‹ ŒuvresChapitre 6 sur 37 · SL · texte numérisé non relu

SL

tioci rotab^y «fne Icra^oe le peuple a fttAéj il ne L pe«i néc^fliiaire. El moi^ Mesiôeiirs , jecrsia le veâa < fell«mietit nêceaeeire, que j^aimerain mienxTxvre a ttfitliiiopitf ifo'eii France, s'il neraraitpaa : oui^ je clitre, je ne ccutnaitrais rien de phis terrible que tocnilie «enveraine Je six cents personiies qui di poiirraienl ne reudre inamoTtbles , aprè9*<leiiiaiii «iitaires, et finiraient^ comme les aristocrates d* les fMJs dii RKmde * par tont euTabir. Mais y Mess ^iHqne ma motion a été mol comprise, je dois iimdhre a^ec des raisons plutôt qu^arec des récrxmin •» èM exemples tirés des langues ètrangèiea. X won9 jnoncrer en quofceUe ressembler tonbis les a ^t voiHi prouver que d^ns les points où efle en <£ elle présente de graml» aTantages. Tant qae 3K»mwiesici des individas qui exposons notre senti] TROU devoir m^inipose de dié&ndre le mien ^ et î{ partient qu'à la décision de Fassemblée <£s mi

Plus je considère les (ifi^rentes motxoos enti

4{ficilt9 TOfts aTez à v déterminer ^ ph» jt n

Mire rJke cette i ble T^té ^ c*esr qaM

TSlpp^lscbcBt , c'est qu^elles coînciileae en ces poix

jevtids:

1*» La nécessité de se consdtmr priMBiptenisnt

semblée actSTe; cette nécessité est reconnue par M. Sieyef f fmr M. Monnier ^ elle Pest par ma naotioi tend k rums prëserrer des malk€ur9a:T ^fftês qme p Mvoir mme. flms Umgmg dmréé dm fimaciùm d iafmedl svmudiéjmsqm^djffésemifonatsparlapersewémmct des ^finlégiéesy dams inrnfms dtt S9 rémmêjf,

^•' L^aveu que natre assemblée n*i»t e^ne pei 1^5) étaU' généraux. Aucun de nous n'ose nous don iûMm^ Chacun sent qu^il n^appartient q[m^à ane a

f d«piités des ëtats des trois ordres. Ici encoref bé Siey^s , M. Mounier et moi ^ nous noas renis parfaitement.

j avantage qi/ily aurait à trouver queîqi^ autre déion sous lamelle cette assemblée puisse être cons- \t ^ui, sans équivaloir à celle tP états-généraux ^ soit )nt suffisante pour la mettre en activité, lous sommes d^accord , car ^ soit que notts nou$ as les représentans connus et vérifié^ de la nation ^ ésentans de la majeure partie de la nation ^ et les tan9 du peuple j notre but est* le mâme ^ toujours anissons-nous' contre la qualification également ^àèip\eucéeà^ états-généraux*^ toujours cherchons- « excluant ces titres ^ à en trouver un qui aille id but de V activité^ sans ayoîr le funeste inconde paraître une spoliation de deux ordres, dont , le nous fassions , nous ne pourrons nous dissi- ^existence 9 bien que nous nous accordions à penife ne peuvent rien par eux-mêmes.

\te quatrième point sur lequel nous sommea l, c^est la nécessité de prévenir toute opinion par es y toute scission de rassemblée nationale, tout ordres privilégiés.

icore je me plais à rendre bommage aux autres s , mais sans croire qu^elles aient pourvu à ce e nous craignons tous, avec plus d'énergie que ai *fait. En est-il une qui ait plus fortement exuc la mienne , l^ntention de communiquer^ non I autres ordres^ mais directement à sa majesté ^ les I que nous estimons nécessaires à la régénération LU me ? En est-il une qui rejette plus fortement nienne tout veto , c'est-à-dire , tout droit pur ledéputés des classes privilégiées , en quelque nombre oient ^ voudraient s'* opposer par des délibémtion^

4o OBUYRES ORATOIRES

séparées^ prises hors de l'assemblée nationale , à ce qu serait jugé nécessaire pour le bien général de la France ?

Nous sommes donc d^accord sur ces quatre pointi vraiment cardinaux , vraiment nécessaires ^ qui de vraient nous servir à tons de signal de ralliement.

En quoi différons nous ? Qu^est-ce qui peut justifie cette chaleur y cet éloignement que nous marquent le uns pour les opinions des autres ? Comment se fait-i que ma motion , si clairement fondée sur les principes qui les met au-dessus de toute atteinte , si explicite^ < satisfaisante pour tout homme qui déteste ^ comni moi) toute espèce d^aristocratie , comment se peut-: que cette motion ait été présentée comme si étraiigey i peu digne d^une assemblée d'amis ^ de serviteurs de c peuple qui nous a chargé de le défendre ?

i*'. Un défaut commun aux dénominations qpe j'a* laque, c'est qu M les sont longues, c'est qu'elles soc inintelligibles pour cette portion immense des Françai qui nous ont honoré de leur confiance; en est-il u seul qui puisse se faire une idée juste de'ce que c'est qu les représentans connus et vérifiés de la nation ? En estun seul qui vous comprenne, quand vous lui direz qt vous êtes l'assemblée formée par les représentans de la pli grande partie de la nation , et par la majorité de tous l députés envoyés aux états-généraux , dûment invités ^ dél bérans en l'absence de la minorité dûment invitée ?

A ces titres énigmatiques , à ces doubles logogripbei substituez : les représentans du peuple français y et voy( quelle dénomination offre la définition la plus clairi la plus sensible, la plus propre à nous concilier n( commettans mêmes.

a*'. Un défaut particulier à une de ces deux motion c'est qu'elle nous donne un nom qui ne nous désigi pas seuls, qui par conséquent ne nous distingue pai

DE MIRABEAir. 4^

qui p«ut convenir aux députés des autres ordres , des autres chambres ^ aux députés des classes privilégiées ^ sniTant quHI vous plaira les appeler : car ils peuvent aussi bien que nous se dénommer les représentant connus de la nation. Supposons que vous ayez à vous adresser au roi, oseriez- vous lui dire que vous êtes les seuls repré" sentans de la nation qui soient connus de sa majesté ? Lui diriez-vons quHl ne connatt pas les députés du clergé , qn^il ne connaît pas ceux de la noblesse pour des représentansdela nation^ lui qui les a convoqués comme tels^ lui qui a désiré qu^ils lui fussent présentes comme tels y lui qui les a fait appeler comme tels, lui qui les a présidés ainsi que nous, dans rassemblée nationale , lui, «nfin, qui a reçu leurs discours, leurs adresses comme les nôtres, et qui les a constamment désignés par des termes équivalens à ceux dont il s'est servi avec nous ?

Le titre que je vous propose , ce titre que vous réprouvez, n^a point rinconvénient de s'appliquer à d'autres qu'à nous \ il ne convient qu'à nous , il ne noua sera disputé' par personne. Les représentans du peuple fran* tais ! Quel titre pour les hommes qui^ comme vous y aiment le peuple^ qui sentent comme vous ce qu'ils doivent au peuple !

3^. Cette même motion que je combats , tout eâ venant mon estime , mon respect à celui qui Ta proposée, vous appelle les représentans vérifiés de la nation , comme si les autres représentans n'avaient pas aussi été vérifiés ; comme s'il pouvait leur être défendu de s'appeler, ainsi que nous, les représentans 'uérifiés^ parce qu'ils n'ont pas été vérifiés à notre manière*

4^. Cette même motion tire une conséquence qui n'a aucun rapport avec les premières. Consultez celle-ci , •n croirait que vous allez vous constituer en assemblée nationale y en états-généraux ^.Ge^l ce qui résulte de cette

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phrase remarquable : // appartient â cette assemiUe,S n'appartient qu^â elle d'' interpréter et de présenter la volonté générale de la nation. Est-ce là cependant ce qu^on nous propose ? £4t-ce la conclusion que^ selon la motion , tous devez tirer du principe ? Non^ vous allez vous déclarer les représentons connus et vérifiés de la nation^ Vous laissez à ce qu^il vous plait d^appeler les représentans non connus , non vérifiés , le soin de fixera leur tour les qualifications dont il leur plaira de se décorer.

6^. Cotte même qualification ne porte que sur 'une simple dispute du forme ^ dans laquelle noire droit n'est fondé que sur des argumens très subtils ; quoique très solides^ et non sur une loi positive.

La mienne porte sur un fait, un fait authentique, indéniable : c'est que nous sommes les représentans d» peuple français.

6^. Cette même qualification est d'une telle faiblesse ^ comme l'a observé un des préopinans ( M. Thoaret) ^ que dans le cas (très aisé à supposer) où les députés dû clergé et de la noblesse se détermineraient à venir dans notre salle pour faire vérifier leurs pouvoirs , et retour^ \ neraient ensuite dans leurs chambres respectives pour y : opiner par ordre ^ cette qualification ne pourrait plus ' nous convenir.

Celle que je vous- propose nous convient dans tous les temps , dans tous les cas , et même dans celui oii , cfomme nous le désirons tous , les députés des trois ordres so réuniraient formellement dans cette salle en états-géné" Taux, pour y voter par tête^ et non par ordre.

On vous a dit y Messieurs , on Fa dit au public, on eo a fait une espèce de cri d'alarme contre ma motion^ qu'elle tendait à chambrer les états-généraux, à auto* riser la distinction des ordres. Mais moi, je vous le de^ mande, je le demande à tous ceux qui m'ont entendu ^ h

BS. MiRABSAtr. 4^

ou^ ceux qui m^Oknt lu ou qui Hrant ma motion y où »Y trouTe cette distinction des ordres y cette nécessité las €baiiU>res? Feut-on ainsi ^ en prenant une partie de cette moiion , passer l'antre sous silence ? Je tous ai déjà rappelé les termes dont je me suis servi ^ je tous ai dit^ tl jW exprimé de la manière la plus forte y que les deux erdreft qui veulent s'isoler du peuple, ne sont rien quant t la constitution y tant qu'ils veulent être étrangers au peuple; qu'ils ne peuvent pas avoir une volonté séparée delasieene^ qu'ils ne peuvent y nis'^assembter y ni exercer imveio y ni prendre des résolutions séparées.

Yoilà le principe sur lequel ma motion est fondée, voilà le but où elle tend y voilà ce que y à moins de l'aveugler volontairement ^ tout homme de sens y trouvera*

Si j» voulais empl<oyer contre les autres nrotions y les armes dont on se sert pour attaquer la mienne^ ne ponrrais»)a pas dire à mon tour : De quelque manière que voo» vous qualifiez y que vous soyez les représentans connus et vérifiés de la nation , les représentans de nb mil^ bons d^bommesy Us représentans de la ma^rité du peuple , 4tiS8Îea-vous même vous appeler Vassemhlée nationale y ht étBUS'générttux y empêcherez-vous les classes privilégiées de cootinuer les assen>blées que sa majesté a reconnaes? Les empêcherez vous de prendre des délibérations ? Les empêcherez -vous de prétendre au veto ? £iiipëchec»z«vous le roi de les recevoir , de les reconludtrey^de leur continuer les mêmes titres qult leur a 4oiuiés }iisqu'à présent? £n£n y em^pécherez-vous la nation d'appeler le clergé, clergé'^ la noblesse^ rtoblesseZ On a cru- m'opposer le plus terrible dilemme , en me ^Milque le vaot peuple signifie nécessairement ou trop iftlrep'peu j qnesi ou Pexplique dans le même sens que 'ùlèàsk populusy il signifie la nation y et qu'alors il a

une acception plus étendue que le titre auquel aspire U généralité de rassemblée ; que si on Tentend dans uttsens plus restreint, comme le latin plebs y alors il snp' pose des ordres j des différences d^ordres ^ et que c'est Ik ce que nous voulons prévenir. On a même été jusqu'à craindre que ce mot ne signifiât, ce que les Latins appd' laient vu/gus j ce que les Anglais appellent mob , ceqM les aristocrates j tant nobles que roturiers ^ appellent insolemment la canaille,,, •

A cet argument je n^ai que ceci à répondre : c^eit qn^il est infiniment heureux que notre langue ^ dans IS stérilité y nous ait fourni un mot que les autres langoei u^auraient pas donnédans leur abondance; un mot qui présente tant d^acceptions différentes; un mot qui^ dans 09* moment où il s^agit de nous constituer sans hasarder Is bien public^ nous qualifie sans nous avilir^ nous désigne sans nous rendre terribles ; un mot qui ne puisss nous. être contesté, et qui, dans son exquise simplicité, nous rende chers à nos commettaiis , sans effrayer ceuX/ dont nous avons à combattre la hauteur et les préten-< lions ; un mot qui se prête à tout, qui , modeste aujour d^hui , puisse agrandir notre existence à mesure que le» circonstances le rendront nécessaire , à mesure que, pst leur obstination, par leurs fautes, les classes prin* légiées nous forceront de prendre en main la défense des droits nationanx, de la liberté du peuple. .

Je persévère dans ma motion et dans la seule expret* . sion qu'on en avait attaquée ; je veux dire, la qualifies* i lion du peuple français. Je Tadopte, je la défends, je IA' , proclame par la raison qui la fait combattre.

Oui, c'est parce que le nom de peuple n'est pasasses respecté en France, parce qu'il est obscurci ^ couvert ds' la rouille du préjugé ; parce qu'il nous présente ixn0 idée dont l'orgueil s'alarme et dont la vanité se révoli»ir

\ quHl est prononcé avec mépris dans les chambres ri&tocrates y c^est pour cela même y Messieurs y que adrais y cVst pour cela même que nous devons nous »ser| non-seulement de le relever, mais de Tenno-

de le rendre désormais respectable au ministre et à tous les cœurs. Si ce nom n^était pas le nôtre, il rait le choisir entre tous y Penvisager comme la plus lease occasion de servir ce peuple qui' existe ,^ ce de qai est tout, ce peuple que nous représentons, : nous défendons les droits, de qui nous avons reçu LÔtres , et dont on semble rougir que nous empruni notre dénomination et nos titres. Àh ! si le choix » nom. rendait au peuple abattu de la fermeté , du

age...« mon âme s^élève en contemplant dans

nir les heureuses suites que ce nom peut avoir ! Le de ne verra plus que nous, et nous ne verrons plu$ le peuple j notre titre nous rappellera et nos devoirs >s forces. A Tabri d^un nom qui n^effarouche points n** alarme point , nous jetons un germe, nous le cuirons , nous en écarterons les herbes funestes qui Iraient i'étouf fer, nous le protégerons^ nos derniers endans seront assis sous Tombrage bienfaisant de >ranches immenses.

eprésentans du peuple , daignez me répondre : irez- I dire à vos commettans que vous avez repoussé ce 1 de peuple , que si vous n^avez pas rougi d^eux , lavez pourtant cherché à éluder cette déiioniination ne vous paraît pas assez brillante ? qu^il vous faut un

plus fastueux que celui qu^ils vous ont coniéré ?

ne voyez-vous pas que le nom de représenlans du pie vous est nécessaire , parce qu^il vous attache le pie, cette masse imposante, sans laquelle vous ne ez que des individus , de faibles roseaux que Ton (erait un à un ? Ne voyez-vous pas qu^il vous faut le

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nom de peuple y parce quUl donne à a maitre aa pe qne nous ayons lié notre sort au ) i ; ce qui lui prendra à reposer sur nous toutes ses pensées | toute espérances ?

Plus liabiles que nous 9 les héros I>ataves qui fo: rent la liberté de leur pays 9 prirent le nom de gm ils ne Toulurent que ce titre , parce que le mépri leurs tjrrans avait prétendu les en flétrir'; et ce titre leur attachant cette classe immense que Paristocrat le despotisme avilissaient , fut à la fois leur force , gloire et le gage de leur succès. Les amis de la lil choisissent le nom qui les sert le mieux, et non celu les flatte le plus : ils s^appelleront les remomtnui Amérique, les paires en Suisse, les gueujp dans les I Bas; ils se pareront des injures de leurs ennemii leur dteront le pouvoir de les humilier, avec des ex] sions dont ils auront su s^honorer.

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