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DISCOURS SUR LA CONSTITUTION

MONÉTAIRE c*;.

12 Décembre.

Messieurs, Je vais exposer la doctrine iM[OKÉTAiB.m elle que je l'ai conçue.

Cette matière est extrêmement importante. TTon-seuaent la théorie de Tait monétaire est une des premières lases de la science des finances ^ ce ressort principal le la prospérité des empires ^ mais elle a des rapports ntimes avec la politique de toutes les nations qui sem'> >lent unies par ce lien commun , pour montrer que les > ^uplades éparses sur le globe ne peuvent jamais cesser l'être une famille de frères destinée à s'entraimer y à ^1ider mutuellement dans la jouissance des droits iin- >rescriptibles de leur nature.

La véritable doctrine monétaire unit toutes les nations.

Une monnaie loyale est le signe de tout ce qui peut ^ vendre; mais tout ce qui peut se vendre ne croit >s , n'est pas produit aux mêmes lieux. Dans les admiibles combinaisons de son système, l'auteur de tout ' c|ui existe a permis que des mers pussent séparer les étions \ mais il a défendu à ces mers de les désunir. es hommes ont des besoins si yariès , qu'ils ne peu-

C^) Ce discours ne fîit point prononcé , iliais l'application qui ^ a été faite au système monétaire actuel nous le fait présenter <i08 lecteurs.

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▼eut les satisfaire sans coiiimuiiiquer ensexnUe y et sans être obligés de chercher j niéiiie au loin^ Jes secours niutiiels. Là, 011 dans les entrailles de la tem ni A rit raiiialgaine de Tor et de l'argent ; là un sol stérile se refuse k la production végétale. Là , où le» mines d\)r et d'argent sont en abondance 9 là un sokil dévorant seconde la paresse, appel le le sommeil ^ afiaisse les facultés morales et jdiysiqii'es j chasse Pindustrie et Pactivité ; tandis que sous une zone plus tempérée^ tout ce cjui est nécessaire à la vie j croît avec profn* sioii ; et l'esprit reroit de la nature cette intelligence exquise 9 et surtout cette puissance de méditalion qui lui dérobe des secrets dont Piiomme enrichît l'œuvre Je ses mains.

De CCS diverses productions de la terre et du g^nie^ résulte le commerce le plus variée qui ne peut s'effectuer qu'avec le signe commun , le signe représentatif de tout ce qui peut être vendu , supplément universel; l'échange de celte source intarissable de discorde.

Et ce signe n'est pas seulement un signe co^lxne^ cialj il facilite encore les moyens de maintenir la balance entre les nations; il les contient chacune dan^ les limites que le droit politique a posées; il arrête oa* repousse le bras sanguinaire de?» princes que tourmeste l'amour d'une fausse gloire ; il aiguise l'industrie} il féconde la richesse y il centuple le travail; aveccesigney les forces j le temps j les lieux y le nombre y tout te compense.

Attendez de la saine doctrine monétaire un biend'ane plus grande importance j lorsqu'unie à la liberté ^ C double flambeau éclairera toutes les nations sur leorf' véritables intérêts; alors elles reconnaitront la possiw' lité d'une monnaie universelle et coiUmune j qui ^'\ dépendra ni de la fécondité des mines | ni de ravarica)

DE MIHABBAtr. 297

idu caprice de leurs possesseurs : alors laconfrafernité j op oubliée de Pespèce humaine j s^entrelacera par une rculation plus amiable et plus active dans tous les ipports politiques et commerciaux. Alors on pourra xe de la doctrine monétaire^ ce que l'orateur de Rome sait de la loi : elle est une ^ elle est universelle } elle t la même pour Rome et pour Athènes ; il n^y a rien y ajouter , rien à y retrancher y elle n^a besoin d^au* m commentaire. Puissions-nous voir cette heureuse oque ! et s^il faut un exemple j que ce soit Pempire s Français qui le donne !

Mais pour y parvenir , commençons par simplifier »tre régime monétaire.

Cette tâche est plus longue que difficile : car , Mes- !urs y en examinant sa dégénération , vous verrez se velopper naturellement les vices innombrables qui s'y nt introduits j et le remède se présentera de lui* ême. Il est tout entier dans le retour aux idées natu- Ues.

Je tâcherai de découvrir les principaux abus de Fad-* inistratîon et de la manipulation des monnaies. Pes- !re que Pon m'entendra; car ^e substituerai un idiome telligible à cette langue technique que l'on n'avait îrissée de mots barbares et inusités que pour douer une teinte scientifique à une doctrine très simple. Et dans ce mot doctrine , je comprends la surveillance Qtant que la fabrication des monnaies ; car je ne )nfond8 pas avec ces deux genres d'opération , les conaissances historiques^ métallurgiques, physiques, et loins encore les connaissances politiques qui constilent le véritable monétaire.

Je ne jeterai qu'un coup d'œil rapide sur Porigine : les progrès des monnaies , parce que , s'il est nécestire d'en ezquisser Tbistoire pour faciliter les déduc-

tions ëlëmentaîreSy c'est l'examen du régime actuel qui nous importe, et certes y il ne présente que trop d'oluer* vations et de détails pour fatiguer votre attention.

J'indiquerai les principaux traits de la législation monéuire de llonie , mais de Rome dans la tigueur de sa toute* puissance. Ce sont les lois de cette époque qu'il faut admirer , et non celles qu'ont promulguées lesdispotes de Home asservie et dégénérée.

Dans ce développement sommaire , on Terra le principe fondamental des monnaies assis sur une Imm • immuable ; et il naîtra de lui plusieurs vérités secondaires qui deviendront autant de principes»

J'ai fouillé dans nos décombres scientiques poory trouver quelques lambeaux relatifs à mon suj^et ; et je dois avouer qu'en vous soumettant ce fruit de md recherches , )e ne vous ferai pas un magnifique présent. |

Je vous dirai ensuite comment la cupidité y Vorgaél ) l'ignorance et le démon de la fiscalité ont renversé 1» principe fondamental, et déguisé les vérités secoudsins; comment une desbranches les plus importantes de notre administration a été viciée y ce qui s'en est suivi, et j'étao blirai la possibilité de rendre au système notonétaireson lustre primitif 9 en le ramenant à la simplicité inhérente à son essence.

J'essaierai enfin d'en déterminer les moyens de H* tail. L'examen de notre système monétaire y «ntreprii avec une attention scrupuleuse , a dû produire le projet d'un régime entièrement neuf , ainsi qu'un poufeau code ; j'aurai l'honneur de vous les soumettre.

Tel est ^ Messieurs , le plan du travail ingrat, péoiUef mais utile, pour lequel je demande votre attention.

Première partie. De P origine et du progrès des monnaie»» Je ne vous promènerai pas danscette ré^on do &Uei

]n^ont parcourue Joseph^ Atbéric ^ Boulteroue^ et tant Vautres y pour déterminer Pépoque fixe de Pinventioii it la monnaie et le nom de son inventeur. Je dirai limplement avec Aristote et les lois de Rome y que la monnaie a été inventée pour subvenir aux difficultés nséparables de l'échange.

Avant la conception de Viié& propriété ^ avant que ces Dots lien et mien eussent tracé des limites sur la possesion commune , on n'avait pas besoin d'échanges ; mais es qu'on a pu comparer sa force avec la faiblesse des atres ^ son génie avec la torpeur des autres ; dès que activité de l'esprit eut inventé des besoins factices , et irtout dès qu'ils furent devenus aussi impérieux que 8 besoins les plus réels ^ alors naquit l'échange , simple abord 9 puis compliqué en raison de la diversité des ïsoins.

Je ne pouvais pas échanger avec vous contre des proictions de la terre j qui me manquaient j Parc et le irquois que j'avais à vendre , parce que vous n'en aviez is besoin ; je ne pouvais pas les échanger avec votre »isin , parce qu'il ne possédait pas ce que je cherchais. es échanges éprouvaient donc une foule de difficultés ; ais les plus grandes étaient celles que suscitait la maulise foi y abusant de besoin. De là est née l'invention une mesure commune propre à Pachat de tout ce qui >uvait se .vendre.

"Définition de la monnaie*

Cette mesure a été appelée monnaie : et elle a été dé* aie^ un moyen quelconque qui donne la mesure de iouù qui entre dans le commerce»

Trincipe fondamental* léO. monnaie n^est un moyen quelconque j que* parce

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cjiiVIle est nn signe Je confiance : et ponr dire en pas*" santy cette expresMon qucUonque supposait à toute idée d^iine matière exclusivement propre à la fabrication de la monnaie. Là yirnt échouer Tignorance des docteaif (jin nWiiiettent cpie for et Targent pour moiinaîe ; ili liront pas porté loin leurs n-gards.

A Sparte ils ciiss<mt trouvé une monnaie de fer»*

 Home on ii^a connu pendant 4^4 ^"^ > qu^une monnaie do cuivre.

Qui ne sait' qu^a lors que la séductrice monnaie d*l^ grnt et d^or ^ pAl acheter le consulat et la prétur^, It piévarication et Piguorauce se sont assises dans la chaire curule; que la corruption a gangrené les menibrff-ds corps aduiiuistratify et que Home est disparue pour ne plus lai^se^ que le souvenir de son* ancienne grandeur 7

Les premières monnaies de nos ancêtres les Gaulois^ furent de cuir; et cVst une étimologiccurieuseqiiecella du mot latin pecunia ( monnaie ) , puisqu'il dérive tris prohahlement à*i peca, mot celtique équivalent de bétail i et quHl est singulièrement approprié à la nature de la monnaie faite avec la peau du bétail.

On trouve ailleurs des monnaies de pâte euiffr, decoquilles y d^écorces d^arbrea 3 et tous ces signes monétaitti -viennent à Tappui de ce principe immuable : ipt]K monnaie est un signe de confiance publique y une ma* tière quelconque qui sert de mesure à tout ce qui peut M^.,

"vendre.

Quant au progrès de cette invention , les détails ([^ Von nous a conserves sur les monnaies rormainesy J^ vent donner une idée de ce quis^est pratiqué ailleiin. I

Les premières monnaies romaines consistaient ^ masses de cuivre que Ton pesait. L^embarras de cetli^w pesée fit naître Pidée de donner des masses de mabii**! d^un poids déterminé^ et d'assurer la vérité de cepoi»^'

DS MIRABEAU, 3pl

lar Tempreinte des caractères qu^apposait tin. officier >ublîc : à mesure que le génie des arts a embelH les :hoses humaines j on a donné à la monnaie la beauté lent elle est susceptible ] et bientôt employée à conserver le souvenir des grands» év^uemenset des lois importantes! la monnaie est devenue une collection de monumens historiques et politiques.

Le principe fondamental des monnaies nne fois posé^ considérons la monnaie dans son influence politique. .

Il est impossible que Ton se passe de monnaie ; sans

die, l'agriculture, cette inépuisable nourrice des so-

Àétés humaines y languirait , et Tonne pourrait obtenir

:es expériences qui ne s'acquièrent qu'à l'aide d'ouvriers ju'il faut salarier y de machines qu'il faut faire cons-

:ruira,de procédésqni résultent de mélanges dHngrédiens ]u'il faut acheter. Les manufactures , les arts inécani* |ues ne peuvent triompher des difficultés et rivaliser avec la nature, qu'avec des milliers de moyens et de bras. La stagnation de nos ateliers provenant de la disette du numéraire, est la preuve la plus récente et la moins équi« voque de cette incontestable vérité.

L'or , l'argent et le cuivre sont les métaux les plus universellement adoptés de nos jours pour monnaie , quoiqu'il y ait des pays où l'on se serve encore de coquilles.

Principe corollaire ou première vérité secondaire»

Une erreur presque universelle et très importante ^ns ses conséquences , a placé sur la même ligne ces trois métaux , pour en faire concurremment de la monnaie. Les plus savans monétaires, les raisonneurs les plus exacts conviennent qu'il ne faut se servir que d'un teul métal pour signe monétaire ; et cela est évident , puisque la monnaie est une mesure, et qu'une mesure doit

apoir les m dm es rapports dans toutes ses parties • Or y il est îiii possible de trouver dans Por et dans le cuWre les mêmes rapports quedansPargent. Cest.cette confusion purement artificielle qui a introduit Tétude de la proportion entre Tor et Pargent. Mais^ comme cette proportion varie sans cesse , parce Por^ devenant plosoa moins rare , devient plus on moins cher> on a profita de cette vacillation pour rendre la doctrine monétaire de plus en plus inintelligible , et de cette obscurité | ponr faire des opérations ministérielles très lucratives^ ott plutât des manipulations très frauduleuses.

Que Pon n^induise pas de ces mots j que j'entenJi ! critiquer, comme on Pa déjà fait dans cette assemUfcy In refonte de 1^85^ en ce qui concerne la fabrication et le titre de nos louis. J'ai sous les yeux la pièce la pins authentique qui puisse exister en pareille matière j elle m'a confirmé dans Popinion que les ancioDS Jouis n'étaient pas au iitre, à 3 et 4 trente-deuxièmes près y et je crois à cette vérité , parce que des expériences multipliées faites chez nos voisins ^ et les irréplicables sipi* mens de nos plus habiles monétaires , me Pavaient annoncée.

J^ai dit qu'il ne devait y avoir qu'une matière ponrlt monnaie; en concluons-nous qu'il faille rejeter de le fabrication des espèces , les autres métaux? Non eini doute : on peut choisir l'argent pour mesure monétainj parce que les mines d'argent sont plus abondantes que celles d'or : mais on peut faire usage d^ autres matières foios la facilité du commerce ; du cuivre, par exemple, ponr descendre le signe monétaire au prix de la marchand que ne pourrait atteindre l'argent y lequel, étant dW valeur trop élevée y n'est pas susceptible d'être divisées parties du prix le plus bas y et de conserver en m^e temps un volume suffisant pour envelopper ces partis^

BB MIRABEAU. So3

On pourra se servir d'or poar élever le signe monétaire à Tacquisition des objets de grande valeur et pour la commodité des voyages ; mais ces espèces d^or varieront de prix en raison de Pabontlance ou de la rareté de Por ; elles seront plutôt une marchandise qu^une monnaie ; et Pempreinte servira à rendre authentique }a vérité du litre et du poids | et non à assurer la valeur fixe et invajîable de Pespèce : V argent peut donc devenir et être ap' pelé monnaie constitutionnelle y tandis que Por et le cuivre ne donneront qu^itie monnaie qi^on peut appeler sigme secondaire ou additionnel»

Il est possible enfin d^imaginer tel signe monétaire qoi| sans renfermer une valeur variable, une valeur intrinsèque 9 inhérente à sa matière j aura , au contraire , une valeur fixe, immuable, et réellement adhérente au moyen du gage extérieur qui lui sera hypothéqué. £t Toilà coinment le papier peut devenir une monnaie, si on lui donne pour sûreté une hypothèque territoriale. De là naît un troisième principe»

Xa monnaie est non-seulement une mesure j elle est encore mn gage y une sûreté.

Far une bizarrerie singulière , les auteurs se sont attachés à considérer la monnaie dans sa forme , sa ma» lière, son empreinte, sa valeur, son titre et son poids \ et croyant avoir tout dit , ils ont oublié de rapprocher ce qu'ils avaient jeté rPune manière vague sur les caractères constitutifs de la monnaie; je suppléerai à cet oubli.

Six caractères essentiels constituent la monnaie : i**. Il faut qu^elle soit fabriquée et mise en circulation par la êouveraineté.

2^. Qu^elle porte Pempreinte déterminée par la souveraineté. ^

3"". Qu^clIe ait une valeur fixée par la souveraineté.

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4^. QnVIIe ait un ^uge pour siVelé de cette valeur j

5". QuVIle soit naraiitio par la soiiveraiueté.

6". Que personne dans Fenipire ne puisse la refuser*

De ces six caractères dépend la conllance qu^on doit avoir dans une monnaie; et j^observe à ce propos gtt^ii faut dis tin giivr viiivii la confiance qn^une chose doit bspirer et la confiance (|uV*lle inspire. En matière législa» tivv ^ on doit croire que tout ce qui est digne de confiance^ l'obtient; et si le public semble refuser la confiance à co ■ qui en est digue ^ ce ne peut être que par une de ces manœuvres contre les([iielles le pouvoir législatif doit provoquer le pouvoir exécutif*

Toutes les fois ({ii^on pourra appliquer à une matière quelcon(|ue, les six caractères qui constituent la véritable monnaie , cette matière sera propre à devenirmonnaie; et connue ils sont applicables a d^antres matières qu^à Vov et à l'argent , on pourra faire d'autres nionoaies que d^or etd'argeut; ainsi nous pourrions , en toute rigaeur^ nous soustraire au joug tributaire de l'Espagne et du Portugal, qui seuls possèdent les grandes richesses en ni i nés d'or et d'argent.

Mais l'or et l'argent sont des métaux encore moins précieux, comme métaux destinés aux monnaies y qua parce qu'ils sont les matières premières de plusienri brauclifs d'industrie qui fait vivre des milliers de &ni i lies : il faut conséquemment faire en sorte de mainWdt ces métaux au plus bas prix possible.

Et comme oii les a choisis pour matières monétairtf) il est important de veiller tellement à leur priz^ qn^ n'en résulte aucune variation brusque dans la valeur^ nos espèces ; car c'est un axiome que la monnaie doitétn invariable.

Ici s'ofTre nn des plus singuliers problèmes dePéco* 1; nomie politique; problème peut-être insoluble y mail l<

]>E MIRABEAU. 3o5

ertainement digne d^étre médité. Pour que la valeur de \os espèces ainsi que celle de leur matière ne varient pas ^ tour qu^elle descende et reste au plus bas prix possiblff^ ne audrait'il pas se rendre maître de cette valeur%

Quelques observateurs croient que Pou s^en rendrait naître 9 et contre les propriétaires des mines, eticontre es manœuvres de la cupidité^ si la nation se réservait la tente exclusive de Vor et de l'argent. Lorsque Ppn s'apèv- ^vrait que V\m des deux métaux tende à s^élever, ce qui le pouvait provenir que de sa rareté , on en ferait iine >lus grande émission. On en arrêterait la vente ^ lors- ^a^une trop grande abondance menacerait d^une. disni<» Antion de valeur.

A supposer qu^une administration de ce genre , autre* fois adoptée par plusieurs gouveni^emens , pût atteindre son but , elli^ serait évidemment favorable aux ateliers l^industrie sûrs de trouver sans cesse et toujours aa même prix dans un dépôt public , les matières dont ils auraient besoin. Leurs entrepreneurs n^en feraient point de provisions qui exigent des fonds considérables y ceux qui n'ont pas de grands capitaux ne passeraient plus par la filière de Pastuce mercantile.

Le commerce y gagnerait d'assez grandes facilités t le trésor national servirait de lieu de sûreté pour le dépôt 4es métaux précieux que les commerçans ne voudraient pas conserver chez eux en grande masse : sous la modique redevance d'un pour cent, on leur remettrait des reçus commerçables 9 et ces papiers vaudraient des effets payables à vue, que les négocians pourraient diviser ^^uis leurs payemens y moyennant une lettre de change en valeur de matières. a

Le gouvernement , disent les partisans de ce système ^

ne pourrait pas abuser d'un tel monopole ; et comme le

commerçant particulier se trouverait dans l'impossibilité

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