WEST H AU SEIN
felden , l'autre dans les terres de levêque de Strasbourg et le chapitre rural de Bettbur.
Le premier de ces villages et le plus considérable , est celui de Westhausen , appartenant aujourd'hui à M. le comte de Wurmser, qui en est seigneur, éloigné de cinq lieues de Strasbourg et de trois quarts de lieue de Benfelden. 11 est composé d'environ 110 familles catholiques et 22 familles juives. Il est situé à l'occident d'Osthusen et au nord de Northusen , et ces trois endroits dérivent leur nom de leur situation.
L'abbaye de Gengenbach, ainsi que celle de Honcourt, avaient autrefois des biens dans cet endroit. Le pape, Innocent II, confirma, en 1139, les biens de Westhusen à l'abbaye de Gengenbach. On trouve aussi, entre ceux de cette même abbaye , possessions in villa , quœ Veschhusen vnlgariter nuncupalur, nommées dans la bulle de Nicolas IV, de 1287; Lnnig, Spicilegii ecclesiastici y t. 4, pag. 302. L'empereur, Frédéric I», confirma, en 1102, possessiones in Westhusen, à l'abbaye de Honcourt ; Alsat. dipl. y t. i, pag, 252.
La charte de Widerold , évéque de Strasbourg , pour l'abbaye d'Ebersmunster , rappelle les possessions de ce monastère in Westhm ; Als. dipl., t. 1, pag'. 127.
Westhusen est un ancien fief de la maison d'Autriche. Albert , comte de Habsbourg et landgrave de la Haute- Alsace , permit , en 1278 , à Hesson de Griffenstein , de donner à Anne de Landsberg , sa femme , soixante-dix marcs d'argent en douaire, nf deme Dorfze Westhuss, que les Griffenstein tenaient en fief du landgraviat d'Alsace ; Alsat. dipl., t. 2, pag. 17. A l'extinction des Griffenstein, Léopold, duc d'Autriche, investit, en 1309, Dieteric de Knthsamhausen de la Pierre , Zwing und Ban , Gericht ,
WESTHAUSEN
Kirchensatz und Layen zehenten des Dorffs zu Weslhusen ; Als. illust.i t. 2, pag. 442. Les nobles de Rathsamhausen, de la branche zu dem Siein , continuèrent de posséder le village de Westhausen jusqu'à leur extinction , arrivée en 1689, dans la personne de Georges-Godefroi de Rathsamhausen. Le roi , au titre de la maison d'Autriche, l'accorda en fief, en 1690, à M. de Ghamlay, qui mourut également sans enfants mâles. A son décès , le fief de Westhausen passa à Sigefroi de Bernhold , qui avait épousé la fille aînée du dernier Rathsamhausen , et qui en avait déjà obtenu du roi l'éventualité, du vivant de M. de Chamlay. Des Bernhold ce village passa , au même titre de fiel , à M. le comte de Wurmser, leur allié, qui en est aujourd'hui seigneur, collateur de la cure et décimateur pour deux tiers. Il possède également , à titre de fief , le droit de patronage et sa partie de dîmes. Le curé perçoit l'autre tiers. L'église paroissiale est sous l'invocation de saint Mathieu. Il y a un autel sous l'invocation de la Sainte- Vierge , qui est le titre d'une chapellenie ou bénéfice simple, à la collation du seigneur. Il y avait également un primissariat, sous le titre de chapellenie de Saint-Martin, . aujourd'hui éteint et supprimé.
Dès le commencement du treizième siècle, il y eut une difficulté au sujet du droit de patronage , qui se trouve exposée dans une bulle du pape, Innocent III , de 1206. Cum Bertholdus miles curiam suam, sive fundum in Westhusen quondam peregrino milili pignori obligasset , eodem peregrino sublato de medio y Hartongus nepos ejus, qui succcssit eidem, Argentinensis diocesis vacante ecclesia ejusdem loci in W esthuscn , asserens quod jus palronatus cum universitate transisset in eum , Brunonem clericum ejusdem diocesis archidiacono ejusdem loci ad supradictam ecclesiam
WESTHAUSEN
presentavit , gui de consensu episcopi ipsum institnit in eadem; prediclus vcro Rertoldus dominus fundi asserens, quod sibi retinuerat jus patronatus, expresse , cum fundum obligavcrat creditori , T. sacerdotem episcopo presentavit : sed episcopus ipsum admitterc réunit. La cause fut portée au Saint-Siège. Innocent III , par ses lettres de 1206, memorato T. adjxidicavit ecclesiam supradictam , cum per attestationes constiterit evidenter ipsum a vero patrono fuisse presentatum ; Als. dipl., t. 1, pag. 313.
A une demi-lieue de Westhausen , dans son ban et sa paroisse , sont les bains de Holtzbad et la chapelle de Saint-Ulric. (Voyez Holtzbad.)
Il y avait autrefois une famille noble du nom de Westhausen, qui s'éteignit dans la personne de Nicolas-Frédéric de Westhausen , mort à Saverne le 19 septembre 1640. Ce Bertholdus miles , rappelé dans cette bulle de 1206, paraît avoir été de celte famille. On trouve Conrad de Westhus miles, Jean et Hugues, ses fils, dans un acte de 1291 ; Als. ilhist., t. 5, pag. 676. Fritschmannus miles de Westhus est rappelé au nombre des vassaux de l'église de Strasbourg , dans le registre féodal de l'évéque Berthold de Bucheck. Johannes de Westhus adrocatus in Ruffach, vivait en 1397 ; Als. illust., t. 2, pag. 676. On trouve une Agnès de Westhus en 1307 ; pag. 641. Un Cuno de Westhus miles, en 1348 ; pag. 368. L'auteur de la translation et de l'invention des reliques de saint Appolinaire , apud Pinium % in Actis SS., t. 5 , juin , pag. 385 , parle d'une quœdam nobilis, dires et potens domina , relicta cujusdam militis de civitate Argeiisinensi, gnœ nuncupata est Catharina de Westhvscn. Elle entra, après la mort de son mari, dans le couvent des Dominicaines d'Unterlinden de Col-
WESTHAUSEN
mar, où elle devint prieure et sous-prieure, du temps de Jean Nyder, professeur en théologie, du même ordre.
Westuausen (près savekne) est un village de l'évêché de Strasbourg et du bailliage de Kochersberg, situé à deux lieues de Saverne et une de Maurmoutier, composé d'environ cinquante familles catholiques, dont l'église paroissiale est sous l'invocation de sainte Barbe, il v a trois autels, le maître-autel , celui de Sainte-Barbe, et les deux autres collatéraux de la Sainte- Vierge et de Saint-Florent. Le curé de Westhausen dessert aussi les habitants de Knœrsheim et de Klein-Gœfft. La chapelle de Bettbur est aujourd'hui située dans la paroisse de Westhausen et le ban de Klein-Gœfft.
Westhausen est rappelé dans une charte de 1269 , donnée par Henri , évêque de Strasbourg , qui accorde en fief , à Rodolphe , comte de Habsbourg , in banno ville Westhus redilus triginta quartalium annonc , quos Dietericus miles diclus bannus a nobis quondam lenebat in feodo; Hergolt, Geneal. Habsburgicœ, t. 3, pag. 414. Westhausen était alors un allodial des nobles d'Ochsenstein. Otton d'Ochsenstein assura , en 1286 , sur cet endroit , mille marcs d'argent à Cunégonde de Lichtemberg, sa femme, pour lui servir de dot ; Herlzog, in Chronico, lib. 5, p. 56. Les comtes de Dcux-Ponts-Bitseh , héritiers de la maison éteinte d'Ochsenstein , lui succédèrent dans la seigneurie de Westhausen. Le comte de Bitsch la vendit, en 1539, à l'évêque de Strasbourg (Ah. illusl., I. 2, pag. 14%) qui la possède encore aujourd'hui.
Le droit de patronage et les dîmes appartenaient autrefois à l'abbaye de Neuvillers. Le pape , Alexandre III , lui confirma, en 1178, ecclesiam de West h cum décima ; Ah,
WESTHÀUSEW
dipL, t. 1 , pag. 265. La moitié de cette dîme, à laquelle était attaché le droit de patronage , devint ensuite un fief de Pévêché de Strasbourg. Wilhelmns de Griffenstein armiger habet in feodo medietatem décime in Westhusen in banno , annona et vino , dit le registre féodal , écrit sous Berthold de Bucheck. A l'extinction des Greiffenstein, vers le milieu du 15e siècle, ce fief passa aux Rathsamhausen de hf Pierre , que nous en trouvons investis en 1497, par l'évêque Robert, et en 1665, par François-Egon de Furstemberg ; 4/5. dipl., t. 2, pag. 503. Il devint appert en 1689, par le décès de Georges-Godefroi de Rathsamhausen, qui ne laissa point d'enfants mâles. Le cardinal Guillaume- Egon de Furstemberg le conféra , en 1696 , à Louis de Chamlay, qui mourut également sans enfants. Alors le cardinal de Rohan le conféra, en 1719, à Hercules- Mériadec, prince de Rohan. Le prince de Rohan-Soubise est aujourd'hui décimateur pour la moitié et le curé pour l'autre ; il est également collateur de la cure. A sa mort , le fief passera au prince de Rohan-Rochefort , qui en a obtenu l'expectative en 1763, du cardinal de Rohan, son oncle, à la réserve du droit de patronage de la cure , qui, à la mort du prince de Soubise , sera exercé par 1 evêque.
Il y avait autrefois , dans le ban de Westhausen , une chapelle sous l'invocation de saint Florent , qui n'existe plus. Cette chapelle, unie aujourd'hui à la cure, était à la collation du chapitre de Haselach.
En 1620 , la dîme de Westhausen était partagée entre les nobles de Rathsamhausen el le curé. La moitié des Rathsamhausen était fief de l'évéché de Strasbourg.
En 1539, Georges, comte de Deux-Ponts, seigneur de Bitsch et d'Ochsenstein , vendit à levéquc Guillaume , le village de Westhausen avec tous ses droits , biens et
revenus seigneuriaux , y compris le droit de patronage , pour la somme de mille neuf cents florins.
WEYERSHEIM. En 1269, Simon, Burchard, Walram et Robin de Geroldseek convinrent entre eux de nommer alternativement à la cure de Weyersheim, dont la collation leur appartenait , Simon et ses successeurs pour une fois et les trois autres frères pour la suivante.
En 1310, Lambert de Vende cède a Burcard de Geroldseck , tous les droits féodaux qui lui compétaient sur la dime de Weyersheim, et qu'il tenait en fief de Walram et Gebhard de Geroldseek.
Guillaume de Griffenstein fonda, en 1344, une prémissairie dans l'église paroissiale de Weyersheim , dont la collation appartiendrait au plus ancien de la famille. Cette prémissairie existait encore en 1544. Elle était , en 1405 et 1520, à la nomination du curé, et en 1544, à celle de la communauté.
En 1344 , l'abbesse d'Eschau était patronne de la cure de Weyersheim.
Le sieur Beger de Boppart céda, en 1456, son droit de patronage de la cure de Weyersheim à Jean Hell, écolàtre du chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg. Celui-ci en fut dépossédé en 1476, par Frédéric de Linange.
Depuis ce temps , les comtes de Linange nommèrent à la cure , en vertu du droit de patronage qu'ils tenaient en fief, relevant de 1 evêché de Strasbourg.
En 1486 fut fondé la chapelle de Saint-Wolffgang, près de Weyersheim , des aumônes rassemblées par le curé de cet endroit sur un terrain accordé tant par l'évéque de Strasbourg que par le sieur d'Urendorff', auquel les Linange avaient engagé leur part de la seigneurie de
WEYETL8HETM
Weyersheim. Cette chapelle fut bénie par Jean Ortwin, évêque de Mathones , et affectée pour la desserte à un chapelain. Ce chapelain était nommé par l'évéque , qui d'ordinaire en donnait la desserte au curé.
En 1524, la régence de levéché se plaignit au magistrat de Strasbourg de ce que quelques particuliers de cette ville étaient venus à Weyersheim à mains armées , et avaient fait monter en chaire, pour prêcher, deux ministres luthériens, qu'ils avaient amenés avec eux.
En 1 560, le comte de Zimmeren était recteur de la cure de Weyersheim. Il avait eu pour prédécesseur le comte d'Eberstein.
En 1560 fut rebâtie l'église de Weyersheim.
Au commencement du 17e siècle, la cure était alternative entre l'évéque et le comte de Linange. Ce dernier y nomma , en 1607, le baron de Créhange , doyen de la cathédrale ; l'évéque Léopold, en 1611, le comte de Verdenbourg ; le comte de Linange , en 1612 , le comte de Salm , doyen de Strasbourg ; etc.
En 1623 et 1665 , la moitié du tiers de la dîme appartenait au comte de Hanau et l'autre moitié aux comtes de Linange.
L'église de Weyersheim fut rebâtie en 1653.
En 1654, l'évéque possédait un tiers de la dîme; l'autre tiers était partagé entre le curé et le chapitre de Saverne.
L'évéque François-Egon conféra, en 1676, à François- Charles Meyerhoffer, chanoine de Saint-Céréon de Cologne et son conseiller, le rectorat de Weyersheim , vacant par la mort de Jean Pleister.
En 1687, les revenus du rectorat de W r eyersheim furent accordés au séminaire de Strasbourg , pour l'entretien de sa bibliothèque.
WEYERSIIEIM
En 1402, l'évêque Guillaume investit, à titre de fief masculin , Frédéric , Jean et Volmar d'Ochsenstein , du quart de la seigneurie et du village de Weyersheim , devenu appert à 1 evêque par l'extinction des Geroldseckaux-Vosges, qui en étaient précédemment investis.
La juridiction y est exercée conjointement par le bailli de Wantzenau et par celui de Dabo.
Le village de Weyersheim est aujourd'hui du bailliage de Wantzenau pour la justice civile et criminelle , et du bailliage de Kochersberg pour la finance , c'est-à-dire, pour la recette. Il était autrefois du bailliage de Kochersberg pour toutes les parties ; mais l'évêque François-Egon l'incorpora, en 1663, pour la justice, à celui de Wantzenau, le laissant incorporé à celui de Kochersberg pour la finance.
Ce village , quant au domaine direct , appartient en entier à l'évêché ; mais quant au domaine utile , il n'en a conservé que la moitié , ayant accordé l'autre moitié en fief aux comtes de Linange.
En 1436, les comtes de Linange , du consentement de l'évêque , engagèrent la huitième partie du village de Weyersheim à Nicolas Ochsenfuss, et, en 1439, ils engagèrent une autre huitième partie au seigneur de Hohenbourg et au seigneur de Stornstett , qui transférèrent l'engagement , en 1 440 , à Agnès Kalte , épouse du sieur Wormser, bourgeois de Strasbourg. Les mêmes comtes de Linange engagèrent aussi, en 1441, les deux huitièmes de leur fief restants , aux seigneurs d'Urendorff. L'évêque Albert racheta les deux premiers huitièmes en 1480 et 81 , sous la faculté du réméré , réservée aux comtes de Linange. Le même évêque racheta aussi , en 1502 , la partie engagée au seigneur d'Urendorfif; ce qui fit que
WII)
l'évéché , possesseur de la moitié féodnle de Weyersheim , la conserva jusqu'en 1530, qu'Emichon, comte de Linange, y rentra , en remettant à l'évêque la somme de 2600 florins, qui était le prix de rengagement.
WIDERNHEIM, ou Wideren, ou Witterenheim, est un village de la Basse-Alsace et des terres du directoire de la noblesse, situé dans le diocèse de Strasbourg et l'archiprêtré rural de Rbinau , à une lieue et demie de Rhinau , à cinq quarts de lieue de Boflsheim et à un bon quart de lieue de Neinkirch, composé d'environ cinquante familles catholiques , desservies par le curé de Neinkirch , de la paroisse duquel il dépend. (Voyez Neinkirch.) L'église de Widernheim est sous l'invocation de saint Sébastien.
Le village de Widernheim appartenait originairement aux nobles de Rathsamhausen. Conrad-Dieteric de Rathsamhausen , de la branche d'Ehenweyer, le vendit , en 1498, à Jacques Mueg et à sa femme ; Alsat. illust., t. 5, pag. 713. Cette seigneurie, partagée ensuite en plusieurs parties, fut réunie en une seule par Sébastien Mueg, petit-fils de Jacques, qui mourut en 1598 ; Alsat. Mur t., tom. 2, pag. W5. Au décès de Sébastien , Widernheim eut les mêmes seigneurs que Bofîsheira et il les a encore aujourd'hui. (Voyez l'article de Doffsheim.)
La famille noble de Kircheim perçoit la moitié de la dtme de Widernheim et le collège de Molsheim l'autre moitié. La partie dont jouit la famille de Kircheim , est un fief de Hanau-Lichtemberg , dont fut investi , sur la fin du 17e siècle, David de Kircheim, et qui était possédé, en 1437, par Bernard de Knipping. L'autre moitié appartient au collège de Molsheim , au titre du rectorat de Neinkirch , qui lui fut uni, en 1590. Paul-Jacques Mueg, seigneur de