CHAPITRE XXV
Méfiance
Fatale, fatale soirée que oette-la(l)! INuirrai-je me la rappeler?.. .Ouf, mes souvenirs sont encore si douloureux qu’ils u.* nu- manqueront pas.
Je suis arrivé à neuf heures et ilemie à l’hbtel de Pétlâliel, dans uue dé- position d'esprit aigre et maussade.
— Comme vous venez lard ! m'a dit Marguerite en souriant et d’un ton de reproche amical ; mais j’ai tellement hâte de vous dire mon secret, mes projets du mois de mai, que je tic veux pas perdre de temps à vous gronder. Asseyez-vous là, près de moi, et soyez muet.
Satisfait de cette recommandation, qui me permettait de «cher mon humeur chagrine , je baisai b main de Marguerite, et ie lui dis d'un air sérieux, quelle crut feint : — Mc voici aune gravité, d'une attention complote ; je vous écoute.
— Tout ce que j'espère, c’est que cet air grave, celte attention, seront tout à l’heure fort dérangés par rélourdtftM-mcnl imprévu de ce que j’ai à vous dire, ajouta en riant madame de l'énàfiel . mais qu'importe ! oc m'interrompez pas... Je voulak aller ce matin chez inadcmoiM lie l euonuâiui, non- seulement à cause de mon jour de naissance, mais encore parce que j étais curieuse de savoir si cette rire devineresse tn’au-
(1) Ce chapitre «la Journal d'un invounu amble avoir été écrit quelque tempe -urvt 1 an é-H»«y“«aiU qu’il retrace
rait su prédire que le plus grand bonheur que j’aie rivii de ma vie él.iil sur le point de se réaliser. Ce bonheur le voici : le 4" mai je quille Paris...
— Vous parlez 1...
Silence, nie dit Marguerite eu mettant son doigt sur scs lèvres ;
vous voilà déjà MM ÉMU, rien qu’; u cornmcm voient «pie sera-ce duUU tout à l'heure ? Je nprewb : je pars le 4" mai, o’emmenatK avec mot qu’un homme de confiance et ma vieille femme de chambre, mademoiselle VMideuii. te but apparent d«* mon voyage est un séjour de quelques mois dans une de mes terre», eu Lorraine, que je n’ai pas visitée depuis longtemps...
— Je devine...
— Vous ne devinez na^ du tout. A six lieues de Paris je m’arrête ; je bisse ma voiture chez le père île ma femme de chambre qni m’est toi*: dévoué, et je reviens à Paris, devine* où ’/
— En vérité, je ne sais...
— Dans une modeste mais charmante petite demeure, située an tond d'un quartier perdu, cl je ni y installe sous le nom de mad une Durai, jeune veuve arrivant de Bretagne à Paris pour s occuper d un procès... Eh bien! que vous disais-je ? vous voilà, comme je m’y attendais tout étonné, tout stupéfait, dit Marguerite.
Je n'éprouvais ni étonnement, ni stupéfaction, mais un sentiment bien autre.
Soit par suite de la disposition chagrine de mon esprit irrité ou de ma défiance naturelle, ces projet» de retraite venaient de rappeler tout à coup à ma mémoire un de mile bruits odieux qui avaient couru -ur madame de l’énàfiel, et entre autres les mystérieuses aventures ou'on prétendait s’être passéesdaus une petite maison ignorée quelle possédait. Depuis, Marguerite m'avait toujours nie ce fait comme tant d'autres calomnies absurdes, qui, ne pouvant s'attaquer à aucune évidence, étaient réduites à s .pposer mille incidents secrets. Aussi, étourdi par lit bonheur idéal que j'* goûtais depuis dem mois, ou plutôt peiubul cet accès de raison et de félicité, j'ava» eu l'esprit tle ne pas songer un moment au pa>-é. Près de « cite femme charmante, j'avais aveuglément cm ce qu'il est toujours si c o mmode, et si bon, et si sage . de croire, que j étais uniquement ah»*, l'avais aveuglément cru à b noble explication qu elle m’avait donnée de sa conduite ; j’avais enfin oublié les lâches et misérables défiances qui déjà m’avaient rendu si cruellement injuste à son égard, l'ourquo» («tombai-je alors, et à propos de ce projet de retraite, (Luis lotis mes abominables rêves de méfiance? Je ne sais, nuis, hélas ! j'en subis b douloureuse obsession.
— line fois établie dans tua maisonnette, continua madame de PêuAlicl, je reçois chaque jour mon Ircre ce frère... c’est vous, car vous restez ostensiblement à l'or*-» ; seulement, de temps à autre, vous vous montrez à l’Opéra, dans le monde; puis, quittant bien vite tous les brillants ennuis, de votre élégance habituelle, vous venez modeste!» ni ici, chaque jour, passer de longues heures auprès do votre sœur bien- aimée; toute» lev heure» enfin que vous bisseront vos apparitions mondaines. Kh bien! Arthur, que dites-vous de celte folle? nest-rilc pas (lurmantc? Oh! mou ami , si vous saviez la joie d'enfant que je me promets de celte cxhv'ence si inthnemenl partagée avec vous, de celle obscurité, de ce mystère, de ces longues promenades de ce*, soirée*, passées loin d’un monde Importun et jaloux, de ccs journées toutes à uoos et si diversement rempli»! tbr vous ne savez pas, Arthur, nous aurons là un salou où nous trouverons de quoi peindre cl Taire de la muriqhc ; là seront les livres que vous aimez, ceux que j'affectionne. L’habitation est petite, mais commode; le jardin très-grand, très-ombragé, trcs-cssculé. Notre maison, ne vous moquez pas lmp de ce* détails de ménage, notre maison se composera de ma femme de chambre, d une seconde femme qu elle prendra d d'un homme pour vous. D’avance je me fais nue fête de reconnaître, j'en suis sûre, qu’on peut être parfaitement ! heureux de la rie la plus médiocre, et de juger par nous-mêmes de ces I existences modestes dont nous autres riches ne soupçonnons pas même les conditions... en un mot, mon ami, tant que vous ne vous Lisserez pas de celle solitude, mon intention est d'y vivre; et puis, c'est peut- cire un enfantillage, mais ce! isolement complet de l'a ris au milieu de Paris m'amuse rail au |x>ssihlc, ri notre bonheur m'eu bissait le temps. D’ailleurs, mon projet ne peut réussir qu'à Paris, car, disparaissant tous deux, lo monde aurait bien vile pénétré la vérité: tandis que, vous y restant, ses soupçons seront déroulés. Mate tse qui sur» charmant, ce seront les commentaires sur mon absence, les mensonges de toutes sortes qu'on : débitera, et surtout les preuves à leur appui. Mon Dieu! quand je pense à tout ce «jue vous entendrez dire, j'envie presque voire place. Mars vous vovez que j'use largement du droit que j avais réclamé, de ne nas être lut i rrompne c’est qo aussi on ne peut cesser de parier d'un bonheur qu'on attend, qu’on désire... oh! qu'on désir»* de toute» les fore» de | l'amour et de l'espérance, ajouta Marguerite en me tendant la main d'un j air radieux et épanoui.
! Je l’avais à peine écoulée. S» projets je le répète, venaient do réveiller en moi des soupçons infâmes, si heureusement endormis pendant ; deux mois de souverain bonheur- Celte adoration pieuse et profonde 1 pour La mémoire do son mari, qui avait dû m'expliquer b vie de M.ogiu rite , ne me parut plus aines qu’une lâblc grossière dotil je ut Midi-
se
ARTHUR
gnais d'avoir été un instant la dupe ridicule. Je crus de nouveau et plus opinâlrément que jamais à toutes les odieuses calomnies d'autrefois. Aussi, cruellement irrité d'avoir cédé à un élan de noble confiance, et un moment oublié ce que j'appelais ma pénétration et ma sagacité, les ressentiments les plus détestables se soulevèrent dans mon cœur. Partant enfin de cette supposition . que ce que Marguerite me proposait avec une grâce si charmante, elle l'avait pareillement proposé à d’autres, sans doute dans les mêmes termes et eu feignant b même naïve et
t oveuse espérance; ne trous ant alors rien de plus révoltaut que celte aûsseté gratuite, rien de plus sot que mon rôle, si je paraissais croire à ce désir soudain de bonheur ignoré, que j’étais censé éveiller dans le cœur de Marguerite, concentrant mon dépit haineux en une ironie glaciale, je répondis :
— Sans doute ce projet est du dernier joli, et celle idée de retraite mystérieuse au milieu de Paris inc paraîtrait fort originale, si je ne savais mie c'est une redite... Or, quant à moi, dans certaines circonstances, Je les trouve iusipides.
Lord Faloioutb.
— Mon Dieu, avec quelle froideur vous accueille* ma proposition ! me dit tristement Marguerite en s'apercevant enfin du changement de mes traits: moi qui croyais vous voir partager ma joie !... moi si heureuse, si profondément heureuse de cet avenir de bonheur et de mystère !
— Celle joie imperturbable prouve du moins la fi aiMieur toujours renaissante de vos sensations : sans cela, vous seriez, ce me semble, un peu blasée sur celle espèce de bonheur et de mystère-lâ...
— Que voulez- vous dire?
— Je veux dire que celte retraite ne sera pas témoin pour la première fois de ces amours secrets et passionnés dont je dois être le héros.... à mon tour.
— En vérité, je ne vous comprends pas, Arthur; expliquez- vous... Tenez, je ne sais pas pourquoi, mais vous me gl-ire*...
— Vous voulez que je m'explique?... Eh bien ! soit. Se faire dire certaines choses qu'on sait à merveille est une fantaisie comme une autre, par exemple, comme celle d éprouver successivement scs amants par la solitude... dernière épreuve après laquelle ils sont sans doute définitive* meut classes selon leurs mérites.
— Je vous dis que je ne vous comprends pas, Arthur ; et pourtant votre regard froid et ironique me fait mal, il me rappelle ce jour affreux où... Mais dues, qu'avez-vous? Expliquez-vous, mon Dieu! expliquezvous! que pouvez-vous me reprocher ? Ce projet vous déplaît— il ? j'v renonce, n’y pensons plus ; mais, au nom du ciel, dites-moi ce que vous avez? D'où vieul ce changement? Hier encore, ce matin, vous étiez si bon, si aimant... votre derniere lettre... était si tendre!...
— (lier et ce matin encore, j'étais un sot cl un aveogle; je suis peutêtre tout aussi sot à celte heure, mais au moins j'ai les yeux ouverts.
— Les yeux ouverts ! répéta Marguerite sans comprendre.
— Quant à ma dernière lettre, vous savez comme moi... mieux que moi, que, s’il est encore assez diflicile de bien feindre la vérité dans la parole, dans le geste et dans l'accent, rien n'est plus facile et plus vulgaire que de mentir dans une phrase étudiée, réfléchie tout a l'aise... Ainsi, lorsque je vous ai écrit celte dernière lettre... si tendre comme vous dites, je venais d'obtenir un rendez-vous de madame de V***.
— Arthur ! Arthur! vous plaisantez cruellement, et, saus le vouloir, vous me faites bien du mal.
— Je ne plaisante pas, je vous jure; je parle au contraire très-sérieusement, très en ami... afin que vous ne soyez pas plus dupe de ma fausseté... que je ne veux l'être de la vôtre.
— Dupe ?... dupe de ma fausseté?
— Oui.
— Dupe de ma fausseté !... quelle expression étrange dans votre bouche! Et pourquoi seriez-vous ma dupe ? Qu’est-ce que cela signifie? Mais c'csl inexplicable... et à quel propos, mon Dieu! me diies-\ous cela?
— Je vons dis cela à propos de ce que vous savez mieux que moi : c'est que je ne suis pas le premier de vos amants à qui vous ayez proposé celte divertissante pastorale de faubourg.
Marguerite joignit ses mains cl les laissa tomber sur ses genoux en me regardant avec dis veux fixes et arrondis par la stupéfaction et la douleur. Mais je continuai résolument, bien que le cmar me baltft fort et vite, et que le souvenir du dernier entretien que j'avais eu autrefois avec Hélène me traversât la peusée, brûlant et uoulourcux comme un trait de feu.
— Voyez-vous, ma chère, au milieu des distractions du monde, on peut assez convenablement remplir son office d amant, et ignorer de bonne grâce les antécédents de ca*nr de l'objet aimé. Rien de plus ridicule, d'ailleurs, que celle inquiétude du passé; car vous appartient-il? L'avenir reste, et le diable sait ce qu’il nous réserve. Mais, pour remplir avec quelque supériorité ce rôle d'amant sans aïeux... dans cette mystérieuse idylle qui a pour spectatrices habituelles vous et voire femme de chambre ; mais pour jouer au moins comme les autres à a une maisonnette et son cœur ! » il faut être meilleur ou plus mauvais comédien nue je ne le suis. D'honneur, ma chère Marguerite, je craindrais trop de paraître inférieur à mes nombreux devanciers, et je tiens à vous laisser la bonne opinion que vous avez de moi.
— Ah ! mon Dieu, je fois là un rêve affreux et je soufTre beaucoup, dit-elle en portant ses mains tremblantes à son front.
Mes artères battaient à se rompre : j'avais par instant la conscience de causer un terrible chagrin â celte malheureuse femme, en flétrissant avec une ironie si grossière cl si insolente l’avenir enchanteur qu’avait rêvé son amour. Je me figurais en frémissant ce quelle devait souflrir si véritablement j’avais ete sa première afTcclion depuis la mort de son mari. Mais ma défiance ombrageuse, encore exaltée par les souvenirs de tant de bruits odieux répandus sur Marguerite , cl surtout ma crainte d'être dupe, étouffant ces lueurs de raison, je ne trouvai pas d'expression assez méprisante pour insulter à ce que j'appelais l'implacable fausseté de celte femme.
fücnlôt elle fondit en larmes.
Elle ne s’indigne pas de mes soupçons ! elle supporte de pareilles brutalités ! La sincérité serait moins patiente , le mensonge seul est biche. Elle m'a d'ailleurs cédé, pourquoi n'aurail-clle donc pas cédé à d’autres?... Telles furent les seules pensées que lit naître en moi celte douleur silencieuse et éplorée.
Elle pleura longtemps.
Sans lui dire un seul mol de consolation, je La regardai d'un air sombre cl haineux, irrité contre moi, et l'accusant pourtant des mille sentiments douloureux qui m'agitaient.
Tout à coup Marguerite redressa son visage pâle cl marbré, regarda autour d'elle avec égarement, se leva droite et fit un pas ou deux en disant : — Non, non, ce n'est pas un rêve, c'est une réalité... c’est bien. . Puis, les forces semblant lui manquer, elle retomba sur son fauteuil.
Mors, essuyant ses yeux, die me dit d'une voix ferme Pardon de «eue faiblesse ; c’est que, voyez-vons, depuis que je vous ai tout dit,
ARTHUR
e’esl la première lois que vous me traitez ainsi... Pourtant Je vous crois beaucoup moins cruel que vous ue le paraissez. Il est impossible que de gaieté de cœur vous me lassiez un mal si afireux; non, cela est impossible : aussi je ne vous en veux pas, on vous a abuse, et vous avez cru à des calomnies. Eli bico, ni vous, ni moi, n'csl-ce pas. mon ami, nous ne pouvons sacrilier notre bonheur à venir à de si misérables médisances? Vous allez donc me dire, me confier vos soupçons les preuves que vous croyez avoir de ma fausseté, et je les détruirai d’un mot, entendez-vous, d'un seul mot, car b vérité a un langage auquel rien lie résiste... fcucorc une fois je ne vous en veux pas, Arthur! Pour traiter une femme ainsi que vous m'avez traitée, et cela dans un moment où, radieuse d'amour cl d'esjKÎrauce. elle venait à vous pour... Mais non, non, il ne s'agit plus de cela... encore une fois, pour traiter une femme avec ce mépris et cette dureté, il faut avoir de sérieuses preuves contre elle, n’esl-cc pas? Fh bieu, dites... dites... quelles sont-elles?
Ce calme et noble langage m'irrita, car il me lit rougir de honte. Comment oser avouer qu’un méchant caprice d incurable défiance, que le vague souvenir d'une calomnie, que le dépit surtout de n'avoir pas réussi auprès de madame de V* aussitôt que je l'espérais, avaieut seuls provoqué ma brutale et insoleulc répouse? Aussi, par orgueil, je ue voulus point avouer que j'avais agi comme un inseusé, et je continuai dïlre cruel, injuste, ou plutôt fou de méchanceté.
suis assez vile, assez lâche, assez basse pour mentir ainsi chaque jour, et que I infamie est chez moi une habitude ?
— Il a’y a là ni infamie, ni lâcheté, ni bassesse, ni mensonge ; vous avez fait beaucoup... beaucoup d’heureux... et je sais mie leur bonheur dut être ravissant. Vous m'avez raconté une tres-excef lente histoire de fidélité conjugale, survivant même au défunt, tout à fait dans le goût de celle des veuves de Malabar. Ce souvenir d'un trépassé adoré, choyé, Fété, caressé comme une réalité, était une traduction un peu libre, mais du moins assez originale de votre vie, au contraire, si amoureusement remplie ; c était de plus mi bon procédé de votre part, pour me faire croire à mon uniquiU ; j'ai répoudu à eeb par un autre bon procédé cil lie vous tracassant pas là-dessus, et feignant d'être votre dupe ; d'ailleurs, j'étais censé avoir le premier triomphe du cher mort... lutte, il est vrai, peu (laiteuse, mais...
Lo bracelet de Marguerite. — 51.
Le pardon. — mi 47.
— Madame, dis-je avec hauteur, je n'ai pas à expliquer mes convictions : elles me suffisent et je m’v liens.
Mais elles ne me suffi seul pas, à moi! J'ai été indignement calomniée à vos yeux, et je veux être justifiée.
— On ne vous a pas calomuice ; je crois ce que je crois.
— Il croit ! mon Dieu, il croit!... Fl vous noyez sans houle que j'ai parlé à d'autres de ce rêve de bonheur?... et vous o^cz croire que je
— Malheureux ! s’écria Marguerite en m'interrompant, et se levant droite, majestueuse, presque menaçante, l'œil brillant, les jolies colorées d'indignation. Puis, s appuvanl tout à copp sur un meuble, elle se dit à voix basse cl comme écrasée par le remords : — J'ai mérité cela... ' j’ai mérité cela... Souffre, malheureuse femme... à qui oserais-tu te I plaindre maintenant?
A travers les mille impressions tumultueuses qui luttaient dans mon J âme, je sentis un mouvement de pitié profonde et de terreur épouvantable : j'allais peut-être revenir à la raison, lorsque Marguerite, ayant ' essuyé scs larmes, me dit d'une voix brève : — Pour b dernière lois, monsieur, eroyez-vous à une seule de ces inftmes calomnies ? Songez-y | bien... votre réponse fixera ma destinée cl b vôtre!
O ton de menace me mil hors de moi, je devins fou ou plutôt le jouet de je ne sais quel vertige.
M’approchant de Marguerite, je lui dis en lui prenant la taille :
— D'honneur, ma chère, l'indignation vous sied au moins aussi bien
es
qu'au bonnet de madame Baudraud ; j ornai» vuu» au iu’av« semblé p»lus jolie. Allons, mou auge, mao don JflW féminin, liens tromper ù Ja fois les a matdf d'hier cl ceux de demain... cl foire à te pauvre marquis dé- Ami une nouvelle infidélité posthume.
D'abord elk uù-xouta stunéüilc, puis elle jeta un cri déchirant, me repoussa avec violence, ei utsparui dons sa chambre à coucher dont j’aukndi» brusquement fermer k verrou.
Je revins cita moi comme un homme ivre.
Je n'avait qu'au»- sorte de perception confuse de ce qui venait de se (tasser.
!.e soir je fus pris d'un accès de fièvre Irès-violenl ; J'eus, je crois, le délire toute la nuit.
Le lendemain, mon valet de chambre me remit tm paquet cacheté.
C’étaient mes lettres à Marguerite.
— (lui a apporté cela? lui dis-je.
— Mademoiselle Yandeuil. monsieur, à deux heures tin matin.
— El madame de l'énâfiel?
— Madame la marquis est partie celte nuit en poste; ses gens ignorent dans quelle direction.