FAUST!!* I
Si Satan prend souvent une pareille figure, il doit damner bien des Ames! A propos de cela... sais-tu que la plaisanterie de ce soir est un peu sacrilège ?
Mémo.
Un peu?... peste, dis donc beaucoup! mais cela regarde madame et M. le comte; ah çà, j'y songe ; ils vont perdre leur passe temps, leur souffre-douleur ; car après la cérémonie, qui dans un moment aura lieu, ce malheureux Julien n'osera sans doute plus mettre les pieds ici?
FAUSTOI.
Qu'importe à madame la marquise ! Est-ce qu’elle ne doit pas par* tir pour Paris après-demain matin?
riiTiio.
C'est juste... Mais toi qui es dans le secret de uotre maîtresse, comment cela finira-t-il? car eoGn, tout à l'heure, après le mariage...
faobtire, entendant U timbre d'une penduU.
Minuit’ vite, vite, je retourne auprès de madame; elle m'attend pour poser sur m tête sa couronne de marquise... Mou Dieu qu'elle est doue belle eu grand habit de cour! j'étais éblouie. Au*$i j’en contiens, il n'y a rien d’étonuaut à ce que ce niais de clerc de notaire ait été fasciné!
MÉTRO
Jamais Venise, patrie de notre maîtresse, ne s'est enorgueillie d'une plus admirable créature .. Moi, j’aime à regarder madame la marquise, rieu que pour le plaisir de la regarder.
FACSriIU.
Allons. Piétro. sortons de ce salon. Les gens de livrée ont été envoy s à Lyon, sous un prétexte; Amhrosio, toi et moi. nuus sommes seuls dans le recrut de la comédie : M. le comte Unit être l'uuique témoin du mariage de M. Julien... que dn»-ie?... de M. le duc de la Torre Alba. f Elle ri/.)
MÉTRO
Chevalier de la Toison d'or... avec un manteau jaune! Ah I ah ! ah!
Piêlro et Faust ine sortent en riant par «leu» portes difbirenle* : pou d’iu-
>UoO après entrent Julien et le comte Christian, celui-ci est grand, m Utile
Ce que vous avei (ait, mon cher? tou» ave* aimé une femme ravissante.
julien, les yeux pleins de larmes et joignant les mains avec exaltation.
Oh oui!... aimé avec ivresse... aimé avec idolâtrie! oh!iimé surtout avec la reconnaissance ineffable d’une pauvre créature obscure, sans mérite, qui ne possède au monde qu’un cœur simple, dévoué, honnête et qui voit descendre i lui... une femme comme madame la m.œquise.
le covt* court un, cTun ton sardonique.
Ce qni vous prouve, mon jeune ami, qu'un amour sincère et naïf est toujours récompensé.
julien, avec embarras.
Monsieur le comte, une seule chose pie peine : j’ai revêtu ces riches habits, je prends un titre qui ne m'appartient pas, M nom <i« n'est pas le mien; c'est mentir ! Et mentir duus uo moment si grave, mentir à la face du ciel I
U COMTE CÜRISTIAN.
Encore ces scrupules? Combien vous êtes enfant I Ne comprend vous donc point qu’c» raison de Pari-tocra tique fierté de sou oorle mouMîigueur le patriarche des Indes. . | le comte réprime difficilement son envie de rire), la m.irquise ne pouvait décemment pas... Mais silence... La voici.
L'on Toit entrer f'ornel», marquise d'Alli, don tant la main • «on lu'en-iaat Amhrosio ; il se préias-o sou? une longue robr ronge àeanml, et a* f*** barbe blanche tombe sur h poitrine. I.a marquise, d'une éblouissante bcaotr. est couverte de diamants, m>d Ion- manteau de cour traîne sur Map»; u tête est ornée d'une petite couronne héraldique à cinq fleuron* d’oOMoù **dJ cncliissés des diamants. L'intendant Amhrosio. qui joue le rôle du palrùrcfc: de* Inde*. »o dirige rer* la table servant d autel . I* marquis*- jette un regard enchanteur à Julien, cl du geste lui désigne le fauteuil placé à cité du ilea.
u comte cuslxtian, poussant dourcmenl vers le fauteuil Julien, dont rembarras redouble, lui dit tout bas:
Rassures- vous, mou cher, la cérémonie durera ciuq minute» * peine, les patriarches des ludes marient selouun rite particulier fort expéditif.
Julien s'approche en tremblant du fauteuil placé pré* «le celui de la miraut*r.<t, comme elle, il s'agenouille sur l'an des coussin*. Celle parodie aacriiegs dur" à peine pendant quelques minutes, employée- par Ainbrosio à un aiawlicidc prières, aprè* quoi, «'«pproebant de la"marqui*c cl de Julien agenoai^'*' il leur dit d'une voix solennelle ;