MOISIT
Je vous l'avais dit, celte neige sera notre linceul.
■ADAMS D'ALFI.
soskat lance un regard terrible a la marquise, mais il se contient .
Je ri sic rai calme; vous aurez jusqu'à b fin sur les levres ce sourire d'ironie infernale ; ic m'y attendais... Vous! couuaitre le repculir!
Le douti* à ce sujet me frit-il venu, qu'il serait maintenant ëvaooui... Aussi ma conscience est tranquille Lechàlimeut parfois hésite ou recule devant les remords . mais il frappe , inexorable . le criminel endurci.
■ ADAMS d un.
Je suis de ceuxlà. . . Faites- moi, mousieur.l honneur cl la grâce de le croire.
Je vous ferai celle grâce; ce sera b seule...
Je ii'cu veux poiut d'autre...
Il est vrai ; mais je pensais que, comme tous
■ADAMS DALri.
Moi ! vous allez voir que je sera] devenue amoureuse de ce garçon... apres sa mort' un amour outre-tombe!... ( Elle éclate de rire.) Faire les doux yeux à un spectre! Àh! mon chi r monsieur, en amour, croyez-moi, il me faut mieux qu'une ombre !
les guides, vous exagériez un peu les beautés du pays que vous me faisiez visiter.
aoMtr.
Je n'exagérais rien : avaul une heure, nous aurons de la neige jusqu’à la ceinture. . . Ce soir, au lever de la lune, nous serons engloutis...
MAD AMS DALfl.
Je ne vous ferai pas l'injure de douter de vos prévisious ; mais , eu retour, ayez du moins foi aux micniio.
bouc. croyez -moi.
vous oe parviendrez pas à m 'épouvanter; vous me verrez mourir avec un ferme dédain; vous n'aurez pas le spectacle de> lamentations , des terreurs . des remords, sur quoi vous comptiez, mou cher monsieur. U faudra m'excuser; vraiment je ne saurais jouer celte piteuse tragédie I
ZODSRT.
Votre exécrable orgueil s'abaissera. .
madame m'alti.
Devant qui?
DODStT.
Devant b mort.
Jcvousdisaisqu'il
n'esl rien de pins là- Ptftro.
cite ment féroce que votre perversité.
Vous avez poussé au suicide, vous avez tue. qui? une pauvre créa- ] luie inolTensive , confiante et dévouée... un enfant. . (// s'arrête un | moment: les larmes nunt étouffer sa voix, mais il domine ton étno - i lion. ) Vous conserviez, en ourdissant votre «rame atroce, toute ! b clairvoyance du vice à froid. Le malheureux enfant était enivré, | aveuglé par la passion. Ainsi vous avez eu la superbe audace de le conduire et de le pousser à l'ablmc... un bandeau sur les yeux !
■ADAMS D’ALFI.
J'envisagerai, s'il vous plaît, ceci tout autrement. (Elle s'interrompt en frissonnant, et secoue la neige dont tes habits font déjà couverts ) Pardon! mais savez-vous que le froid commence à devenir très-vif ici? La neige tombe à gros limons, voyez... Elle monte déjà
■ADAMS d’alu.
Bou! Déjà d foi» aujourd'hui
vous le savez, vu la mort de fort près,* et je lui ai ri au i
MOMMMT.
Oui... le péril passé!
N A RA MK D’ALFI.
Mon Dieu ! que vous êtes contrariant! Est-ce qu'à cette heure le danger de mort uVxiste pas pour moi? Me voyez-vous trembler? M'entendez-vous gémir? Pourquoi vous opiuîàlrcr à douter île mou dédaiu de b vie? Allons, soyez franc, vous donneriez beaucoup, je gage, pour savoir le foud de ma pensé' 1 .
Je le sais.
rom ii t.
LA MARQUISE D'ALFI.
HA»/ Ml p'aLN.
Cela esc prétentieux.
ROBERT
Vous regrcUex cruellement üc quitter la vie ; mais, par orgueil, tous cachez voire rage désespérée.
MADAME li" ALVI .
Vous dire que je ne regrette pas la vie serait une aü&urdilé, mais...