AU ROI
Vous avez invité l'assemblée nationale à vous tèmoi- {oer sa confiance; c'était aller au-devant du plus cher
' « ses yœux.
i Nous venons déposer dans le sein de votre majesté les ^08 vives alarmes; si nous en étions l'objet , si nous tnonsla faiblesse de craindre pour nous-mêmes , votre Bonté daignerait encore nous rassurer, et même, en ^w blâmant d'avoir douté de vos intentionis, vous ac- ^*>nUeriez nos inquiétudes; vous en dissiperiez la cause;
^dîgué leur sang ? Ëtes-vous cruel , implacable? Avez-
roQS abusé de la justice! Le peuple vous impnte-t-il ses
lalhenrs? vous nomme-t-il dans ses calamités? Ont-ils
TOUS dire que le peuple est impatient de TOtre joug y
pHl est las du sceptre des Bourbons? Non^ non y ils ne
it pas fait, la calomnie du moins n'est pas absurde ;
cherche un peu de vraisemblance pour colorer ses
irceurs.
Votre majesté a vu récemi^ent tout ce quelle peut sur peuple; la subordination s^est rétablie dans la capiagitée ; les prisonniers mis en liberté par la multitude^ *mémes ont repris leurs fers y et Tordre public, ti peut-être aurait coûté des torrens de sang y si Ton ; employé la force, un seul mot de votre bôucbe Va, ibli. Mais ce mot était un mot de paix j il était Tex» don de votre cœur y et vos sujets se font gloire de l'y résister jamais. QuHl est beau d^exercer cet empire! *e8t celui de Louis IX, de Louis XII ^ de Henri lY; 'est le seul qui soit digne de vous.
Nous vous tromperions, Sire, si nous n^ajoutions , forcés par les circonstances : cet empire est le seul i^il soit aujourd'hui possible ei^ France d^exercer. La icene souffrira pas qu^on abàise le meilleur des rois, qu'on récarte , par des vues sinistres , du noble plan 'il a lui-même tracé. Vous nous avez appelés pour ',Ae concert avec vous, la constitution, pour opérer liigénération du royaume: l'assemblée nationale vient 18 déclarer solennellement que vos vœux seront aciplis ,*que vos promesses ne seront point vaines , que piégea , les difficultés , les terreurs ne retarderont it sa marche, n'intimideront *point son courage, là donc est le danger des troupes, affecteront de dire ennemis?... Que veulent leurs plaintes, puisqu'ils inaccessibles au découragement?
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J«^ d^ng^r 9 Swe, rfi--n/ice les traTaux, qaisont no pr^rni-r ri^-Toir ^ et qui n'jiiront un plein succès ^ n ▼«^riîaMe permanence qi/aii tant que les peuples les gAr/Jf;ronl c^imme entiermient libres. Il est d^ailleursn; contagion dans les muuveinens passionnés j nous 4ornme% que des hommes : la défiance de nous-mêmef la crainte de paraître faibles ^ peuvent entraîner an de dii but; nous serons oLsédës de conseils violens^ ftiircs ; et la raison calme, la tranquille sagesse ne dent pas leurs oracles au milieu du tumulte^des et des scènes factieuses.
Le danger j Sire j est plus terrible encore y et jngei son étendue par les alarmes qui nous amènent deri vous. De grandes révolutions ont eu des causes bi
DE MlRÂBSAir. ^J
moins éclatantes ; plus d^une entreprise fatale anx liataons s^est annoncée d^une manière moins sinistre et' moins formidable.
Ne croyez pas ceux qui vous parlent légèrement delà lution 9 et qui ne savent que vous la- représenter selon leors Tues, tantôt insolente , rebelle, séditieuse ; tantôt aoamise, docile au joug, prompte à courber la tête pourle leceToir. Ces deux tableaux sont également infidèles. Toujours prêts à vous obéir, Sire, parce que vous commandez au nom des lois, notre fidélité est sans borno. ;«comme sans atteinte.
Frets à résister à tous les commandemens arbitraires de ceux qui abusent de votre nom , pai^ce qu^ils sont ennemis des lois f notre fidélité même nous ordonne cette résistance; et nous nous honorerons toujours de mériter les reproches que notre fermeté nous attire. Sire , nous vous en conjurons au nom de la patrie^ au »m de TOtre bonUeur et de votre gloire , renvoyez vos ddats anx* postes d^ou vos conseillers les ont tirés: [ voyez cette artillerie destinée à couvrir vos frontières ; x^ojez surtout les troupes étrangères, ces alliés de la ition, que nous payons pour défendre et non pour mbler nps foyers. Votre majesté n^en a pas besoin : eh! irquoi un monart[ue adoré de vingt*cinq millions de français^ fisrait-il accourir à grands frais autour du le quelques milliers d^étrangers?
Sire, au liiilieu de vos enfàns, soyez gardé parleur mr. Lies députés dé la nation sont appelés à consacrer voas les droits éminens de la royauté , sui^ la base inable de la liberté du peuple \ mais lotsqu^ils remit leur devoir j lorsqu'ils cèdent 'à leur raison, à sentimens , les exposeriez-vous au soupçon de n'acédé qn'à la crainte? Âh ! Pautorité que tous lés vous défèrent ^ est la seule pure , la seule inébran^
lable} elle est le juste retour de vos bienfaits^ et ri» mortel apanage des princes dont vous seres le modela.
11 Juillet*
L« roi déclare Tooloir maintenir les troupes dans les Mvii de la capitale pour assurer la tranquillité menacée , et ofe transporter rassemblée à Nojon ou à Soissons , et sa à Gompiègne, si les troupes peufent causer qnelqae ombisgB.
Messieurs, sans doute la parole du roi est digBt< la plus grande confiance ; nous en devoiu tous à k bonté connue du monarque , nous pouvons nous sbo*] donner à ses vertus.
MaiS) Messieurs, la parole du roi, toute tassai qu^elle doit Pêtre y n^est pas moins un mauvais garant 1 la conduite d^un ministère qui n^a cessé de aurprendrfii religion.
Nous savons tous, qu^avec plus de réserve , noossa*] rions évité de grands désordres. Nous savons tous qi la confiance habituelle des Français pour leur roi , moins une vertu qu^un vice , si , surtout, elle s'ëteodi toutes les parties de Padministration.
Qui de nous ignore , en effet, que c^est notre avenj et mobile inconsidération qui nous a conduit , de en siècle y et de fautes en fautes^ à la crise qui nous flige aujourd'hui et qui doit enfin dessiller nos jenx.| si nous n'avons pas résolu d'être, jusqu'à la consoi tion des temps, des enfans toujours mutins et tonji esclaves? , 1
La réponse du roi est un véritable refus ; le ministM ne l'a regardée que comme une simple formule de lal^ surance et de- bonté j il a l'air de penser que nous aviofM fait notre demande sans attacher à son succès im gra^ intérêt et seulement pour paraître l'avoir faite.
Àï
n faut détromper le ministère.
Sans cloute mon avis n^est pas de manquer à la con^ aince et au respect qu^on doit aux vertus du voi, mais ion ayis n^est pas non plus que pous soyons inconsé<4» aens , timides | incertains dans notre marche.
Certes, il n^y a pas lien de délibérer sur la translation D^on nous propose j car enfin , même d'après la réponse D roi, nous nHrons, soit à Noyon , soit à Soissonjs^ ne si nous le demandons y et nous ne Pavons pas dfir landé , et nous ne le demanderons pas , parce que pro^ ablement nous ne désirerons jamais de nous placer atre deux ou trois corps de troupes^ celles qui investissnt Paris ^ et celles que pourraient , d'un moment à antre ^ lancer sur nous et la Flandre et PAlsace.
Nous avons demandé la retraite des troupes. Voilà objet de notre adresse. Nous n'avons pas demandé à lir les troupes , mais seulement que les troupes s'éloinassent de la capitale. £t ce n'est pas pour nous que eus avons fait cette demande , ce n'est certainement as le sentiment Ae la peur qui nous conduit, et on le ait bien , c'est celui de Pintérêt général. Or , la présence es troupes contrarie Pordre et la paix publique , et peut occasionner les plus grands malheurs. Ces malheurs , lotre translation ne les éloignerait paSyelle les aggrave* rtitau contraire.
Il faut donc amener la paix, en dépit des amis des troubles; il faut être conséquens avec nous-mêmes ,. et |ODr cela nous n'avons qu'une conduite à tenir, c'est <Pinsister, sans relâche , sur le renvoi des troupes, seul MBoyen infaillible de Tobtenir.
l5 Juillet.
, Use nonvelle députatîon est prête à se rendre auprès du roi. DiTBs«i.uique les hordes étrangères dont nous sommes
t».^ ivrvrrs oratoires
iii^.>ti»i ont rrvii liuT 1.1 vibiti' des princes ^ des pni!> i«x\c«, .'.i's ^M^oiis, des iavoriîes , et leurs caresies^et l, ; .<% « \V««.:A:40iiN et It iirs |>it'.sciis ; ditrs-liii que tonte \« i\'. .: «.^ >j:«'ilili*\ i'trjii(*i'r&, gorgés dWet detin^OBt y \- . .\ J.A\\y K'iMs ili.tiii|ts iinpios, rasserrissement dek i a-«,-, , t «|i:r lolll^ viviix hriitaiix invoquaient ladeii.. ^ ... u «i»' l'a^>«'iiiMt'i' iidiionale ^ dîtes^lui que dam >«vu ^'sk'i4iN luc'iiu* K'> courtisans ont mêlé leurs dîmes ^ii ^on %l. « «itc* iiuiMi|iio larbare^ et telle fut raTant-scèai «L la S.iini Tmi ilirliMiii.
lVi«« lin «;\ c %c llrnri dont Punivers bénit la nié- \i«,M.,- , ««-'i; i «le ivs a'iViix q 11 ^il voulait prendre pour K. .« . , '..■.^..;; p.iNMT des vivres dans Paris révolté qa'il ^.« . ..,.«.. «\t |^*l>o11l10 , et que ses conseillers féroces (,«M) (S t(«M*'«N.-. )l^ 1. 1 nues que le commerce apporte dans \'a(«« <ul« l«' \'\ .Utaiiir.
16 Juillet.
; * .s • . ' « ,V \ .vti- «)iir Roi pour le rençoi des MimistffSé
\«M\x \« u«M^x «K'^H^sor aux pieds du trâne notre lespec' tiu^ux,* i,««vuuA)%>.nu*o pour la confiance à jamais glo"' \.M\^«' %})i«^ \otiv \u.iio>lô iioiisa montrée^ et rhommtgi qiu' «u'tix uiidoii!« ik la pureté de vos intentions ^ kcé .^iiuMu «\,* la jnNi\%o qui vous distingue si éminemmentf «'t *;\ii ,Kmu»o ,\ raiiailioniont de vos peuples pour voW }vr>iMnu« >.uioo« lo plus saint et le plus durable del nîotit>.
Lo ronxoi dos troupes est un bienfait inestimable f 210US on i'ouu.usNous toute IVtendue, mais il sembla' i ac«^iiérir un uoiimmu prix, parce que nous le devonit >'iiir^ueQieiit 4 votre cœur, à. votre sollicitude paterneUtf'
DE MIRABEAU. Si'
i^taiment digne de tenir les rênes de Pétat^' vous ne les ivez pas abandonnées dans le moment le plus difficile à* 9eux qui voulaient ^ en multipliant les artifices, vous rarsuader de leur en laisser la conduite.
Vous ayez remporté un triomphe d'autant plus cher i Tos peuples , quUl vous a fallu résister à des sentimens It à des afFections auxquels il est honorable et doux Tobéir dans la carrière d^lue vie privée. Un des plus pénibles devoirs du poste élevé que vous remplissez^ c^est de lutter contre Tempire des préférences et dés habitudes.
Mais j Sire , une funeste expérience vient de nous montrer que de sinistres conseils , quoiquHIs aient été pour votre majesté Poccasion d'exercer une grande et rare vertu^ nous ont fait acheter au prix de la tranquillité publique y au prix du sang de nos concitoyens y le bien que nous eussions d'abord obtenu de la justesse de TOtre esprit y et de la bonté de votre cœur.
Il est même certain que y sans ces perfides conseils y ces troupes dont votre majesté nous a daigné accorder la retraite y n'auraient point été appelées.
Ils ont trompé votre majesté; une détestable politique s'est flattée de vous compromettre avec vos fidèles sujets; nos ennemis ont espéré que des excès de notre part ou des emportemens du peuple justifieraient l'emploi des . moyens dont ils avaient su se prémunir ; ils ont espéré Guie des coupables afin de se donner des droits contre la nation ou contre nous ; ils auraient surpris à votre religioD, à votre amour pour l'ordre y des commandemens qui I pouvant être exécutés à l'instant même y auraient créé dans la France un déplorable état de choses y ■ mis Paliénation à la place de la confiance et faitr avorter toutes 'tes intentions généreuses y parce qu'heureux dans le pro* Vmgement du désordre et de l'anarchie^ ces hommes hau- 1. 6
▼cras ne laisseriez point d^incertitade snr la position i^ l'assemblée nationale.
Mais y Sire j nous n^mploreitms point votre protection j ce serait offenser votre justice ; nous ayons conçu des craintes , et , nous Posons dire , elles tiennent au patriotisme le plus pur^ à l'intérêt de nos commettant | à la tranquillité publique j au bonheur dti monarque chéri qui y en nous aplanissant la route de la félicité^ mérite bien d^y marcher lui-même sans obstacle.
Les mouvemens de votre cœur y Sire^ voilà le vrai saint des Français. Lorsque des troupes s^avancent de tontes parts y que des camps se forment autour de nous 9 que k capitale est investie y nous nous demandons avec étonnement : Le roi sVst-il méfié de la fidélité de ses peuples? S^il avait pu en douter y n^aurait-il pas versé dans notre cœur ses chagrins paternels? Que veut dire cet appareil menaçant? Oi!l sont les ennemis de Tétat et du roi qu^il faut subjuguer? Oi!l sont les rebelles y les ligueurs qii'il ' faut réduire? Une voix unanime répond dans la capitale et dans Pétendue du royaume : Ifous chérissons ] noire roi f nous bénissons le ciel du don' gu^ il nous a fait ] dans son amour.
Sue y la religion de votre majesté ne peut être surprise que sous le prétexte du bien public.
Si ceux qui ont donné ces conseils à notre roi avaient assez de confiance dans leurs principes pour les cixposer devant nous^ ce moment amènerait le plus beau triomphe de la vérité.
L^état n^a rien à redouter que des mauvais principes qui osent assiéger le trône même y et ne respectent pas la confiance du plus pur^ du plus vertueux des princes* £t comment s^ prend-on | Sire^ pour vous faire douter de rattachement et de Famour de vos sujets? Avez^vopi
DE Mirabeau. 75
prodigué leur sang ? Êtes- vous cruel , implacable? Avez- Tons abusé de la justice! Le peuple vous impnte-t-il ses valheurs? vous nomme-t-il dans ses calamités? Ont-ils pB TOUS dire que le peuple est impatient de TOtre joug y qo'il est las du sceptre des Bourbons? Non^ non j ils ne Pont pas £iit, la calomnie du moins n'est pas absurde ; elle cherche un peu de vraisemblance pour colorer ses noirceurs.
Votre majesté a vu récemi^ent tout ce quVUe peut sur son peuple; la subordination s^est rétablie dans la capitale agitée ; les prisonniers mis en liberté par la multitude^ é'enx*mémes ont repris leurs fers y et Pordre public ^ qui peu^-étre aurait coûté des torrens de sang y si Ton eût employé la force, un seul mot de votre bôucbe Va. rétabli. Mais ce mot était un mot de paix ; il était Tex* pression de votre cœur y et vos sujets se font gloire de n'y résister jamais. Qu'il est beau d'exercer cet empire! Cest celui de Louis IX y de Louis XII ^ de Henri lY; c'est le seul qui soit digne de vous.
Nous vous tromperions, Sire, si nous n'ajoutions pas y forcés par les circonstances : cet empire est le seul qu'il âoit aujourd'hui possible et^ France d'exercer. La Trance ne souffrira pas qu'on abà^e le meilleur des rois, et qu'on l'écarle y par des vues sinistres y du noble plan qu'il a lui-même tracé. Vous nous avez appelés pour filer > de concert avec vous, la constitution y pour opérer la régénération du royaume: l'assemblée nationale vient vous déclarer solennellement que vos vœux seront accomplis 9*que vos promesses ne seront point vaines y que les piégea y les difficultés y les terreurs ne retarderont point sa marche , n'intimideront *point son courage.
Oà donc est le danger des troupes y affecteront de dire nos ennemis?... Que veulent leurs plaintes , puisqu'ils tout inaccessibles au découragement?
8a OGUYRES ORÀT.OXmBS
tains et indépenilans redoutent une constitution et àet lois dont ils ne pourront pas s'affranchir.
Sire y où prétendaient-ils vous conduire? oJi aboutissait le plan funeste qoiUls avaient osé méditer ?
Il u^est douteux pour aucun de nous j quUls se proposaient de disperser rassemblée nationale et même de porter des mains sacrilèges sur les représentans de la nation ; ils auraient voulu effacer ^ anéantir ces nobles^ ces touchantes déclarations de votre bouche , connues ^ admirées de Punivers entier j ils auraient voulu remettre en vos mains la puissance des impôts que vous aves déclaré appartenir au peuple; ils se seraient efforcés d^intéresserlesparlemens à vous prêter leur ministère; ils S9 seraient associés dans votre capitale avec des aventuriers agioteurs y avec ces vampires dont tout Part eét de pressurer vos peuples pour verser dans votre trésor ce métal ^ à la possession duquel aboutissait cette atroce politiqne; ils auraient enfin , par impuissance et après une longue suite de malheurs^ violé la foi publique, et déshonoré votre régne. ••• Vous nous arrêtez , Sire, votre humanité se réVolte; vous nous accusez de charger de couleurs sombres des projets avec lesquels vous ne pensez pasqu^aucuQ homme ait été assez téméraire pour vous approcher»
Mais y Sire, nous jugeons par ce qu'ils ont fait , de ce qu^ils voulaient faire ; ils nous ont calomnié ; ils voas ont fait supposer que rassemblée nationale ne s^occu" perait pas des travaux dont elle était chargée ; ils voas ont fait déclarer que les vœux des peuples vous étant connus par leurs cahiers, vous feriez seul le bien pour lequel nous étions convoqués. Voilà le secret de leurs cceurs et le but unique de leurs dé%irs. Ils ont voulu nous rendtt inutiles ; ils ont voulu nous dissoudre; ils ont voulu re
pousser la conslitufion et Tétouffer dans son berceau même.
BB MIRABBAU« 83
QaHIs nous le disent, s^ils Posent : la natioli anraitelle pris de la confiance dans des travaux ministériels ? Eh ! quels autres que des ministres Pont conduite à Pétat désastreux où elle se trouve ? Aurait-elle oublié que nul impôt n'est légal sans son consentement 3 que Pemprunt supposant Pimpât , ne peut mériter aucune confiance s'il n^est ordonné par elle ; que la force n'est qu'un brigandage lorsqu^on l'emploie pour arracher des contributions^ non • seulement condamnëes par les principes , mais M>leniiellenient déchirées illégales par votre majesté ?
Il aurait donc fallu bientôt convoquer une assem- Uée nouvelle : mais sur quel fondement les ministres <Taient-ils pensé que nos successeurs seraient moins iiormes que nous , qu'ils combattraient moins les usurpations féodales, qu'ils réclameraient moins les droits da peuple, qu'ils trahiraient la cause de la liberté ? Cette Mconde a^emblée nationale aurait été faible et timide j ^ alors, nulle pour la nation , elle n'aurait recuieilli que son mépris ; ou ^ ferme en principes^ inébranlable dans ses demandes > il aurait fallu la dissoudre, et oser de nouveaux attentats*
Si les ministres avaient espéré que la banqtieroute pouvait dispenser de recourir à la nation^ la première y la plus sacrée des intentions de votre majesté était trahie. Mais quel en eût été le résultat? Le désespoir des uns^ indignation de tous, la haine de l'autorité, auraient nécessité des dépenses incalculables ; l'état n'eât été dé- Kîiéd'un fardeau que pour en porter un plus accablant, car on peut concevoir le travail associé au courage répanmt avec usure les sacrifices que le bien public exige ^ mais l'industrie productive et laborieuse fait place à rabattement et à l'oisiveté partout où régnent le murninre et la misère. La banqueroute , dans ces conjonctures fatales^ n'eût donc fait que dessécher toutes les
84 OEUyRES ORATOIRES
sources de la prospérité et ajouter à la pauvreté une indi' gence plus triste et plus oppressive.
Jugez, Sire , de Pavenir par le passée et daignez tous représenter comment se conduiraient dans cette catastrophe les auteurs de ces turpitudes. Diminueraient-ils leurs profusions ? Donneraient*ils Pexemple de Pobéissancè aux lois, du respect pour une nation généreuse? Est-ce bien dans la vue de régénérer le royaume qu^ils ont cherché à étouffer Pesprit public dans sa naissance , à établir la défiance entre vous et Rassemblée nationale) à interrompre le commerce de sagesse et de bons conseilsi qui doit s^établir entre le peuple et son roi ?
Nous avons écarté jusquHci la supposition du plus grand des malheurs ) mais nous ne le dissimulerons pas: ces ministres auraient compromis le repos de votre règne Etaient-ils bien sûrs ces artisans de violence , quetou' eût fléchi sous Pimpétuosité de leurs mouvemens ; qui le désespoir des peuples eût été facile à contenir } qm 25 millions de Français eussent subi les lois de lourdes potisme j que les soldats nationaux , indifférons à la lî berté j indifférens aux lois , qui pourtant les protègent lorsqu^après le service ils rentrent dans Pordre civil n^auraient point opté entre Pobéissance du soldat et 1 zèle du citoyen ? Avaient-ils des pactes avec les prince étrangers ?Etaientâls certains que la politique offensive les prétentions 9 les anciens droits, les jalousies , les ven geances seraient restées assoupies ? !N'ont-ils pas expos le royaume à tous les maux qui ne manquent jamai de fondre sur un pays rempli de discordes j que sa fai blesse et sa désunion désignent comme une proie ?
Vous avez daigné , Sire j nous appeler pour consulte avec vous du bien de Pétat : ainsi y nous avons le dépc sacré de votre confiance et du mandat de la nation ^ < nous ne saurions être suspects y puisqu^on ne peut noi
..Ji^LÛ^Ï./..
DE MIRABKAtr. 85
supposer un autre intérêt que le bien public j essentiellement le vôtre. Eh bien ! Sire , sous ce double rapport , nous serions prévaricateurs ^ si nous pouvions vous taire une partie de la vérité.
Votre sagesse a prévenu les plus grands malheurs , mais votre indulgence ne doit pas protéger ceux qui ont creosé sous nos pas l'abîme que vous venez de fermer.
Il suffit qu'ils aient voulu nous arracher Paffection de votre majesté, il suffit qu'ils aient risqué de mêler- votre nom aux calamités qu'ils préparaient aux peuples , pour que nous ne voyons jamais en eux les dignes coopérateurs de vos sublimes travaux.
Il nous est impossible d'accorder aucune confiance à un homme qui y ayant acquis des droits à Timmortalité parla défense de l'état, s'est montré prêt à tourner à l'esclavage du peuple , l'art conservateur de la liberté publique , et qui nous a fait craindre pour nos foyers tous les maux que la guerre doit en écarter*
Il nous est impossible d'accorder aucune confiance à un chef de la justice , qui s'est montré le plus ardent ennemi 'd'une constitution sans laquelle tout ordre judiciaire, même avec des magistrats vertueux, n'est qu'un redoutable jeu de hasard , et qui , abusant des droits quo loi donne sa place sur toutes les presses du royaume^ s'est opposé de toute sa puissance à la circulation des Inmières.
D nous est impossible d^accorder jamais aucune confiance au ministre , qui , contre les intentions connues du roi , n'a pas craint , aux yeux de la nation assemblée , de prodiguer les ordres arbitraitres à l'active inquisition , qui ne voit que dans la perfection de l'espionnage le salut des empires.
La nation croira-t*elle que l'harmonie soit parfaite tutre votre majesté et nous , si le ministère est suspect y
Ni on le roti^riiis Loxnnie / -xuiemi ôd nos iraTanx^ si on rroïc m' il a*a ci*^cî :in moment .4. .A ntxe^ite et à totre Na^tr^.s** i^iie pour noiiâ ^nre;opcer nvi**iMnimfnit île non
Des inLonvi-nxiMis de toute '^pece résultent de la délia nce oiivi-rttf entre nous et .e ^llnx:^tere j nons ftfODl fil us nie iie.^ miupi ons «!<* .curs '.mentions hostiles ; ili «int plus >}iie iI•'^ ioutes des ^ntunen> qu'ils ont profoniii'S dans nos aiMirs : le pnnce» ami de sas peuplai ^ <ioit-il être environni* de nos ennemib ?
Xtins ne prétendons point dicter le choix de tos ministres . .Is doivent vous piaire : ^tre agréables à votre ra^iir. est une condition necess^iire pour tous scrrir: :nais, Sir.^. quana vous considérerez ici route funeste où vns con.seit^ers voulaient tous entraîner , quand toni sonçserez au mécontentement de la. capitale qu^ils ont ïi&siegêe et voulu atramer. au sang v^nMs ▼ ont fait coo- .er, aux horreurs qu'où ne peut imputer qu*à euxseuk^ toute l'Europe vous trouvera clément si vous daigaez ^ leur pardonner.
Réponse à Tobservitioa i*un Jeparè .|ue Tissemblëe ne peut s'.mnilscer dans le minî&tert* sans Jauger pour k choie peblique.
Dass une cLn:ou>rauce <iu>si ui-geute» je pourrais éviter toute cou ti'over^e^ puisque [%? |*ivopuant^ obiiaédecoavenir avec uous v{ue le iah uoux avant consulté ^ nous avons \^ droit et lo doroiv do lui proposer ce que noDS . croirons oppoituu , iio A»;»^»o.xo j»oiut 4 l'adresse pour le renvoi des uiiui^tivs. Mai.^ \\? uo crois pas qu'il soit jamais periuis daiiai cette a>^uibU'^ de laisser sans récUination, vioUr, luolUk^ dans uu discours, les principes^ et de composer avec lc«5t ciiUi»urs-propres aux dépens de U -vérité.
S'il est une maxime iui^u^^ et détestable y ce serait cella
qui interdirait à rassemblée nationale de déclarer au monarque que son peuple n^a point de confiance dans ses ministres. Cette opipion attaque à la fois et la nature des choses y et les droits essentiels du peuple, et la loi de la responsabilitédeSrministreS) loi quenous sommes chargés de statuer; loi plus importante encore, s^il est possible , au roi qu'à son peuple , loi qui ne sera jamais librement en exercice si les représentans du peuple n^ont pAs rioitiatiye de Paccusation ; quUl me soit permis de ui exprimer ainsi.
£ii l depuis quand les bénédictions et les malédictions iu peuple ne sont- elles plus le jugement des bons ou des mauvais n^inistres ? Pourquoi une nation qui est représentée j s^épuiserait*elle en vains murmures , en stériles imprécations , plutôt que de faire entendre le vœu de tous par ses organes assermentés? Le peuple n'a-t-il pas placé le trône entre le ciel et lui , afin de réaliser , autant que le peuvent les hommes , la justice éternelle , et anticiper ^ur ses décrets , du moins pour le bonheur de ce monde ?
Mais vous voulez donc confondre les pouvoirs ?... Nous aurons bientôt occasion d'examiner cette théorie ^ trois pouvoirs , laquelle exactement, analysée^ montrera peut-^tre la facilité de Fesprit humain , à prendre <les mots pour des choses, des formules pour des argu* Toams , et à se routiner vers un certain ordre d'idées , 84ns revenir janiais à examiner l'intelligible définition qurlla prise pour un axiome. Les valeureux champions des trois pouvoirs tâcheront alors de nous faire cornpiendre ce qu'ils entendent par cette grande locution de trois pouvoirs ; et, par exemple, comment ils conçoivent 1a pouvoir judiciaire distinct du pouvoir exécutif ; ou ttême le pouvoir législatif sans aucune participation au PottToir exécutif.
Il me suffit aujourdUiui de leur dire : Vous (mhlieg • que ce peuple , à qui tous opposez les limites des trois pouvoirs y est la source de tous les pouvoirs y et que lai seul peut les déléguer. Vous oubliez que c^est au souverain que vous disputez le contrôle des administrateurs. "Vous oubliez en£n que nous ^ les représentans du sonve* rain, nous^ devant qui sont suspendus tous les pouvoirs^ et même ceux du chef de la nation ^ s^il ne marche point d^accord avec nous, vous oubliez que nous ne prétendons point à placer , ni déplacer les ministres en vertu de nos décrets , mais seulement à manifester Popimon de nos commettans sur tel ou tel ministre. Eh ! coni' ment nous refuseriez-vous ce simple droit de déclaration^ TOUS qui nous accordez celui de les accuser , de les poursuivre j et de créer le tribunal qui devra punir ces artisans dHniquités dont j par une contradiction palpable j vous nous proposez de contempler les œuvres dans un respectueux silence ? Ne voyez>vous donc pas combien* je fais aux gouverneurs un meilleur sort que vous^ combien je suis plus modéré ? Vous n^admettez aucun intervalle entre un morne silence et une dénonciation sanguinaire. Se taire ou punir, obéir ou frapper, voilà votre système. Et naoi , j^avertis avant de dénoncer j je xécuse avant de flétrir; j'offre une retraite à Pinconsidé* ration ou à Pincapacité avant de les traiter de crimes» , Qui de nous a plus de mesure et d'équité ?
Mais voyez la Grande-Bretagne ! Que d'agitation populaire n'y occasionne pas Ce droit que vous réclamez î C'est lui qui a perdu l'Angleterre.... L'Angleterre est perdue ! Ah , grand Dieu ! quelle sinistre nouvelle ! Eb ! par quelle latitude .s'est-elle donc perdue? ou quel trem* blement de terre , quelle convulsion de la nature a en-^ glouti cette ile fameuse , cet inépuisable foyer de si' grands exemples , cette terre classique des amis de Hl
BE MIRABEATT. 8^
ïé ?•••• Mais TOUS me rassurez... L^ Angleterre fleurit re pour réternelle instruction du monde ; PAnglerépare dans un glorieux silence les plaies qu^au m d^une fièvre ardente elle s^est faites ! L^Angledëyeloppe tous les genres d'industrie j exploite tous Ions de la prospérité humaine ^ et tout à Pheure re elle vient de remplir une grande lacune dç sa titution avec toute la vigueur «de la plus énergique esse y et Pim posante maturité d'un peuple vieilli dans iffidres publiques^... Vous ne pensiez donc qu'à ]ites dissensions parlementaires (là comme ailleurs ce souTent que du parlage qui n'a guère autre imporïquePintérêt de la loquacité) ; ou plutôt c'est appaoent la dernière dissolution du parlement ^qui vous îe. ♦
ne TOUS dirai pas que sur votre exposé it%st évident rous ignorez les causes et les détails de ce grand îment qui n'est point une révolution comme vous >elez; mais je vous dirai que cet exemple offre la ve la plus irrésistible que l'influence d'une assemnationale sur les ministres ne peut jamais être dépose parce qu'elle est nulle, cette influence , aussile le sénat en abuse.
l'est-il arrivé , en effet , dans cette circonstance rare roi d'Angleterre, étayé d'une très faible minorité, as craint de combattre la formidable assemblée nale et de la dissoudre? Soudain l'édifice fantastique i opposition colossale s^est écroulé sur ses frêles »nens , sur cette coalition cupide et factieuse qui lait menacer de tout euTahir. Eh ! quelle est la ) d^nn changement si subit ? c'est que le peuple de l'avis du roi et non de celui du parlement. Le te la nation dompta l'aristocratie législative par un >le appel au peuple , à ce peuple qui n'a jamais
90 OCUYIIBS ORATOIRES
qu'un intérêt y parce que le bien public est eteentielle» ment le sien. Ses représentans ^ retétus d^une in?isîUi puissance y et presque d'une yéritable dictature quêni ils sont les organes de la volonté générale, ne sont que des pygmées impuissans ^ s'ils osent substituer à lear mission sacrée des vues intéressées ou des passimis pM^ ticulières.
Livrons-nous donc 9 sans crainte ^ à l'impulsion dt l'opinion publique ; loin de redouter j invoquons sauf j cesse le contrâle universel ; c'est la sentinelle incorruptible de la patrie ; c'est le premier instrument auxiliain de toute bonne constitution; c'est l'unique tunreiUaiitf le seul et puissant compensateur de toute constitution vicieuse 5 c'est le garant sacré de la paix sociale ^ avec laquelle nnl individu j nul intérêt , nulle considération ne peuvent entrer en balance.
S>E MIJELABBAtr. ^X
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INANCES , ASSIGNATS-MONNAIE, SYSTEME MONNET AIRE , COMMERCE DE L'INDE JET REVENUS DE L'ETAT.
1789. — 7 Août.
Le ministre des finances, M. Necker, ^propose un emprunt ; on IdAme l'observation des mandats qui défendaient de consentir Atcmi impôt on emprunt avant l'achèvement de la constitution. ^
Mb9sibv&s , j^avoue que je suis pressé e^tre la i^écesr lié jd^un emprunt e% 1^ letlre ittipérieUjSe 4^s ni^u^^ts» •a première idée qui se présente à iiioi , c^est de donner exemple des contributions patriotique^ et volontaires, ffrous notre crédit individuel \ voilà ce que noiis devons nous-mêmes et à la cho$e publique : s'il faut quel-r le chose de plus , adressons^nous à nos conMuettans | însandons-Jeur autorisation ^ pour subvenir au couint , de mois en mois ; sprlout faisons .convoquer les {semblées provinciales | a£a qu'elles pourvoient aux loyens de rétablir les perceptions et de rendre aux proinces la tranquillité. Au reste ^ ce que je dis ici n'est «nt-être pas ce que je proposerai^ , si j'avais le temps e réfléchir^ du moins j^e ne l'assure pas : mais je «nclusy de la situation dans laquelle je me trouve , lœ la délibération doit être ajournée à demain, pour (pe chacun de nous puisse méditer , exanfiiner.
8 Août.
^UlTB DE JLA DISCUSSION.
MissiBUEs 9 en chargeant le comité des finances de
92 OGUTRES ORATOIRES
nous porter un préavis sur la demande que nous fonf les ministres^ d^autoriser le roi h un emprunt de trente millions y vous avez voulu laisser à chacun des membni de cette assemblée , le temps de la réflexion ; car nul trivail actuel sur Tétat des iiuances ne pourrait servir i diriger notre détermination. Il n'entre dans Pesprit i» personne que le trésor puisse se passer de secours ^ et ce n'est pas un emprunt de trente millions qui empiren le rapport de nos finances avec les ressources nationales»
Nous devons nous diriger par de plus hautes conn* dérations. Il faut sans doute pourvoir au courant. Tdk est même la nature des malheurs qui multiplient nos embarras y que nous courions le risque de les aggravefi si une rigidité de principes que rien ne tempérerait, nous laissait indifférens pour des besoins ou des égards doDl, il est impossible de se dissimuler ^importance.
Mais n'est-il aucun moyen de conserver cette rigidité^ et de f épondre cependant à Pattente du ministère ? ft ce moyen existe, le patriotisme, la saine politique , et^ s'il faut parler clairement y lesménagemens infinis ans lesquels nous devons user de la confiance de nos coth mettans y ne nous font-ils pas la loi de nous servir dl ce moyen ?
Avant de vous le proposer , qu'il me soit penmi Messieurs y d'exprimer une réflexion que m^arrache 11 sentiment de la grandeur de nos devoirs.
Elle ne peut plus exister dans Pordre nouveau qutà régir l'empire y cette prompte obéissance que notre Bst sibilité savait transformer en témoignage d'amour la personne du monarque que nous représentaient ministres. Aucun d'eux ne doit désormais rien at que des volontés libres delà nation; et un examen chi peut seul leur imprimer ce caractère. Ennous t
DE MIRABEAUé gZ
m garJe contre les résolutions précipitées ^ nous éloigjnerons de ^ l'esprit des ministres toute tentative qui Ut s'adresserait pas uniquement à nôtre raison ; et dès lors rien n'en viendra troubler le libre exercice.
Surpris hier par une demande à laquelle nous n^étions pas préparés ^ je hasardai mon opinion plus que je ne la donnai ; et me représentant la pluralité des instructions de nos commettans, et les circonstances où se trouve rassemblée y il me parut que les premières nous empêchaient d'accorder l'emprunt sons les formes ordi* iiaireSy et que les secondes nous interdisaient l'essai d'uu crédit que. nous ne devons jamais compromettre.
Je proposai donc d'avoir recours à nos commettans ^ en leur indiquant une forme qui ne compromet point Jes motifs généreux qu'ils ont de n'accorder les secours pécuniaires qu'après avoir irrévocablement fixé les bases de la constitution.
On a craint trop de lenteur dans cette manière de '|K>urvoîr à des besoins très urgen's. Cependant je crois* impossible d'échapper à ce dilemme.
Ou nous avons la certitude morale que nos commet*
tans nous autoriseraient à faire les emprunts que ces
besoins exigent, et alors la résolution de demander cette
autorisation suffit déjà au ministre des finances pour
trouver dans ses propres ressources les moyens d'attendre
^ cette autorisation ;
On nous devons la regarder comme très douteuse, et alors nous prononçons nous - mêmes l'impossibilité dûaccorder l'autorisation qui lui est demandée.
Dira-t-on qu'en supposant possible le refus de l'auto-
tîoii si nous la demandions , nous n'avons pas à
dre le désaveu du consentement que nous donne-
pour la nation à l'emprunt sans la consulter y
qu'au défaut des égards auxquels nous avons droit
p4 OBUTRES ORATOIRES
de prétendre j les circonstances imp^rietises qne nMf coniinettans n'ont pas pu prévoir , justifieraient asNl notre conduite» et d^antant mieux qu'un emprunt ds trente millions est trop p»u considérable pour diniiniN^ la force des choses qui rend à la nation sa liberté ^ oa pour aggraver le poids de la dette ?
J'admettrai cette réponse, Messieurs. Eh bien ! qn'eft résulte-t-il ? que nous n'osons pas nous fier à la cerli'. tudo de l'antorisation que la rigueur de noire def6i# nous oblige à demander à nos commettans en loutétU de cause /et quo nous nous prévalons , pour autonief l'emprunt y d^ui consentement que , par décence ^k nation ne pourra pas refuser^ une fois que nous l'aurons donne.
Mais puisque nous pressentons ce résultat de notrt position 9 ne vaudrait^il pas mieux respecter scrnpaleB' sèment la sage politique denoscommettans^etfaireserfitf dans cette circonstance notre propre responsabilité | comme médiatrice entre Pinflexibilité avec laqnelle )Ê nation doit se maintenir dans la position qu'elle a pris!' relativement à Piuipât , et la nécessité de pourvoira besoins qu'il serait trop dangereux de négliger ?
Songez y Messieurs 9 à l'état actuel des esprita* Ul défiance excessive et sourde a tous les raisonnenietti est toujours prête à dicter les résolutions les pidS étranges : faut*il nous exposer à lui donner contre n^ l'ombre d'un prétexte ? ceux qui nous ont menacé Paris , nous demandant compte d'avoir refusé l'emp: croient-ils que les provinces aient renoncé au dr^k nous dire : pourquoi Pavez-vous accordé i Pour nUtti } frémis de ce danger , et ne pensant pas qu'il jamais nous convenir de résister à une défiance injuste , je crois que nous devons nous résoudre à toi les sacrifices personnels qui seraient eu notre pouvoir
^lulAt que àé nous écarter de la letlre de nos ualidats •urTobjet des subsides.
Je n^hésite donc pas à vons proposer que PemprunI
trente millions actuellement nécessaire au gou ternement , soit fait sur rengagement des membres def cetto ■flsemblée^ chacun pour la somme dont ses facultés [permettront de se rendre responsable envers les prêteurs ^ ■omme dont nous ferons incessamment la souscription Mktre les mains de notre président , pour être remise à m majesté) et servir de caution à Pemprunt de trente ■ûUioBs éeni ses ministres demandent Pàutorisation à l^assemblée.
Pai Aéjk indiqué un jouissant motif pour nous déter*» ■ûnér à cette résolution patriotique. Elle nous laisse loate la confiance de nos commettans y puisque mous testons fidèles ans intentions consignées dans leurs EBandats sur les secours pécuniaires j et que nous ne les ebligeons point à s^en rapporter à nous sur le jugement les circonstances qui rendent cet emprunt nécessaire ; an sorte qn^ils ne . peuvent pas redouter de favoriser ftncnne politise ténébreuse qui consisterait à gagner la temps par des incidens; car n^engageant pas la kiation y nos propres hypothèques ne pourraient pas se eipéter deux fois de suite avec succès. • Mais cette résolution à d'autres avantages : elle est patriotique; et, sous ce point de vue, nous donnons Ihaccmple le plus propre à ramener teus les sujets de pire à la subordination volontaire qui caractérise e libre , le Trai citoyen. Nous mettons le sceau
notre arrêté du 4 de ce mois , dont la précipitation
ible nous accuser du besoin d'émotions rives , pour
résoudre à des sacrifices généreux 3 tandis qu'on
également les attendre de nos plus m&res délibé*
tions.
Elle nous revêt de toute la force morale dont nonl avons besoin pour rétablir et conserver la perception des impôts et la soumission aux lois et aux iisag^t jusqu^à ce que les changemens annoncés soient misai état de prendre leur place.
Devenant nous-mêmes dans nos propres personnes la caution d'un emprunt destiné aux besoins de Pétat^ nous avertissons avec énergie tout intérêt sordide iê s'éloigner enfin ^ d'opérations qui sont le triste fruit d*' nos malheurs : nous appelons de plus en plus IViprit public j si nécessaire au rétablissement de la s&reté générale et individuelle : nous montrons notre confianoa dans les ressources nationales pour maintenir k id publique ^ tandis que nos ennemis n'avaient que Pezé* crable ressource de la violer. Nous annonçons qno mettant tout notre espoir dans les bons exemples ^ uns inflexible rigueur doit poursuivre les mauvais*
Ëniin le roi lui-même prendra dans notre déviMM' ment toute la force dont il peut avoir besoin pour résisltf non à ses goûts ^ puisque nul monarque ne futpliH disposé à la simplicité qui appartient à la vraie deur y mais aux artisans de ce faste déprédateur multiplie autour du trône tant d'êtres inutiles»
Yous n'hésiterez donc pas, Messieurs ^ à prend» noble parti que je vous propose ; et si vous éprouves cet égard quelque doute , il viendra de la craints n'être généreux qu'en apparence : tant il y a lien croire que la nation se hâtera de vous relever de engagemens ! N'importe, Messieurs, vous aurei jours aux yeux de cette nation généreuse ; aux yeux l'Europe attentive, un grand mérite , celui de la la plus exacte aux mandats dont vous êtes les taires , et dans un point sur lequel la nation fait ser la certitude de la restauration de l'empire» .
DB MIRABEAir; 9^
19 ji^Ût.
L'eratenr propose de remettre aa roi le soin d'assurer à Fempnmt on succès plus prompt*
Mbssibuks^ il nVst sans doute aucun de nous qui ne sente Pimportance du crédit national ^ et qui ne prévoie combien il sera nécessaire d^en faire usage ^ pour remplir les engagemens que nous avons déclarés inviolables. . Nous devions espéreiç que les revenus publics restexaiem du moins ce qu^ils étaient, jusqu^au moment où vous les remplaceriez par des contributions plus sagement assises et pins équitablement réparties. Mais dans le trouble et Tanarcbie où les ennemis de cette assemblée ont plongé le royaume , des perceptions importantes ont disparu , et il est devenu tous les jours plus difficile de pourvoir aux dépenses que nécessitent les besoins de Tétat.
Ce malheur ne les rend ni moins urgentes , ni moins considérables. Au contraire 9 en même temps que de nouveaux déficits se forment , il ^t chaque jour plus important de se précautionner contre Tanarchie. Nous devons craindre^ surtout > d^exposer le royaume au désespoir qui lésulteraitd^une longue cessation des paye- Biens que fournit le revenu public. JjSl cliaine de ceux qui subsistent par la circulation de ces payemens est immense. On y rencontre sans doute des hommes asse?; ^riches pour supporter de grandes privations ; mais ces k riches 9 sont des agens de la circulation , et si elle s^arrê- ^it dans leurs mains y la pénurie attendrait une foule I d'individus qui ne peuvent être privés de rien , sans sacri- /£er de leur plus étroit nécessaire. A ceux-ci se joindrait cette niasse d^bommes que la cessation des salaires ou
98 Or.rVHES OIIATOTBES
des rentes qu^ils re^u>ivcut i m mendia Lement du tr&or pnidic , jetterait aussi dans la misère; et qui peut calculer les effets d^ine telle suspension ^ dans le moment où tous les citoyens attendent ayec inquiétude un meilleur régime 9 mais ou rien encore nVst remplace* ?
Cependant nous ne pouvons pas rétablir soudainement les finances. La sogesse et la maturité doivent présider n cet important ouvrage.
Quelle est donc la ressource de Pétat dans des circons* tances aussi critiques ? Le crédit national j el certes ^ Messieurs , il devrait n'être pas difficile de l'établir» Le ]x>yaume reste encore le même. L^ennemi ne Ta pat dévasté. Les pertes que nous avons faites sont calca* labiés. En considérant la nation comme un débiteur ^ elle est toujours riche et puissante ; elle est loin d^avoir reçu aucun échec qui puisse la rendre insolvable* Que Ift concorde se rétablisse^ et le nu méraire^ caché de quelque manière que ce soit^ reparaîtra bientôt ^ et les moyens de prospérité reprendront une activité nouvelle ^ uiib activité augmentée de toute l'influence de la liberté.
Il est donc nécessaire j il est donc urgent de nous . occuper du crédit. Heureusement ce nVst pas une œuvre compliquée. Il suffit de connaître les causes qui le suspendent. Il suffit y du moins en ce moment , de se pénétrer du besoin de les faire cesser ; et bientôt le crédit renaîtra. Bientôt il nous fournira les moyens d'attendre paisiblement que le revenu public suffise à toutes les dépenses.
Ces considérations m^ont fait un devoir, Messieurs , de vous parler aujourd'hui de l'emprunt que vous av» décrété. Jusqu'à présent j on y porte peu d'argent. N'attendons pas qu'on vienne nous dire qu'il ne se remplit point. Apercevons de nous-mêmes, que sans un chan^ {jenient favorable au crédit y cet emprunt ne sera pas
.réalisé ayant que de nouveaux besoins d^emprunter arrivent y et nous trouvent dans les mêmes perplexités. Laissons là les vaines déclamations contre les financiers, les gens d'affaires, les banquiers, lescapiti^Iistes. A quoi serviraient les plaintes qui s'élèveraient contre eux dans cette assemblée, si cç n'est à augm^tei: i^ alarmes ?
Quand il pe serait pas souverainement injuste d^ re« venir sur des contrats revêtus de toutes les sanctions qi;i depuis deux siècles obtiennent notre obéissance , cbeçcbero'ns-nous au travers des mutations journalières , le créancier que nous voudrions trouver trop ricbe de . nos prodigalités ? Si nous le tropvions, qui de nops oserait le punir de n'avoir pas repoussé des gains séduisais et ofTerts par des ministres restés impuni&J^ Mais si les difficultés d'une aussi odieuse rçchercbe noMs la rendent impossible, frapperons-nons en aveugles sur les propriétaires d'une dette respectable sous tous ses aspects ? Car voua n'avez pas oublié, Messieurs, que c'est la fidélité du roi envers les créanciers de l'état qui nous a conduit à la liberté , et que si , écoutant les murmures dont je parle , il eût voulu se constituer débiteur infidèle , il n'était pas besoin qu'il nous délivrât de nos fers?
Loin donc d'inquiéter les citoyens par des opinions que nous avons solennellement flétries , appliquons-nous à maintenir sans cesse, sur la dette publique, une sécurité sans laquelle les difficultés deviendront enfin insurmontables.
Nous avons voulu déterminer l'intérêt dé notre emprunt ; nous nous sommes trompés. Le ministre des finances ne pouvait pas lui-même le fixer avec aucune certitude.
Il comptait sur un mouvement patriotique, son opinion nous a entraînés. Mais lorsque des mesures sont
lOO OEUVRES ORATOIRES
indispensables j faut-il faire dépendre lenr succès d^an sentiment généreux?
Ce sentiment ne pouvait agir que par une entière confiance dans rassemblée nationale. Mais tout en méritant cette confiance par nos intentions et par notre dévouement sans bornes à la chose publique , ne loi avons-nous donné aucune atteinte involontaire?
On s'éclairera de plus en plus , sans doute ^ sur les circonstances qui ont hâté vos arrêtés du 4 de ce mois^ et avec le temps, vous nVurcz pas même besoin d^apologte : il nVn est pas moins vrai que si ces arrêtés enisent paru plus lentement^ si les discussions qui les ont suivis les eussent précédés , il n^en serait résulta aucaiie inquiétude sur les propriétés. Certainement elles n^ont reçu aucune atteinte ; mais pour reconnaître cette vérité^ il faut que Ton s^accoutume 4 distinguer ce qui appât' tient à la nation d^avec ce qui appartient aux individiUf et ces abstractions ont à lutter contre Phabitude.
Je vous ai dit^ Messieurs , que nous avions voulu | contre la force des choses ^ fixer Pintérét de Peroprunt* Cette fixation n^a pas été seulement intempestive; elle '9 produit un autre mal.
Nous avions mis la dette publique sous la sauvegarde de Phonneur et de la loyauté nationale ^ et en fixant Fintérét de notre emprunt à quatre et demi pour cent| sans égard au prix actuel des effets royaux , lequel rap porte un intérêt beaucoup plus considérable ^ il a para que nous voulions établir une différence entre la dette contractée et celle que nous résolvions de contracter» Nous avons semblé dire que Pune nous sera plus saciée que Pautre ; contradiction malheureuse ! Elle était loin de notre intention ! Mais la défiance raisonne peu y et les formes de cet emprunt ont ainsi donné des alarmes sur la dette publique^ tandis qu4l devait être consi-
DB MIRABEAU. lOl
ièté comme un moyen d^eu assurer le remboursement*
Pensaî'je donc que nous devions décréter un emprunt àtin intérêt égal à celui que rend le prix actuel des fonds publics ? Non , Messieurs 3 mais en autorisant ^emprunt y nous devions laisser au ministre , dont les intentions ne sont pas suspectes | le soin d^en régler les conditions^ selon Pezîgençe des conjonctures. .
Tout ce que je viens d^avoir l'honneur de vous exposer est très simple y et vous y auriez po'uryu, si nous avions en général plus de temps pour nous consulter sur les questions importanteis ^ si nos délibérations étaient j^lus tranquilles 9 si^ ne pouvant rien sans la réflexion^ on nous laissait plus de moyens pour réfléchir.
Je ne saurais trop le répéter y Messieurs y le respect pour la foi publique est notre sauvegarde ^ et le crédit national est y dans ce moment y Punique moyen de remplir les devoirs qu^elIe nous impose. Quand y par impossible ^ nous voudrions suivre la détestable maxime -qu^il n'est point de morale en politique ^ avons-nous dans les mains une force publique qui se chargeât de contenir la juste indignation des citoyens ?
Nous ne pouvons compter ni sur le crédit du roi y ni sur celui du ministre des finances. Quand tout est remis par le roi y par ses serviteurs y par la force des événemens , dans la main de rassemblée nationale , est-il possible de pourvoir à la chose publique par un autre crédit que celui de la nation ? et si. les volontés ne s& réunissent pas dans Rassemblée nationale, où se formera le crédit public? A quel état de confusion ne m^^rcherons- 0011 s pas ?
Je propose donc d^arréter, que l'assemblée natix>nale persévérant invariablement dans P intention la plus entière de maintenir la foi publique y et considérant la nécessité
102 OEL-YRBS OIlATOTliES
urgente des fonds de V emprunt décrété le 9 àoûï^ à Plntêrit de quatre et demi pour cent ^ autorise sa majesté â employer les moyens que la situation des affaires et les besoins impé- Tteux du moment lui paraîtront exiger^ pour assurer â tewÊprunt un succès plus prbmpty lors même qUe ces moyens apporteraient quelques modifications à r article 4 de VarréU du A août,
La publicité de cet arrêté suffira pour dissiper les fausses craintes que des fatalités imprévues ont fait naître^ et les personnes qui dépendent du maintien de la foi pol)lique, sentiront de plus en plus qu^il est de leur intérêt de seconder les intentions de rassemblée nationale^puis* <|n Viles tendent au rétablissement de Tordre public , sans lequel les mesures les plus sages ne peuvent ayoir aucun succès.
ojj Août.
Le premier emprunt n'étant point rempli, le ministre- eft propose un second de 80 millions , qai n^oilre an trésor eflb 40 millions effectifs. M. d'Autiin présente quatre propoiîlîoa* sur lesquelles on demande Pajournement à trois jovrs.
MESsiBuas, si j^avais eu Phonneur de parler le pt^ mier â cette assemblée, peut-être me serais-je borné à une approbation pure et simple de la proposition de M. le directeur* général des finances; mais les additions que M. Tëvêque d'Autnn y a faites sont de telle nature, la première du moins, qu'une fois proposée , il y aurait les plus grands dangers à Fbn séparer. On nous parie de rett' voyerla discussion à un autre jour. Ceux qui nous font cette proposition, en ont-ils bien pesé les conséquences? Youdraient-ils, par un simple attachement è une ïotïsA rigoureuse I exposer l'assemblée à perdre les fruits d^tuie
DB MIRABEAU. lo3
«UfCOifiioii «usai lumineuse que celle que noua venons
iiffè$ avoir manqué notre premier emprunt par un malheureux attachement à des formes, par un désir bien oa mal entendu de perfection ^ voudrons-nous exposer k royaume à tous les maux que pourrait entraîaeir le iiuiUTais succès de celui qùinousest aujourd'hui proposé? le ne suis pas de ceux qui sont prêts à se rendre Téchp de tout ce qui sort d'une bouche ministérielle. Je ne dis pasqaecequivientdenousêtreludblapartdu ministre, £oit au-desitius de toute exceptipa $ mais le besoin d'une ressource momentanée est évident^ mais l'importapce dWurer le crédit pubhc sur la base sacrée de la fidélité de la nation à remplir ses engagemens; voilà ce qui nie parait également juste et pressant^ voilà ce qui ne saurait plus , dans le moment actuel , admettre de retard. —
Je nUnsîsterai pas> Messieurs, pour que vous passiez 8ftr une seule délibération les quatre propositions de M. Vévéqne d'Âutun; mais les deux premières sont tellement liées, tellement connexes > que leur séparation , même momentanée , pourrait avoir sur le crédit public les conséquences les plus funestes : approuver l'emprunt sans consacrer la dette , sans la mettre à l'abri de toute réduction, de toute atteinte, c'est semer la défiance et Teffroi parmi les capitalistes, c'est leur annoncer des iuteulions sinistres, c'est , en un mot, proclamer la banqueroute dans le moment où nous demandons du crédit.
Et dans quel temps, à quelle époque pensez-vous à annoncer des vues aussi malheureuses , quand vous êtes prêts à recevoir le grand, l'inestimable bien d'une constitution libre, quand cette constitution est à Tenchère? [Murmures.) Oui, Messieurs, je ne crains pas de le répéter,. par un heureux effet des fautes et déprédations ministérielles , ia constitution est aujourd'hui à Pencherez, c'e«t la
lo4 OEUVRES ORATOniES
déficit qui est le trésor Je Pétat ; c'est la dette pnbKqof qni a été le germe de notre liberté. Youdrez-TOUS TOO^ voir le bieufait y et vous refuser à en acquitter 1« priiî '