CHAPITRE XLVlll
l àu bu ctuso aciiri». te» tali on, vriin.
Ainsi Ip monde! Un Ile oiie-i.
L'espace caché par le rideau formait un demi-eerclc un peu allongé, | construit en bambous, comme le reste du temple, mais ncinr< d'uu
richement coloriée qu’un vase étrusque, remplie de menu bois d'akics, dont li llamme blanche et (turc répandait plu» do parfums que de clarté.
Au «eu rt* de ce sanctuaire s'élevait mi autel carré, soutenu |>ar des pii ds de bronze et recouvert des |>lus rielies tissu» des Indes et de Perse ; voiles d or cl de soie, cachemires aux vives couleurs, gare brodée datgcnl et d écarlate , tout si* mêlait, se « (Hifonil .il en draperies ondo vantes qui serpentait ut autour ilr celle espece de lii, la il de quatre coin lies du «‘oloii le plus l u et le plus blanc.
lie chaque côté de ce lit. deux é.iormes éventails de plume.» de paon ra fruit bkiiini! I air. agités par de* Mail» in KiUles.
hiliu, eouelté ‘'ans ce lit. eoiiTé d une royale couronne de plumes de grues, ornée de diumuots, appai;.i>stil, au milieu des pl.K|iies d or qui lluiiil*o\aieul sur m-s épaules, des* signes symboliques éblouissants de pien cries qui élituvlak-ul mu sa poitiine, sur ses bras, autour de sou cou. app.knios.iii, dis-je. l'air gr ive, soucieux, p éneeupé. apparaissait lex-déhilaiit. l'ex-nipilaiuc dr bégaie, l‘e% marquis de Lougetour, pour le momeiil élu du grand sebeik tirs vallons verts.
l e digue marquis était priMligieiiseineut engraissé. Sa ligure, vermeille. lisse et pl iue, auuonçaii une sauté p;o laite : et sa lon-uc barbe lui donnait uu certain air druidique assez imposant.
Pourtant le mari d'Elisabeth lit une grimace colérique en voyant Barca-lùuia soulever respectueusement la couverture de cnehemire pour glisser dans le lit l'o'uf sacré.
— Allons, bon, dit le marquis, bon ! encore un à faire éclore !
Ces animaux-là nie | renueul pour uu four ou |KNir une poule couveuse! Us abusent di..blemeut de ma elulcur naturelle p ur foire sortir de leur coquille ces maudites grues! ht si ou llie l«îs lai-Sa il encore 1 ça me fer. il une compagnie, ces animaux •attacheraient à moi... Mais non : nue foi* qu'ils peuvent se tenir sur leurs pattes, ou tue les enlevé. Allons, ail ms! e’est bon : va-leu, vit il animal, dit le marquis en voyant les génuflexion» de Harca-Gana. qui sortait du sanctuaire à reculons. lions, me voilà eu repos jusqu'à dix Heures.
A dix heures ils ni'ap|inrtenuit des lézards cuits d ans des épices et des dattes conliles dans du miel et de la creme J'ai eu une jicine inouïe a iu habituer à ces n pas-là, et maiulenaut je ni eu tiouvt bien : je me foi» aux lézards. C e»l pourtant nue drôle de uourriltirc. Mou
I ieu ! mon (tien! qui m'aurait dit, il y a quatre Moi», quand je faisais ma parlie de ilmuiiio- au i-afé >aiiil-Magl >ire. qu un jour je serais réduit à couver des umts de giue eu Afrique et à manger des lézards ?
Haine ! aussi , pourquoi le lieiitenaut a-t-il été assez scélérat pour m'abandonner dans la corvette! Oh ! je ne lui pai donnerai jamais ça; cl si je revois la France... C. r colin, s’il lie m’avait pa» abandonné, < e mise aide Sam-Raî, qu'il- oui Internent lais é échapper en prenant le renégat pour uu marelMitd de blés d'Ude»»a : eel infâme apirstat venant, le soir même du naufrage, de je ne sais quelle croisière maudite, n aurait pas vu la corvette éilmuée sur le liane et prèle à s'engloutir :
II aurait pu* envoyé Ses gens pour piller à bord; lie m'aurait pa» trouvé (la U- mou cadre plus mûri que vit; ne m'aurait pas pris a sou bord, ameué Mir la eôu*. et vendu comme es» lave à uu enragé ipn a voi lu d'aluu'd nve faire faire des tonneau \. hits, voyant q e eu v mordais pas. d ui a mis a tirer de l'eau : mai» je u'éla'S pasa-sez fort, holiu. lieureuseuieol pour moi. je dis heureusement, parce que c’est uu bouheur auprès de me» autres existences, eel animal à gr.mde baibe a tr qné Cniitre moi uu chameau et deux fii'ils. et il m’a amené dans ce* mu Lignes. ui'a attaché dans ce diable de lit. m a couvert d oripeaux, et depuis ireute-tn iis jouis me frit faire le bêle de métier que je fois. Jusqu'à quand cela durer.i-i-il, mon Dieu ! ht le* autres!. . <Mi sont ils niaiuti'naul? bt le ciiquiu de lieutenant ? et Une ? et madame de Bleue ?el l'équipage? et leur radeau? Noyés peut-être... Je suis mieux iri.-Mais quel mieux ! Oh ! Elisabeth !... Élisabeth ! Maudite s<is-tu vingt fois... G est ta faute; sans loi, je serais eucorr rue de (■rammonl à vendre du makouba, a la bonne pit>r.
El le bonhomme resta pen»if. absorbé, jusqu'à l'heure de son repas ; apres qti >i il s’endormit du sonuueil des justes et des élus du grand sclicik de» vallons verts.
Le foudemain matin le marquis fut réveillé en sursaut par un bruit inaccoutumé. Au lien de la langue aigue et gutturale qui i émulait dans le temple, il cuteudii de* voix euroj eeuues. »Noii co*ur battit, et il pensa nioiu ir «le joie en voyaut son grand rideau s‘ou»rir, cl trni» ofliciers lug . is. en ha! ils muges, s’a va tirer de l'air du monde le plus dév mieux, eoiiduii* par Harca-Lana, qui voulait l»ieu les admettre à adoier le saint mystère.
A peine le marquis les eut-il aperçus qu’il s'écria, palpitant : — Au nom du ciel! qui que vous soyez, ayez pitié de moi
Les trois Anglais se regardèrent avec un ini oneevable étonnement : car il» étaient bien loin il avoir reconnu lin Européen SUUs ce bizarre aeeoiili cillent.
— Vous été* Français, monsieur? dit I un d'eux. — Oui. mou Dieu! Français ; capitaine de frégate, et ici depuis trente-trois jours, pour mes péchés, (’ar pitié, enuneuez-moi... sauvez-moi. — Il est impossible, monsieur, reprit le bon Anglais, de vous enlever par force ; niais je me rends à Tripoli, au retour d'un voyage ihrns l'intérieur de F Afri-
que, ordonné par lord Balhurst. Je verrai le consul de voire naüou, monsieur, et j'userai de l’inlluence que le nôtre a sur le dey pour von» foire rendre à la libellé — El je «'aurai pas »s»ct iFaïuiéi s pour vous béuir, iii kiisicur, si vous rciiMUwcz, dit le marquis. — - lion courage, monsieur! nous trois jours nous serons à Trip -li, et avant peu vous aurez de nos nouvelles. Xdieu. car je crains qu'un plus loug entretien lie devieuue dangereux pour vmis, * ilH
Eu effet, Barca-Gana commciiç-iil à froncer le sourcil; mais l'inter fl prête des Anglais l'ayant rassuré, I conduisit h*» étrangers lcr s du temple, et fut absolument rassuré quand il les vil. eux Cl leur suite, descendre les rampes exigées de ce» bailles montagnes.
Ces oflieieis faisaient pai l e de I exj édition de découverte qui pré* é bn" celle du malheureux et illoslre m.ijiir aing. 'vaut appris par leur» iulerpreik-s qu'il exi-lail dans hs riioulaguis de (hainiou une secte étnmgiTe à la religion de Mahomet, il» avaient voulu la voir : et d là leur . rencontre fortuite et si heureuse pour l'ex-déhilant. Rarcu-Gaua, lui, ‘ avait fait une excellente atlairc eu achetant le marquis.
Choisi pour remplir cet ofiiee.
Vais Rarca -Garni pen»a qu'un blanc., qu'un homme d'une espèce si à part, si peu commune, feiaii on bien meilleur cflVt dans le lit >aciéau»|j veux des croyants, et qu il léeooderait tout aussi bien. C'est mû par ©es idées qu'il acheta le hou marquis, comme «m chail.ilaii aibctc, de pré»< fcrence, un clieval d'uue robe extraordinaire pour traiuer sou char.* Malheureusement Parca-Gana ne jouit pas longtemps di* son idée. I es ofliciers anglai», à leur arrivée à Ti i, oli, exposèrent I aflairc aux t ou»' U eunqMHMis; le dey lut invoqué, et pair m*s oïdiv* une escorte d' Arabe»’’ et le chancelier du consulat parurent pour aller arracher le digue Formou à ses g IL niques occU|Ml'»ous.
1c dey alla même pins loin pour complaire au consul anglais; car, sans le consulter, il bt décimer les habilau Is de Laii, |>eud> e Barcatiana comme idolâtre, et plaça Leila dau* sou sérail.
(.tuant au marquis, il arriva à Tripoli, fiais, bien portant, monté sur in chameau du dry. Trois jours âpre», uu navire paibuil pour Gênes fut chargé d nue l'épéelie do con-ul au goaverncimnil français, et duo , rapport où le marquis fulminait son indignation contre l'ierrr, qui fjivait enfermé à boni au moment du ii.ui rage; il annonçait de plus son procluiu retour, sitôt qu une occasion pour la France se rencontrerait.