche-Comté, celui de Sulzberg, dans le margraviat

de Bade , et les villages de Sultz , situés dans les duchés de Wurtemberg et du Mecklenbourg , tirent aussi leurs noms d'une source d'eau salée qui s'y trouve.

Il y a aussi des bains à Sultz , près de Fribourg en Brisgau; à Sultzberg, dans le margraviat; à Sultzbrunn, dans l'électorat de Trêves, etc.

Sultz a donné son nom à une famille noble de la Basse- Alsace, qui s'éteignit en 1648, dans la personne de Nicolas- Jacques de Sultz ; Hertzog , lib. 6, fol. 282 , et ZHler, in Topographia Alsatiœ, pag. 63. Dertramus de Suiza assista, en 4427, à la consécration de l'église abbatiale de Saint- Jean-des-Choux ; Als. dipl., t. 1, pag. 205.

Sulz, selon Schoepflin, Als. illust., t. 2, p. 241, nota T, est un vieux mot allemand, qui signifie ou saline, ou saumure , ou eau salée. De là vient qu'on donne ce nom aux endroits qui ont ou qui avaient autrefois des salines , des bains ou des eaux minérales.

Sultz, qu'on nomme Sut (z-sous- Forêt, pour le distinguer de la ville de Sultz, située en Haute-Alsace, et du village de Sultz , près de Molsheim , faisait autrefois partie de l'Hattgau, comme le remarque M. Schœpflin, Als. ilhist., t. 2, pag. 126. C'est aujourd'hui un grand village ou un bourg, chef-lieu de la baronnie de Fleckenstein et la résidence de son bailli, situé dans la Basse-Alsace et dans le diocèse de Strasbourg, au pied des Vosges , à neuf lieues de Strasbourg, cinq du Rhin, entouré de hauteurs qui, en 8 f élevant , forment de grandes montagnes ; à deux lieues de Weissenbourg et à trois de Haguenau , composé d'environ 57 familles catholiques , 98 luthériennes , 9 calvinistes et 26 juives.

Dès l'an 4275, les Fleckenstein et les Pûller dp Hohenbourg , qu'on croit avoir eu une origine commune ,

sri.T/

possédaient par indivis Sultz et les villages de sa seigneurie, savoir: Hermansweiller, Retschweiller, Memmelshofcn, Meisentlial, Lusan et Jaegershofen , à titre d'ancien fief de l'église de Cologne. En 1305 , Hugues de Fleckenstein , du consentement des Pùller, accorda , à Christine de Mokenheim, sa femme, deux cents marcs d'argent sur la même seigneurie , pour lui servir de dot ; Als. illust., 1. 2. pag. 242. Il y avait dès lors , à Sultz , un château très-fort, fortifié d'un triple fossé et d'une double muraille. Ce château , qui était ganerhial , subsista en entier jusqu'au dernier siècle; pag. 241. On trouve qu'il fut détruit, en 1314, par les habitants de Strasbourg et de Haguenau, qui en avaient résolu le siège, et qui menèrent prisonniers à Strasbourg vingt-six soldats de la garnison ; Wencker, in apparat v Archiviorum , pag. 189 , et Kœnigshoven , in Chronico, pag. 318. Ce fut en 1346 que Sultz fut converti en ville. L'empereur, Louis de Bavière , à la demande de Henri de Fleckenstein , permit, en 1346, den Burgern zu Sultz.... das sie ein Statt buwen , und machen sullen, und mogen innewendig den Graben, die umbe die Burg gant zu Sultz, und die vesten mit Mur en, Graben, und mit anderen Bevestenungen. Il leur permit, dis-je, de bâtir une ville dans l'enceinte des fossés du, château , donna à ceux qui habiteraient cette nouvelle ville , les mêmes droits dont jouissaient les habitants de Haguenau et ordonna à ceux qui habitaient le village, de se transférer dans la nouvelle ville pour y fixer leur demeure ; Als. dipl., t. 2, pag. 183. L'empereur , Charles IV, leur accorda le privilège , en 13i8, de recevoir quatre juifs ; .4/*. illust., t. 2, pag. 241. La ville de Sultz ne fut donc pas d'abord fondée à l'endroit où était le village, mais dans l'enceinte que formait le fossé du château. Le nombre des habitants s'étant ensuite accru,

SULTZ

elle eut ses propres murailles d'enceinte , dont il reste encore des vestiges. De là , dans un acte de partage de la seigneurie de Fleckenstein, de 1408, Sultz est nommé ville bâtie devant le château, Sultz die Stati vor der Burg.

En 1347, Tannée d'après l'érection de Sultz en ville, Walram, archevêque de Cologne, investit Henri de Fleckenstein , de castro diclo Sullze et opido eidern adjacente , nec non hominibus dictum opidum inhabitantibus , qui olim in villa ante predictum castrum siiuata constitueront habitare, sicut progenitores prefati Henrici ab ecclesia Coloniensi in feodo tenuernnt ; Alsat. dipl., tom. 2 , pag. 183. Henri de Fleckenstein accorda , en 1351 , la moitié du château de Sultz à Rodolphe de Hohenviet et à ses héritiers ; Alsat. illust.y pag. 241. Ce Henri , qui fut le dernier d'une bmnche particulière de Fleckenstein , mourut la môme année 1351. Alors Guillaume, archevêque de Cologne, déclara le fief apert et le conféra à Jean de Thann. Mais les autres Fleckenstein, de la même famille, ayant promis à l'empereur, Charles IV, l'ouverture du château et de la ville de Sultz , ils en furent investis en 1355 , conjointement avec les nobles de Thann. Ulric de Thann vendit , en 1489, tous ses droits aux Fleckenstein, pour la somme de douze cents florins. Christophe , Henri et Bernard de Thann , neveux d'Ulric , réclamèrent contre cette vente ; mais ils se désistèrent de leurs prétentions en 1507, moyennant une somme d'argent qui leur fut donnée en supplément ; Als. illust., pag. 242.

L'an 1450, Frédéric IV renouvela la permission de bâtir la ville de Sultz ; diplornata Frideric IV a Bœclero édita, pag. 262 , ce qui fait présumer que Sultz était redevenu village , comme il l'est encore depuis quelques siècles. Le même Frédéric IV, accorda aux Fleckenstein le privilège

SULTZ

d'exiger la gabelle du vin dans Sultz et dans tous les lieux qui dépendaient de sa seigneurie ; Alsat. illttst., pag. 242.

Sultz et les villages de sa seigneurie restèrent aux Fleckenstein jusqu'à l'extinction de celte maison , arrivée en 1 720, dans la personne de Henri-Jacques. Ils passèrent alors à Hercules-Mériadec , prince de Rohan-Soubise , frère du cardinal de Kohan, qui avait reçu, en 1706, l'investiture des fiefs que les Fleckenstein tenaient , tant de l'empereur que de l'électeur de Cologne , et qui en avait obtenu une investiture simultanée en 1712, du consentement du dernier possesseur ; de là le prince de Rohan- Soubise est aujourd'hui seigneur de Sullz. Les Fleckenstein tenaient le droit de patronage et une grande partie des dîmes de Sultz, à titre de lief de la maison de Lichtemberg, à laquelle ils revinrent à l'extinction des Fleckenstein. De là le prince de Hesse-Darmstadt nomme aujourd'hui le ministre luthérien de Sultz et est décimateur du ban pour les deux tiers. L'autre tiers appartient au ministre. La cure catholique est royale. Ce fut vers l'an 1543 que la doctrine de la Confession d'Augsbourg fut introduite à Sultz et dans la seigneurie. L'église, mi- partie, est dédiée à saint Pierre et à saint Paul, il y avait autrefois un redorât , un plébanat et deux chapellenies , l'une de la Sainte-Vierge et l'autre de Sainte-Catherine, qui n'existent plus.

Il y a à Sultz , une source d'eau salée qui sort d'une ouverture fort profonde qui se trouve dans l'enceinte du château, laquelle donna le nom à l'endroit et est la seule d'Alsace employée. Une livre d'eau, selon Leuschenring, Dissert, de fonte médiat ta Nidcrbronnensi, pag. 8, de cette fontaine , produit six dragmes de sel commun : celui qui s'y fabrique ne se vend pas dans la province. Cette source de Sultz serait ancienne si on pouvait lui appliquer les

SILIZ

Satinas de Sulcea, qu'Alexandre III confirma, en H 80, à l'abbaye de Lucelle Als. dipl., tom. 1, pag. 271. Quoiqu'il en soit , cette source d'eau salée ayant été négligée pendant les guerres, Frédéric-Wolfgang et Henri- Jacques de Fleckenstein l'accordèrent en emphitéose à Jean-Reinhard Krug de Nidda et à Louis-Jacques Gambs , et ce en i663 , ce qui fut confirmé par l'électeur et le chapitre de Cologne , en leur qualité de seigneurs directs. Jusqu'en 1724, on ne s'était servi que de chaume et de paille pour faire couler l'eau salée au travers , avant que de la mettre sur le feu pour la faire exhaler et en retirer le sel. On y substitua, en 1724, des broussailles, et cette méthode nouvelle fut trouvée si bonne , qu'on l'employa depuis dans les autres salines de France et d'Allemagne.

La terre des collines voisines de Sultz est argileuse et produit pour la plus grande partie du froment d'hiver et de l'espiautre, une moindre qualité d'avoine, d'orge et du mais. On y cultive aussi des vignes qui donnent un trèsbon vin. Les collines qui ne sont pas labourées, sont couvertes de chênes et de hêtres. Autrefois elles portaient des pins , mais aujourd'hui il n'y en a presque plus. Les collines sont séparées par des prairies de douze jusqu'à cent toises de largeur. Elles sont couvertes d'arbres jusqu'au bas de leurs pentes , ce qui ferait croire qu'elles n'avaient formé autrefois qu'une seule montagne , dont elles ont été séparées par quelque accident. Voyez le mémoire de M. Spielman, suY le bitume d'Alsace.

Il y a une vallée étroite , d'une lieue de longueur, qui continue depuis Sultz jusqu'à Lusan , dans la direction

' C'est neut-èlre Soulces , en Franche-Comté , plus voisin de Lucelle que Sultz , et où il j a aussi une source d'eau salée.

SH.TZBACII

d'ouest. Derrière Lusan , la vallée s'élève , se rétrécit et aboutit à une forêt qui s'approche des montagnes, dans la direction du nord-ouest. Sa partie la plus voisine de Suite est un bois , qu'on nomme le Sullzer-Kirchspiel-Wald , arrosé par un petit ruisseau, qu'on nomme le M'ùhlgraben, qui fait aller un moulin qui se trouve dans le bois. Ce ruisseau est formé de sept fontaines , qui ont leur source dans le voisinage. Le bois change de nom au-delà du moulin et prend celui de Lusan, auquel il aboutit.

Nous avons parlé , à l'article de Lampersloch , de la source et de la mine de bitume qui se trouvaient sur une prairie et sur une colline voisine. Ce ne fut qu'en 1755, qu'on commença de tirer la mine de bitume de cette forêt qu'on nomme la forêt de la paroisse de Sultz. L'ouverture de la galerie principale est dans le point de la vallée qui se termine dans cette forêt. On nomme cet établissement le Saupfcrch , parce que c'est l'endroit où couchent les cochons qu'on envoie au gland. M. Spielmann en a donné la description dans son mémoire sur le bitume d'Alsace.

Le bitume qu'on tire du Saupferch est plus puant que celui qu'on tire de la colline de Lampersloch, dont cependant il ne diffère guère.

Scltzbach (nideu- et ober-). Jeanne de Blanckenberg vendit les villages de Nider- et Obcr-Sultzbach à Jean de Lichtemberg; Ucrtzog, in Chronico Ahatiœ, lib. 3, p. 45.

Les évêques de Metz investirent , en \ 405 , Louis de Lichtemberg; en H71 , Jacques de Lichtemberg, et en 1473, Philippe, comte de Hanau, et Simon Wecker, comte de Deux-Ponts , des deux villages d'Ober-Sultzbach et Nider-Sultzbach ; Mcurissc, pag. 540, 591 et 592.

suv

Charles, cardinal de Lorraine, investit, en 1570 , Philippe, comte de Hanau , des deux mêmes villages ; Alsat. dipl., tom. 2, pag. 472.

SUVELWEYERSHEIM, ou Suffelwiersheim , situé sur le ruisseau de Suvel qui lui a donné son nom, à une lieue et demie de Strasbourg , dans le diocèse de Strasbourg et le chapitre rural du Bas-Haguenau , en Basse-Alsace et dans le bailliage de la Wantzenau , appartient à 1 evéqueprince de Strasbourg. Le grand-camerier de la cathédrale de Strasbourg est décimaleur du ban et patron de la cureplébanat qui , avant le luthéranisme , était située dans le district de l'archiprêtré de Saint-Laurent. L'endroit est composé d'environ 06 familles , toutes catholiques. Il y a une confrairie du Saint-Rosaire, érigée dans l'église paroissiale dédiée à saint Georges. Le curé de Suvelweyersheim administre les habitants catholiques, qui peuvent se trouver dans le village luthérien de Mundolsheim, qui en est éloigné d'une demi-lieue.

Wikcrsheim marca, villa Vickersheim, Chunradus archidiaconus ecclesiœ Argenlinensis dominas mensurnalis administrationis in Wichersheim , cornes Sigebertus junior ejnsdcm villœ advocalus, sont rappelés dans une charte de Burchard , évêque de Strasbourg , pour l'abbaye de Neubourg, de l'an i 156.

Herman de Thierstein , chanoine et camérier de l'église de Strasbourg, disposa ainsi, en 1286, de edificio castelli, quod apud villam Suvelwihersheim comparavit et edificavit, qu'à sa mort ledit chatelet serait possédé par le plus ancien chanoine de ladite église , qui serait de la maison de Thierstein , et à son défaut , appartiendrait au grandcamérier de ladite église.

Page 1