‹ ŒuvresChapitre 13 sur 37 · RÉPONSE AUX ORATEURS · texte numérisé non relu

RÉPONSE AUX ORATEURS

QUI 8'OFPOSAIEKT A I^'isMISSIOX DES ASSIGNATS.

5^7 Septembre.

Messieurs ^ j^eus Phonneur de vous exposer 9 k ^7 août dernier , la mesure que je croyais la plus coet» uable pour liquider cette partie de la dette nation&le| appelée la dette exigible; et je me félicite du templ écoulé dès lors jusqu'au moment actuel ^ qui noas approche d'une résolution définitive sur cette matière* Le projet que je soumis à votre examen, et les raisoni dont je Pappuyai , ont engagé une discussion tièi étendue ; la question a été agitée dans tous les sesif soit dans cette assemblée , soit dans des sociétés parbCU' lières; de nombreux écrits ont été publiés contradictoi* rement ; rien ne manque j ce semble , de tout ce qoi peut mûrir une décision.

Mais il arrive, dans des matières de cette étendne) susceptibles d'être envisagées sous tant de faces, qu'on s'embarrasse enfin par la multitude des objections etdd réponses ; et la discussion, où tout semble exposé et balancé, reporte les esprits au même point d'incertitadi d'où ils sont partis; car le doute est bien plus le résultat des lumières vagues , que de l'ignorance*

Je pense donc , Messieurs , qu'après le grand jooi jeté de toutes parts sur cette question , le meilleur moy^ ' de trouver une issue dans ce labyrinthe , c'est de nom

BB MIJlABSAir. 193

rallier anz principes ; de saisir le fil quHls noixs offrent ^ et de marcher alors avec ooarage à travers les dif£cnltis et les fausses routes.*

Ce serait ëgalement offenser tos lumières y et abuser d'un temps précieux y que de tenir compte de toutes les difficultés élevées contre notre moyeii de liquidation , et de m^occuper k.j répondre» Quelques tableaux '<>ù |e retracerai des vérités qu^on oublie^: 'des principes que Ton veut ébranler j où je repousserai , entre des attaques quelconques , celles qui m'ont seral^é Jes plus ipédeuses , et d'autres mên^ qui peuvent emprunter Inelqu'éclat de leurs auteurs j où je ferai marcher en opposition la mesure des assignats - monnaie -ly aveb l'autres mesures que Ton vous présente : voilà ce que e vais mettre sous vos yeux. • :'::

Pourquoi sais -je obligé , — Messieurs^ dUnsister ' "de louveau sur un fait que nous regardons tous comme a pierre angulaire de Fédifice que nous élevotls ; 'dto affisrmiv . une base sur laquelle reposent toutes nos spérances ] de rappeler que les^ domaines que nous ppelons nationaux sont entre les mains de la nati<m ^ [ue certainement elle en disposera par votre organe ; Le déclarer que la constitution est renversée j le- dé^ lastTO inévitable, la France en dissolution y si la vente Us biens nationaux. ne ^'eftêctiie pas. immanquable-^ nent ^ si elle n'est pas partout protégée y encouragé^r^» i les derniers des .obstacles qui peuvent s'y opposer le sont pas renversés , détruits; si le moindre acheteur leut éprouver de la part des premiers usufruitiers ^ les premiers {ermiers, qnelqu'empéchement à rêc^r-j her y à examiner les possessions 4 sa convenance ; si. ont 9 dans ces acquisitions, en nn mpt y ne pré-^ ente pas une £ace accessible qui ie^&vorijse 2 :Qntb

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est le but de ces obserTations ? Vous ne Tignore» p$B ^ Messieurs \ ce dont on semble encore douter , ou àa moins dont on voudrait faire douter j que la itente du biens nationaux puisse s^accomplir ^ et kriompher dei difficultés qu^on lui oppose.

Ecoutes les discours qui se répandent } liées lea écriti que Ton publie ; voyez surtout le mémoire du miaiftie des finances y qui vient attrister cette assemblée au seia des espérances dont je venais de Pentretenir. Yosi verrez iqu'on ne veut pas croire à cette opération iit« tionale; qu^on part^ dans tous ses raisonnemens ^ d*n principe de doute et de défiance. Car il serait tropabninb de préiendre renverser un projet solide j fondé sur li valeur réelle de nos assignats y si Ton ne contoslait psi au fond cette valeur , si Fon ne se plaisait pas à regardée comme conjectural tout le système de la restauratîoa de nos finances j qui repose sur ce fondement».

C'est donc la persuasion de la vente certaine el instante des biens nationaux , qui peut seule assuier b succès de notre projet de liquidation par les assigpali( comme il n'y a que c^tte vente effective qui paiiii sauver la chose publique. Ainsi j je meta au nemtn des ennemis de Pélat j je regarde comme crioiiiid envers la nation j quiconque cherche i ébranler CiNi base sacrée de tous nos projets régénérakenre y kUn chanceler ceux qui sY<^onfient. Nous avons juré d'adM* ver , de maintenir notre constitution ; cVat jurer d'ei»« ployer les moyens propres à ce but ;cW jurer de défa* dre les décrets sur les biens nationaux y d'en poursuifff jusqu'à la fin ^ d'en hâter l'exécution ; c'est un senpnkJ^ civique^ compris dans le serment que noua avoaS( il n'y a. pas un vrai citoyen^ pas un bon Tranfâisj qui ne doire a'y réunjr. Que la vente des bieni nalii*

Dx d'effectué^ qu^elle devienne active dans tout le faume, la France est sauvée.

le pars donc de ce point fondamental ; et j'ai d'auit plos de raison , que, quelque système qu'on ibrasse j reconstitution , contrats j quittances da lance j assignats y pen importe j il faut toujours en renir là. Que vous échangiez les créances sur l'état Dire des titres nouveaux et uniformes j qui aient ar gage des biens nationaux j on que les créanciersr îent admis à l'acquisition de ces biens ^ par Péchange imédiat de leurs créances j la libre disposition des ens nationanx y la sûreté de Tacquisition pour* les lanciers n'est pas moins nécessaire dans tous les s ^ poar que la liquidatiop: de la dette puisse s'o- Tcr.

Qa^àn ne s'imagine donc pas , en énervant la conince due aux assigilats y en présageant d'après cela le dégradation sensible de leur prix, pouvoir faire ^omiite quelqu'autre plan de liquidation ; il serait appé dnteéme vice ; et il faut convenir , ou qu'un signât, Ht une portion équivalente des biens natiolax , est là même chose , ou que la dette natiionalç it impossible à acquitter d'aucune manière par ces lèmes biens.

Ainsi • Messieurs , ne nous départons point de cette kité, et que les adversaires de notre mode de liquidation ï sachent enfin : c'est que nos assignats ne sont point h qn'on appelle Tulgairement du papier-monnaie. Il itabsnrde , en changeant la chose , de' s'obstiner à gar- «r le mot , et de lui attacher toujours la même idée. Tas assignats sont une cféicticm nouvelle qui ne répond

ancun terme ancien; et nous ne serions pas moins iconséqnens d'appliquer à nos assignats l'idée com- «nne de papier-monnaie, que nos pères ont ^té peu

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sages d^aroir estimé le papier de Law^ à Tégal de Por et de Targent.

Et ici. Messieurs, Ton prétend m'opposer à moi- ! mèmet 'L^on vent que je me sois élevé ci-devant contra i ce même papier-monnaie que je défends aujourd%ai. Mais dans quel lieu , dans quel temps? Dans cette même assemblée, dans la séance du premier octobre dernier^ oùils^agissait aussi de papier-monnaie. Ouvrons donc la journal de cette séance. Voici ^ mot à mot, ma réponsi à M. Ânson , comme elle est rapportée dans le n^ 4^ du courrier de Provence (*) : Je sais que dans des occê' sions critiques , une nation peut être forcée de recourir à Jet billets {Tétat {jil faut bannir de la langue cet infâme mot de papier-monnaie) ; bt qu^blle le fbra. savs DBOEAiot

INCONV^NIENS, si CES BILLBTS ONT UNB HTPOTHiQVBi Wl RBPBéSBNTATION LIBRE ET DISPONIBLE. Mus qufoten

nier que y sous ce rapport ^ la nation seule ait le droit d» créer des billets (Tétat j un papier quelconque Qu'ov BBMir PAS LIBRE DE BEFUSEB ? Sous tout autTB rapport j UMpûpiU' monnaie attente â la bonne foi et à la liberté matùuukt c'est lapes te circulante. Voilà , Messie urs, ce qu'on appdb mon apostasie. Vous voyez cependant que je distingoâil alors ce que je distingue aujourd'hui. Vous voyes fot je suis constant dans mes principes; et vous vifrâi siMB que mes adversaires sont parfaitement constans dans lu leurs.

Je poursuis. Qu'est-ce qui constitue le prix des m^ taux monnayés? c'est leur valeur intrinsèque et kut feiculté représentative j qui résulte de cette vaknr. L'or et Targent^ considérés dans les objets auxquels ib sont propres I ne sont que des métaux de luxe^doot

{*) Voyez aussi les autres journaux du temps.

DB MIRABÎ^AÛ. 197

*bomme nepent tirer aucun parti pour se^i vrais besoins. :U ne sont pas moins étrangers aux premiers des arta lécessaires qu'ils ne le sont à notre nourriture j à nos rëtemens. Mais nonobstant cet usage restreint et non îtaentiel des métaux précieux, leur qualité représentative t^est étendue conventionnellement à tous les objets de a vie.

Comparona maintenant nos assignats aux métauxnonnaie. A la différence de ceux-ci , ils n'ont aucune râleur intrinsèque ; mais ils ont à sa place une valeur îgurative qui fait leur essence. Lesniëtaux dont sa orme la monnaie, ne s'emploient qu'aux arts secondaires; ^t la chose figurée par les assignats , c'est le premier ^ le >lus réel des biens, la source de toutes les productions*

Or, je demande à tous les philosophes , à tous les éco* lomistes, à toutes les nations delà terre, s'il n^y a pas lins de réalité , plus de richesses véritables dans la chose lont nos assignats sont le type^ que dans la chose adoptée ODS le nom de monnaie ? Je demande dèâ lors si à ce ype territorial^ à ce papier figuratif du premier des Mens , une nation comme la nôtre ne peut pas attacher luisi cette faculté de représentation générale, qui (ait l'attribut conventionnel du numéraire? On donne crédit k des billets de banque^ à des lettres de change qui suppléent les métaux et les représentent; comment refusérrit-on le même crédit à des assignats qui sont des lettres de change payables à vue en propriétés territoriales? Comment n'anraient-ils pas le même cours , le même lirivilége que les métaux , celui d'être un instrument général d'échange , un vrai numéraire national?

Mais nos assignats , dit-on , éprouvent ce désavantage^ comparativement à la monnaie *, c'est de ne représenter ftn dernier résultat qu'une seule chose^ savoir, les biens nationaux. Eh ! qu'importe, si les biens nationaux eux-

IçS OEUVRES OBATOXKES

jnèmes reprësenteut tout? Quel est le créanciar qui ne trouve pas sesécussûremeutplacés^et représentés tris tslablement ^ quand ils ont pour hypothèque un équivâlent en propriété foncière ?

C^est donc eu envisageant, de fait et de droit, nof assignats sous ce point de vue} c^est en. leur attribusnt la valeur jurée par la nation , que je défends le projette iinance dont ils sont la base, et qui ne pourrait m» cela se soutenir. Et je regarde tout homme poussé ptr riutérét à prêcher une défiance qui les déprise , coauM plus coupable envers la société, que celui 4ont la main criminelle dégrade les métaux précieux , et altère Iwr titre à la foi publique.

Garantir cette base contre les attaques de Ui oMUtaiie foi, do la légèreté, dessophismes ou de PignoranceiC^eity Messieurs, répondre à la plupart des objections éievfa contre la proposition que nous avons faite. £t je ne tn^ttr tendais pas, je Pavoue, à trouver toutes ces .objectiaBi ramassées^ accumulées, dans le mémoire du jçi-devist ministre des finances. Dans une matière ausû gnvs,)i ne lui dois que la vérité. Les égards qu^il méiile d^apbvff ne pwvent afSeiiblir dana mes mains une défem«.tinM consacrée au plus grand intérêt de la patri^ , .

Quel n'a pas été mon étonnemeut, et .vous VaiM partagé sans doute. Messieurs, d'entendre ce inéaMiKy qui semble, d'un bout à l'antre, vouloir Ater tout^ri^ , aux moyens d'alléger la dette publique, d'arracher M affaires, par une nouvelle résolution, à cette langnW qui nous tuel Tout' ce mémoire repose sur PavilissenMDt présagé de nos assignats ^ et ne renferme pas un j«ol,qM rende une justice ferme et encourageante à cette tihi'' « Tous les pronostics de décadence^ applicable» ai^ pHIfi vil des papiers-monnaie^ y poursuivent nQirtnuàiif^wk terri toriaU . 1^

DE MIRABEAF. ipi^

ioeiiiefity Messieurs 9 si noas eiisstDns en liesoiii it pour faire entrerair à la nation le prediain lemeot de la forlube publique } pour ;déTelopper s yeux rétendue et la certitude de nos ressources; Lte marcher^ par une impulsion id^esp^rance et âge j toutes nos affaires Tevs un amendement m nous aurions attendu un tel écrit de celui qui i tète de nos finances» C'est lui, anjourd^hui, qui te les premiers nuages sur la carrière que noua parcourir.

-il pas clair, Messieurs^ que tout ee Tanimera us par le retour de la confiance , et qnec^est à la litre quHl faut s'a{^liqner ? N?est-il pas clair ^ que rer, d'entrée, de tout rétablissement fondé sur Bule ressource actuelle ^ c'est empAcher^cetiteiéonprécieuse de se arëtablir!. Qu'ea^^e- <donc qu'on par. ces cria >d'alarnie:? Celui q;ni. bs.;pisii6Be> es lumières qu'on luiacoocdo., .^est<»il nni^raisoiti aàr qu'on ne puisse, âan8»nuiUienr-,.8Voairter opinions? Si cela n'est paa^ et,- «aaobstant ses I y nous osons penser qn'xm peut néanmcnns amaiH I Avant, ne nuit-il pas. dès lors an succès de nos ions? Car les ennemis jIu jbien>:public .pgsfifcsn t de ur nuire aux affaires ; et parmi lâs moyens qu'ils But-, celui que leur fournit le iménmcs ministériel échappera certainement pasw " * - .

que l'adoption d'une mesure qneloonqoe^ è plus lison d'une mesure si. inoppDtante, doive jamais éfléchie et précipitée; non que la confiance pisne doive être le fruit d'un mûc examen ^»d'ua ju* t éclairé par les discussions contradictoinss) mais récisément contre cette ardente prëcipitatiim h er une question si grave et si compliqués j c'est cette violence de csosure que yà m'élèvs j . c'e^fc

aoo OBumBS oratoibb3

parce ql1^lll moiiTemtnt hi impétueux ^ oomim s^il s'agissait d'arracher la nation aux flammea ^ part â'u point assez élevé pour répandre une frayaar aveaglsi pour remplir les esprits de préventions) c^Mt pour oela que nous sommes fondés à le repaendre. ConTient-il| dans la situation actuelle^ de sonner la trompette de k défiance , au risque d^ezciter cette défiance par ses pridictious ? Quitte à dire^ si ces maux arrirent : OnpoÊF yait les éviter^ je V avais bien dît...» Eh ! de grftoef dilfllnous donc aussi ce qu'il faut faire ? car il ne suffit psi) quaud le vaisseau s'enfonce sous nos yeuxi de crier- à ceux qui veulent tenter d'en sortir | ne vous ^fiet paie cette nacelle^ il faut leur fournir un moyen ploa sikdi aalut.

Mais voyons si notre ressource est tellement 'irib qu'il soit périlleux de s'y confier; voyons | dumeiiUin les objections qu'on forme contre elle , sont avaea solidas pour que nous devions en être ébranlés.

Le tableau que trace, dès les premières lignes ^ kfinémoire que nous examinons j c'est celui de la disette di numéraire : marchands ^ manufiicturiers y artisans 9 ce» 8omfl»atenrS| tous la ressentent^ tous s'en pleigneni. L'administrateur se dit tourmenté par la nécessité' dt pourvoir à cette partie des besoins publics* -Il aemUi presque attribuer cette disette d'espèces à la troip grande abondance d'assignats qui sont déjà en circulation. /' l'avais craint ^ dit-il ^ et le temps Pa prouvée Oserais-je I9linarquer, qu'il y a peut-être ici quelque ingratitad» envers les assigna ts-monnaie ; et que ce serait plutdrii cas de reconnaître tous leurs bons services* Qu'aurioni* nous fait 9 Messieurs, et qu'aurait fait lui*niéme le ainistre^si ces fâcheux assignats ne fussent venus i notit secours? Qui peut savoir oùnousen serions ^ sansœtti ressource si déplorable 3 Ijo numéraire alors était

.. ji

DE MI&ABEAV. 201

ien n^alîmentait le trésor public ; c'étaient lea plaiutes qui se renouvellent aujourd'hui. Leé. l6 libres croupissaient dans la caisse d'^esconipte j- :en faire de la monnaie pour leur donner cours^ |ue temps après , voici ce que le ministre dit 'dans semblée : Vous apprendrez sans doute avec intérêt ^dit des assignats s'* annonce aussi bien qu'on. pou^ tendre, ... Le trésorier de l'extraordinaire ne peut

toutes les demandes qui lui sont faites de nom*

rties de billets destinés à la circulation,,, Céthom*» ndu aux assignats- monnaie' par le ministre^ est t plus probant et d'autant plns noble^ qu'il dV :une part à cette mesure.- ' »

prouve donc aujourd'hui contre les assignats y ette de numéraire 4ont le public soufire f et IHn** î de l'administrateur à ce sujet ? 01e ne- prouve ose } sinon que leur service n'est pas assez divisé^ néral. Les assignats actuels ont niis une valeur ire entre les mains de ceux qui n'avaient point s; il faut maintenant qn'iii puissent lès con* 1 de moindres valeuris ; e^ c'est encore ce que ds signats permettront de faire. ' cette solution même forme une objection non* is le mémoire ministériel.' Il n'en^visage qu'un iment de difficultés , ^l'enibarras ^ dans cette d'échanges ; puisqu'enfin les derniers assignats se résoudre en numéraire*-

3onds à cela : premièrement ^ que dans l'état ac* choses, la difficulté est bien plus: grande j puis-t changer un assignat de denx cents livres, nonat quand on a besoin de quelque monnaie , toutes les sommes qui sont au'-dessons de osti» :e qui n'arrivera pas, quand trois ou quatre asss* férieurs les uns aux autres, joindront les asss»

a02 OEUVAES ORATOIRES

giuts de deux cents lifres à notre numëraiie effectif. Alors le plus grand nombre de ces petits assign«U «erook destinés k échanger ceux de forte somme ; et il an réf altéra un bien moindre besoin de numéraire pour cffiBC^ tuer ces sortes dVchanges. Est-il douteux que l'a^niiiii' traieur qui a éprouvé tant de difficultés à rassembler les espèces nécessaires pour ses divers payemens^ n^eAtM très soulagé par les petits assignats dont nous parlotu^ et dont ces payemens ponraient être formés en gieiiili partie ?

Je réponds 9 en second lieu y que si Tor et PargêiitOBt pris dés ailes pour sVnvoler en d'autres climats | ilBom faut inévitablement quelque moyen qui les remplace; el que s'ils sont resserrés par l'effet de la défiance oo 3i quelque mauvaise intention ^1 n'y a rien de .tel que ^ les rendre xnoins nécessaires y pour qu'ils se aMNAiestel redescendent À leur premier prix.

Cest ici le lieu d'expliquer cette maxime fioandki à battue et si mal appliquée : le papier ^ dit-on , chum tv^ geni. Fort, bien i donnez-nous donc de rargflnÉ) 9M ne Tons demanderons point de papier* Mais qnand It* espèces sont chassées -sans que le papier s'en méky A mettez pour un temps le papier à leur place ( et ae 4itt> pas que c'est lai qui les citasse»

Le pmpier chasse V argent ! De quel papier |Mide9-ViilI Xemauvais papier y un papier-monnaie sans ccmsiitsM sans garantie^ sans hypothèque disponible^ qoisitî*' troduit par le despoisame d'-un gouTernemant obfc'f qui est répandu sans bornes connues y et n'a pwit Ai* tinction prochaine ^ celui enfin dont )e parlais b P^^ mier octobre dernier;, je vous l'acoorde : qnacd #0 papier prétend rivaliser avec le numéraire y œldKt 1^1 cache , et ne veut pas se compromettre dans la psriA

lie papier de commerce ehaêês smeorm Ra^êtU^ oo P*

DE MIR^BBAU. 2o3

le fait servir k d^autres dispositions , qnand il £ur une place débitrice envers l'étranger > et que !ces y sont envoyées. Il le chasse y de pluis^ on il le resserre y quand le papier afflue au point de ispecter sa qualité et d^éveiller la défiance. ce n'est pas là notre papier. Les terres productives it valent bien les métaux quMlea produisent 5 mvent marcher de pair avec eux* lïotre signe ial ne chassera donc pas les espèces ; il en tiendra Lsqu'à ce que l'activité les rappelle. Ils oonsj»ireors amiablement ; ils circuleront ensemble dans se des échanges et des affaires»

$ j'entends ici l'auteur du mémoiro se r^rier , cert avec les détracteurs des assignats : «Quoi , Asy l'expérience ne renverse-t-elW pas ^éjà'^OR •ures? Ne connait-on pas le prix actuel des assicontre de l'argent? Que serait-ce si leur ibasse uintuplée ? » Messieurs y vous allez vous oona j d'un côté , que si les assignats peidotit ^nk ige contre de l'argent^ de l'antre y la oanse qff^oA n^ est fausse y et que ce fait ne prouve rien #itt|i^ lat. : •

lis deux classes de tous les objets qtl^oA petit se 9t fSLX les assignats ; ceux qui excèdent ou éjgatotit ;r valeur celle des assignats dont on les aoqtoSlIê; L qui étant au-dessous delà moinfdra valeur de ignats ne peuvent être payés qu'eu espèces. Si les its étaient déchus de leur fvrix par trop d^abon-^ ,; les marchandises d'une certaihe valeur qu'on t par des assignats en nature y seraient rencbéries; (.qui n'est pas. Il est de fait qu'on achète aujonrivec un assignat de aoo livres , toutes leseboses a valeur en espèces était de j&oo liviw* avant la n des assignats ; et le vendeur ^ mi suvplus^ tient

204 rarVA£8 -ORATOIRES

compte de Pintérét des assignats sans difficulté. H n'est donc pas vrai que Passignat perde sons ce point de Tne, qui oflfre le seul moyen de connaître sa jnste Taleur dam Topinion publique. Je sais bien que les assignats ool tort de se soutenir, puisque nos infaillibles raisonneurs assurent qu^ils doivent perdre 3 mais ce n^est pas m faute j et je raconte les choses comme elles sont.

Pourquoi donc les assignats perdent-ils contre do numéraire ? C'est qu^il faut du numéraire à tout priz} cVst qu'il en faut beaucoup pour rechange de nos atii* goats actuels ] cVst que nos assignats ont bean être rani| les espèces le sont davantage.

Eh ! n'avons- nous pas un fait bien capable de nom éclairer sur cette matière ? On sait que les ëcus perdent quand ou veut les échanger contre des louis. Dira*^ai pour cela que les écus sont en discrédit ?'Non y maisc^ que-Por est encore plus rare que Pargent. Il ja phH{ si le billon. venait à -manquer pour le peuple j c'est II billon qui ferait la loi ; et nous verrions Por et Pargeot la rechercher hvec perte. Le papier même de comflMR* gagnasnr les espèces , quand on a nn grand beianiJi' ce papier , et qu'il est fort rare.

On raisonne donc mal, on n'analyse rien, onpisa'^ une cause pour nne autre , quand on attribue à la dépu^ riation des assignats le renchérissement des espkM* Faites en sorte d'avoir moins besoin de les écbasgeir} crées de pi us. petits assignats; vous ne cfuutnntfâ l'argent, tous le rapprocherez du pair, et vous mnÛM moins sa rareté* Cette seule observation répond aux troîl ' quarts du mémoire ministériel.

On insiste^;, ou dit que des difficultés de tonto eip^^ naîtront , si Pom répand cette multitude de petits asM^^ gnats dans une classe peu aisée , où lenr échange -sartôl uu besoiu de tous lesinstans. Mais qu'on me due cov

DE MIRABEAU. HoS

nent la même quantité d'espèces employées aujour-^ rbai à échanger de forts assignats , ne suffirait plus à échanger les fractions de ces assignats ? Qu'on me dise comment y quand les assignats de deux cents HTres l'aoront plus besoin d'être convertis eki argent ^ puisju'ila seront divisibles en assignats de moindre yaleut ; x>innient il sera si difficile de pourvoir alors avec cet irgent aux derniers échanges nécessaires ? Ce lôuis ^ }ne des laboureurs aisés j ou des artisans économes f mt actuellement dans les mains ^ s^anëantira-tril j si un assignat de vingt-quatre livres est mis à sa place? La Mxàété, pour recevoir un nouveau numéraire représenêà£j cessera-telle d'être le dépdt commun de notre luméraire métallique ? La petite monnaie ^ qui est l'ôr kl peuple j quittera-i-elle sa boursç pour fuir en Angleterre ou en Allemagne ? Un nouveau mouvement , aii »ntraire ^ étant imprimé à notre industrie y le crédit renaissant par l'extinction de la dette publique , le numéraire étranger ne viendra-t-il pas bien plutôt chercher oos productions ? et peut-on craindre en de telles circonstances y où notre avoir actuel en numéraire tende à s^ichapper ?

Mais ce n'est pas uniquement , je le sais , jusque dans les derniers rameaux de la circulation , que les «luiemis des assignats les poursuivent pour les décriet- • ils les considèrent aussi dans leur masse : cette quantité que nous proposons les épouvante. Au lieu d'une puis- «aace productive, ils n^ Toient qu'on torrent de des^ Irociion. Le moindre écUir de la raison dissipera ces vaines terreurs*

Je demaBde aux détracteurs de notre plan , de que! gfoie bienfaisant, ae quel pouvoir surnaturel iU atten dent donc la restauration ie nos arts, de notre com' merce , de tous nos moyens de prospérité? Je leur i '

BB MIB.ABBAU. 2C7

N01M appréhendons d'être écrasés saiM le poids de ce isméraire de liquidation S Ne le sommes-^nous donc pas sous celui de la dette que nous de>Tons Hqt>idér ? Les avantages qui doivent résulter des ren^lioursemens Bt du crédit qui en est Ija suite j ne sont-ils pas une belk réponse à ceux qui craignent que ce précieux nnmé» laîre ne sWilisse , que Farg^it ne fuie devant l«i? y os assignats-monnaie ne sont^^ils pas un papier actif ^ui remplace le papier dormant, le papier ÊLchenx 4ont une grande partie de lai dette exigible se compose ? • Cette surabondance noua effraie ! Que nos- voisine doivent rire de nos craintes ! Omiparez leur sol y leur population , leurs moyezfô aux n6t;re8 ; comparez ensuite  notre quantité de numéraire les valeurs qu'ils savent SHttre en activité^: vous verrÀ qu'ilf en onft beaiU/^ conp plus que nous ^ sans comparaison j et que danis 1m valeurs qui forment leur circolalion j il en!tre ylos de billets encore que d'espèces. Vous verres , Jfàc conséquent j que si nous portions notre papiepanonnaie même à deux milliards y nous en aurions li A moins encore que ces riches insulaires. Et pour Connaître à cet égard tous nos avantages j pensez j Jlessieura j que notre papier ayant disparu ) il reste k 9i place des campagnes^ des domaines, les propriétés les plus précieuses } et que le papier national des Jbiglais ne porte que sur le prestige da crédit. Quoi donc! craindrions-nous lamine* en nons acquittant ^voc notre signe territorial , tandis qne l'Angleterre prospère naalgié l'immensité de sa dette, an moyen 4'on signe d'opinion ^ d'un vain simulacre de richesses? Ce sont de grandes erreurs sut* la ârcnlatian do anr néraire , qui font craindre si fort raccroîssement des assignats que nons proposons. On poise qne font le anméraire répandu da^s la société doil se porter jwk

2o8 ŒUVRES ORATOIRES

qi^Aux derniers rameaux de la circulation, etaesuyi- Tiser, comme ces eaux qui j sortant de TOcéan , n'y retournent qu^après s^étre tninsformées successivement en Tapeurs 9 en pluie , en rivières. Mais si une portion du numéraire est destinée à la partie fécondante et pro* dnctive de la circulation j une autre portion non moim considérable a pour objet le commerce^ le transport des immeubles j les dépôts , une multitude de groi échanges. Or^ si la subdivision des espèces est néce^ aaire dans la circulation productive , pour atteindin la main-d^Œuvre y pour satisfaire aux menues dépenses | aux petits salaires ^ Tautre partie de la circulation coin» merciale n^éprouve pas les mêmes besoins* Cest i grands flots que le numéraire j roule; les dépUc^ mens ne s^y font qu^en certaines masses j et comms le billon ne passe guère de la première de ces cifcolations à la seconde j de même la somme des méunz précieux qui servent i celle-ci est en plus grande partis étrangère à Fautre.

Vous en pénétrez , Messieurs y la conséquence. Cert

particulièrement cette dernière sphère de circi»l||Jioa

que vous êtes appelé à enrichir par rémission de vos

assignats 9 parce que c^est aussi dans cette sphère qno

se trouvent placés les fonds territoriaux qui leur corres*

pondent. Vous jetez dans cette région du comnem

de nouvelles marchandises et de nouvelles richesses}

et par Tactivité des ventes ^ le signe disparaît à mesars

que la chose le remplace. Vous n^arrêterez donc poiiit

de cette manière, vous nVmbarrasserez point laciict;

lation productive. Elle profitera de tout ce qu-èll^,

pourra s^approprier dans la circulation aupérieuijt-i

pour s'étendre j se vivifier. Celle-ci | de même , puîsén

dans la source abondante que vous ouvrirez f de ^^':

alimenter ses diverses branches ; et le superflu de tout/

lesoilis ) sera nécessairement refoulé par la fore» boses vers la niasse des biens nationaux. * , je vous le demande : comment voir dans cette he naturelle des affaires , ce désordre ^ ce cbaos

on nous menace ? N'est-il pas plutôt, dans les

de ceux qui le craignent ?

;urez-vous ^ Messieurs ^ qu^au lieu d'un ou deux irds d'assignats da 1000 , de 3oo ^ de 200 liv. i-dessous ) vous missiez en circulation des pièces de même valeur et en même nombre. Ne voyezpas ^ 1^. qu'une grande quantité de ces pièces ^nt employées pour les grands besoins , sans être is échangées contre d'autres pièces ? 2^* qu'il y X une autre partie de ces espèces , dont la converm moindres valeurs se ferait y sans sortir de ce Bftu numéraire dont nous vous parlons ; et qii'en« îs moindres de ces pièces d'or qui se rapprochet de notre numéraire actuel , et dont l'échange c nécessaire , y trouveraient de quoi se convertir ;as y comme ceux-ci se convertissent en petites s de monnaie ? Ainsi s'accompliraient de proche ocfae y et sans embarras y tous les échanges néces*. \ à la circulation générale.

lintenant y Messieurs y mettez des assignats de ) valeur à la place des grosses espèces d'or que avons supposées ; vous ne dérangez rien ) les chosesit dans le même état; et vos assignats entrent la partie de la circulation à laquelle ils sont proprés; ' échangent entr'eux y et avec notre numéraire ^* ne feraient ces masses d'or dont nous venons de e les divers emplois.

est vrai que je place toujours vos assignats sur lême ligne que les métaux précieux ; s'ils ne ks ient pas | il faudrait renoncer à notre nraniré m.

2TO OKUVnCS OHATOIRBS

xiiais comme des propriétés foncières eont une chose aussi précieuse que des métaux | et qu^on xia peut p«8 faire circuler eu nature des arpens de terre ^ je pense qu^il est égal d^eii faire circuler le signe > et qu'il doil être pris pour la chose même.

Heleverai-je ici un singulier rapprochement fiait eatn nos assignats et le papier-jnonuaie.de certaines banques des Etats-Unis de PAmérique j et de plusieurs puissances du nord de PEurope? Plusieurs de ces banques y dit«oii| malgré des hypothèques territoriales ^ 4quiTalentei i leurs billets j n^en ont pas moins fait banqueroute. Lu papiers de ces puissances , malgré les biens particoUsit et nationaux qui les garantissent^ n^en sont pas maiiii tout à fait déchus.

Four mettre , par un seul argument irréplicable^ ntt assignats hors de pair avec de tels papiers ^^ je demandai» seulement à ceux qui fpnt ce parallèle j si nos assigatlS) qui ne s^éteignent qu^à une époque indéterminée | Ion de leur emploi pour Pacquisition des biens naliensiUi peuvent être comparés à des billets de banque pajaUii à vue, et qui mettent la banque en faillite au mooM où elle cesse de payer? Je demanderai ^ relatif^MBlUb papier-monnaie des autres puissances ^ sUl y ft tooM comparaison à faire entre la prétendue gavanlîe ^.cs papier , entre ces hypothèques vagues ^ qui n» smstpeffi disponibles , dont personne ne peut provoquer lu vev4l> et nos biens nationaux, dont la vente est fioinolisgiiwt ouverte y et qui sont moins une hypc^hèque qu'un Mh bpurs6ment?Paimeraiscent fois mieuxavoir tta#k|pili thique sur uu jardixi que sur un royaiyne»

Enfin y j^entends les Américains dire auc Fi,.^-^,..-^ !Nous avons^ créé^peadant notre tévolutioi» ^ d»nM*fl^i papier-monnaie j et cependant ce papier t^ qnely a sauvés-; sans lui ^ notre révolulion ^tait kn]

> qui avez aussi une révolution à terminer; y à côté de grands besoins ^ possédez de grandes s; vous qui avez encore plus de domaines à ne d'assignats sur ces domaines à distribuer j , en créant ce papier solide ^ ne contractez point

y mais en éteignez une, vous n'oseriez vous cette mesure ! Allons , après avoir commencé riére comme des hommes y ne la finissez jpas es ehfâns.

ticipe de la parité de prix entre les métaux préos assignats y étant admis ( et il faut bien Pad- Messieurs > car c'est non-seulement un princibe s le seul qui nous sauve dans tous les systèmes) j pe admis y toutes les objections formées en gë— itre le papier-monnaie ne regardent pas nos . Ce principe admis, les choses, en marchant emps vers un rétablissement général, doivent : ehtr'elles ces rapports dont on redoute mal, à

> îreiiversement.

us ^àrle de la hausse des denrées^ du irenchérîse là main d'œuvre, et de la ruine des.manufac- L doit s'ensuivre. Eh! qu'on nous parle dloiic i centaines de manufactures qui n'ont point ?, de cette foule d'ouvriers qui meurent de fàim| iUiers de marchands , dont les affaires s'ànéanms un repos dévorant. Qu'on xîous parle des Fets^ quelle qu'en soit la cause, de cette souslu numéraire , qui , s'il existe encore dans le , est du moins sorti de la circulation , et qu'il placer , de manière ou d'autre , sous peine de ous fermez les yeux sur tous ces maux actuels. >ellent, se multiplient les uns par les autres, et ne peut calculer la durde et les conséquentes : i on vous présente un remédie à notre pcîrtéé ^

21a ŒUVRES ORATOXRBS

un moyen de vaincre la cruelle nécessîtiii toute votre industrie est de rechercher j de grossir les inconvénUn» attaches à notre projet. Gîrtes , ce n'est pas une choie juste de ne compter pour rien tous ces avantages | etde venir ensuite subtiliser ^ k perte de Yue| sur les prétendues const^'quenccs qu^ils entraînent ; conséquences si éloignées et si obscures ^ que Tesprit le plus profonds bien de la peine à les saisir.

Oui y Messieurs 9 il est un point d^abattement dans bi forces du corps politique , où il faut de granda moyens pour le remonter ) sans qu^il en résulte incessamment tout l'effet qu^on doit s'en promettre. Vous verres del millions d'assignats se répandre ^ combler les videii réparer les pertes | avant même qu'on s^aperçoive d'na vrai retour de force et de sauté.

Ce nVst pas la nation seule qui ait une dette à liquider. Dans ces temps nécessiteux ^ où des milliers de citonns ont usé toutes leurs ressources pour se soutenifi ils ont entre eux une immensité de comptes à solder | une liqnî* dation générale à faire. Ce sera là sans doute un da plus grands services ^ un des premiers emplois dfsaïap gnats. Et quand leur efïetse fera sentir près des prenûànn sources de nos productions ^ de notre industrie y qoelque renchérissement dans la main-d'œuvre serait pent* être un signe de prospérité : cela prouverait qn'ÛyA plus d^ouvrage que d'ouvriers.

En supposant ce renchérissement ^ malgré la fiifeir maintenue aux assignats , par le crédit acquis i oni grande nation qui se libère, et malgré la nécessité qai ne fait pas moins la loi à celui qui vend son tra' qu'à celui qui en a besoin , le système des fournirait ici lui* même une compensation à cette f^l car leur effet devant être d'abaisser l'intérêt de W le commerçant , le fermier , l'entrepreneur | profitefii^n

DE MIRABCÀir. :?.i3

Se cet ayantage j puisque la plupart sont débiteurs des (bndis qu'ils emploient.

' Quand je pense j Messieurs y que les biens nationaux et notre caisse de Pextraordinaire sont le débouché où Tos assignats doivent tendre j où tous enfin doivent sVngloutir , je ne comprends pas qu'on puisse les traiter d'avance comme des valeurs détériorées, des titres qui perdront leur prix. Comment ne pas sentir que ce numé« raire ne pourrait décheoir sensiblement^sans être recueilli par des mains empressées à lui fiiire remplir sa destination? Se soutient-il? C'est unô preuve qu'il est nécessaire. Tend- il à descendre? La vente des biens nationaïiz n'en est que plus prompte.

Ici , Messieurs y comment se défendre d'un ressentiment patriotique? Vous avez entendu à cette tribune ce mot du mémoire ministériel : on dira aux créanciers de l'état y achetez des biens nationaux } mais à quelle époque et dans quel lieu? A quelle :èpoQUE? A l'époque de la dette approfondie , connue , arrêtée ; à l'époque où toute la nation met son salut dans la vente des biens nationaux , et saura conspirer à l'accomplir; à l'époque où les propriétés territoriales reprendront leur prix , et ne seront plus grevées par une féodalité barbare ^ par des imposi-* tioQs arbitraires! Daiis quel lieu? Dans im lien que le ciel a favorisé de ses plus heureuses influences ; dans un empire sur lequel passeront les orages de la liberté ^ pour ne laisser après eux que le mouvement qui vivifie, que kt principes qui fertilisent; dans un pays qui appellera ceaz qui cherchent un gouvernement libre ^ ceux qui ' firient et détestent la tyrannie. Voilà à quelle époque et ""dbw quel lieu les créanciers de l'état sont appelés à del'vtiir propriétaires. Et si l'homme qui a prononcé ces ' étonnantes paroles ^ était encore à la tête des finances ^ je ' loi dirais à mon tour : à quelle époque tenez«vaus un tel

2l4 OBUVRES ORATOIRES

langage? et dans quel lieu vous periiiettez«TOU8 deletenii?

Ce même administrateur ^ qui , plus yiyement que personne 9 a peint le dcniiment que nous éprouTonfl^ trouve néanmoins que nous avons encore assez de numé rairc pour cffcctncr la vente de deux milliards de biens nationaux. 11 ue pense pas que ces terres ajoutées itant d^autres terres, qui déjà ne se vendent point faute de moyens y se vendront bien moins encore si le numéraire n'est point encore augmenté. Il redoute les assignats qui paient la dette publique; mais il craint moins ceux qui ne la paient pas. Il permet que le capital de la nation se. ronge, se détruise pour acquitter, tant bien que-mal^ kl intérêts qu'elle doit, pour subvenir à un déficit jounnlier ; alors les assignats lui semblent nécessaires.

Mais l'opération qui nous libère par leur entremise, et prépare , pour le trésor public , les moyens de diivi* nuer à l'avenir ces secours extraordinaires , il.la repousse^ il la décrie comme désastreuse; et sans rien ofiGrir qni. en tienne lieu , il nous livre de nouveau à la merci i» évéuemens.

Joindrai - je ici d'autres objections, qui, ppar toi. énoncées par des hommes respectables , n'en 800t pM moiui^ faibles ou exagérées? On nous assure qaejnettn dans les mains du public tous ces assignats dont op 4|l« nonce à plaisir le discrédit, c'est diminuer pa^rtoil t. k| moyens de consommation ; c'est porter coup aux prodiio* tions qu'elle encourage ; c'est énerver le corps soçiil : et l'on vous tient ce langage quand les consonux^atô^n n'ont plus le moyen de consommer, quand les prodi^ tions ne. sont plus encouragées , quand le corps soduil souffre de langueur, quand un nouveau nunxérairif iij^pelé fictif, quoique réel , semble créé par les circonstances, comme le seul moyen de rappeler le .uxou vement et la vie!

DE MIRABEAU. ' 2l5

On TOUS dit que c^est uneerrenr en politique, cleTouloir qu'un ëtut acquitte sa dette f qite les intérêts de cette ^tte sont un suc nourricier et productif, qui&it fleurir et prospérer la société. Et Pon ne considière pas que ces intérêts si productifs ne produisent rien , quanà on ne peut plu« les payer , et que c'est alors que leur suppression est une ruine. Oïi ne considère pas que c'est ensuite de ce pernicieux système que les états n'ont plus qu^une Apparence de prospérité, qui peut s'évanouir au premier rerer^ On ne considère pas que ce sont des guerres insensées, de coupables, profusions , de mémorables extravagances , qui ont obéré à ta longue tes gouvernemens , accablé les peuples, corrompu les mceurs , avili les âmes. On ne considère pas que^ si c'est là l'ouvrage du vice et de la folie, il n'iest pas d'une politique bien sage, bien vertueuse, de nous exhorter à le maintenir.

On vous dit,,qu'avoir en vue» dans ces opérations financières, de faire hausser ou baisser le prix de l'argent, c'est incapacité ou charlbtanisme. £h! Messieurs, quand l'incapacité ou le. charliatanisme ont formé , dans la capitale de l'ëmpre , un tourbillon d'affaires dévorantes , un goufired'espèccs ; quand ils ont fait excéderpar ce moyeu toute borne au taux de l'argent , qu'on vous permette de tenter à cet égard quelque réforme , elle ne peut être que salutaire. Faire rétrograder l'intérêt par des principes contraires à ceux qui l'ont si. monstrueusement élevé c'est travailler à la prospérité nationale; c'est fonder le bien du commerce, de l'agriculture , sur l'anéantissement d'nnecirculation improductive, d'un agiotage pernicieux. ÇhL vous dit que doubler ainsi le numéraire , c'est doubler en peu de temps le priis. dé tout; que lé mêtne nombre d'objets à représenter ayant le doublé de signes, chacun d'eux doit perdre la moitié de sa valeur. Fausse conséquence , s'il en fût jamais : car les signes étant

2o8 ŒUVRES ORATOIRES

qu^Aux derniers rameaux de la circulation, etsésubcli' Tiier, comme ces eaux qui j sortant de l'Océan ^ n'y retournent qu^après s^étre ti-iinsformées successivement en Tapeurs 9 en pluie , en rivières. Mais si une portioa du numéraire est destinée à la partie fécondante et productive de la circulation j une autre portion non moini considérable a pour objet le commerce^ le transport des immeubles j les dépôts y une multitude de groi échanges. Or, si la subdivision des espèces est néceiaaire dans la circulation productive j pour atteindn la main-d^Œuvre 9 pour satisfaire aux menues dépenses | aux petits salaires ^ Tautre partie de la circulation corn* merciale n^éprouve pas les mêmes besoins*- Cest t grands flots que le numéraire j roule; les déplsc^ meus ne s^y fout qu^en certaines masses ; et comiM le billon ne passe guère de la première de ces circa» lations à la seconde y de même la somme des métaux précieux qui servent i celle-ci est en plus grande partie étrangère à Fautre.

Vous en pénétrez , Messieurs y la conséquence. Ceit particulièrement cette dernière sphère de circulj|iwi que vous êtes appelé à enrichir par Pémission de voe assignats 9 parce que c^est aussi dans cette sphère qœ se trouvent placés les fonds territoriaux qui leur correfpondent. Vous jetez dans cette région du comnerci de nouvelles marchandises et de nouvelles richesses ; et par Pactivité des ventes ^ le signe disparaît à mesait que la chose le remplace. Vous n'arrêteres donc point de cette manière ^ vous n^embarrasserez point la ciica- . lation productive. Elle profitera de tout ce qu'elle pourra s^approprier dans la circulation supérieui?) pour s'étendre y se vivifier. Celle-ci y de même , puisera dans la source abondante que vous ouvrirez f de quoi alimenter ses diverses branches; et le superflu de toiM

DB MtRABEÂtr; 2Ô9

ces besoins ^ sera nécessairement refoulé par la fore» les choses vers la niasse des biens nationaux.

Or , je vous le demande : comment voir dans cette marcbe naturelle des affaires ^ ce désordre y ce chaos dont on nous menace ? N'est-il pas plutôt, dans les idées de ceux qui le craignent ?

Figurez-vous ^ Messieurs ^ qu^au lien d^un ou deux milliards d'assignats de 1000 , de 3oo y de 200 liv* et au-dessous ^ vous missiez en circulation des pièces dW de même valeur et en même nombre. Ne voyez- Tons pas y 1^. qu'une grande quantité de ces pièces seraient employées pour les grands besoins , sans être jamais échangées contre d'autres pièces ? 2^. qu^il y aurait une autre partie de ces espèces > dont la conversion en moindres valeurs se ferait ^ sans sortir de c^ nouveau numéraire dont nous vous parlons ; et qii'en« £n les moindres de ces pièces d'or qui se rapprochenient de notre numéraire actuel , et dont l'échange •erait nécessaire , y trouveraient de quoi se convertir <n écus y comme ceux-ci se convertissent en petites mèces de monnaie ? Ainsi s'accompliraient de proche €n proche y et sans embarras y tous les échanges néces*. •aires à la circulation générale.

Maintenant y Messieurs y mettez des assignats de même valeur à la place des grosses espèces d'or que aums avons supposées ; vous ne dérangez rien ; les choses!' lestent dans le même état; et vos assignats entrent dans la partie de la circulation à laquelle ils sont proprés; ' ib s'échangent entr'eux^ et avec notre numéraire ^' comme feraieut ces masses d'or dont nous venons do ■nivre les divers emplois.

n est vrai que je place toujours vos assignats sur la même ligne que les métaux précieux ; s'ils ne ks balaient pas | il faudrait renoncer à notre xoemiré ^ 1. H

2TO 0!:i;VRCS ORATOIHBS

xnais comme des propriétés foncières sont une choM aussi précieuse que des métaux, et qu^on ne peut pss faire circuler eu nature des arpens de terre | je pense qu'il est égal d'eu faire circuler le signe > etquHldoit être pris pour la chose même.

Heleverai-je ici uu singulier capprqcfaement fait entr» nos assignats et le papier-^nonnaie de certaines banques des Etats-Unis de l'Amérique , et de plusieurs puissance! du nord de l'Europe? Plusieurs de ces banques y dit-oO) malgré des hypothèques territoriales ^ équÎTalentei i leurs billets j n'en ont pas moins fait banqueroute. Les papiers de ces puissances j malgré les biens particnlien et nationaux qui les garantissent^ n'en sont pas meÎDS tout à fait déchus.

Four mettre , par un seul argument irrépUcable, nds assignats hors de pair avec de tels papiers j )e demanderai seulement à ceux qui font ce parallèle , si nos assignats^ qui ne s'éteignent qu'à une époque indéterminée | Ion de leur emploi pour l'acquisition des biens xuitienaaX| peuvent être comparés à des billets de banque pajaUes à vue y et qui mettent la banque en faillite au momott où elle cesse de payer? Je demanderai ^ relativement «ii papier-monnaie des autres puissances , sHl y ft auootie comparaison à faire entre la prétendue garantie déco papier , entre ces hypothèques vagues , qui ne sentpeSBl disponibles , dont personne ne peut provoquer 1a veviHy et nos biens nationaux, dont la vente est aotnellevial ouverte y et qui sont moins une hypothèque qu'un Mt boursement? J'aimerais cent fois mieux avoir naébjp^ thèque sur un jardixi que sur un royaume» .;. j

Enfin } j'entends les Américains dire aux FganjjWài !Nous avons créé y pendant notre révolution ^ domantlii papier-monnaie; et cependant ce papier tel quely MWL a sauvés; sans lui ^ notre révolution était ijmpneiilihT

DE MIRABEAtr. 211

Et TOUS; qui avez aussi une révolution à terminer; TOUS qui y à côté de grands besoins y possédez de grandes ressources; vous qui avez encore plus de domaines à Tendre que d'assignats sur ces domaines à distribuer j vous qui, en créant ce papier solide , ne contractez point une dette 9 mais eh éteignez une ^ vous n'oseriez vous confier à cette mesure ! Allons , après avoir commencé votre carrière comme des hommes ^ ne la finissez bas comme dés enfâns.

Le principe de la parité de prix entre les métaux précieux et nos assignats j étant admis ( et il faut bien l'admettre, Messieurs > car c'est non-seulement un principe vrai, mais le seulqui nous sauve dans tous les systèmes); ce principe admis ^ toutes les objections formées en gênerai contre le papier-monnaie ne regardent pas nos assignats. Ce principe admis , les choses y en marchant avec le temps vers un rétablissement général ^ doivent conserver ehtr'elles ces rapports dont on redoute mal, à propos le ireiiversement.

On nous ^àrle de la hausse des denrées^ du irenchéris* iement de la main d'oeuvre, et de la ruine des, manufacturés qui doit s'ensuivre. Eh! qu'on nous parle donc aussi des centaines de manufactures qui n'ont point ^'ouvrage, de cette foule d'ouvriers qui meurent de fâim^ ^cets milliers de marchands , dont les afiaires s'anéantissent dans un repos dévorant. Qu'on nous parle des cruels effets > quelle qu'en soit la cause ^ de cette soustraction du numéraire j qui y s'il existe encore dans lé iàjzutne , est du moins sorti de la circulation y et qu'il Àut remplacer y de manière ou d'autre y sous peine dé imne. Vous fei-mez les yeux sur tous ces maux actuels. <|ai s^appellent, se multiplient les uns par les autres ^ et dont on ne peut calculer la durde et les conséquences : 4t quand on vous présente un remédie à notre portée y

boutenir la concurrence ; et tandis que liona ne Tendrons rien aux étrangers^ ils nous inonderontdeleursmarcbsadisesy et finiront par emporter la reste de nos écns. Si cela pouvait être vrai pour nous i Payenir f cela devrtil Fctreaujourd^liui pour les Anglais, puisqn'îls sont troii fois pins riches que nous en moyens de oîrcntatîon» Or, vous savez, Messieurs, comment nouS: devons craindre, par leur exemple, que cet horoscope ne s^accomplisse à notre égard. Fasse le ciel que nos assigna ts^ minent Unitât notre commerce, comme la multitude desgninëetct des papiers ruine aujourd'^liui celui d*Angletrrs!

Ce ne sont là sans doute, de. la part de'uos admsaires , <pie des caricatures économiques^ qui ne méritent -pas les regards sérieux de la raison. Mais je dois à cette assemblée une observation plus grave sur les aLéiTationi' de M. Dupont eu. fait d'ëconomie politique^ et snrlecir q^'on doit faire de sa diatribe contre les assignats et leufïs défenseurs. Gommant, après avoir hlancM, coïkinia il le. dit 9 dans> Pétude des matières qui nous occupent,' et j^ajoutecai daps la carrière de la probité, étônBe*t-il^>( fort a4ijourd'hui ceux qui le lisent et ceux- qm l^éntev* dent? Quoi Me même homme qui naguère, dlini'drils' assemblée^ justifiait les. arrêts de snrséance^ obtèims ^' la. caisse, d^escompte; qui défendait un pri^lëge'de tiilBi<^ songe et d'infidélité accordé aux bîllètsdto cette csiMi puisque ces billets portaient, /tf/MtmidvBtf, etqna fArri^ disait^ vous êtes dispensé de payer à vue; qui tron vait tlil' convenable, très légal, Timmoralité de oe.papibr*nHHinaie., créé par Pimpéritie du gouremenient , et dont V juste discrédit a donné à la confiance pnbliqne nn élMit^ .' lement que nous ressentons encore; le fdêmé Hbinisis vient déciîcr aujourdMiui notre papier territorial', dbkit* le prix repose sur Por de nos plus riches propriétés; nn papier qui , étant toujours payable en fonds nationaux.

"^liTatii-i . i

I>£ AXIRABJBÂ17. 219

ne peut jamais, perdre un àexnej; de sa x^lenr fQncière , ni tromper un instant la confiance de son possesseur ! Ainsi doxic M. Dupont caresse une caisse en faillite y un gouvernement suborneur, et il diffame un papier national j un titre sacré don,t la solidité est inaltérable. Estce là le résultat que nous devions, attendre de ses travaux et de ses lumières ?

On vous dit ^ et ce sont des hommes célèbres que je cite j on vous dit que les assignats actuels embarrassent déjà la circulation. Possesseurs d^assignats, dites-nousen q^uoL votre embarras consiste ;. et moi je vous montrerai des embarras tout autrement graves faute d'assignats* On ajoute qu^un plus grand in^rét attaché à ces assignf^tSy exi eût fait au moins un placement» On oublie doDcqueileur création^ayant été StoUicitée de toutes parte par les besoins d?une circulation anéantie , cVût été créer un étrangç remède au manque d^argent j que. de faire cpcof&e^r les assignats ^ imaginés pour en tenir Uepj> On prétend encore quç ces assignats ne remédieront point à 3a stagnation du numéraire. Ils n^y remédieront point ^ a«ns doute ^ si^ comme ces auteurs Peni^ndent^ on favo* lisait 9 par de forts intérêts, la stagnation d«s assignats, ^fin^ on est. aussi fondé à, soutenir que les assignats «çnt. inutiles 9 parce qu^ils ne feront, point reparaître les «spèces, que nous, aurions été fondés , durant la disette j à rejeter le riz y parce qu^il ne faisait pas revenir du

lié.

Le même détracteur de3 aç^i^ats compte parmi leurs ikngers j celui de faire penser bientôt au public , qu^uftè •econde chambre dans rassemblée nationale , composée i^ propriétaires plus riches, aurait réprouvé cette fatale iQesnre. Or, voici qu^un autre détracteur des assignats dît au peuple, dans son pamphlet, sur le renchérisse— ment du pain , que les assignats ne sont bons que pour

2SO OCUVRfiS ORATOnSS

les gens riches. Daignez donc y Messieurs j Tons accorJei pour que nous sacliions auquel répondre.

En attendant j nous demandons à celui qui semb invoquer le jugement des riches propriétaires contre c assignats 9 comment il pense que ces propriétaires s^a commodent de la situation actuelle des choses^ où 1 terres perdent chaque jour deleur valeur , faute d^arge pour les acquérir; où un très grand nombre dWtreei sont forcés de les vendre à vil prix^ soit quHls ne troi Tent pas à emprunter pour les affranchir , soit quMI ne puissent pas supporter Tintérèt énorme qu'on le demande. Qu'il nous dise si y le numéraire n'éta point augmenté j ces terres ne seront pas encore pi déprisées par la concurrence prochaine de deux ou tn milliards de biens nationaux. Qu'il nous dise enoor si des contrats ou des quittances j dont les dix-ne vingtièmes seront à vendre, loin de fournir de nonvni moyens de circulation , ne l'appauvriront pas tonjon davantage; si tout cela peut relever le prix des tsù territoriaux j et améliorer le sort des propriétaires.

Il ne manquait plus à ce philosophe que de se pi sionner contre le projet des assignats, au pdintd'yi< trois ou quatre banqueroutes les unes sur les aatn Que nous conseille- t-il à la place? Les chères quittaiu de finance ; c'est-à-dire j la perte inévitable du quart moins de ces quittances pour la malheureuse foule < vendeurs. En vérité y c'est vouloir que nous nous pic gions dans la rivière , pour éviter quelques gont d'éan.

On reproche au système de liquidation par les ai gnats, qu'ils seront répandus long-temps availt que domaines nationaux s'achètent ; que l'acquit de ces i maines j par leur moyen, ne s'accomplira qu'au boni plusieurs années; et qu'ainsi l'on ne pent regarder

•bat des biens nationaux comme débarrassant à mesura la circulation j puisqu'elle e^i sera d'abord surchargée*

PobserTC sur cela y i^« qu'il s'en faut bien que la «omme d'assignats que nous proposons , double dans la circulation actuelle la somme de numéraire quenous possédons ordinairement. La moitié peut-être de cet avoir en numéraire ^ ayant disparu de la circulation | ce déficit qui tend à s'accroître j peut parvenir au poini le plus effrayant. Ainsi l'émission proposée ne fait^ en plus grande partie ^ que combler le vide , réparer la perte.

2*^. Il est impossible , quelque diligence que l'on mett« ^s l'examen des créances ^ l^apurement des comptes et la création des assignats ^ de consommer cette grande opération sans un travail de. plusieurs mois^ peut*étre de plus d^une anilée. On n'a donc pas à craindre une émission prompte et brusque de la totalité des assignats. 3^. Avant la liquidation de la dette exigible et l'émis<> cion de tous les assignats décrétés ^ une partie de ceux Cfui auront déjà été délivrés^ rentrera dans la caisse de l'extraordinaire , soit pour le premier payement des acquisitions effectuées y soit pour le payeAient complet de celles dont les propriétaires ne voudront pas jouir des délais ; de sorte qu'il n'existera jamais à la fois dans la circulation la totalité des assignats émis.

4^. Cette mesure ayant pour objet de nous faire franchir 9 par des mesures nécessaires y cette époque de compression et de besoin y le numéraire y à mesure que le calme et la confiance reprendront le dessus^ et que les affiiires se rétabliront y sera rappelé y et remplacera à son tour les assignats 9 qui s'écouleront par les payemens annuels vers la caisse de l'extraordinaire. Cette substitution du numéraire aux assignats aura douze ans pour s^effectuer. Pendant ce temps la nation jouira du produit

222 ailUVllES ORATOIRES

des biens qui ne seront pas encore rendus on acquittés; et les particuliers tireront des assignats tous les secours que les besoins de la circulation et Tétat des choses pour* ront exiger.

Mais ost*on plus heureux ^ Messieurs ^ dans les mesures qii\>a propose ^ au lieu d^assighats j pour la liqni* dation de la dette ^ que dans le combat qu'on Ii?re pont les ocarter ?

On vous parle des quittances de finances escortas d^on intérêt plus ou moins fort. A la réquisition du portear^ elles seront échangées directement contre les biens nationaux; et vuilà cette créance éteinte | cette jpartiedela dette liquidée. J ^entends : on part donc de cette tente comme incontestable; c'est de Pot que Ton met dans h main du créancier , qui n'a qu'à youloir poxkr acquérir. On ne peut donc pas refuser aux assignats la inêmesoUdite 9 la même valeur ; c'est de l'or aussi; et là iiibiii3rft défiance qui ébranlerait leur crédit ^ ferait tomber de même les quittances.

Mais ces quittancés , qu'en feront les propriétaire)' que de papiers morts ajoutés à d'autres papiers tnôrtê ! Quel cimetière ïe capitaux ! Ces quittances atirbiit-ellik la faculté de métamorphoser leurs maîtres en a^ncnV teurs ? Le plus grand nombre d'entre eux ne pourront pas faire cette disposition de leur fortdne. Udè IbÀté de créanciers et d- arrière-créanciers se prétfeAtera. Le gsp n'est pas tranfsmissible à volonté ; et il faudra Rendre*

Cette masse énormîe d'effets va ctéer j âstxis \k hiHoxit de Paris 9 un nouveau commerce itiH productif y foi achèvera de ruiner toutes les branches du côài'Aierce utile, et toute autre espèce d'industrie. Césf là que là assignats ^ actuellement en circulation , et le ^n d'fou qui restent encore dans le royaume ^ s^roàt iïSrb par ce nouveau tourbillou vraimièkit dévoÙuit« Cést U

que seront pompés les derniers sacs qui laissent encorer i nos affaires une ombre de vie. Mais qui s'engrais» sera de rechef aux dépens de la chose publique ? Ceux<i là seulement qui ont des écus libres j des millions à leurs, ordres ; tandis que la pluralité des créanciers de Pétat veri'ont leur ruine ^ au moment où ils feront argent de leurs quittances*

£n laissantdans Tabîme cette multitude de victimes ^ suivons la destinée de ces effets» Ou le capitaliste accapareur ^ après avoir spéculé sur les quittances >^ spé* culera encore sur les domaines ; il dictera la loi aux campagnes 9 et vendra cher son crédit à leurs faabitans: ou il gardera dans son porte-* feuille ces quittances icqnises à vil prix j qui lui rapporteront un intérêt considérable 3 et dès lors les biens nationaux ne se vendront pas.

Le remède à ce mal serait donc de soustraire ces porteurs de quittances à la servitude de leur position y k Pempiie de leurs créanciers ; de donner à leurs créances sur Pétat une valeur qu'elles ne pussent perdre j de manière que ^ passant de main en main ^ «lies rencontrassent enfin un propriétaire qui pût les réaliser» Or , c^est là précisément la nature et la fonction des assignats-monnaie.

Des revers multipliés ^ dit-on y les attendent dans la tatrrière qu'ils ont à fournir. Mais ces prophètes de mal- Iieur ne connaissent pas de quels spéculateurs ils sont les aveugles échos ; ils se perdent dans Pavenir ^ et na savent pas voir ce qui se passe autour d'eux. Voici le «tystère : on peut faire trois classes principales des détrac*' tsars ou des défenseurs des assignats.

La première est composée de ceux qui y jugeani U mesure des assignats indispensable y ne laissent pas A'en 4ira beaucoup die mal s et pourquoi ? cVst qu'ils veu-«

2^4 CEUVRXS ORATOIUBS

lent par ce moyen empêcher l*e88or des efifets publics $ et ils en achètent tant qu^ils peuvent | certains delà fayeurqiiela nouvelle création d^assignats leur donnen. Le décri des assignats est pour ces gens-là une spécnla* tion de fortune.

La seconde classe est celle qui a Tendu des efieti i terme ; elle tremble que ces effets ne haussent : son intérêt est aussi de décrier les assignats y de prêcher les quittances de finances 9 les moyens qui retardent h crédit; mais voyant que la mesure des assignats prend faveur y ils s'eiïbrccnt île leur associer du moins qaelqne papier lourd I d'attacher le mort au yif 9 afin de retsrdtf Faction de celui-ci j et de diminuer leur perte.

La troisième classe est celle qui se déclajre en fiiTaar des assignats ^ rondement j consciencieusement*^ en ks regardant comme un moyen itécessaire et patriodqne. Je crois fermement qu'on doit ranger dans cette cbuN les premiers promoteurs des assignats ^ et la grande mtr jorîté de ceux qui sont attachés à cette mesure.

Un orateur s'élève avec un nouveau projet à la maîa ; il rejette , dès l'entrée ^ les assignats ; et ses premieif argumens sont les troubles répandus dans le royanntti les désordres suscités par les ennemis de la révolution/ et la défiance publique qui en est la suite. Or y je vob bien là les raisons qui chassent Pargent , qui aéent la misère générale ; mais je n'y vois pas celles qô empêchent qu'on ne remplace cet argent ^ qu'on né subvienne à cette misère , et je plains l'orateur qid marche ici à rebours de ses intentions ^ et qui plsidi' ' si bien j sans s'en apercevoir , en faveur du parti qu'il voulait combattre.

Il continue ; il se récrie de ce qu'on pense £dré dci amis à la constitution y par la cupidité et non par Is justice. Mais les assigna ts-momiaie font justice à toat

]>B MIRABBAir; fisS

» monAç ; mais ils soustraient une foule de citoyens

la cupidité de quelques hommes. £b ! vraiment ^ il st permis peut-être de combattre un intérêt par un lalre \ il est permis d'opposer à Tintérât mal entendu j |ui fait les anti-révolutionnaires , un intérêt bien enendu, qui arrache les égoïstes i leur système d'indé* tendance 9 etles^lie, par leur fortune particulière ^ à a fortune publique , au succès de la révolution. Je Dpplie donc ces moralistes sublimes qui sUndignenk ci contre moi, de me permettre de ramper loin dWx lans la bassesse du sens commun et d^une raison toute nlgaire.

L'honorable membre descend enfin à la proposition ^un décret ^ où il admet pour huit cents millions de es redoutables assignats. L'académicien qui les a com« ares à de l'arsenic y pourra trouver que la dose ici n est un peu forte ; mais voici le grand antidote : ce ODt les quittances de finance. L'orateur en demande our le remboursement de la dette ; et ces quittances le pourront être refusées en payement par les créanciers tailleurs de fonds. Mais rien y selon moi j de plus uadmissible que cette mesure* Comment l'état peut-il istinguer deux espèces de créanciers pour la même |uittanee ? Celui qui la reçoit de la seconde main ne Levient-il pas créancier de l'état au même litre que selui qui la reçoit de la première ? Pourquoi donc ette quittance commence«t-eUe par exercer, en faveur le l'un' y les droits de papier forcé y pour tomber tout L coup 9 au préjudice de l'autre , dans les iuconvéniens lo papier libre ? La justice a-t-elle ainsi deux poids et leux mesures ? et la nation peut«elle les admettre dans a balance ?

Un prélat â fixé l'attention sur cette matière.

Je ne me propose pas de suivre le fil délié' de sa dis- 1. i5

a26 ORUTKES ORATOIRES

ciissîon contre les assignats. Il ine suffira d^en saisir quelques traits essentiels ^ et de leur opposer nn petit nombre de Terités simples et incontestables*

Cet orateur observe y que les biens nationaux n^Asot point une augmentation de richesses territoriales y ki assignats qui en sont le type ne représentont point nos plus une richesse nouvelle ] et ilrejetta ^ en conséquence) la qualité de monnaie qu'on veut leur donner. J'obierff à mon tour ^ que si les biens nationaux aa sont pu une nouvelle richesse y ils sont du moine nne loii- Telle marchandise ; que les assignats peuvent Aire imii* tués par -là même comme une monnaie accidentelb pour les acquérir^ et qu'ils disparaîtront quand laicnte sera consommée.

On a vu des nations forcées de créer an faassrd ds papier-monnaie , dans des circonstances pareilles sitf nôtres. Plus heureux dans nos besoins ^ nous avons va une richesse réelle à mettre en circulation* Ceux qd achèteraient des biens nationaux avec des quittanças i» finance | les achèteront également avec des aasignsti} mais ceux qui n'en pourront pas acheter avec lanii assignats, par le besoin d'en disposer pour qaelqn'sntia usage y qu'auraient-ils fait de leurs quittances ? Ibln auraient vendues à perte pour se procurer ces mteei' assignats. Ainsi ce numéraire national y par cela mkm qu'il est entraîné pour quelque tempe dans la ciR>* lation j atteste sa double utilité ^ et la quittance ^ finance ne peut point le remplacer à cet égard.

Supposons que la netion acquit tout k conp mms^ numéraire pour payer sa dette; qui pourrait.se plaint qu'elle l'appliquât & cet usage ? Qui pourrait ae rkoK contre une telle opération , et la repousser par ses caii séquences ? Messieurs ^ je soutiens que nous ayons:D& numéraire moins dangereux pour nous libérer. Il n'itst

18 à demeure j il ne nous surchargera pas. Nos fonds TFÛoriaux seuls sont permanens ; et c^est un papier à' iinps qui les représente. Ce papier ^ quoique fugitif^ no rendra pas du moins le chemin de notre vaisselle ^ dé 08 bijoux et de nos ëcus. C'est donc une utile j une nireuse mesure pour la nation j que de remplacer son oméraire par les assignats, tout en s^acquittant par*Ià BcequMle doit,

Cest à tort que le même censeur de notre projet dis* ngae, quant aux assignats , deux ordres de personnes; «débiteurs qui s^eii déchargent , et les créanciers quHls 1 embarrassent. Car les mâmes hommes , considérés^ idifiduellement , étant , pour la plupart^ créanciers et ibiteurs à la fois j peu leur importe le moyen d^échango ont ils se servent , pourvu que ce moyen soit reconnu alable^ et quHls puissent le transmettre comme ils ont reçu.

On a peine à comprendre que Phonorable membre ont je parle , ait pu imputer aux assignats le mauvais sage y ou remploi détourné ''qu'on pourrait en faire; omme de les resserrer par malice y d*en acheter de Parlent afin de Penfouir y d'acquérir par leur moyen des kiens particuliers et pou nationaux. Car mettez , je vous irie, des quittances de finance à la place des assignats ^ (t voyez si la mauvaise intention n'en tirera pas le même fearti* Mais 9 direz-vous, il faudrait vendre pour cela les |aittances de finance ; et il y aurait trop à perdre. J'avoue lue je n'ai rien à répondre à une pareille apologie des loittances.

Créer des assignats- moniiaie , poursuit lV>rateiir, qui perdront un dixième sur les espèces, c'est comme si l'on logmentait le prix des espèces d'un dixième ; c^est él'ever i'écn de six livres à six livres douze sols. Je conviens l'abord , qne s'il n'y avait point, d'assij^aîs , on ne pour«

512& OF.CVRRS ORATOIRES

rait pas leur comparer les ëcus ^ que ceux-ci ne gigneraient rien vis-à-vis des assignats. Mais alors les écni gagneraient sur une foule de clioses, qu*on achète lu* jourd^tiui au pair avec Tassignat; et Ton aurait ponriix livres I non pas seulement ce qui se paie aujourd'hui six livres douze sols, mais des valeurs peut-être de sept ou huit livres. Or , j'aime mieux ^ à tous ëgards, que h rareté des écus leur fasse gagner un peu sur les assignalii que si la plupart des choses perdaient beancoup contre la écus. Je reviens doue à cette vérité : c'est que Passiguil gradue la valeur des espèces , et que la rareté seule à ces espèces en hausse le prix.

Suivons Porateur dans ses observations sur le change^ relativement à notre commerce avec Pëtranger; et supposons la perte future quHl attribue à Passignat-num* naie. Il en résulte j dit-il j qu'huions le Français quioom* merce avec 1* Angleterre^ soit comme vendeur^ soit comnM sxheteur , perdra sur le change. Mais pénétrons plm avant, et passons du principe à la conséquence. Que Ici marchandises anglaises renchérissent pour nons ; ik lors moins de consommations ^ moins de demandci pour lep objets de fantaisie j moins d'argent qui sortis royaume ; et tout se compense. Que les marchandiid françaises soient acquises à meilleur marché par les As* glais ; dès iors il y aura plus de débit , plus de commiifiions ; le prix haussera ; on regagnera d'un cAté ce qdVo perd de l'autre.

Enfin I Messieurs I alimenter, raviver notre induitnry mettre la balance du commerce en notre faveur | c^Mt l'essentiel. Il n'y a rien de plus ruineux pour un élsti que de payer l'argent au poids de l'or, de languir) i» ne rien manufacturer , ne rien exporter. Quelques inooB- ▼éniens , qui même sont bientôt balancés par des aveu* tages , ne sont rien au prix d'une telle calanittf'; et Ia

DE MIRABETAtJ. 229

»Ius fines j les plas ingénieuses argumentakions contré es assignats-monnaie , n^ébranleront jamais la masse les raisons et des faits qui en établissent la nécessité. '

Ubabile orateur dont je parle s^est contenté daïis son irojet de décret , d'écarter les assignats , comme les en»* lemis les plus dangereux de son dernier plan de liqui<^ Ution. Il me suffit donc , pour écarter son plan ^ d'aYoir rengé contre lui les assignats.-

Mais ici , entre notre monnaie territoriale et lesiantres Doyens de remboursement, une grande différence -se présente à Tavantage de cette monnaie. C^est la dation [ui doit payer Pintérêt de ces reconnaissances ^ • de ces joittances mortes. Mais l'assignat agit j fructifie tfomroe luméraire , entre les mains qui remploient'; et tandis u'il circule y la nation perf^^trintését des biens dont il st le gage.

Et, Messieurs ^ je ne puis m'empâcher de m'éleyer ici ODtre diTers projets d'association ^ qui ont été présentés y ntre l'assignat- monnaie et les quittancés de finance | oit contrats ou reconnaissances, pour le payement de i dette. Je m'élève , dis-je j contre cette association j omme n^ joutant rien à la confiance due aux assignats | omme compliquant la mesure , comme prodiguant àes ntérêts inutiles y comme ouvrant la porte à déS spécnl*» ions dont les suites peuvent être pernicieuses* El quant loz créanciers 9 dans quelquéis projets , entre les assi^ pats et les obligations territoriales y pourquoi cette iption a -t- elle été imaginée ? C'est en comptant y dit«on y lar la préférence qui sera donnée aux assignats. Je denande, Messieurs , si une aussi puérile combinaison «st ligne de cette assemblée ?

Je sais. Messieurs, qu'en dernière analyse, la nation te gagnerait rien à l'économie des intérêts dont je yiens jù parler y si l'assignat venait à tomber eu discrédit }

DE MIRABEAIT. . SÎJï

d8 assignats la dette actuellement échoe^ Il est. en- »ien d'autres épargnes qtii seraieàt le fruit, de cett*

^ Messieurs 9 si le parti des aésignats- présente, en EU^ tant d'avantage^ ^ et si nonspotivons lesr^ardèr te vm titre d'une solidité si^Murfisûte qu'on ne dorre

en craindre l'altération ^ tous sentèss quel poids J fr le soulagement qu'ils apportent aa fardeau des lés; TOUS sentez même quel accueil cetteéecteomie iTaloir à la masse des assignats y et comment le B iera disposé à fiiroriàer len^^saceis pat^ la cou* 1^ Touà sentez combien votre systèiue général d'im* on^era plus de facilité àdtre adbptéyen 1« présentant me tm résultat diminué d^une Sommé considérable)

sentesi^ enfin, quelle supériorité ont* encêreiti les ntS) qui , en allégeant les ipupositions ^ «n fiicili* lé plus le payement par leur qfoalité'cirdnlairte : au |ue les quittances àt finadce^ a^ec tous leilrs «litiMS^

^ eggraAT^nt > le fardeau pubiè&^'et- xe &usmsaent in moyen de le supporter, • . ■ > -•

land je réduis la création des aèsigà^ts^mosniâe à mme strie temeot nécessaire pour le payemèiU delà ; actuellement exigible ^ C^est, Messieurs^ que nous os leur laisser tout l'appui d^iin g|Gig^ étendu j et que 8te confiance qu^l importe dfs ' leur assurer^ nous :rity  cet égard ^ des bornes inviolables; £t je ne oie pas comment l'on a inséré dans* mon préoédeiLt lurà sur ce sujet ^ que je comprenais dans cette dette ible ) celle qui rigoureusement n'est ps» exigible^ I qui ne l'est point encore ^ et qui ne. le sera qu^Avee imps« Je ne comprends pas que quelques^ pessonàes^ Ment effrayées de ma proposition ^ eomme si j^^vais. landé la création de deux milliards d'àssîgnab«mon-^ ï^ tandis que je n'ai pas articulé un& seule sonune».

Ék

23a ŒUTRBS ORATOinSS

Quand même la masse des fomls uationanx et disponibles pourrait s^élever à trois milliards | devons^noas compter sur ce produit? Nous savons bien que tooteik & vendre; mais la fleur des biens attirera les premiers empressemens ; et y quant aureste^ une partie peut rester long temps sans ackieWurs. La prudence nous oblige donc à borner Pa perçu de cette richesse territoriale i deu milliards. Joignons anz quatre cents mi llionad'assignits ré|iandus9 une réserve à peu près égale pour les besoiqi futurs et cofitingens; reste au delà d'un milliard pour Tarquit de celte partie de la detie publique^à laquelle on peut donner le plus strictement le nom d^ezîgiblei

Si nous savions y Messieurs ^ nous réunir sur les objets c]ue je viens de mettre sous vos yeux; m noussavioas écarter les nuages d^lne fausse défiance y à^oh peuTeQt encore partir des tempêtes; ai^ nous ralliant aux véritis qui sauvent 9 nous n^avions d'ardeur que pour les d^ fendre et les propager, toute incertitude , toute crsinte cesseraient, et la restauration de nos affaires saimittih prochaine»

Rien nVst plus fragile que la confiance y puisqu'elle dépend toujours ^ en quelque point, de Popinionjr^ branler est donc un grand tort, quand elle repose snr de bonnes bases, quand elle peut faire le salut de la natioD. Tous Français^ compatriotes et frères^ nous ne pouvons ni périr ni nous sauver les uns sans les autres. En nous élevant au-dessus des circonstances quisont passagères, sachons voir que les mêmes intérêts nous unissent; qu'ils nous commandent les mêmes vœux, nous prescrivent le même, langage.

Commf nt doncsoufiPrir , dans la grande affaire qui nons occupe, qu'on emploie plus de moiivemens pour divisée les opinions des citoyens, qn^il n'en fiiudrait pour )ee éclairer et les réunir? Ignore-t-on les menées., les ineli*

BB MIRABEAtr. ^33

;atîons , les instances que Ton s'est permises? Ignore- •on qii^après ayoir fait parler Pavangle intérêt^ et souffla iou r61e à Pignorance j on vient ensuite nous donner ce résultat comme le jugement libre et réfléchi de Pezpé* rience et des lumières , comme le vœu respectable des nanufactures et du commerce? Est-ce là cet oracle pur le Topinion publique , qui devait nous servir de guide? ^est - ce pas plutôt la voie déguisée d'un égoïsme istucîeuxy qu'il nous suffît de reconnaître pour le repousser?

]St voulez- VOUS) Messieurs ) savoir les motifs de ces clameurs mercantilles, .de ces répulsions financières ^ |a'il a été si aisé d'exciter contre les. assignats? Sondez es intérêts d'un certain ordre decommerçans; apprenez [uelssont les calculsdes fournisseurs d'argent etde crédit. ^ manufactures sout tontes tributaires des uns ou des lutres. Les uns ^ soit que voués au commerce de corn* nission j ils fassent des fonds aux fabricans sur les mar« handises qu'ils leur fournissent j soit qu'adonnés à la *anque| ils se chargent d'acquitter leurs engagemens , DUS mettent un prix de 6 pour loo à leurs avances; les utreSy riches com mandataires ^ portent ju<iqu^à !• pour 00 et au delà, riutérét de leurs capitaux. Or, créons les capitaux en concurrence ; élargissons , facihtons la oie des emprunts et du crédit ; abaissons par-là même e taux de l'intérêt : n'entendez* vous pas crier aussitôt «s commissionnaires , ces banquiers^ ces capitalistes ? ilais j Messieurs , vous ne vous y troniperez pas : ce cri taime vaut un suffrage ; c'est le signal de la prochain» tstauration des manufactures j c'est uu augure fa vorablo Mar les assignats.

Législateurs j rapprochez ^ unissez les rolontés par le concert de vos sentimenset de vos pensées ; votre opinion ^me et arrêtée fera bientôt l'opinion publique; elle

234 OEUVBES OKATOZASS

aura pour elle tous les fondemens que la sagesse «tb nature des circonstances peuvent liii donner.

Mais ne croyons pas nous dérober entièrement à cnd^ constances. Nous marchons chargés d^une dette éttomiei <rune dette que des siècles de despotisme et de désoién ontaccumulée sur nos tôtes. Dépend-il dé nons^ mtiie es Tallégeant , de faire quVlle puisse Atre supportée lam aucun embarras, sans aucune g6ne? Est-ce enfiii ^ choses impossibles que la nation eirige de nous? NoB| Messieurs; elle n'entend pas que nous conTertissientio» dainement et par miracle la pénurie en abondaiicS| k fortune adrerse en prospérité; mais qu^en opposaiiticei temps nécessiteux toute la grandeur des reesonrees nttionalèsy nous serrions la chose publique , selon kme- « sure de nos forces et de nos lumières. Si donc la nalioa se confie dans le scèle de cette assemblée j sans dont» aille cette assemblée peut se confier dans la justice dé k nation.

Non y il nVst pas de la nature des choses j dans ces OBi* jonctures calamiteuses , d'user d'un moyen 4jai Mb aucune difficulté; celui des assîgnats-monaaÎB| MBl doute y n'en est pas exempt? Ce n'est point icîrolf' d'un choix spéculatif et libre en tout point} c'en W mesure indiquée par la nécessité; celle qui aonesemUi répondre le mieux à tous les besoins , qui entre dans loss les projets qui tous ont été offerts , et qui noàs àott^ au. moins quelque empire sur les événemena et sur b choses.

Des inconTéniens prévus où imprévus vieBnsB^ill ensuite à se déclarer? Eh bien, chaque jour ft'apperti' pas avec lui seulement ses ombres, il apporte aikssttt lumière ; nous travaillerons à réparer ces inconTénÎBiiis les circonstances nous trouveront prêts à leur fiiire fittlj et tous les citoyens , si éminemment intéressés an wwfk

DB MIRABEAir. !it,35

re mesuré ^ formeront une nourelle âdëration pouf enir.

li I Messieurs j tout doit fortifier votre Murftge. Si riez prêté Poreille jusqu'à ce joUr à toutes leè ins* des préjugés y des vues particulières et des folles S| votre constitution serait à refaire^ Aujourd'hui^ t défériez à tous ces intérêts privés ^ qui se croisent ;ombattent les uns les antres , vous finiriez par ser avec le besoin ^ vous concilieriez mal les opi«

et la chose publique resterait en souffrance. C'est bauteur d^esprit qui embrasse les idées générales ^ t précieux de toutes les observations particulières^ iveni partir les lois des empires. Un administrai ui viendrait vous vanter Part de'ménageir tous les j comme formant le véritable génie de Padmiiàisij vous donnerait sa mesure j il vous apprendrait e secret de tous les embarras qui ont fatigué sa e ; mais il ne vous apprendrait pas celui d'assurer fe» Oser être grand y savoir ètro juste y oti n'est lé^ iiir qa^à ce prix.

;>r6pe$e donc^ Messietira^ -et j'àmelide de cette rè U décl^et que j^eus Phônneur de voas SouiUèttrè août dernier : Je propose :

Qu'il soit fait une création d'assignala-ffionnaie ^ itérêts y jusqu^à la concurrence d^un milliard^ pour ement de la dette actuellement échue et rigoureut exigible; lequel payement devra s'effectuer à e que la liquidation des différentes oréanoes. sera e; à commencer par l'arriéré des ^départemena | W ; en retard y les effets suspendus | I4 partie actuellesliquide des charges et offices y et ainsi de suite ^

l'ordre et Vévpit qui seront dres^ à cet èfkU Qu'on s'odcups iitc«s6ainiû6nt dé là fabriicatiôn dé assignats au* dessous dé 200 livres*; pour la somme

o36 OCUTRES ORATOIIIES

totale Je cent cinquante millions, dont cinquante seront ëchaugëa à commencer du i5 décembre prochain, contre la même valeur d^assignats actuplleuient en circulation} et le reste des petits assignats sera distribué ponrk pijr* ment des diverses créances , et réparti sur toute rétendui de ce payement.

3^. QuVi la susdite époque du i5 décembre procbaini IHutérét attaché aux quatre cents millions d*as8Îgnat8l^ tuels, cessera d^avoir lien, et que Pintérét échu jniqnV ' lors soit acquitté par la caisse de Pextraordinaire tai porteurs de ces billets, dont les coupons seront retrancha*

4^. Que la Tente de la totalité des domaines nati<»iaiUy soît incessamment ouverte , et que les enchères en soisnl rerues dans tous les districts.

5^. Que les assignats et Pargent soient admis égab* ment en payement pour Tacquisition desdits domaincii et que Pargent qui sera reçu serve à' éteindra une comiM égale d^assignats.

6**. Que le comité des finances soit chargé de ArMW une instruction et un projet de décret , pour GoBU en différentes opérations , et les mettre en activité le plfli tôt possible ; comme aussi de présenter à TassembUe n* tionale le plan de formation d^unbnrean particiditrf chargé de la direction de tout ce qui concerna laïUu» publique.

28 Septembre.

On demande la clôtnre de la discussion , M» le Bna rf oppose au nom do comité des finances , voulant fiiire coasiita* les réclamations des départemens.

Jb ferai deux observations sur lepeu de mots profiM par M. le Brun ; Pune ne tend qu^à Pédaircisseiiicnl à\in fait , si , contre mon avis , il est de quelque intéitt; 1

une est une observation d'ordre souverainement imortante. La première est que plusieurs de mes collègues easent que le comité des finances n'a pas délibéré sur i démarche de M. le Brun ; et que quand le comité a lit son rapport y et que la question est lancée j il n'a las de droit à être entendu. L'observation infiniment las essentielle , c'est qu'il est extrêmement inconvenant e venir apporter à cette tribune y sur une question qui lous est soumise y les réclamations des départemens et les municipalités. ( Applaudissemens et murmures, ) Je de- Daiide à être entendu jusqu'au bout ; car je déclare que uon opinion à cet égard est tellement prononcée y que^ tma réprimande est déplacée , je dois être sévèrement 'éprimandé.

Je dis donc qu'il est très scandaleux y très coupable an noment oà il s'agit de fermer une discussion importante^ k venir lancer , comme le Farthe en fuyant | le vœu des lirectoires et des municipalités. Quant au bruit des ap* ilaudissemens unanimes de cette assemblée... Quand, 1 y a peu de jours, l'assemblée, sur une observation de •e genr» échappée au zèle d'un de ses membres, eut a bonté de couvrir de ses applaudissemens l'observation, |ue si de telles interventions étaient permises le gouveroement représentatif était renversé, et la monarchie détruite. ••. ( On applaudit de tous côtés. )

Il est très permis , il est très simple d'avoir deux opiliions sur une question d'économie politique aussi importante ; mais il n'est pas peimis de mettre des intermédiaires entre nous et la nation : il ne l'est pas d'avoir la mauvaise foi de donner les neuf personnes qui com^ posent un directoire comme l'écho du département ; il de l'est pas que ceux qui nous ont accusés de vouloir iiue république fédérative viennent soutenir par leurs ;ria une opinion qui ferait au mêine instant du royaume

238 CTCUVBES ORATOIRBS

une répuhlique fédétailif 9 {applaudissememê)] c« u^est pa» aux corps admiDÛtratifs , dans les mains dvtqnels sont en ce moment les biens nationaux ^ à donner leur afis sur les dispositions des biens nationaux ; ce n^est pas à ceux qui ont d& remarquer que^ parle pur respect que nous devons aux principes du gouvernement représentatif^nous n^ayons pas montré le vœu de la ville de Fsrif | sur qui pèserait davantage cette opération par la natare de son commerce et de ses richesses , à venir appuyer Pétrange proposition qui vous est faite. Dana leur imprudence ils n^ont pas voulu voir notre sage réserve , et nous ont accusés de payer les applaudissemens des tribonei; expressions gratuitement insolentes* {ApplaudiêSêmtMiB) Ce n^est pas à eux h. venir élever contre nous des maximei destructives de la constitution j dont noua STons aosn j>osé quelques bases. Qu^ils croient que le feu sacré da la constitution est aussi bien dans nos faibles mains qus dans leurs mains si pures. ( M. Virieu rappelle r<^nflnt & la question. ) M. le président, je suis fâché qnW s'aperçoive si tard de la suite inévitable d'une motiov antti imprudente ; moi, je consens , par la confianceHdans la cause que je défends ; je consens à finir en assurant nos adversaires que nous savons qu^il est également conprii dans notre serment de défendre la constitution contie ses ennemis cachés | et contre ses faux et insidieux amif-

La discussion fermée, on adopte le décret snivanU

U assemblée nationale décrite que la dette non eonstàtté^ de Fétat et celle du ci-devant clergé , seront remboursées ^ ssi* vant P ordre qui sera indiqué ^ en assignats^monnaiê tant intérêts ; // n*y aura pas en circulation au delà de datas cents millions if assignats y y compris les quatrp cents mUUoÊ» déjà décrétés ; les assignats qui entreront dans la caitte et l'extraordinaire seront brûlés , et il ne pourra en être ftU

DE MIRABEAir. 2l3^

J*ttne nouvelle fabrication son^ un décret du corps législatifs sous la condition qu^ils ne puissent excé4er l^ valeur des biens nationaux , ni se tfouyer au-^dessus de iiouze cents millions en circulation.

Adresses des chambres et communautés de commeircç ^es difiërentes Tilles du royaume; les unes ont pour objet de presser rémission des assignats, les autres croient cette mesure désastreuse , et prient rassemblée de ne pas Padopter.

BiIbs5ibub.s y il est érident qu9 puisquHI nous arrive de divers endroits ^ et souvent des mêmes , des rœux contradictoires; il est évident , dis-je^ que Popinion publique , puisqu^on appelle ainsi des vœux particuliers^ n'est point encore parfaitement formée. Dans une question aussi importante^ il faut se décider par la puissance des raisons y et non par le nombre des autorités ; naoi , qui suis aussi porteur d'une foule de pétitions des plus grandes manufactures du royaume , je demande qu« PassemUée déclare qu'elle ne prendra aucune décision avant le 17 du courant ( on applaudit) ; s'il plaisait à l'assemblée de prononcer ainsi ^ je demande néanmoins que la discussion soit continuée. Je prierai aussi Vsm^ semblée de m'accorder la faveur de répliquer à mon tour à tontes les objections qui ont été faites ; je prends l'engagement de n'en omettre aucune, non-seulement de celles qui ont été posées dans l'assemblée ^ mais dans tontes les sociétés et dans tous les pamphlets.

On veut opposer Mirabeau à lui-même , en citant un passage fine première opinion.

Si je suis en contradiction avec moi-même | ce sera

•ans doute pour le préopinant une jouissance que de le

. manifester ; jouissance d'autant plus délicieuse, qu'on

2^0 QBUTABS ORATOIRES

a souTent cherclié à ni^y trouver , et que fi par malheur cela m^arrive j ce sera pour la première fois. On nous parle de grands hommes , on nuus parle de Smith, qui n^a jamais raisonné sur un papier qui avait une hypothèque disponible. ( On applaudit, )

Le préopinant a supposé que rassemblée avait consulté les chambres du commerce ; effectivement cette proposition lui a été faite ^ mais elle a décidé quMnY avait lieu à délibérer. Ce fait est donc faux. Quanti la demande que paranalogie il déduisait , c'est-à-dire j qn^il fallait consulter les départemens^ ce serait seulement 11 subversion entière de toute législation. Nous voulons dcf lumières j des lumières pétitionnaires | des lumièresindividucUes ; mais nous ne devons pas vouloir , nous ne voulons pas des lois ; la proposition de M. Landine tendrait à intervertir les saines idées de toute législation nationale y ce serait un contrôle sur le seul et lé^time représentant du souverain. En un mot, car je mehita de finir I attendu que le préopinant me fait aignequ^l retire sa motion y je demande qu^il soit décUré qne Vtfsemblée ne prendra aucun parti avant le 17^ ni plus uA que le a4«

DE MIRABEAir. a^H^X

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