‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Arthur journal d'un inconnuChapitre 9 sur 59 · MADAME LA MARQUISE DE PEISAF1EL · texte numérisé non relu

MADAME LA MARQUISE DE PEISAF1EL

CHAPITHB XL

Portraits

Un an après mon arrivée i Paris, les paisibles jours que j’avais passés à Serval avec Hélène me semblaient uu songe, songe frais et fleuri, qui contractait trop tristement avec mes impressions nouvelles pour que j’y reportasse souvint ma pensée. Oc ce moment aussi, j’acquis cette conviction : que la prétendue douceur des souvenirs est uu nn n-songe ; des qu'on regrette le passé, les souvenirs sont pleins d'amertume, et, par cette comparaison même, le présent devient plus odieux encore.

L'éclatant refus d'Hélène m’avait profondément blessé dans mon amour et dans ma vanité ; je mis doue de I orgueil à ne pas me trouver malheureux. Cl je réussis du moins à m'étourdir. Je parvius d'abord à être ravi de me voir libre, et à faire mille rêves d’or sur l'emploi de cette liberté. Puis je lâchai d'excuser à nies propres yeux l'ingrat oubli où je bissais la mémoire de mon père; je me dis que, par compensation, j'avais au muius pieuscnitnl obéi à l'une de ses muetlrs inspirations en échappa il t aux projets intéressés d'Uélene. — Car quelquefois je cherchais encore une misérable consolation, ou plutôt une infâme excuse à ma conduite, dans de nouveaux et iudigues soupçons sur cette noble fille, qui d'ailleurs avait quitté sa province pour faire un voyage en Allemagne avec sa mère.

Pourtant, malgré l'amertume de mes regrets, comme toujours, fi passé se voib peu à peu, s'obscurcit et s’effaça presque tout à fait.

Je ne sais si ce fut l'inexplicable enivrement de la vie de Paris qui devait me causer plus lard celle indifférence à propos de jours autrefois si chers à mon cœur.

Je n'avais pourtant pas apporté à Paris un étonnement de provincial ; j'étais resté à Londres pendant deux brillantes saisons, et, grâce aux anciennes et intimes relations de mon oncle et de notre ambassadeur, relations que mon père cl ma taule lui avaient rappelées, en me recommandant à lui lors de mou voyage, je m'étais trouvé placé dans le meilleur et le plus grand monde d'Angleterre. Or, l'aristocratie anglaise, hère, absolue et justement vainc de son incontestable supériorité de richesse et d influence sur toutes les aristocraties européennes; b haute société anglaise, dis-je, est d’un abord si glorieusement réservé pour lès étrangers quelle admet dans son cercle restreint, qu'uuc fois qu’on a subi ou bravé son accueil d'un cérémoubl aussi imposant, ou peut pour aiusi dire respirer partout à l’aise.

Et néanmoins, dans la vie de Paris, qui ne peut en rien se comparer à la splendeur colossale de l'existence qu'on mène à Londres, il v a ce qu'on ne trouve ni à Londres ni ailleurs; il y a je ne sais quel charme enivrant, inexprimable, auquel les esprits les plus calmes et les plus prévenus ne peuvent souvent échapper.

Quant à b vie de Paris, selon son acception véritable, et si on veut en consid rcr la fleur b plus brillante, elle se borne à l'existence élégante et raffinée que mène I élite de ciuq ou six salons, dans un ou deux quartiers de celle ville, où soûl accumulés des plaisirs de toute sorte.

Kit arrivant à Paris, je n’eus heureusement pas a faire cet apprentissage de la vie matérielle, qui coûte souveul aux étrangers tant d'argent et de désappointement. Mon père avait si longtemps habité cette ville, que, grâce à rnes traditions de famille sur le confortable de l'existence, j évitai des l’abord une foule d’écueils. Ainsi, au lieu de me caser trèsctièremenl et très à l'élreil dans une de ces espèces de ruches fourmillantes et bruyantes, à cinq ou six étages, qui commencent aux éblouissements des magasins et finissent à b misère des mansardes, je louai un petit hôtel près des Champs-Elysées, je fis venir de Serval mes gens et mes chevaux, et je montai ma maison sur uu pied honorable.

J'allai voir quelques alliés ou parents éloignés de ma famille. Ils me reçurent à merveille ; ceux-ci par respect pour le nom de mon père, ceux-là parce qu'ils avaient des filles à marier, et que j’étais sans doute à leurs yeux ce qu'on appelle un bon parti; d'auttes enfin parce qu'il est toujours précieux pour les oisHb d'avoir une visite de plus à faire dans b journée, et de pouvoir ainsi ér temps à autre placer une de leurs heures iuotcupées.

Parmi ces derniers se trouvait M. fi comte Alfred de Ceruay ; un de mes amis de Londres, qui le connais** parfaitement, m'avait donné

ARTHUR

pour lui des lettres, el 6ur lui des rcn'ciguenienls très-dignes de créance, et dont je reconnus moi-même toute l'exactitude.

Je les rapporte ici parce nue, sans être un homme éminemment distingué, M . de Cernay était le type d'un homme à la mode dans la plus large et la plus vulgaire acception de ces mots ; or l'homme à ta mode de nos jours a une physionomie toute particulière.

M. de Cermv avait environ trente ans, une figure charmante, et ne manquait pas d’un certain esprit courant el comptant; il était assez fin, assez moqueur, tout en affectant une sorte de bonhomie distinguée qui lui donnait la réputation de bou compagnon, bien qu’il eût à se reprocher, m'avait-on dit, quelques perfidies cl d'assez méchantes médisances : très-élégant, quoique visant un peu à l'originalité, il s'habillait à sa façon, mais du reste à ravir; il était très-connaisseur et amateur de chevaux, avait les plus jolis équipages qu'on pût voir, et se montrait de [dus aussi grand sportman qu'homme du monde.

.M. de Cernay était fort riche, fort intéressé, et singulièrement entendu aux «flaires, trait de un cuis particulier à notre époque, et qui semble (à tort pourtant) exclure toute idée de grâce et d’éclat. M. de Cernav ne se refusait rien, son luxe était extrême ; mais il comptait lui- meme très-exactement avec scs gens, était inexorable pour toute dépense qui ne rapportait pas au moins un intérêt d'évidence, spéculait à propos, ne sc faisait aucun scrupule d'assigner ses fermiers en retard, et réoigeail MB baux lui-même, car (faut-il avouer celte énormité ) il avait fait dans le plus profond mystère une manière de cours de droit sous la direction d un ancien procureur. Mais on doit dire qu'au dehors cette expérience procédurière ne sc trahissait en rien chez le comte ; ses manières étaient parfaites, de très-bouuc cl ancienne noblesse ; il demeurait aussi graud seigneur qu’on peut l’être de notre temps; enfin sou esprit d’ordre dans le superllu el d économie dans le luxe n'eût peutêtre été absolument perceptible qu'aux gens qui auraient pu lui demander quelque service, et ceux-là sont toujours les derniers à parler des refus qu’on leur fait.

bien d'ailleurs de plus sage, de plus louable, que celte manière de vivre d'une prudence si prévoyante el si arrêtée. J'iusiste dans mon souvenir sur cette particularité très-significative, parce qu'elle devait être mie couséqueoce de notre époque, d'un positif exact el rigoureux.

De nos jours on ne se ruine plus ; il est du plus mauvais goût d'avoir des dettes, et rien ne paraîtrait plus ridicule et plus honteux que cette existence folle, désordonnée, et, au résumé, souvent fort peu délicate et houorable, qui a été longtemps tolérée comme type de la délicieuse étourderie française, que la vie vagabonde enfin de ces charmants mauvais têtes et bons cœurs qui, ayant ai; contraire d'excellentes têtes et de fort mauvais cœurs, étaient généralement les plus vilaines gens du monde.

Bien au contraire aujourd'hui n'est de meilleure compagnie que de parier de ses biens, de ses terres, des améliorations quon y fait, et des essais agricoles, de l'aménagement de ses bois et de la beauté des élève s de toute sorte qu'on nourrit dans ses prés; on devient, en un mot, extrêmement régitteur, et l'on a raison, car ces derniers jouissaient seuls et en maîtres du peu de magnifiques résidences qui restassent eneo.c en France. Les séjours qu'on lait dans les terres se prolongent de plus en plus, et il va une réaction évidente vers la vie du château pendant huit mois de l'année, cl vers la vie des clubs à Paris durant l'hiver.

Mais, pour revenir à M. de Cernay, il était aussi très-grand, très-noble et surtout très-savant joueur, ce qui semblerait d'abord assez contredire les principes d’ordre dont on a parlé. Loin de là. Pour la plupart des gens du monde le jeu n’est plus un effrayant défi qu'on jette à lu destinée. une source brûlante d'émotions terribles; c’est beaucoup plus une aflaire qu’un plaisir. On a sa bourse de jeu, somme qu'on ne défiasse pas ; c'est encore un capital qu’on tâche de rendre le plus produtif possible en le ménageant, en ne le hasardant pas, en étudiant les règles et les combinaisons du jeu avec une ardeur incroyable, en se pénétrant bien de son essence, eu s'exeiçant constamment, eu se livrant à scs essais avec une profonde et méditative attention; de la sorte, souvent la bourse de jeu, dans les bonnes années, rapporte quinze et vingt pour cent aux joueurs froids, prudents et habiles. Du reste, le jeu étant ainsi devenu une affaire de science exacte, d’intérêt, et généralement de haute probité, les forces des joueurs sont assez également réparties pour qu’on puisse se permettre toute l'irritante anxiété d’un coup de douze ou quinze cents louis, parce qu on sait bien qu’au bout des mauvaises années la balance du gain et ae la perte est à peu près égale. Encore une fois, rien de plus curieux dans notre époque que celte lutte singulière entre une sage et froide prévoyauce qui songe à l'avenir et les pas&ious ardentes, naturelles à l’homme, auxquelles l’on trouve moyen de satisfaire à peu près par cette espèce dr assurance calculée contre leurs fàcbeux résultats (I).

(1) Comme trait de physionomie bien contristant arec nos mœurs, on ne peut s'empêcher de ciler cc billet de madame h princesse d'tlenin à madame de Créquy, rapporté dan* les délicieux el spirituel» Souvenirs de madame de Créquv : c Je no vous dirai pas. vous qui savez tout, puisque vous été* excédée de celle i formule, nais «oui qui n’iguorexde rien, ma chère, ayez U bonté de m'expliquer

M. de Cernay avait eu, disait-on, assez de succès auprès des femmes: mais en vieillissant, comme il disait, il trouvait mieux, afin d'être plus libre, plus ordonné, et de satisfaire aussi à son goût pour l'évidence, qui était un des traits saillants de son caractère, il trouvait mieux, ais-je, d'avoir ausèt une bourse de cœur qu’il ne déliassait pas d'une obole, et qu’il mettait annuellement aux pieds d'une des beautés les plus en vogue d'un des trois grands théâtres

J’avais envoyé ma carte cl les lettres de notre ami commun chez M. de Cernay. Le surlendemain il vint me voir et ne me trouva pas; quelques jours après j'allai chez lui un matin. U habitait seul une fort jolie maison qui me parut le triomphe du confortable joint à une élégante simplicité.

Son valet de chambre me pria d'attendre un instant dans un salon où je remarquai quelques beaux tableaux de chasse par Géricault.

Cinq minutes après mon arrivée M. de Cernay entra. Il était grand, svelte, élégant ; avait une figure des plus agréables et les manières de la meilleure compagnie.

Le comte m'accueillit à ravir, me parla beaucoup de notre ami commun, cl se mit à mes ordres avec la plus aimable obligeance.

Je m'aperçus qu'il m'observait. J’arrivais de proviuce, mais j'avais beaucoup voyage, et j'étais resté longtemps en Angleterre ; aussi ne savait-il pas sans doute s’il devait me traiter en proviucia! ou en homme déjà du monde. Pourtant je crois que ce qui l'engasea à me considérer décidément sous ce dernier aspect, fut le léger deuil qu’il me sembla éprouver de ne pas me voir plus sous le charme ae sa renommée de grande élégance. Envié, imité, flatté, il trouvait peut-être ma politesse trop aisée et pas assez étonnée.

Or, je l'avoue, cette nuance imperceptible, cc léger dépit de M. de Cernay me fit sourire.

Il me proposa de prendre une tasse de thé avec lui, deux de ses amis et un renégat italien au service de Méhémct-Ali, homme d'une grande^, bravoure et qui avait eu les aventures les plus romanesques, ayant été, me dit le comte sans s'expliquer davantage, obligé «f assassiner deux ou trois femmes el autant d'hommes pour sortir d’f ne position délicate.

Je ne m’étonnai que médiocrement de cette siupdière compagnie, car on m’avait déjà dit que M. de Cernay était fort curieux de lion* de toute espèce; et, dès qu’il arrivait à Paris un Arabe; sn Persan, un Indien, un étranger de quelque distinction, M. de Cernay se le faisait aussitôt présenter. Etait-ce pour attirer encore davantage l'attention par ces voyants et étranges acolytes? élait-cc pour que son renom d'homme à la mode parvint même au delà des rives du Gange et du Nil ? Je ne sais, mais cela était ainsi.

— Voulez-vous rester prendre le tbé avec moi? me dit M. de Ceruay ; sans compter mou renégat, vous verrez un des hommes les plus excentriques et les plus spirituels que je sache, un des hommes les plus sots el les plus ridicules que je connaisse : le premier est lord Fatmoutb, le second est M. du Pluvier.

— J’ai fort entendu parler de lord Falmoulh, lui dis-je, et cc serait pour moi une précieuse nonne fortune que de le rencontrer : mais je le croyais encore aux Indes.

— U est arrivé depuis uu mois seulement, me dit M. de Cernay ; mais vous savez sans doute comme il s’est décidé à ce voyage ? Du reste, ainsi qu'il fait toujours, Falmoulh sc couche assez généralement à six ou sept heures du matin. Or un jour, il y a environ dix-huit mois de cela, il ae levé sur les quatre heures du soir : il avait mal dormi, était inquiet, agité, nerveux ; il avait de plus énormément gagné au jeu, ce qui Pavait privé des émotions qui le sortent parfois de l'engourdissement de sa rie décolorée ; enfin il s'ennuyait un peu plus horriblement que d'habitude.

Il sonne son valet de chambre, cl demande le temps qu'il fait. Le temps était gris, sombre, brumeux.

— Ah! toujours du brouillard, jamais de soleil, dit Falmoulh en bâillant affreusement ; puis, du plus grand sang-froid du monde, il ajoute alors : Envoyez chercher des chevaux. Les chevaux arrivent, sa voilure de voyage est toujours prête ; on attelle, son valet de chambre, trèsinstruit des habitudes de son maître, lait (aire ses malles, et deux heures après milord descendait de chez lui disant à son concierge ; — Si on me demande, vous direz que je suis allé... Et il hésita un moment entre Constantinople el Calcutta ; enfin il se décida pour Calcutta, et reprit avec un énergique el nouveau bâillement ; — Que je suis allé à Calcutta.

« une chose que je ne conçois pas et qui parait des otr importer I mes intérêts c financière (pardon du motif). Je commencerai par vous dire que M. de Lilly a est à Saiot-Germuin, et que madame de Poix ne ait que répondre à la ques-

< tion qui m’occupe; se* enfants sont en course, et v «là pourquoi je vous écris c dare-dare à l’autre bout de Paris. — Le chevalier d Tbujsi m'écrit mot pour « mol: Je roui conseille de prendre garde au sieur ûfèvre, on mV prévenu a qu’il allait déposer ma bilan. (Je vous dirai que ce' Uèvre est devenu mon

< bomme d'affaires depuis que je n’ai plus d'affaires.) hais que faut-il condor* « de cet avertissement du ebevaber? — Dites-nous, je voua prie, cc que signifie « dépoté r ion bilan .» Madame de Poix suppdïc que c’est une sorte de métaphore, c et nous eu tomm»s U »

ARTHUR

Ed effet il y va, y reste trois mois, et revient avec l'impassibilité la (itos admirable, tout comme s’il eût été simplement question d'aller à Baden.

— Lord l'almoutb est d'ailleurs un homme extrêmement distingué? dis-je au comte.

— Il a infiniment d'esprit et do meilleur, me répondit-il, une instruclioa prodigieuse. et une non moins merveilleuse expérience pratique des aoounes et des choses ; avant voyagé dans les quatre parties du monde et surtout vu les principales cours de l'Europe, comme les peut visiter un pair a Angleterre, (ils aîné d’un des plus grands seigneurs des trois royaumes, et qui jouit, en attendant mieux, de cinq à six cent mille livres de revenus; et, avec tout cela, Falmoulli est le seul homme vérita- ÜBMl blasé et ennuyé que Je COUUtnse; il a tout épuisé, rien ne l’amuM- plus.

— Et M. du Pluvier, dis-je à M. de Cerna y, quel est-il?

— OU ! M. le baron Sébastien du Pluvier, me dit le comte d'un air dé- Aiipneux et moqueur ; M. du Pluvier est je ne sais pas qui, et il arrive je ne sib pas cl ou; «.a m'a été une présentation forcée : il débarque de •focfquc castel de Normandie, je crois, avec une misère de vingt ou trente inaltwureuses mille livres de rente, qu'il va bèlemcui foudre dans l'enfer de Paris en deux ou trois hivers. Ce sera un de ces innombrable» et pâles météore» «jui luisent un moment sous le ciel enflammé de la grand viltf, et disparaissent bientôt à jamais dans l'ombre et l'oubli parmi Us buées de cens qui restent. Après ccfa, ajouta le comte, c'est une excclhitc tnunpct le : dès que je veux m'amuser à répandre quelque bruit tarde ou quelque propos de lanlrc monde, ù l'instant j’embom ln\ si cela tepotl dire, IM. du Pluvier, et il fait merveilles: d ailleurs, je m'eu divertis sao» pitié, parce qu'il ne se coutenlc pas d'être sol, et qu'il est encore Cil et vain. Il faut, par exemple, voir l’air mystérieux avec leijerl il vous montre des enveloppes de lettres à cachets armoriés, toutes d'ailleurs à son adresse ; il faut l'entendre vous demander, en se rengageant : — Conn.iisser.-von» l'écriture de la comtesse de...? de la marquise de... ? de b duchesse de...? {Le mot de madame était de trop Ifcmraiso compagnie pour lui.) Et puis, le petit homme vous montre eu effet de ces écritures-là, qui ne sout autre c hose que des demandes sans tin pour des quête», des bals, des loteries ; car toutes les femmes de ma ixinuaissancc, à qui je le désigne comme victime, l'en accablent sans »' mpulcs et par douzaines... ce qui le rend bien le urû» le plu» phibnUtroptqneincnl ridicule que je connaisse. Mais, dit M. de Cernay en ' inteiTonp.int, j’entends une voilure, je parie que c’est du Pluvier; vous aRei voir quelque chose qui mérite votre admiratiou.

En effet, uou» allâmes à b fenêtre, et nous vimes entier dans b cour »e calèche attelée d assez beaux chevaux; mais b voiture et les harnais 'taeot surchargés d'ornements de cuivre du plus mauvais goût ; ses itm, vêtus de livrées galonnée», avaient l'air de suisses d'église : qu'on juge du ridicule de tout tel affreux cl éblouissant gab, pour venir déjeuner chez un homme le matin !

Kcnlôt, M. du Pluvier entra bruyamment frétait un petit homme fri*. ragot, houfli, trapu, rouge comme une cerise, blond, et, quoiqu'il peine âgé de vingt-cinq ans, déjà très-chauve, l’œil vert et stupide, parbot haut, avec un accent très-normand, vêtu avec b prétention ci fétial Ve plus ridicule, portant des bijoux, un gilet de velours brodé d'ar- ?eul ; que sais-je encore ?

M. de Cernay noos présenta l'un â l'autre, et, lorsqu’il m'eût nommé, M. du Pluvier s’écria cavalièrement : — Ah I paibleu 1 je vous ai vu quelque part.

Cette impolitesse me choqua, et je lui répondis que je ue croyais pas ifO* eu ce plaisir-là, car certes je ne l’aurais pas oublié.

Quelques minutes après, on annonça lord Falinouth .

Il était venu à pied et était vêtu avec b plus extrême simplicité. Je « oublierai de ma vie l'impression singulière que me fil ce visage pâle, régulier, blanc et impassible comme du marbre, et pour ainsi due iliu- Mimépar deux yeux bruns très-rapprochés du nez; son sourire, gruveucttinorfueur. me frappa aussi, et, sa us attacher la moindre siguificab«Tà cene puérile remarque, le ne sais pourquoi 1 histoire du vampire me revint à l'esprit, car je n aurais pas dénué un autre corps à cette création fantastique.

M. de Cernay me préseuta à lord Falmoulli, et nous échangeâmes les l olilcsscs d'usage. Nous n’attendions plus, pour nous mettre à table, que - 1 renégat italien, que 1c comte appelait familièrement son assassin.

Enfin le valet de chambre annonça M . Isiiiacl : c'était le rcuégal.

Il était de taille moyenne, brun, nerveux, magnifiquement vêtu à l’c— pyptienne, et avait une fort belle figure, bien que d'un caractère sombre, hiiuël ne mariait pas un mot de fiançai» : son langage se composait en [artie d'iLtlieu vulgaire et de lambeaux de la langue franque.

bientôt le maître d'hôtel de M. de Cernay ouvrit les portes de b salle â manger. Le déjeuner fut parfaitement servi à fangbbe; l'argenterie bit de Mortimer, les porcelaines de vieux Sèvres, et la verrerie de Vêtus* et de Bohème.

Uroaél mangea comme un ogre et ne dit mol ; seulement, comme il »'y avait sur la table que du thé, du café et du chocolat, il demanda bavemeut du vin cl but brgemcnl.

M. de Cernay me parut assez contrarié du silence obstiné de son assassin, que .M. (lu Pluvier agaçait d'ailleurs continuellement eu lui débitant des phrases d'une manière houmik, empruntées a la réception de >1. Jourdain comme mainamouebi. Mais, peu sensible à ces avances, de temps à autre Isiiuél grognait comme un ours à la chaîne en jetant un f regard de côté sur M. du l'luvier, qui semblait extrêmement l'iinjal lien ter.

I dépendant je causais avec lord Folmoulh, et je me souviens que noire entretien roulait sur une observation qu'il m'avait fuite et dont j'étais tombé d’accord ; il s'agissait de ce luxe recherché, rococo, pomponné, presque féminin, que beaucoup de jeunes gens commençaient à déployer i alors dans l'iiit. rieur de leurs appartements. Il riait beaucoup en soni géant que toutes ces glaces si dorée», »i entourées d'amours, de lolumj ne» et de guirlandes de Heurs, ne réfléchissaient jamais que des visage» I masculins et barbu», qui s'y luiraient ingénument au milieu des tourhil- I Ions de la fumée de cigare; tandi» que, par un contraste du goût le moins intelligent, au lieu de donner un but et un intérêt à toute cette , magnificence, au lieu d'en doubler le charme en l'enlouraut de mystère, au lieu de n’étaler ces splendeurs que pour des indifférents, si un de ce» jeunes beaux avait â attendre avec une amoureuse impatience quelqu’une de ces douces et secrètes apparitions que toutes les merveille» du luxe devaient encadrer, c’était généralement au fond d’un quartier ignoble et infect, dans quelque taudis sordide et obscur, que s'écoulaient ecs heures »i rares, si fleuries, si enchanteresses qui rayonnent seule» plus , lard parmi les pâles souvenirs de b vie. Nous posâmes donc comme aphorisme avec lord Falmoulli que, pour un homme de tact, de goût cl | d expérience, le chez soi connu et apparent devait être le triomphe du confortable et de F dégante simplicité ; et (pie le chez »oi secret, ce diamant caché de b vie, devait être le Iriomplie du luxe le plus éblouissant 1 et le plus recherché.

Après déjeuner, nous allâmes dans la tabagie de M. de Cernay (l'usage si répandu du cigare nécessitant cette sorte de subdivision d'un appariement!, garnie de profond* fauteuils, de brg-s divan», cl ornée d'one admirable collection de pipes et de tabacs de toute sorte, depuis le ItouL.i indien, resplendissant d'or et de pierreries, jusqu'au (pardon de celte vulgarité), jusqu’au populaire brûle-gueule ; depuis b feuille douce et ' parfumée de 1 Atakic ou de la Havane, à la couleur d'ambre, jusqu'au noir et âpre tabac de b régie, quelques palais étant assez dépravé» pour ! rechercher sou âcre et corrosive saveur.

i II y avait ce jour-là une course de gentlemen rîdert (1 ) au bois de Boulogne ; M. de Cernay en était juge et me proposa d’y aller; il menait suit lion Ismaél en phaélon.

M. du Pluvier me fil frémir en m’offrant une place (Lins sa voilure de marchand d’orviétan ; mai» j’échappai à ce guet-apens, car j'avais heureusement dit à mon cabriolet de m'attendre. Alors M . du Pluvier se rabattit sur lord Falmoulli, qui lui répondit avec un imperturbable sangfroid :

— Je regrette bien sincèrement de ne pouvoir accepter, mon cher ! monsieur du Pluvier; mais je vais de ce pas au Parlement.

— À la Chambre des pairs? Eh bien ! je vous y mène. Qu 'est-ce que ; ça me fait, à moi? mes chevaux sont fais pour ça.

— Et ils s'en acquitienl à merveille, répondit lord Falmoulli. Mais c’ttt â Londres que je vais; jedd»ire parler sur la question de l'Inde, cl comme b discussion s'ouvrira probablement demain soir, je veux v être * à temps, car j’ai calcule le départ du paquebot, et je compte arriver â Londres après-demain.

Je souriais de cette singulière excuse, lorsque nous entendîmes les grelots dos chevaux de poste, et bientôt le coupé ib voyage de lord I Falmoulli cuira dans b cour. Je regardai M. de Cernay avec étonuemeut, et, pendant que lord Falmoulli était sorti pour donner quelques ordres, je demandai au comte si véritable ment loid l'almoutb partait pour Londres.

— Il part réellement, me dit M. de Cernay. Il lui prend souvent ainsi la fantaisie de parler sur une Question politique qui lui plaît et qu'il traite toujours avec une incontestable supériorité ; mais il déteste si fort Londres cl l’Angleterre qu’il descend de voilure à Westminster, siège, parle, remonte en voilure, et revient ici.

l.ord Falinouth rentra; il me demanda de nous revoir avec les plus gracieuses instances ; son courrier partit, et il monta en voilure.

— b» course est pour deux heure», me dit M. de Cernay ; le temps est magnifique ; j’ai envoyé mes chevaux à la porte Dauphine : si vous voulez faire ensuite un tour au bois, j'ai un cheval à vos ordres.

— Mille grâces, lui dis-je, j’ai aussi envoyé les miens. Mai» cette course est-elle intéressante? demandai-je au comte.

— Flic ne l'est malhetfreusement que trop : deux milles à courir, trois baie» de quatre pied» et demi, et, pour bouquet, une barrière fixe de cinq pieds à franchir.

— C’est impossible, m'écriai-je : pour dernier obstacle une barrière fixe de cinq pieds ! Mais sur cent chevaux il n’y en a pas deux capable»

1; Course Je chctauv mont ’* pu des geiu de tonne rtnpigai#.

ARTIIIR-.

de prendre mûrement un tel saut après uue pareille course ; et, si on le manque, c'est à se tuer sur la place.

— C’est justement cela, reprit le comte en soupirant ; aussi je suis au d.^-spoir d'être juge, ou plutôt témoin de cette espèce de déli meurtrier, qui peut coûter la vie à l’un de ces deux braves geiitlcmcu M), si ce n’est à tous deux ; nuis je It'ai pu altsoluincnt refuser ce* pénibles fonclions.

— Que voulez-vous dire? demandai-je û 31. de Lcniay.

L « pavillon - I'aoi 19.

— Oh ! repi it— il. c’est tout un roman, et un secret aus*-i triste qu'incroyable; Je puis.d'ailleuis vous le routier maintenant ; car si, pour plusieurs motifs, personue au monde n'en est encore instruit, dans uue heure d'ici , cil voyant le dernier et terrible obstacle qui fait de celte • ourse, engagée sous un prétexte frivole, line espèce de duel entre les deux jeunes gens qui la courent , tout le monde en devinera facilement la cause cl l'objet, »

Je tâchai» de lire (Lins les regards île M. de Cemay pour savoir s’il parlait sérieusement ; mais, s'il plaisantait, ma pénétration fut en défaut, laut il semblait convaincu de ce qu'il disait.

— Enfin, reprit— 11, voici le mol de cette aventure, véritablement extraordinaire. Une des plus jolies femmes de Taris, madame la marquise de Pènàlicl, a, dans la foule de ses courtisans, deux adorateurs rivaux; leurs soins pour elle sont connu» , ou plutôt devinés - ayant un jour

(1) Le mot (anglais gentleman nt *ignilie pas gentilhomme dan* une acception aristocratique . mais homme parfaitement bien élevé et <tc très-bonne compagnie. de quelque condition qu'il soit; on devrait peut-être I importer dans La langue franç lise comme tant d'autres ctprmions anglaises. l>ans noire époque, ou l'on ni,; toute supériorité de naissance cl de fortune pour n'accepter que la -upérionté d’édur ilion et de position, il est singulier que le terme manque pour exprimer U réuniuu de ces arsulage*

échangé eutre eux quelques mots Ires-vifs, au sujet d’une rivalité d'Itom mages, qui nuisaicul à tous deux sans servir a aucun; de trop bouuc compagnie pour se battre à propos d’une femme qu'ils aiment , et qu« l’éclat d'un duel aurait gravemeut compromise ; pour éviter cct inconvéuiciil, et arriver au même but. ils ont choisi ce déli meurtrier... dont les chances sont absolument égales, puisque lotis deux montent à cheval à merveille, et que leurs chevaux soûl excellents ; quant au résultat malheureusement probable , il n'est pas douli ux , car s'il est possible qu'un cheval, après une course de deux milles et trois baies franchies, passe encore une barrière Use de t inq pied», il e>t presque matériellement impossible que deux chevaux aient le même et prodigieux bonheur... Aussi, est— il hors de doute «pie cette course sera terminée par quelque terrible accident... sinon les deux rivaux doivent la recommencer plus lard , ainsi qu'on recommence un duel après avoir en vain échangé deux coups de feu.

Tout ceci me paraissait si élrauge, si peu dans nos moeurs, bien qu i la rigueur cela tu- fût pas absolument iuvraisemlil.ible ni impossible, que jeu étais stupéfait: — Et madame de Pènàlicl ? deinaiidai-ji* à M. de Ccruay, csl-cile instruite de cette lutte fatale dont elle est I objet ?

— Sans doute, et, pour voue donner une idée de son caractère, il est fort possible qu elle vienne y assister.

— Si elle y vient, dis-je cette fois avec un sourire d'incrédulité tresprouoncé , madame de Pcnâfie) trouvera cela sans doute aussi simple que d’aller assister aux sanglants combats des torreadors de ton pays; car, d’aprfes son nom ci son farouche mépris de nos usages, il faut que celle sauvage marquise soit quelque amazone espagnole de la vieille roche ! une de ces brunes tilles de Xérès ou de Vejer, qui porleui encore un couteau à leur jarretière

M de Ccrnay ne put retenir un éclat de rire et me dit : * Vous n'y êtes pas le moins du monde . madame de Péuàfiel est Français, de Pari»,

Le contrat. — rui 21.

ARTIH'n.

rt Parisienne; au delà de toute expression ; de plus, très-grande dame et alliée aux meilleures maisons de France ; elle est veuve, et son m;Ai, le marquis de Pénàficl, était Espagnol.

— Allons, dis-je au comte en riant à mon tour, il est bien à vous de jeter un intérêt aussi romanesque, aussi fantastique sur une course dont vous êtes juge; il y aurait de quoi y faire courir tout Paris...

— Mais je vous parle Tort sérieusement , me dit-il d'un air eu effet ires-grave.

— Mais sérieusement , si je crois qn'uuc femme ne puisse empêcher,

après tout, deux fous de faire d’aussi dangereuses folies, je ne concevrai jjmaia qu’une femme du monde aille assister à un pareil déli , lorsquelle sait en être l'objet : c'est s'exposer au blâme, au mépris général. *

— D'abord, madame de Pénàfiel s'inquiète souvent fort peu du qu'eu dua-t-on, et puis elle seule sait être la cause de cette espèce de dud.

— Mais, en admettant qu'elle ne songe pas que ce secret peut être trahi par l'événement, die fait toujours preuve d'une cruauté froide et abominable.

— Oh! c'est bien aussi le coeur le plus sec et le plus dur qu'on puisse oa giuer : a vec cela v in g l- <iuq ans à peine et jolie comme un ange.

— Et pourquoi ti'avezvous pas dissuadé ces deux intrépides jeunes gens de ce dangereux iWû ? car, si le but en est connu , ainsi que vous le présumez, toute leur délicate générosité sera doublement perdue.

— D'abord, me dit le comte, ils ne m’ont pas confié leur secret, c'est un très-singulier hasard qui m’en a rendu maître; ainsi je ne pouvais roc permettre de leur faire h moindre observation -ur une particularité que jta'étais pas censé connaître; quant à insister beaucoup sur les dangers de fa course, c’était j-resque mettre leur coorage en doute, ci je ne le pouvais pas; tuais, s'il-, ut avaient consulté, je leur ;i tirais dit nu ils agissaient comme deux fous:

car, eu voyant une course aussi dangereuse, on ne pourra se l'expliquer par le pari de lieux cents louis, 4 ui en est l'objet ipparent ; on ne risque pas presque assurément m vie pour deux cents louis dans h position de • 'Uuue où ils soûl tous d ai; aussi, en reclier- < haut le motif caché d un pareil défi , pourrat-on très-facilement arriver à découvrir la vérité... et cela causera un é. lat détestable pour madone de Pénàfiel.

— Et il est bien avéré que ces messieurs s’occupaient d'elle? demandai-je au comte. — Trèsavéré. tout le monde le (lit, et pour moi, qui connais depuis longtemps

madame de Pénàficl, ma plus grande certitude vient, à ce suiet, de I indifférence affectée avec laquelle elle parait les traiter: car elle est pour certaines choses d'une rare et profonde dissimulation.

Il y avait, je le répète, dans tout ce que me disait M. de Ccruay, un si singulier mélange de vraisemblance et d 'étrangeté que je ne pouvais me résoudre à le croire ou à ne pis le croire — Il faut, lui dis-je, que vous m'affirmiez aussi sérieusement tout ce que vous venez de me dire là pour que je regarde madame de Pénàfiel comme étant du monde... mais qui voit-elle doue?

— ' a meilleure et la plus haute compagnie eu hommes et en femmes.

car elle a une des plus excellentes maisons de Paris, une fortune énorme, cl clic reçoit d'une façon vraiment royale ; de plus, son salon fait loi en matière de bel esprit, ce qui n’empécbc pas madame de Pénàfiel d'être généralement détestée selou ses mérites.

— El quelle femme est-ce, à part cela ? elle est donc spirituelle?

— Infiniment. mari son esprit est Irès-médiant, très-mordant, et puis avec cela dédaigneux, capricieuse, impérieuse à l'excès, habituée qu'elle est à voir tout lléchir devant elle : parce qu'après tout, certaines positions sont tellement hautes qu'elles s imposent lion gré mal gré- Il est inutile de vous dire que madame de lVuàlirt est d’une coquetterie qui passe toutes les bornes du possible.... et pour achever de fa poindre, elle a les prétentions les plus iucroynblemcut ridicules... Devinez à quoi ? aux sciences sérieuses et abstraites? aux arts? que sais-je? — Hh! c'est, je vous assure, une femme à la fois étrange, charmante et ridicule... comme je suis fort de se# amis, je vous proposerais bicu de vous présenter à elle, en vous prévenant toutefois qu'elle est aussi curieuse que dangereuse à connaître; mais elle c>t si bizarre, si fantasque, que je ne puis vous assurer d'être agréé, car elle refuse aujomd hui ce qu'elle désirerai (demain.

— Mais, dit le comte eu regardant la pcudulc, le tennis nous presse , voici ueux lieures : demandons nos voitures.

Et il sonna.

Nous sortîmes. — l.e inirolmlifiquc attelage de M. du Pluvier avança le premier, et le petit homme s'y précipita Iriom-

I iluilenu'iit en mauqHaiil e marchepied.

Il me semblait remarquer depuis quelques minutes sur le visage de M. de renia y nue sorte de curiosité suis doute causée par son désir de voir si j etais digne i par mes chevaux «lu moins) de graviter autour de s i brillante planète.

Quand mon cabriolet avança, M. de Cernas y jeta un coup d'iril de connaisseur; tout eeh était fort simple, loti peu voyant, le harnais tout noir; mais le cheval bai-bruu, de grande taille et d'un modèle parfait, avait des actions presque pareilles à celles du laineux Covenlry (I).

— Diable! niais cela est tenu à merveille, et vous avez certainement là le plus beau cheval de cabriolet de tout Paris' — me dit M. de Cerna v d'un ton approbateur où il me parut percer une uuancc d 'envie.

De ce moment je jugeai que le romtc me Ilia ça il décidément 1 res-

Inna?!. — t ace 27. haut dans son esprit.

Son pliaéloii avança; il y prit place avec Ismaêl.

Il est impossible de décrire l'élégance, la légèreté de celle délicieuse voiture vert etdr, à rechampis blanc; non plus que l'ensemble cl le bouquet de son charmant attelage, composé d’un cheval gris et d'un cheval alezan de taille moyenne. Tout était à ravir, jusqu'aux deux petits grooms absolument du même corsage cl de la même taille , qui montèrent légèrement sur le siège de derrière ; ce fut aussi la première fois que je vis des chevaux à crinière rasée, et cela convenait parfaitement à ceux de M.Mc Eernny, Luit leur encolure, pleine de race, était plate, nerveuse et hardiment sortie. Nous partîmes |M»ur le bois.

|l} Cheval de barnaia acheté i Londres mille loui», je crois, par lorü Chcaler-

fuii. — !■{. W:i ri c , >** a

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ARTHUR

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