‹ ŒuvresChapitre 14 sur 37 · ASSIGNATS · texte numérisé non relu

ASSIGNATS

8 Octobre.

iBSSiEuaS} il ne suffît pas d^avoîr arrêté la créance buit cents millions d'assignats-monnaie pour sub^ ir au payement de la dette exigible j nous devons >re yeiller à ce que cette fabrication soit exécutée de lière que la contrefaçon en devienne impossible , ou sment difficile qu^elle rebute tout contrefacteur. Noos ons aussi faire en sorte que cette monnaie soit comle et solide ; nous devons en£n nous efforcer que sa rication s'exécute avec le plus d'économie possible, deux premiers objets , tenant au mode d'assignat y se fondent; j'en parlerai conjointement.

1 faut considérer dans les assignats-monnaie le papier 'impression ; on ne saurait donner trop d'attention choix du papier qui doit servir à leur faibrication.; it artiste éclairé et de bonne foi vous dira qu'un on de gravure quelconque s'imite^ ou très imparfailent y ou tout au moins de manière à tromper une ;ntion superficielle et les personnes qui n'ont pas ez de connaissance de l'art pour saisir les incorrecis de la copie. Il n'en est pas de même du papier : te matière est très difficile à imiter ^ et l'on distingue papiers de tgutes les manufactures. C'est donc à la rication du papier des assignats-monnaie qu'il faut gulièrement s'attacher pour lui donner le degré de

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e^r^, ti]", p'&r.ag^ Te ^^imonJa comité de M. RevoBa*

On a cru ^ju« l'on empêcherait la contieGifoii it c/>lordnt 1^ papier : c*e3t une de ccserreais nomlmaiil ilan% levq utiles fvnt tomber les premiers aperçut ^ (l';rni«connaisseurs. Le papier le plus blanc ^ on tootlt nioins le plus transparent ^ est celui dont on aperosnii le piiis tôt la contrefaçon. Croyez que je ne TOilsdiNM^ ici que le résultat des obserTations les moins contaUAi d«:% gen« de Tart*

lia gravure de vos assignats peut annoncer le tdart

DB MIRABEAtr. ^43

e Tartiste; mais elle vous garantira mal de Pimpossi-'' tlit^ de l'imiter. Je vais plus loin ^ plus vous surchar* )arez vos assignats de décorations et de bariolages^ moins l sera facile de s'apercevoir de la fraude ; il faut qu^ellé unisse frapper Pœil le moins expert ; il faut qu^à la iremière inspection du papier et de Pimpression, la M>nlrefaçon saisisse les yeux les moins exercés. Or ^ îomment m'apercevrais-je que sur deux mille traits il m manque »n 1 Que votre assignat soit donc très simple ^ mais e^écute3-le dans le dernier degré de perfection^ i|fin qoe sa beauté soit en quelque sorte de niveau avec Im connaissances de tout le monde ^ puisque c^est pour liut le monde que l'assignat est destiné j et cependant Uicorrection des planches rebute Pouvrier peu intelligent: se nVst jamais Thomme d'un grand talent qui essaie i'étro un fripon heureux. Yoilà pour la fabrication dei» Misigpats ; voici pour l'économie qui doit y présider. C'est ime chose bien étrange, mais bien remarquable^ |f}^à mesure que vous expulsez un vice de Pancien régime y on le voit se représenter par quelque issue nonrelie. Nous n'avons cessé de nous plaindre du gaspillage iee finances et on les gaspille encore ; j^en pourrais doit" lier mille preuves ; mais je ne parlerai que de vos derniers assignats. Je commencerai sur cet objet par le 4^tail le moins important , et cependant vous serez fort 4loiinés f sans doute, qu'un ouvrier qui n'a peut-être jaanais gagné un louis par jour^gagne aujourd'hui 285 liv.^ Oniy a85 liv. par jour , et qu'il soit au moment de gagner SffO livres dans sa journée , et dans une année à peti iprèa un million. Le calcul le plus simple va vous en donner la preuve. On donne à M. Aze | imprimeur en teille -douce , ^livres par cent de feuilles d'assignats. Si. Aze fait exécuter l'ouvrage par des ouvriers auxquels H donne 3 livres du cent* M. Aze emploie trente ou-

a4i o:;uvRES oratoires

y riers ; cliaquo ouvrier reiid de deux cents k trois centi assignats par jour. Conséqiienmient les trente ouvriers font au moins huit mille deux cent cinquante asaîgnati dans un jour«( Ils doivent même en fournir dix mille ^ piiisqu^on en met dix mille par jour dans le commerce. ) Les huit mille deux centciuquunte assignats k 3 liv. A^ profit pour M. A/.e , lui valent aSâ liv. ; ainsi M.Âso gagne par jour 285 livres.

Si M. Aze est chargé de ^impression des ncmveanx

assiguatS) il sera forcé de doubler ses ouvriers^ ce qni

doublera &ou profit; aiusi il guguera 670 livres par jonr.

Or| voiti la fortune que fera M. Aze: surles laocnnl*

lions d^assigiiats j combinés de manière quHl n^y en

ait 600 mil lions en billets de 10 , 20^ 3o et 100 liv. divisés

également 9 et 600 millions de 200 ^ 3oo et 1000 livreSy

divisés aussi également , ils exigeront 18 millioni 9t6

mille 667 billets qui, à raison de 6 liv. lecent|CoA*

toront un million i32 mille livres, et procureront i

M. Aze, tous les ouvriers payés, nnesomme de566milb

livres. Le gain de M. Aze iiVstpas le pi us considérable')

puisqu^on ne pourrait économiser, sur cette ptrtie,

que 566 mille livres. Les frais vraiment énormes sort

ceux de gravure, qui se portent , pour chaque assignat)

à 6 sols au moins. On donne à M. Saint -Aubin jo

louis pour une planche d^assignatsjelle encontientdeidu

On ne peut tirer au plus que deux mille exeniplairei^

chaque planche : donc 4 mille assignats; or | ^tnSk

assignats à 6 sols , font bion les 1200 livresqn^on donSB

à M. Saint- Aubin : et cVst ici le cas de demander encoie

une fois , à quoi sert le luxe de ces billets ? JVn atterii

tous les artistes , rien ii^esi si facile à imiter que TOI

assignats existans. Ces assignats sont d^autaniplus&cilii

à contrefaire, et il sera d^autant plus difficile à proofir

la contrefaçon , que ne pouvant tirer d'une piancbo f

de' ^IRABBAir. i0

deux mille assignats semblables, il y aura autant d^assignats dissemblables- que de renouvellement de planches : car il est impossible que deux planches gravées soient rigoureusement ^ parfaitement semblables. Ce luxe de nos assignats ne profite donc qu^à M. de Saint- Aubin dont il fait la fortune , mais aussi dont il engourdit et enfouit les talens ; ce qui est très préjudiciable aux arts.

H. Montesqnion fait observer que cela n^est pas exactement tiai f et quMl n'en coûte pas lOO mille francs pour la fabrication, des laoo millions d'assignats.

MlHABBAU y

J'ai puisé ces détails dans les ateliers de MM. Aze et Saint-Aubin. Je suis autorisé à vous proposer un autre mode d^assignats j dont voici les avantages :

1^. On assure que vos assignats vous coûtent lo sols pièce ; ceux que j^indique ne coûteront que 3 sols y c'està-dire I moitié moins des seuls frais de gravure 5 ainsi il j aura au moins 7 sols d^économie. Sur la valeur de 18 millions y il vous en coûtera 6^ 60 3 ^334 livres de moins ; car 18^866,667 billets à 10 sols , coûteraient ^94^3,333 livres, tandis qu^à 3 sols , ils ne coûteraient que 2,82^,6^ livres j donc il y aurait un bénéfice clair de 6,603,334 livres qui serviront plus utilement à la liquidation de la ^tte de Tétat qu^à Tembellissement des assignats. .

a^. Vos assignats seront sur un papier dont il sera plus facile de reconnaître la falsification , et Pimpression li?en sera pas moins soignée ; mais il n^ entrera point de cet art qui ne peut séduire que les esprits superficiels^ «telle aura ce degré de perfection quUl sera facile à' tout le monde de saisir , et qui est le plus difficile à imiter.

246 OEUVRES ORATOIBE8

3**. Tous les dessins et caractères seront rigoureusement de la plus parfaite égalité et ressemblance^ eusiies» vous 100 milliards de billets ; perfection à laquelle no peuvent atteindre vos assignats actuels | qui varient dt précision j non -seulement à chaque plancbe f mais deux fois sur la niâme planche.

4°. La nouvelle méthode d^impression des assignats

rendra rémission à volonté ^ 20 ^ 3o et 100 fois pins se*

tive^ c^est-à-dire y qu^au lieu de 8 ù j^oo mille assigoiti

que Ton fabrique en un jour y on en fabriquera aoo milky

sHl le faut; et comme les petits assignats deviennent tièi

importans en ce moment, afin d'écraser la vente d'a^

gent^ on peut fabriquer en un mois ce qu^il £iutpoBr

Paris j et en six semaines ce quUl en faut pour la Fiance.

Votre fabrication d^assignats-monnaie, puisqu^ilsiont

monnaie ^ devrait sans doute être classée sous la dîrsction

du régime des monnaies ; mais j^en connais la ^t^ffflr^*^

Le plus encombré des régimes n'est pas encore déUsjé)

c'est une tâche dont j'essaierai de partager le fincdesn;

J'espère j avant peu , mettre à la portée des bons e^pAïf

et soustraire au charlatanisme des gens dn métier iCNH

science qu'on a tant cherché à obscurcir. J^eepifeaisii-

trer combien elle est intéressante ^ peu connue ^ ou vkM

absolument ignorée , et de ceux qui régissent oette sA*

ministration , et de ce tribunal que vous avas suppitt'

avec beaucoup de sagesse ; mais en attendant je fié*

aenterai quelques observations sur les mesures fnm*

solres à £aire marcher de front 9 avec l'émission des si*

signats.

Nous ne devons ipas oublier que le bien qne vM attendons exige une émission d'une antre nature^ cdb de la petite monnaie , dont la disette se frit eetttirplsi que jamais. Nous avons besoin de pièces de 041 iaet6 sols; mais 9 d'un côté^ continuerons -nous à les frbriqoer

JL.J.

d'un arg9nt anaai pur ; ^t de Pautre , ne serait-^ pas plus ayantageux de les avoir de 20^ 10 et 5 sols ? Quant au titre , sans doute îl fj^Ht qu'une pièce ail la quantité d>argent que sa valeur indique ; mais à cette quantité dW# grat, on peut joindre quelqu'alliage^ et voici le doubW avantage qui en résultera : i^« le cuivre ajouté à Targent rendra le métal plus dur | et conséquemment plus diffî« cite à être effacé par la circulation très vive de la petite monnaie; 2^. s'il entre dans la petite mopnaie autant de cairre que d'argent^ la matière qui se perdra par les finds des espèces sera d'une moindre valeur que si elle éttfit à un titre plus fin. C'est une des causes de la déper^ dition du aiétal ^ à laquelle on ne fait pas assez ^a"^ tmition*

Nous sommes obligés de faire venir l'argent de Pétran* ger ; il est de notre intérêt de veiller à ce qu'une perte inJîiscrète ne nous force pas à en faire un achat plus coneîdfoaUe ^ et ne nous diminue pas la matière qui reste pôBT les ateliers d'industrie. Je dis ensuite qu'il est plus eommiede pour le commerce ( et tont le monde en conifîeBt ) y qae notre monnaie présente le nombre denaire : ainsi ^ des pièces d'or ^ de 5o , de 20 et 10 livres \ de la petite monnaie de 29 ^ 10 ^ 5 et 2 sols ^ sont leis monnaies qu'il faut adopter.

Or y comme il est important que la petite monnaie concoure avec les assignats , je conclus, i^. à ce que l'on fiibrique , sans délai , une quantité considérable de monnaie de cuivre , * et que l'on supprime ensuite toute la monnaie de billon , et que l'on remplacera sans perte pour le public^ par la nouvelle monnaie de cuivre y avec la précaution de déclarer ^ pour réprimer les faux-monnayeurs , soit étrangers 9 soit régnicoles | qu'attendu l'ancienneté de la dernière fabrication de^ billon ^ toute

a48 OEUVRES ORATOIRES

pièce nouvelle y par cela seul ëyideniineiift fimsie ^ sera soustraite et non échangée.

a°. A ce qu^on fabrique de la petite monnaie de ao^ lO) 5 et a sols, au titre de 6 deniers, avec un remède de deux grains au plus ; que pour cette fabrication on emploie toutes les pièces d^argent dont Pempreinte est eliacée ; et lorsque la totalité de cette fabrication sent finie, que Pancienne petite monnaie, remplacée sans perte pour le public, soit décriée par une proclamation.

3°. Que huit bureaux soient ouverts à Paris pour rechange des assignats ; on n'y échangera en espèctf que les billets de la dernière somme décrétée pour kt plus petits assignats : que les changeurs donnent antion pour les sommes qui leur seront confiées. Avec oit arrangement si simple , tous verrez dans moins ^ trois mois ces bureaux deviendront inutiles } car l'argent rs* prendra sa circulation. Il résultera , je Pespère y de mon plan , et j'en fais mon compliment de condolétnos à ceux qui poursuivent avec tant d'acharnement les assignats 3 il en résultera , dis-je ,* que l'échange en 8^ tdi facile , et j'annonce une bonne nouvelle à tons les bofli citoyens.

DE MI&ABEÀtr. !l49

•miON ET DISCOURS DE L'ORATEUR SUR LES DROITS DES RENTIERS.

1790. —9 Août.

\n propose de soumettre les rentes à un emprunt*

WiBSSiEuns 9 on ne peut , sans attenter à la foi des en. emenS) lever le plus léger tribut sur les rentes an« mes j ni en imposer sur les nouvelles » sans rehausser intérêts et commettre une grande faute en finance. Je lande que la proposition des retenues soit , à cause de aute importance^ traitée à part y et discutée avec d'au* t plus de maturité y que de son résultat dépendent nsivenient Thonneur et le crédit national.

24 Octobre.

»n fait la motion d^établir une contribution sur les rentes étuelles et viagères.

IsssiBuns, si je parais à la tribune ^ au sujet de la position qui vous a été faite iPimposer les rentes dues Pétat y ce n'est pas que je me flatte d'y porter des tés nouvelles pour vous. Il est peu de réflexions fonlentales sur cette matière qui ne vous aient été prêtées en différens temps. Je veux seulement les rappeler otre esprit : réunies en un faisceau^ elles en seront I lumineuses e^t plus sensibles 3 et vous vous étonnerez t-être qu'on reproduise encore une proposition y je ne i pas si souvent écartée par cette assemblée^ mais nassée tant de fois avçc toute Vénergie de sa vertu et la justice.

Ions travaillons à un système général d^ impositions^

25o ORUVHES ORATOIRES

nous cherchons à les répartir convenablement sur bf Jiverses classes des propriétaires ; et quelques membrei ont saisi cette circonstance pour traduire de nonréaa de* Tant vous un ordre particulier de créanciers puMia^ comme devant snbir^ dans leurs créances, cet impôtdont TOUS discutiez les bases. Or^ Messieurs y je pense qn^ y a dans cette opinion de grandes erreurs , iles emmi funestes , telles j en un mot , que j pour l'honiiear i» cette assemblée, de sa morale et de ses principes^ oiiia peut les dévoiler avec trop de soin»

La nation peut être envisagée ici sous deux rapporti qui sont absolument étrangers Pun à Tantre* GanM souveraine, elle règle les impositions ^ elle les prison' y et les étend sur tons les sujets de Tempire} comaiiAU' trice, elle a un compte exact à rendre à ses créiaiidin| et ses obligations à cet <^gard ne différent point dscA de tout débiteur particulier. Cependant nous vo JOUI îâ qu^on abuse de cette double qualité réunie dans la natioi: d'un câté^ elle doit; de Pautre^ elle impose^ilapsn commode et facile qu'elle imposât ce qu'ella diiît.lGil il ne s'ensuit pas de ce qu'une chose est à notre porfity de ce qu'elle est aisée à exécuter, qu'elle Séitfi vcnable. Souvent m^me , cette facilité ne fiwt l'injustice d'autant plus choquante; et ^m% le cas dont il s'agit.

Les rentiers , au lieu de nous confier h en auraient pu faire toute autre diapoisLlBon; liMi à des entreprises, les prêter à des nuumfiioknriara^ commerçans , les placer dans des fonds ittÊmgÊKMfi les employer de manière qu'ils n'evsient é\é aucune réduction. Mais leurs propriétaires se» notre gouvernement ; ils mettent leur fortuisi mains, à des conditions déterminées; et pour osiài que nous en sommes les dépositaires, on vent ^oe

i»S MIRABEAIT. â5l

msdctïette circonstance pour en retenir ime partie VlOVDl <r imposition !•». m %

'est pas sous cette réserve ^ Messieurs ^ que ces ca* ont été confiés à la naûon ; je dis la nation ^ poisn y lors de ces emprunts y le gouvernement était représentant qu^elle eût pour gérer ses affaires, et nation s^est chargée ensuite ^ sans restriction , de les parties de la dette publique» Quand les créan« Dt aliéné leurs fonds dans Pacquisition des rentes j ^ères y soit perpétuelles^ ça été sous des conditions ont regardées comme inviolables. Or, une de ces (res conditions , c^est tp^en aucun cas^ pour aucune il ne serait fait de retenue sur ces rentes* Lises Lres patentes de leurs constitutioas , vous y verres •romesse former une des bases du contrat et se ré- Pédits en édits. Sans cette condition , ce contrai lerait pas; les préteurs n'auraient pas fait uno Ltion si casuelle de leurs capitanz} tm pour qu'ils snt faite, il aurait fallu leur proposer à d'autres } de meilleures conditicms, qui eussent racheté cet ttissement à la retenue*

ziste à ce sujet un fait remarquable : c'est que la générale qui exempte de retenue la somme prêtée , été omise une ou deux fois^lors de la publication . lits d'emprunt , il a fallu la rétablir par un arrêt \ du conseil , pour que l'emprunt ait pu s'effectuer, vous propose donc d'imposer des rentes , qui n^exis' x>nime quelqu'un l'a déjà dit, que parce qu'elles ont clarées non^imposables.lEàxAu^erxïve contractans de 3 foi , les engagemens se remplissent selon les s dans lesquels ils ont été formés ; quand l'un des ictans s'y refuse , la loi le force , à moins que ce actant lui-même ne fasse la. loi : ^lors c'est Topipublique qui le juge, et la réputation de tyrannie

34i 0!SUTRBS ORATOXasS

yriers; chaque oiiTrier rend de deux cenU à trois cent! assignats par jour. Coiiséquemment l«ss trente ouvriers font au moins huit mille deux cent cinquante asMgnttt dans un jour.( Ils doivent même en fournir dix nnUey puisqu^on en met dix mille par jour dans le coniAierce.') Les huit mille deux cent cinquante assignats à 3 lÎT, iê profit pour M. Aze , lui valent a85 liy. ; ainsi M. Ase gagne par jour 285 livres.

Si M. Aze est chargé de Pimpression des noaffanx assignats } il sera forcé de doubler ses ouvriers^ ca (pli ' doublera sou profit; ainsi il gagnera 670 livres par jonr. Or, voiti la fortune que fora M. Aze: sur les laoo millions d'assignats j combinés de manière qn^il n^J en ait 600 millious en billets de 10 , 20;3o et 100 liv. divisés également y et 600 millions de 200, 3oo et 1000 livres^ ^ divisés aussi également , ils exigeront 18 millions M mille 667 billets qui , à raison de 6 liv. le cent | cùt^ teront un million 182 mille livres, et procureront à M. Aze, tous les ouvriers payés, nnesomme de566milb livres. Le gain de M. Aze nVstpasIeplusconsidérabbi puisqu^on ne pourrait économiser ^ sur cette partie^ que 566 mille livres. Les frais vraiment énormes sont ceux de gravure, qui se portent , pour chaque assignat) à 6 sols au moins. On donne à M. Saint- Aubin So louis pour une planche d^assignats ; elle en contientdenit On ne peut tirer au plus que deux mille ezeniplairti ^ chaque planche : donc 4 mille assignats ; or | 4 ^^ assignats à 6 sols , font bien les laoo livresqn^on dom» à M. Saint-Aubin : et c^est ici le cas de demander encoff une fois , à quoi sert le luxe de ces billets ? JVn att64* tous les artistes , rien ii^est si facile à imiter que Ttf assignats existans. Ces assignats sont d'autant p lus £ibilÉi à contrefaire, et il sera d'autant plus difficile à prouilf la contrefaçon , que ne pouvant tirer d'une planche ^

de' ilIRABEAir. i45

èeux mille assignats semblables, il y aura autant d^assignats dissemblables- que de renouvellement de planches : car il est impossible que deux planches gravées soient rigoureusement j parfaitement semblables. Ce luxe de nos assignats ne profite donc qu^à M. de Saint- Aubin dont il fait la fortune , mais aussi dont il engourdit et enfouit les talens j ce qui est très préjudiciable aux aits.

M» Montesquion fait observer que cela n^est pas exactement vnd 9 et qu^il n'en coûte pas ico mille francs pour la fabricatioa des I200 millions dVssignats.

Ml&ABBAU ^

J^ai puisé ces détails dans les ateliers de MM. Aze et Saint-Aubin. Je suis autorisé à vous proposer un autre mode d^assignats , dont voici les avantages :

1°. On assure que vos assignats vous coûtent lo sols pièce ; ceux que jHndique ne coûteront que 3 sols j c^està-dire j moitié moins des seuls frais de gravure ; ainsi il j aura au moius y sols dMconomie. Sur la valeur de i8 millions, ilvous en coûtera 6^6o39334livres de moins j car 18,866,667 billets à 10 sols, coûteraient <^,433,333 livres, tandis qu^à 3 sols, ils ne coûteraient que 2,829,699 livres; donc il y aurait un bénéfice clair de 6,6o3,334 livres qui serviront plus utilement à la liquidation de la dette de Pétat qu^à Tembellissemenl des assignats. .

d**. Vos assignats seront sur un papier dont il sera plus facile de reconnaître la falsification , et Timpression l&*en sera pas moins soignée 3 mais il n^ entrera point de cet art qui ne peut séduire que les esprits superficielsif «t elle aura ce degré de perfection quUl sera facile à' tout le monde de saisir , et qui est le plus difficile à imiter.

3^. Tous les dessins et caractères seront rigoureuic* xnent de la plus parfaite égalité et ressemblance^ eussie» vous loo milliards de billets ; perfection à laquelle ne peuvent atteindre vos assignats actuels ^ qui varient d» précision y non -seulement k chaque plancbe p mais deux fois sur la même planche.

4^. La nouvelle méthode d^impression des assi^ts rendra rémission à volonté ^ 20 ^ 3o et 100 fois plusse* live^ c^est-à-dire, qu^au lieu de 8 à 900 mille assignats que Ton fabrique en un jour , on en fabriquera aoo miUei a^il le fa 11 13 et comme les petits assignats deviennent tiii importans en ce moment , afin d'écraser la vente d'ir* gent , on peut fabriquer en un mois ce qu^il £iut peu Paris y et en six semaines ce qu^il en faut pour la France*

Votre fabrication d^assignats-monnaie^ puisqVilBSont monnaie y devrait sans doute être classée sous ht dsrectioD du régime des monnaies ; mais j Vn connais la ^tiffir*»^ Le plus encombré des régimes n'est pas encore déUa]fé) c'est une tâche dont j'essaierai de partager le £ndeaa; J'espère , avant peu j mettre à la portée des bons e^iilif et soustraire au charlatanisme des gens du métier ^ «M» science qu'on a tant cherché à obscurcir. J'espèfe Sisatrer combien elle est intéressante ^ peu connue | en Allai absolument ignorée j et de ceux qui régissent cette administration y et de ce tribunal que vous avez éuffùti avec beaucoup de sagesse ; mais en attendant je frisenterai quelques observations sur les mesuras ffm* soires à faire marcher de front y avec l'émission dei si* signats.

Nous ne devons «pas oublier que le bien que neni attendons exige une émission d'une antre nature^ oA de la petite monnaie, dont la disette se fiiit setnirplil que jamais. Nous avons besoin de pièces de 214) ift.M^ sols; mais } d'un côté^ continuerons -nous à les fiibrifiur

DB MIRABBAfT. %i^J

d'un arg0Qt aiiadi pnF ; ^fc da Pautre , ne sef ait^H pas plus •Tantageuz de les avoir de 20> lo et 5 sols ? Qnant au titre y sfms doute il fjSHt qu'une pièce ait la quantité dWgeat que sa valeur indique ; mais à cette quantité dW* gent, €sn peut joindre quelqu'alliage^ et voici le donbl# avantage qui en résultera : i^. le cuivre ajouté à Pargent rendra le métal plus dur ^ et conséquemment plus diffi* cile à être effacé par la circulation très yiye de la petite monnaie ; 2^. s'il entre dans la petite monnaie autant de enirre que d'argent^ la matière qui se perdra par les frais des espèces sera d'une moindre yaleur que si elle était à un titre plus fin. C'est une des causes de la d^per^ dition du métal ^ à laquelle on ne fait pas assez d'at- Imttoii*

' Nous sommes obligés de faire Tenir Pargent de l'étran* gnr ; il est de notre intérêt de veiller à ce qu'une perte Îv4îacrète ne nous force pas à en faire un aebat plus conflîdéraUe ^ et ne nous diminue pas la matière qui reste ponr les ateliers il'industrie. Je dis ensuite qiu'il est plus eomaiede pour le commerce ( et tout le monde en coniFÎeiit ) y qBe notre monnaie présente le nombre denaire : ainsi ^ des pièces d'or , de 5o , de 20 et 10 livres j de la petite monnaie de 20 , 10 , 5 et 2 sols ^ sont les monnaies qu^il faut adopter.

Or y comme il est important que la petite monnaie concoure avec les assignats , je conclus, i^. à ce que l'on fiibrique , sans délai , une quantité considérable de monnaie de cuivre , et que l'on supprime ensuite toute la monnaie de billon ^ et que l'on remplacera sans perte pour le public, par la nouvelle monnaie de cuivre ^ ayec la précaution de déclarer , pour réprimer les faux-monnayeurs , soit étrangers , soit régnicoles ^ qu'attendu l'ancienneté de la dernière fabrication de^ billon^ toute

a48 OEUVRES ORATOIRES

pièce nouvelle 9 par cela seul ëyidemineiift fimsiei aéra soustraite et non échangée.

a°. A ce qu^on fabrique de la petite monnaie de so, lO) 5 et a sols y au titre de 6 deniers ^ avec un remède de deux grains au plus ; que pour cette fabrication on emploie toutes les pièces d^argent dont Pempreinte est eliacée ; et lorsque la totalité de cette fabrication sera finie, que Pancienne petite monnaie , remplacée snu perte pour le public , soit décriée par une proclamatioii-

3^« Que huit bureaux soient ouverts à Paris pour rechange des assignats ; on n'y échangera en espèctf que les billets de la dernière somme décrétée pour kl plus petits assignats : que les changeurs donnent astion pour les sommes qui leur seront confiées. Avec oit arrangement si simple , tous verrez dans moins ^ trois mois ces bureaux deviendront inutiles j car l'argutieprendra sa circulation. Il résultera , je Tespère | de mon plan, et j'en fais mon compliment de condolétnoeà ceux qui poursuivent avec tant d'acharnement les assignats 3 il en résultera , dis-je y que l'échange en s^ tdi facile y et j'annonce une bonne nouvelle à tons les boflS citoyens.

DE MI&ABEÀtr. 2,J^^

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