CHAPITRE X1.1X
Je requiem justice i-l vindicte !
P. L. Jacu».— Lt Rut de* Ri'üihJi,
foi dépêche du marquis arriva bien à propos à Cherbourg, où le brick du commerce let *t*ujg A mit avait transporté les naulrag s du radeau, qu'il avait recueilli* eu nier le Icodcuiain du jour où ces malheureux avaient été atteint» de lu caleuture.
Depuis quelque temps, le conseil de guerre qui jugeait Pierre, était ras-cmblé; laccusation était basée sur le rapport du journal de la Sa tau amlre, qui, on le sait, avait été conserve sur le radeau.
Pierre était doue accusé de leutalive de meurtre suivie d'exérution soi la |iersonne de son roiumaiKiml , pendant Feteirk'C de ses foui lions. Ia*s t moins avaient clé entendus, et le peu de niaUdols qui ie»laitMil de l'équipage de la Sulwtoinihr, au nomln e desquel» étaient Rouquin «•( h Joie, furent obl'g -s de témoigm'r contre le licutciiaiii; car le» faits étaient si po-i if», si évidents, qu'ils lie nuvciil même en atténuer la gravi'é. I.C précieux document envoyé parle mai qub vint compléter laeru atioo intentée contre Pierre, et donna une vigoureuse impulsion à la procédure, en la renforçant d'un nouveau délit, (‘.'était, je crois, vers le :0 novembre, l'air btuincux du port se condensait eu uu épais brouillard, qui voilait tous les baliineut.» mouillé» en r.Mie.
Il était huit heures, et uu loug canot, amarré ail débarcadère du mi le. bc balançait, soulevé par une houle usa 7 foi ti*. I e» camiliers, assis -ur leurs lianes, les aviron» levé», devis.ôeut cuire eux taudis que le patron. accroupi à I arrière, nettoyait avec uu som niinulieux les bains destinés à recevoir prolMhlt’ineul îles oflickrsd un haut grade, à voir le pavillon qui se dép'vyail à la poupe de l'embarcation.
Il fut distrait de s 'travail par un matelot d'une cinquantaine d’as»
Digin,
I A SAÏ AMANDKK.
née», à cheveux presque blancs, ayant une jambe de bote, tirai vêtu, cl portant un sac qui annonçai» que cct homme arrivait d'tm long voyage.
— Malin*. dit ce vieux mal' lot eu filant un chapeau de paille enduit donc éjwKse rom lie de goudron; ma lire, vont An patron de ramiral* D'ehlpce pas? — Oui. 'lires? — l’.'est qucArous tue rendriez un grand service de inc laisser embarquer à bord de voire ranoi, pour y aller . — A i.nrd de l'amiial? — lliu, mailre. — Veux-tu lilei lou uœiid lieux congre ! P'csl ici le caimt du général et des olliciers supérieur» qui Vont au cuii*eil de guerre. — Ht! mon (tien , mailre ! dit le vieux nialel.it avec une incr yahle expression dç crainte et il anpoUse. Quel conseil de ««ne? - tu m'embête», à la lin ’ la* conseil qui juge le lieutenant Ivre llucl- — la- liriileuaul Huet ï Ob'. »lil le marin en cachaul -ou fi mit d lis sCS mains rid es. — Tu le connais donc ? dit le patron ému suis savoir pourquoi. — Si je le connais! — Mais, reprit le maître, va-tVn, voilà le général et les olivier*. — A vos a\ irons, vous autres!
d delumt.
V ces o dre-, Iik canotiers se levèrent, tenant leur chapeau d'une main et leur a -ii ou •!•• l'autre.
L'était h- général cl cinq officiers supérieurs.
— ibiigMuidiim-, dit l'ainiral eu répondant rudement le vieux murin. qui était testé immobile devant l'embarcation.
Rappelé a lui, le matelot arrêta résolument le général par un pan A; son lia bit.
— Eh bien! qu'esl-cc? (Jue diable veut-il, celui-là ? — Général, dit Grallcn, — le vieux marin s'appelait ainsi, — général, je vicus de Brest à pied, marchant jour et nuit, avec ça. dit-il eu frappant sur sa jambe de bois avec son bâton. Ce voyage, je I ai fait pour voir mon lieutenant, mm) brave lieutenant, qui me «imite du pain et m'empêche de mouri. de fahu depuis cinq ans. Oh! général ! vous me Idhseicr. aller le voir, ue»l-ce pa», général ? bu vieux matelot qui aime ton officier. ça ise coni oit, n'est-ce pa», général ? — C'est trop juste, mon brave ! dit l'ofiieier. Viens ti a verras tou lieutenant. Patron, l'ai» placer cet homme à l'a vaut. — IJh ! merci, mon général, dit G n tien en se pré< ipitant dans le cauol avec b vivacité d'un jeune hnmiue, malgré sa jambe de bob.
I.C général occupa la première place de la droite de l'embarcation ; les autres oftlcicis se placèrent suivant leur grade on leur ancienneté. F.t le patron mit le cap sur le vaisseau amiral.
Après quelques miuules de silence, un capitaine de frégate s'adressant au général :
— Savez-vous, général, que la dépêche du commandant I ongetour est accaldaute pour - uel? — Ccsl vrai, monsieur ; ou n'a jaiitii» vu uu plu» grand oubli de h discipline ! — i ne chute qui rkjkm, dit un autre, c'est que Muet, sarhaiil que le colt C de journaux était sur le rade. n , ne l'ait pas jeté à la mer. (l’était si facile, car c’est même uu mir.idc que ce coflre, tout imperméable qu’il fût. y soit testé. — Mais l'ierre Muet est nu homme d'honneur, monsieur, rét oudit le gêné al, un brave oftirii r, égaré un moment par l'anunir excessif qu'il aval poursuit (ils. I l'est une tinte que l'nii doit punir, mais qu'ou tient excuser. — Si I on peut excuser une attaque aussi violente contre la discipline, général. répondit lollkier rapporteur, petit lioiiime grêle, sec, aux yeux faux et erts, car ce n'est pas la première fois que Pierre Duety attentait, ainsi que nous l'avons vu d'apres par les rapports de M. h* marquis de I ougetour. I.a discipline était odieuse à n. Pierre Huet, oui. elle lui était odieuse, la discipline . celle reine qui doit régner absolue et tyrannique , ajouta le petit homme d'une voix aigre et avocassicre. — Monsieur, dit le géuér.d avec une (Lgnité froide et calim qui trahissait pourtant *01» impatience, monsieur le rapporteur, vous attaquerez l'accusé devant le conseil.
Et le silence le plus absolu régna jusqu'au moment où l'embarcation atteignit le vaisseau amiral.
— Général, ne m'oubliez pas, dit Graiien au moment où l'dïlieier supérieur allait monter ümd. — Non, mon brave. Patron, fais conduire cct bouline auprès de M. l'ierre Muet. — Uui, général.