CHAPITRE VII
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Un père est le *t>ul dieu * nu athée tù-bat. KuM »T fjttOVVË. — P'JttUt HirJlftt,
homme, saurai-je pourquoi vous ave* quitté le bord sans permission ?
Ce reproche était fait par l'officier. Le père ajouta locnudemeul : — Et au risque de te noyer, malheureux enfant! — Père, vnis-tu... je vais le dire... Et en prononçant ces mots Paul s'approcha timidement de son père, appuya une de scs main* sur le fauteuil, eide l'autre prit celle de Pierre.
Le bon lieutenant sentit son courage faiblir à ce mot père prononcé d'une voix douce et soumise. Aussi reprit-il sévèrement, en reculant son fauteuil avec vivacité pour échapper aux caresses de son lils : — U t'agit de service, monsieur; appelez-moi lieutenant , cl éloignez-vous. — Au moins, comme ça, je ne faiblirai pas, pensa-t-il.
1. 'enfant lit une petite moue pleine de malice cl de grâce, rougit et changea de too. Sa voix, de trcmbhulc et faible, devint nette cl brève. Il releva fièrement b tète, et répondit avec assurance :
— Lieutenant, je me suis absenté du bord parce que je m’ennuyai-. J'ai eu tort: qu'ou me punisse! — Je veux savoir, monsieur, et que vous avez été fa ire à terre. — Lieutenant, pennellez-uioi de vous le cacher; j'ai manqué au service, puuissex-moi. — Monsieur... dit l’iciie avec fermeté. — Lieutenant, ma vie militaire vous regarde; ma vie privée ne regarde que mon pero. — Eh bien! mon lils, j'exige... — Alo. * c'est different, père ; tu vas tout savoir.
Alors aussi ce fut la voix douce et soumise qui parla.
— Allons! se dit Pierre, il faut lui céder. Après tout, eu faisant le supérieur, je n'aurais rien appris, car il a un caractère du diable. Au moins, comme ça, je saurai tout. Mais je ne veux pas le regarder, c.:r j'aurais plus envie de l'embrasser que de le gronder. Ü ressemble tant a sa mère ! — Voyons, Paul, parlez.
L'enfant s'appruclia de sou père; cl, pour cette fois, il put appuyer scs deux bras sur le dossier du fauteuil; puis, il baissa la têteau uivé-iu de celle de Pierre, l'embrassa, et dit à voix basse, avec un profond soupir ;
— Vois-lu, père, je crois que je suis amoureux. — En voilà bien d'une autre! — Tu sais bien, pore, qu il y a huit jours, j'ai été avec h chaloupe chercher des barriques au débarcadère. Pendant que le- hommes arrimaient les tonnes dans la chaloupe, je nie suis promené sur U Cote; et là-bas... tiens, tu peux le voir d'ici : c'est ce petit pavillon au milieu des orangers. — Allons! bien, je le vois. Après. — Eb bien ! père, j'ai vu là... oh ! une jolie femme qui regardait... Ma foi! je ne sais pas CB qu'elle regardait... — Eh bien'.... — Eh bien! père, caclw derrière mi rocher pour qu'elle ne nie vit pas, je suis reste plus d'une tieure a la contempler. Et mou cœur battait et ma vue se troublait ; et, en revenant, il me semblait que je t'aimais deux fois plus, bon père! — C’est donc pour cela , monsieur , que b chaloupe a autant tardé? dit Pierre d'un ion qui cachait mal son émotion. — Lieutenant, reprit l'autre avec sa diable de voix brève, je vous ai douué des raisons que vous avez acceptées.
I abusait de l'amour de son père, le maudit enfant. ^
— Paul!.,. — Allons! reprit-il, père, ne te fâche pas: tu vas tout savoir. Hier soir, je me suis affalé par f échelle de poupe, j'ai mis mes habits daus un petit coffre que j’ai poussé devant moi, et j'ai été à terre à la nage. — Oublie imprudence! tu sais bien, malheureux que ta blessure t engourdit souvent lu jambe au point de ne |i mil njrnwgrr — Bah! père, est-ce que j'avais le temps de rieuse r à cela? Et puis j’espérais h voir. — Enfin, I avez-vous vue? dit Pierre sans trop songer à ce qu’il y avait de peu grave dan* sa demande. — Non, pere. — Et que diable avez-vous fait pendant toute la nuit?— Je me suis promené, père, promené autour de sou jardin, devant ses fenêtre»; et je serais encore à les regarder, si ce vieux scélérat de maître b Joie ne m avait pas surpris, et si je n'avais pas craint de trop t'inquiéter, père, dit I Vu faut avec une admirable exyvssion d amour et de tendresse.— Et voilà tout, Paul, toute la vérité? — Je ne meus jamais, père. — A la lionne heure. Mais tout cela est fort mal. Tu sais, mon enfant, que les Provençaux n’aimenl pas la Salamandre; il se passe d'étranges choses dan* le Midi: ces paysan* sont méchants, et je crains pour loi comme pour no* matelots. Promets-moi donc de uc plus descendre à terre. — Won, père, parce que j'y descendrais quand je devrais y aller sur des charbons ardents, mai* sans manquer à mon service. — Maudit entêté!... Mais, au moins, alicz-y armé ! — Oui, pire : cela, je te le promets. — Je su» d une faiblesse inouïe pour vous, Paul, et uu jour vous me le reprocherez. Ali çà, comme lu as manqué ouvertement à b discipline, mon cher cmàut, lu garderas les arrêts vingt-quatre heures... mais j'irai te tenir compagnie. — Bon père, cher père! dit l'enfant en l'embrassant. — A b bonne heure, dit le bon lient -naiit. Mais si tu savais ce que j’ai souffert d'inquiétude! je n’ai pas dormi de la nuit. Pauvre ami, je n'ai plus que loi au monde; songes-y donc.
Et il renfonça une grosse larme qui allait couler, car il entendit frapper à sa porte.
— En rez ! dit Pierre en se retournant vers les fenêtres de b galerie pour qu’on ne vit pas ses yeux humides. Qu’est-ce? —■Lieutenant, dit un pilniiii, h; commissaire demande s’il peut couinieucer b paye. — Sans doute. Faites avertir l'équipage.
Wou* avons bissé Pierre cl son lib dans la galerie de la corvette.
— Saurai-je , monsieur, dit Pierre en s'asseyant assez loin du jeune