DISCOURS SUR LA CULTURE DU TABAC
1791. «-«29 Janpier, Le tabac doit être un des rerenus de PéUt»
Messieurs , la question que tous discutes ^ est EJi par une foule de rapports au sy tème général des impolitions, à Pintérêt de ragricnlture et du commerça^ eti nos relations extérieures : une aussi haute importmo» exige le plus sévère examen ; et Phésitation que vont avez pu remarquer dans les projets que YOtre comit» TOUS a présentés, rend cet examen encore plus nécessaire.
Le dernier projet , le seul dont je parlerai| renferme plusieurs résultats qu'il est essentiel de distingim*
L'un est que la culture du tabac doit être libre iiBi tout le royaume : il faut donc examiner s'il est utile qii0 cette culture soit libre.
Le second , c'est que l'importation du tabac doit An permise moyennant une taxe de 5o Ht. par qnintil: m il faut donc examiner si la liberté de la culture ett coii* Il patible avec l'intérêt du commerce.
Le troisième , c'est que deux sortes d'impAts soatta" blis sur le tabac ; l'un pour le droit de l'inaportar, l'antre pour le droit de le fabriquer : il s'agit donc de déâder j si un impdt quelconque sur le tabac est oompatibb avec la liberté de la culture.
Le quatrième y c'est qu'on laisse subsister 11x10 rég^ y non pour vendre le tabac à un prix déterminé ^ fltU pour le fabriquer et le vendre en concurrence aTec Ml les citoyens. Il faut donc examiner s'il est ntilrda to*'
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toer rattache ^u gouvernement à une pareille régie , qui ne serait qu'une maison de commerce de plus dans lé ïrbyanme. ' •
Le cinquième , c'est que le comité considère le tabac comme un otjet de revenu public^ puisqu^il le soumet non-seulement à deux sortes d'impdte j mais à un gain éveniueU II faut donc examiner si ce révenu, dont "le tabac doit être Pobjet, est suffisant et sHl est établi delà Imanière la plus convenable.
. J^avoue, d^abord^ que je ne m'attendais pas à voir vôtre comité vous proposer tout à la foiS) de mettre un impôt sur le tabac y et de rendre libre la culture et Pim*^ portation de cette denpée. Je dis que je suis étonné , et en effet, lorsqu'il y k trois mois, la diâcusdion fut feN mée sur cette question , on ne l'ajourna <^ue pour charger le comité de proposer le moyen de cbt impdt, moyen qu'on 'voulait condattre avant de porter une décision j il fallait ou le détruire ou le remplacer. On né vous propose pas de itioyen de remplacJemenU L'impât du tobac , dit-on, est indispensable jtnàis comment le €onciliera*t-on avec là liberté de la culture? L'effet de cette liberté sera que chacun pourra avoir du tabac en leuillé chez âoi. Trente manufactures secrètes , avec deux cents ouvrier^, pourraient fournir tout le royaume. E*era-t-on des recherchés chez le cultivateur pour voir si'il ne fait pas de tabac? Comment 'pourra*t-on b'y opposer ? Quand chaque maison sera une frontière, 'quand tont homme aura du tabac chez lui, quand on aura con* tre soi , non pas quelques fraudeurs , mais tout le peuple mltivateur , les visites domiciliaires seront nécessaires } celui qui aura acheté le droit pour en profiter,' inquié* tera son voisin* Je défie le despotisme lé plus absolu de Paire exécuter de pareilles mesures. Si un fabricant « payé la taxe pour s'établir dans un village , <^uel moyen
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«nr«-t«il de s'opposer à tous les cultivateurs? Quel moyen de le faire jouir de son priviléjve, quand il sera forii de Tendre à pins haut piiz? (ioinnient évitera tonb fraude ?Est-ce pour quatre millions qu^un voudrait établir Pinquisition la plus révoltante? Il s*agit parti-
culièremenl d'examiner si le hy>tènie du comité ne détruirait pas nos relations couuiirrciales avec rAmériqoi •eptanthonale. Je me borne à supposer que la culiuis du tabac y propagée en Fiance , produise la moitié dci besoins de notre consommation. Il est certain que lalibac indigène y s^il était universellement cultivé | ne codr terait que 7 à 8 liv. le quintal , puisque y en Al»ace « oi il a Pavantage d^étre placé à cdté J^uu piivilége ezdunf| il ne produit que 9 liv. le f|uintal. Supposons qne b prix moyen soit de 10 liv. ; tout le monde sait que la tabac de la Virginie coûte 26 à 3o liv., le quintal; din- Von que les Américains diminueront lenrs prix? Mais en ce moment les produits de leur culture sont â nioil!ques j qu'elle est presque abanJonnér. Dira-t-oa que le tabac américain ^ quoique plus cher qne le tabac iiuligène j servira à des mélanges^ mais que les gens richei pourront seuls en acheter ? Je demande si ce ne sert ptt nuire k nos relations avec les Américains? Four nos M* tion y le plus sûr moyen de s^appauvrir est de ne M acheter 9 car cVst le moyen de ne rit-n vendre.
L^ Angleterre achète le tabac d* Amérique , soit poorji consoifimation j soit pour le revendre; elle n'a f^ un seul arpent de tabac. Cette culture devenajBf|fibrt en France^ le négociant étrangeraura toujours la cfaisll
de trouver cbes nous une surabondance de nurdnsr
dises y et d'avinr à soutenir bi concurrence d^uae dei^ indigène y qui sera trois fois moindre, i^n contraire y ^ sera sûr de vendre â une régie qui aura des approvisios*; aemens à faire | qui pourra même aller cheichsr k
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tabac cfaez lui j et supporter les. avance^ que ne pourrait fournir un particulier. Depuis 17779 époque à laquel la l'Angleterre sVst détachée de la plus riche de ses çolo^i nies , la régie française n^a ac]beté de^ tabacs qp^ox Américains ; ils ont été transportés.9 soit par leurs , vaisseaux | soit par les nâtres,.».. lia, cessation de la cpl« tore eu ÂYnérique, nVst pas la seule perte.que. U;Cul« ture propagée en France nous occasionnerait. Oo^ sait que le tabac de la régie est recherché par les étraiigers'9 par la manière dont il , est préparé .: on sait, qne [cette exportation nous produit un bénéfice de quatre misions par an; comment. le conserver ^ si nous n'avons plue pour matière, première que du tabap indigène de maur Taise qualité ?..». J ^ajoute que la culture du tabac §erait nuisible à Pagricult^re en général ^ et contraire à. Pintérët des provinces exemptes. Comment sera-t-on dédommagé des frais.de culture , du dépérissement deS; terres î £n Amérique y le tabac se cultive sur des terres vierges , et encore le peu de profit, qu'qn tire de cette cultui*» Ta fait abandonner. En effpt ^ si elle est aussi avantageuse qu'on se le persuade y pourquoi en Flandre si peu de terres y sopt-elles consacrées ? Poui*quoi la Franche- Comté l'a-t-ellje abandonnée ^ de manière que la régie Vend actuellement dans cette province pqurSoo^oooUv. de tabac ? Foprquoi en Alsace n'y a.-t il qu'un .espace de huit lieues ^ur deux ou de quatre lieues carjcées W)- (^loyées à la plantation du tabac ? Je dirais à l'Alsace ^n^elle se trompe , si elle pense tirer . de sa culture les itnâmes avantages qu'autrefois ; qu'elle se trompe si elle ^roit trouver les mêmes profits de sa fabrication ^ quand, ^le ne sera plus en concurrence avec une régie dont les ^rîx seront excessivement grossis par l'impôt;. qu'elle se %rompe si elle espère avoir le mêmenombre d'acheteurs ^ Mie se trompe .si elle ne yoit pas. que son bénéfice uo
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vient que de son mélange de ses ubacs mrec les tabaci étrangers. Elle demande la libesté de la cnltnrè| espé- Tant que personne n*en profitera et quMlo conserren son pritilége exclusif....
Ne peut-on pas établir une grande fkbriqne natianale à Strasbourg pour y occuper trois fois plus d'oaTrien quenVnoccupentaujourd^hui les fabriqués particulières! Ne peut'On pas indemniser les propriétaires de œs b* briques?
Mais comment concilier la probibitiôti arec les piiiicipes de la constitution , avec la liberté des citôjisiis? Je réponds que c^est le prix excessif de.-Pinipdt qui infitt aujourd'hui à la contrebande y qui nécessite les contraintes, les visites y etc. Diminues le prix, et la (sontrebauJesera moins suivie , et par conséquent jplasfacib A réprimer , et votre impât vous produira 3o millûnuy et Pexportation du tabac préparé sera beaucoup pins considérable.... Cette partie de Totre Codé pénal présent des peines atroces ; proscrivez ces peines., et réforsùs votre Code. Quatre provinces étaient à même de &iis des versemens frauduleux j détruisez ces privilëges. Qw les visites domiciliaires -ne soient permises qu'en eu à^ grands approvisionnemens , et qu'un officier dfil ^ autorise toujours par sa présence.. •• Dans tons leicsif ce qui importe véritablement à Fétat^ c^est qnhiniiB* pAt volontaire ne soit remplacé par un impôt ùoénd qui aggraverait la charge de ceux que le penpk nf" porte déjà avec peine. Quel impAt plus donX'pouTaf^ vous proposer que celui du tabac? Il n'atteint qu'ini petite partie de citoyens ; il ne frappe pas les denréM^ première nécessité ; il n^a pas j comme les autres ut pc^ts de consommation y Tinconvénient de peserinrA chef de famille qui a le plus dVnfans, c'est-i*direftf i-aison inverse de ses moyens. Pourries -TOtls troufor idl
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ifnposîtîon aussi douce , aussi équitable? Maïs y dit-on y si cet impôt peut être supprimé sans remplacement. •••«. Vous ne voyez pas que nous partons d'une autres hypO" thèse^ que nous en avons besoin de ce remplacement. K^avez'vous pas d^autres impositions à diminuer pour rendre aux campagnes les capitaux que le despotisme leur avait enlevés?.. Les barrières étant établies aux fron^ tières, les frais de Timpot du tabac sont déjà payés ; si vous détruisez les. droits de. régie, PAngleterre fera dans le royaume ^ pendant plusieurs années p des verseinens qui nous priveront du produit de la culture de cette plante parasite ; on voudrait nous faire ce funeste présent. L^assemblée nationale a décrété Tégalité. des hommes j mais elle n'a pas encore décrété l'égalité des plantes, etc.
Je propose le projet de décret suivant :
Art. I^^. La nation se réserve le droit exclusif du commerce y fabrication , vente et débit de tabac , tant en feuilles que fabriqué, dans toute l'étendue du royaump, pour ledit droit être exercé, au profit du trésor public , £ar les pr^osés qui seront nommés à cet effet.
IL Lesdits préposés seront tenus d'entretenir un xioiubre suffisant de bureaux où le tabac en poudre sera ilclivré au public au prix de 2 livres 8 sols la livre , et d» S sols l'once , et le tabac à fumer au même prix.
m. L^importation du tabac étranger fabriqué continuera à être prohibée.
lY. Il sera libre d'importer du tabac étranger en 'Quilles, dans les ports qui sont désignés; mais ce tabac If sera mis sur le-champ en entrepôt dans les magasins l« la régie , pour y être réexporté à l'étranger^ ou acheté '^ansactivement par ladite régie, sans payer aucun droit, vnns aucun cas.
Y. La culture du tabac sera et demeurera interdite et
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rej«tere& cependant pas des espèces nfeeseairee pour Iss appoints ) ou pour Vachat des marchandises du plas 1ms prix ; mais la mesure de ces espèces ne aéra pas liée- à la valeur de la matière ; elle sera proportionnée à la cornmoditédu consommateur ; leur valeur ne aéra que Ugtle^ et leur prix tiendra à leur perfection*
lYous aurez aussi des pièces d^or, à nn titre et à mi poids déterminé y mais sans aucun rapport essentiel arec votre mesure d^argent ^ et leur valeur dépendra éa prix de Por dans le commerce j quoique Yons fixi» préliminairement leurs valeurs. C'est ainsi que la gniaéi des Anglais a son poids et son titre invariable j mais sa valeur suit Pondulatiou du change* •
. a^. Votre véritable monnaie , vos eapècea àfêxgukï seront au moin^ à onze deniers de fin.j toutefois vont aurez une basse monnaie y qui y quoique fabriquée avec Targent et le cuivre par égale partie y n'en oontiendia pas moins la quantité d^argent qu'indiquera sa valeur.
3°. Vous n'aurez plus de ces reipède$ d'Woî fvi tendent à diminuer la valeur intrix^èque de Pesptoy parce qu'on prend ce remède dans la matière £ibriqq|b^ Vous diviserez ce remède en deux;.et si lQ,4ui9<^^orft* brique A la moitié de ce remède au-dessus du ^tr0)i.il>^ lui sera accordé aucune, indemnité. 3 de fnèmeqiie si kl accidens de la fabrication font trouver, l'espèce an-dflf*