‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue La bonne aventureChapitre 13 sur 57 · COUR D'ASSISES DE LA SEINE · texte numérisé non relu

COUR D'ASSISES DE LA SEINE

Pré-idcuee de M. Mass.»n.

Audience du 5 septembre 1840.

• Paris et la France viennent d'ôtre (émis pendant un mois dans mie attente qu'il a été donné à peu de drames judiciaires d'exciter à un aussi liant degré. Nous n'avons pas besoin de longs développements pour démontrer que le procès qui commence aujourd'hui réclame la première place parmi les pages les plus iatérastanles que lo palai> puisse jamais fournir à Y Observateur des Tribunaux.

a Depuis deux mois, riustnnlion de ce procès, incroyable par les faits, presque énigmatique par le but, mais plein d'affliction pour l'uue des plus grandes et des plus Illustres ramilles de France, s’elaburait en silence, lorsqu'il y a peu de jours auelques fragments de l'acte d’accu«aliou furent indiscrètement lancés dans le public ; uu soulève*

moni électrique de toutes les classes de la société centre 1 énormité de l'attentat éclata d uu boni de la France à l’autre. Telle fol ;i Paris l'influence de l’acte d'accusation, quoique incomplètement connu, qu'avant le jugement, l’arrêt de condamnation se formulait dans les esprits les plus indulgents; I on assurait même que la principale accusée verrait le ban eau, qui de lui-même tend ordinairement la main aux prévenus, reculer celte fois devant uue défeuse regardée d'avance comme impuissante.

« Ces craintes sc sout réalisées. Telle était h monstruosité de l’allai tat et la position que s ciait faite la principale accusée par ses aveux mêlés de rélicences inexplicables, qu’aucun avocat n’a voulu se charger de sa tr sic cause. M. le président a été obligé de désigner à l’accusée un défenseur d'office. >

le mince nom, interrompant la lecture.

Il faot, en effet, que le crime de l'accusée soit évident à tous les yeux pour qu’elle ne trouve pas un défenseur. Qu’en pensez-vous, monsieur le comte?

DUCORMIER

Je crois en effet, monseigneur, que ces exemples sont extrêmement rares dans nos procédures car le proverbe dit qu'il uest pas de si mauvaise cause qu’elle ue trouve un avocat.

U l>fCUtS*K PE SPIXùLA.

J’avoue, monseigneur, que le début de cc journal excite l'intérêt au dernier point. «

LE MINCE POT AL

Aussi, mesdames, je vous demande pardon d’avoir un instant interrompu cette lecture (Faisant un siguc à son aide de camp.) : — Veuillez continuer, colonel Butler.

L’aide de camp reprit ainsi :

« La curiosité, l'émotion du public a redoublé, lorsque l’on a su que la victime de ce crime épouvuulable, quoiqu’elle lutte contre une mort qu’on dit prochaine, aurait peut-être le courage de sc faire transporter à l'une des premières audiences, pour obéir aux désirs du tribunal et y comparaître entourée de tous les membres de sou illustre famille, qui se porte partie civile

« Cc matin les débats ont commencé; de mémoire d’homme on n’avait vu pareille alflueocc au palais; dès six heures du malin, plus de cent personnes, parmi lesquelles sc truuvcnt une soixantaine d’avocats qui n’ont pu trouver de billet de faveur, se pressaient dans la galerie qui conduit à la cour d’assises ; à neuf heures, celle foule sc prolongeait jusqu'à la salle des Pas-Perdus ; un poste tout entier de gardes municipaux suffisait à peine à la contenir. A neuf heures et demie, les portes intérieures de la salle sont ouvertes aux personnes munies d’assignations ou de billets délivrés par M. le président ( plus de quatre mille demaudes lui oui été adressées, dit-on). La diplomatie, la Chambre des pairs, la Chambre des députés, la noblesse, la robe et la finance, ont sollicité cette faveur; il y a eu bien des requêtes formées, peu d’exaucées; on assure que Ni le premier président luimême a été refusé il y a trois jours.

a Toutes les places étant occupées, on étouffe, on s’écrase dans les couloirs, cl les divers escaliers qui conduisait aux portes d'entrée sont obstrués.

« Plusieurs banquettes ont été spécialement réservées pour le barreau; l’enceinlc qui borde le bureau de la cour est réservée pour la fimillc de la victime et pour son mari, qui se porte partie civile. Derrière la cour, des chaises sont placées pour les magistrats; on y aperçoit NM. Rocher, (iilbcri des Vovsins, conseillers à la cour de cassation, de Ucrain, de Baslanl, jacqniuot-Godard, Lefèvre, l’écourt, Cbampanet, Naudin, Boucly, Nuuguicr, Didelot , etc.

• Uu remarque aussi, sur des sièges -derrière la cour, M. tic S“\ pair de France; S. E. M. le mini Ire plénipotentiaire de Suède; M. le général G*’’; NM. de T“*. delà 11”’, de C”‘; N. le comte d’A**’, directeur de la Banque. Ce dernier n’arrive à sa place de haute faveur qu’apres les plus grands efforts; il reste pendant dix minutes confondu avec les témoins et entouré de deux sergents de ville eide trois gardes municipaux; on le voit à In porte de la dernière enceinte, parlementant avec un municipal, lui décliuant scs qualités présentes, se recommandant du souvenir de son autorité passée; le garde mtinici-

r .tï reste inflexible et continue de refuser l’entrée à l’ex -ministre de intérieur. Cependant un huissier vient tirer d’embarras M. le comte d'A’*^, qui raconte en riant sa petite mésaventure à N. de S’".

« Un grand nombre de dames garnissent les bancs qui leur sont destinés dans l'enceinte intérieure; au milieu d'elles, ou uous indique madame la duchesse de Yala incourt, madame la comtesse de Brévanue, madame la princesse Sidiikoff. madame la baronne de Robersac, madame lu vicomtesse de Marcuil, et autres datues appartenant au plus grand monde.

« A dix heures, on voit se garnir le banc réservé à la famille de la partie civile ; M. le duc de Beaupertuis, mari de la victime, entre le premier. »

(A cc moment, la lecture du journal est interrompue par mie exclamation de surprise et d'effroi qu’Anatole Durormier ne peut retenir ; il devient livide, cl est obligé de s'appuyer au dossier dn fauteuil de la duchesse de Spitioh. placée devant lui. Quelques femmes se lèvent; tous les regards se tournent vers Anatole, auprès de qui madame Ducormier accourt aussitôt.)

le mince royal, avec intérêt à Ducormier.

Mon Dieu ! monsieur le comte, vous pâlissez ! vous pouvez à peine vous soutenir!

U COMTESSE DUCORMIER, à SOO mari.

De grâce, mon ami, qu’avez-vous?

ducormier, d’une voix altérée. ,

Pardon, monseigneur, de cette émotion insurmontable; vous ta comprendrez, vous l’excuserez, lorsque vous saurez que madame la duchesse de Beaupertuis c>l la fille de .M. le prince de Morsenne, mon protecteur, l’homme excellent à qui je dois ma carrière inespérée.

le prince royal, avec émotion.

Ab! maintenant, je regrette ma curiosité.

U PRINCESSE DE LOttESTEIX.

Et moi, monseigneur, je regrette aussi vivement d'avoir fait naître celle curiosité.

MADAME DUCORMIER, â SCO mari.

Venez, mon ami. Son Altesse Royale voudra bien vous excuser de ne pas assister â une lecture qui sous tant de rapports vous serait si pénible.

LE MINCE ROYAL

Je vous en conjure, madame, emmenez cc cher comte. Il doit cruellement souffrir : je connais son cœur.

ducormier, avec effort.

Monseigneur, j’aurai maintenant le courage d'entendre la suite de cc procès.

LE MINCE ROYAL

Mon cher comte, y pensez-vous? c’est de la dernière imprudence; c’est vous exposer sans raisou aux émotions les plu» poignantes.

DUCORMIER

Hélas! je m’y attends, monseigneur. Mais maintenant que je sais qu'il s'agit de la fille de mon bienfaiteur, j’ai bâte plus que personne ici de connaître tous les détails de cet événement pour moi si horrible, si inattendu.

le prince royal, serrant cordialement la main de Durormier.

Je conçois votre désir, il est courageux. Mais vous allez subir là. mon pauvre comte, une cruelle épreuve. (S’adressant à sou aide de camp.) Continuez, je vous prie, colonel Butler.

(Anatole tombe accablé sur un siège placé près de lui. cache son visage cuire scs deux mains, cl la lecture recommence ainsi au milieu de la vive émotion causée par cct incident.)

« A dix heures on voit sc garnir les bancs réservés à la famille de In partie civile. M. le duc de Beaupertuis, mari de la victime entre le premier; à côté de lui se placent madame la princesse de Morseimc, dont il e»l le gendre, et madame ta marquise de Buudncoiirt, M. le duc cl madame b duchesse de Moraiuval, M. le marquis du Val pré. M. le maréchal prince de Lugano, tous parents de N. le duc et de madame la dudicsse de Beaupertuis.

9 Un petit incident cause quelque lumujle, bientôt apaisé. Uu monsieur d'une tournure juvénile, quoique d’un certain àgo, avilit donné le bras ù madame la princesse de Mor&ennc, mère de h victime, cl sc disposait à entrer aussi dans l'enceinte réservée aux pareuts, lorsque l’huissier lui demande son nom.

« Nous entcndons*ce monsieur répondre :

• — Je m’appelle le chevalier de Saint-Merry.

« — Pardon, monsieur, dit 1 huissier eu consultant sa liste, mais je jie vois pas votre unm inscrit comme parait.

« — Si je ne suis pas parent, répond avec hauteur et iinpatii iw c M. de Sainl-Sh rry en voulant forcer le passage, je suis ami intime de la famille de Beaupertuis.

• — Vous ne pouvez entrer, monsieur, dans celte enceinte, reprend l'huissier, cl je vous prie de vous retirer.

a — Monsieur m'accompagne, dit alors à haute voix madame ta princesse de Morsenne à l'huissier; puis, faisant signe à ce monsieur, elle lui dit : Venez, venez, chevalier.

> Madame la princesse, qui parait ignorer les usages du tribunal, va prendre le bras de M. le chevalier et le fait asseoir auprès d'elle; l'audiencier n'ose sans doute pas s'opposer à celle infraction, soit par déférence au désir de la grande dame, soit par respect pour sa douleur (madame la princesse est la mère de la victime), et la légère rumeur causée par cet incident s'apaise bientôt.

« Au centre de l'enceinte réservée aux parents de la victime, on voit un grand fauteuil vide destiné à la recevoir, si son état, que l'on dit désespéré, peirnet qu’on la transporte à l'audience.

« Les avocat* de la partie civile, deux princes du barreau, M* Rousseau cl M* Cornue!, se sont fait- assister dans celte cause importante

r deux jeunes confrères : M* Rousseau est assisté par M* Dnbrcuil;

Cornui-I par M* Justin.

i Les défenseurs de la principale accusée et de sa complice, M* Dumont et M* Lomille (le premier a été nomme d'office par M. le président), sont aux bancs de la défense.

« A dix heures la cour entre en séance et occcupe scs sièges. MM. les jurés sont ensuite introduits et prennent leur place habituelle.

« M. le président. — Je recommande le plus profond silence ; faites entrer les accusées.

« Un mouvement universel de curiosité éclate dans l'auditoire. C'est avec la plus grande peine que les deux accusées, conduites par des gardes municipaux, peuvent arriver jusqu'au banc des criminels.

« D<* toutes parts on entend s'écrier ; — Assis 1 en place 1

« Plusieurs dames, placées sur les dernières banquettes, sont montées sur leurs sièges pour tâcher d'apercevoir les prévenues.

« Celle attente est en partie trompée, grâce au voile qui couvre presque complètement la figure de* deux accusées; elle* tiennent leur tête baissée, le bas de leur visage est caché dans leur mouchoir.

« La principale accusée est coiffée d'une capote de crêpe blanc assez fraîche; elle porte une rube de soie couleur raisin de Corinthe et un châle bleu à palmetles; sa complice porte des vêtements de deuil qui attestent ce longs services.

« 11. Mervilte, substitut de M. le procureur général. — Attendu la longueur présumée des débats, nous requérons l’adjonclion de deux jures suppléants et d'un magiMral assesseur.

a .M. le président (aux avocats). — La défense s'y oppose-t-elle?

« M* Dumont. — Non, monsieur le président.

« M. le président. — La cour fait droit aux réquisitions du ministère publie. Première accusée, levez-vous.

« L’accusée se lève brusquement.

« M. le président. — Quels sont vos noms et prénoms?

• L'accusée (dune voix brève). — Josépliine-Maria Clermont, femme Fauveau.

• M. le président. — Votre âge?

« L'accusée. — Vingt-cinq ans et deux mois.

« M. le président. — Le lieu de votre naissance?

« L’accusée. — Paris.

« M. le président. — Votre profession?

« L'accusée. — Jetai* marchande de gants et de parfumerie.

« M. le président. — Où demeuriez-vous lors de votre arrestation?

• L'accusée. — A l’hôtel de Morsenne.

« M. le président. — Asseyez vous.

• L'accusée .Maria Fauveau, dont nous n'avons pu jusqu’alors distinguer complètement les traits, a répondu à toutes les précédentes questions d'une voix brève, saccadée. Plusieurs luis elle a suuri d'un air sardonique ..ce qui a paru causer une fâcheuse impression dans l'auditoire cl suitout sur les bancs de 1a partie civile, où se trouvent M. le duc de Bcnnperluis, sa belle-mère et sa famille.

• Madame la princesse de Morsenue, mère de la victime, a porté son mouchoir à ses yeux durant l'interrogatoire de l'accusée. Taudis que M. le duc de Beauperitiis détournait les yeux avec horreur, un de ses parents semble lui adresser des consolations.

o M. le président. — Seconde accusée, levez-vous.

« Celle accusée parait si faible, si tremblante, qu elle est obligée de s'appuyer sur le bras d'un garde municipal pour se lever de son banc: elle porte son mouchoir à ses jeux et l’on culend scs sanglots étouffés.

« M. le président. — Quels sont vos nom et prénoms?

■ L'accusée répoud d’une voix si faible, que sa réponse ne parvient pas jusqu'au tribunal.

« M. le président, à l'accusée. — Tâchez de parler plus intelligiblement. Quels sont vos nom et prénoms?

a L’accusée (avec effort). — Eulutic-Uémence Duval.

• M. le président. — Vôtre âge?

« L'.iccusce. — Vingt et un ans.

« M. le président. — Le lieu de votre naissance?

« L'accusée (d’une voix de plus eu plus altérée). — La ville de Metz.

« M. le président. — Voire profession?

« L'accusée, dont l'émotion est à son comble, ne peut supporter plus longtemps cet interrogatoire; elle retombe sur sou banc, dans un tel état de faiblesse, que son avocat est obligé de lui faire respirer des sels dont il s'est probablement muui d'avance.

« L’audience reste suspendue pendant quelque* instants ; la principale accusée semble prendre un vif intérêt à la position de sa complice, et lui prodigue scs soins avec effusion.

« Pendant la durée de cet incident, les deux accusées ne peuvent s’entourer des mêmes précaution* qui, jusqu'alors, avaient en partie dérobé leurs traits à la curiosité publique, et l'on peut alors parfaitement les distinguer.

a La première des prévenues, Maria Fauveau, quoique sa ligure soit très-pâle et très-fatiguée, est l'uuo de* plus jolies femmes que l'on puisse rencontrer. De superbes cheveux noirs, disposes en baudeaux, encadrent son front cl font ressortir l'éblouissante blancheur de son teint; l'on peut remarquer que sa taille est aussi svelte qu'élégante, car son châle tombe de scs épaulés dans l'empressement qu'elle met à secourir sa complice. Malheureusement, le charmant visage de Maria Fauveau est, pour ainsi dire, déparé par le regard de ses grands yeux noirs, qui semble parfois égare ; de plus, une sorte de contraction nerveuse des lèvres donne à la bouche de l’accusée une expression sardonique et méchante, alors même qu’elle prodigue ses soins à sa complice.

« Celle-ci, la fille Clémence Duval, malgré l’excessive maigreur de scs traits, a conservé les traces d'une rare beauté ; aussi, en voyait! ses grands yeux d'un bleu d'azur, ses longs cheveux blonds et le caractère presque angélique de cette physionomie douce et souffrante, il est pénible de se souvenir de faits irrécusable*, d'accablantes présomptions qui ne permettent pas de douter que la belle Clémence Duval ne soit coupable d‘un crime odieux et probablement complice du monstrueux forfait pour lequel la femme Maria Fauveau est amenée devant la cour d'assises.

* Au bout de quelques instants, grâce aux soins dont elle est entourée, la fille Clémence Duval se trouve eo état de répondre aux questions de M. le président.

v Le calme se rétablit et l'inler rogatoire continue.

« M. le président à l'accusée. — Je vous ai demandé quelle était votre profession lorsque vous avez été arrêtée.

« L’accusée. — Je lâchais de vivre de mon travail.

« M. le président â l'accusée. — Où demeuriez- vous lors de votre arrestation?

« L’accusée. — Rue de la Bienfaisance, n° 3; j'occupais lâ un cabinet garni.

« M. le président â l'accusée. — Asseyez-vous.

« (La fille Clémence Duval retombe sur son banc et cache sa figure dans son mouchoir.)

« M. le président. — Je n'ai pas besoin de rappeler aux conseils des accusées qu'ils ne peuvent rien dire contre leur conscience on contre le respect dû aux lois, et qu'ils doivent s'exprimer avec décence et modération.

a Les deux défenseurs s’inclinent respectueusement.

« M. le président sc lève et se découvre; la cour l’imite, ainsi que MM. les jurés, â qui M. le président lit la formule suivante :

n Messieurs, vous jurez et promettez devant Dieu et devant les homme-, d'examiner avec raltcniion la plus scrupuleuse les charges qui sont portées contre la femme Maria Fauveau et contre la fille Clémeute Duval; de ne trahir ni le* intérêts des accusées ni ceux de la société qui les accuse , de ne communiquer avec persouue jusqu'après votre déclaration, de n'écouter ni la haine, ui la méchanceté, ni la crainte, ni l'affection; de vous décider, d'après les charges et les moyens de défense, suivant* votre conscience et votre intime conviction, avec 1 impartialité cl la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre.

« Après cette allocution, faite d'un ton imposant et solennel par M. le président, on procédé à l’appel nominal de MM. 1rs jurés; lotir a tour ils étendent la inain cl prêtent serment eu disant ; Je le jure!

« M. le président, aux accusée». — Soyez attentives â l’acte d’accusation, dont le greffier va donner lecture à la cour.

« (Mouvement prolongé dans toute la salle.)

« M. le président. — Je recommande au public le plus grand silence, j'avertis, en outre, que tout signe, soit d'approbation, soit d’improbation, est expressément défendu; ic serais obligé de faire sortir les personnes qui troubleraient l'ordre. (Un profond silence s'établit.)

■ M. le greffier lit l'arrêt de renvoi suivant :

« Le procureur général près la cour royale de Paris expose que, par arrêt du 8 juillet dernier, la cour a ordonné la mise en accusa-

t'nn el le renvoi deranl h cour d'assises de la Seine, pour y être ju- j géo * conformément a la loi, de :

• 1° Joséplimc-Maria Clermont, femme Fauveau, àgee de vingt* cinq ans et deux mois, née à P. iris, et ayaut exercé la profession de marchande de gants et de parfumerie;

< 2° Eulalie-Clémcuce binai, célibataire, âgée de vingt el un ans, née à Mets, sans profession, el domiciliée rue de la bienfaisance, n* 5.

• Déclare le procureur général que de l'instruction résultent les faits suivants contenus dans l'acte d'accusation. ■

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