‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue AtarGullChapitre 11 sur 27 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Je n’y puis rien t-omprriulro.

Mutiijut de Uotnuicir.

Brufart avait soigucuseineni fermé, verrouillé, cadcoasé fa porte de sa dunette.

Au dehors, pas le plus léger bruit, quelquefois le rilllnneut des cordages... le frôlement des voiles... le clapotis des vagues qui bullaicut

ATAR-GULL

doucement la poupe du brick, et s'ouvraient au sillage phosphorescent du navire, voua tout.

Il écoula encore, regarda bien si personne ne l'épiait... et s'avança vers son grand coffre, il l'ouvrit.

Un aurait cru d'abord que ce vieux bahut ne contenait rien... mais en i'examioaul attentivement on y découvrait un double fond. Il le leva.

El dans un coin de cette cachette il prit un coffret recouvert de euir de l'ussie. Celte petite caisse, richement ornée, portail no bel écu?son armorié. Colall peut-être le blason de Brulart...

Itrulart ferma hermétiquement les rideaux de la dunette, et posa le précieux coffret sur sa petite table sale cl graisseuse qu il approcha du lit...

Il se coin lia à demi étendu, après avoir dédaigneusement jeté le chapeau, la couronne, la veste et la culotte de feu M. Benoit...

Alors il leva le couverte de J étui, et ses yeux brillaient d'un feu singulier...

Sa figure, ordinairement rude, sauvage, semblait se déjiouiller de celle écorce épaisse, et scs traits, fut tentent caractérisés, paraissaient vraiment beaux, tant une subite et inimitable expression de douceur s'y était révélée... Il secoua son épaisse chevelure, comme un lion qui se débarrasse de sa crinière, écarta ses longs cheveux, et lira respectueusement du coffret un petit ilacon de cristal miraculeusement sculpté et presque caché sous l'or cl les pierreries qui l'ornaient...

Puis il approcha te merveilleux bijou de sa lampe fumeuse et fétide, et, à sa lueur rougeâtre, contempla ce qu'il contenait.

C'était une liqueur épaisse, visqueuse, d'une teinte plus colorée, plus brillante que celle du café. Il parait quelle était pour lui d'un bien haut

tris, car ses yeux rayonnèrent d une joie céleste quand il s'aperçut que précieux tlacon était encore aux trois quarts plein.

Il le baisa avec onction et amour, comme on taise la main d'une vierge, et le déposa, nuu sur la vilaîue table; oh nou ! mais sur un petit coussinet de velours noir, tout brodé d'arpent cl de perles...

Il tir;) aussi du coffret une petite coupe d‘or et uu assez grand llacon de même métal.

Mais pendant toute cette cérémonie il y avait sur les traits de ffrulart autant de recueillement et d'adoration que sur le visage d'un prêtre qui relire le calice du tabernacle...

El, ouviaut délicatement la petite fiole, il versa goutte â goutte la séduisante liqueur qui tombait en perles brillantes comme des rubis. U en < ompta vingt... pois il remplit la coupe d'une autre liqueur limpide et dairc nmmie du cristal, qui prit alors une teinte rouge cl d4irée.

Et il porta la coupe â set lèvres avides, but avec lenteur en fermant les yeux et anp-.ynnl sa large main sur sa poitrine : après quoi il resserra coupe, flacon dans le petit coffre, et le petit coffre dans le grand bahut, avec la même mesure, le même >.uin, le même recueillement...

Et quand il se ledressa, vous eussiez bai»>é les yeux devant ce regard inspiré..- qui lafcail presque pâlir la lumière de sa lampe: il était beau, randiose, admirable, ainsi : ses guenilles, sa longue barbe, tout cela isparahsail devant l'incroyable conscience de bonheur qui éclatait sur son bout tout à l'heure sombre et froncé... maintenant lisse et pur couhuc celui d'u tic jeune fille...

« Adieu, terre!... à moi le ciel... » dit-il en s'élançant sur son lit.

Dix minutes après il était profondément endormi.

Il venait de prendre la dose d'OPIL'M qu'il buvait chaque soir.

Or, par une bizarrerie que l'effet et l'habitude constante de cet exhibnnt peuveut facilement expliquer, il avait fini par prendre l'existence factice qu'il se procurait au moyen de l’opium, ses créations si poétiques, si merveilleuses, scs délirants prestiges, ses ravissantes visions, pour sa vie crut*. réelle, dont le souvenir vague et voulus venait étinceler par momeuts à son esprit, dans le jour, parmi dis scènes affreuses» comme ia conscience d'une journée de bonheur vient quelquefois dilater notre cœur, même au milieu d'un simge horrible ; tandis qu'il considérait sa vie vraie, sa vie qu'il menait au milieu de ses brigands, du meurtre cl du vol, à peu près comme un songe, un cauchemar pénible auquel il se laissait entraîner avec insouciance, et qu'il poussait machinalement à l'horrible, selon le besoin, le désir «lu moment, sans réflexion, sans remords, et même avec une secrète jouissance, comme ces gens qui sc disent vaguement an milieu d'un rêve affreux : « Que m'importe... je me réveillerai toujours bien! »

C'était, en un mol, la vie renversée, le fantastique mis â la plai e du positif-, un rêve à la place d’une réalité. C'est obscur, je le sais. Mais essayez de l'opium, madame, cl vuu* me comprendrez... Croyez d'ailleurs un homme a expérience.

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