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Choque choie a pluaieur* bian cl (iluuour* lu* ire* Moktanhk, liv. J, ch. vu.
La sfène te passe à Paris, faubourg Siinl-Germiin, chez madame la comtesse d’Knuril. — la» marquis vient de raconter fort spiiiturllcmcnl l'aventure de Henri et de la ducheue, les détails sur U tour, la mort de Riln, etc. Ce récit a f.irt nniiité, même intéressé. On s'est un peu récrié sur l’horrible conduite de Vaudrey; mais plmieuri femme* qui visitaient la comtesse sont sortie* dans l'espoir de rencontrer ou de voir M . de Vaudrev chez madame do Vaudemont, qui donnait une (élu ce soir-ti. Il oo reste cbe* la comtesse que deui amis intimes, le chevalier de Bersy et le marquis d'Elmonl. La comtesse n'a plus d'ige.
la comtesse • — Jen'ai pas voulu dire que j'attendais ici M. de Vaudrey ce soir, ils me seraleul tous restés : j’aime mieux que nous l’ayons en petit comité... Mais, voyons, chevalier, égayez-nous un peu, car celle histoire est en vérité bien triste.
u ciliVALii*. — Alors, madame, je vais vous dire une bonne aventure de Latiraguais.
le marqcis. — Encore du Laura gîtais ; ses plaisanteries sont Inépuisables. L'est merveilleux comme les millions de M. de Guemenée. Plus fl en dépense, plus il en a.
la comtes*». — C'est- .Y-dire, pins il doit; panvre prince? avec son train presque royal... Mais contez-nous donc votre hMoirc, chevalier . ..
le r hl valise. — Il y a quelques jours, Laur.iguais fin inc une consultation de quatre docteurs de la facilite, les reçoit â l'hôtel de Bramas, et la leur pose Irès-sériensement la question de savoir s'il était possible de mourir d’ennui. Voilà mes savants tous pour l'affirmative, et qui, après on long préambule rempli de terme* no l'art, signent de la meilleure fol du monde qu'il est moralement et physiquement possible de mourir d’ennui. Les Braocas étant généralement hypocondrcset mélancoliques, les médecins crurent que cette consultation regardait quelque parent de Lauraguab;, et ils spécifièrent même, dans l'ordonnance, que le seul remède était de dissiper le malade, et surtout, si elle était connue, d'écarter de scs yeux la cause de cet état d’inertie et de dégoût qui le consumait.
la comtesse. — Eli bien l mais après?...
le chevaueb. — Muni de ce certificat en bonne forme, Lauraguais, qui était fort épris et fort jaloux de Sophie Arnould, s'en va le déposer chez un commissaire de police, et y porter plainte contre sou rival, M. de Baron lin, qui, disait-il, par sou obsession continuelle autour de Sophie, ferait infailliblement périr dciiuui celte actrice inimitable. Lanraguais requérait dune de l’autorité chargée de veiller au salut des citoyens qu’il fût enjoint audit Barenlin de s'abstenir de toute visite chez Sophie, sous les peines réservées aux gens qui attentent à la vie des autres.
la comtesse. — C’est charmant. Mais savez-vous, chevalier, que c’est un précédent parfait qu'un tel arrêt?
le marquis — Saus nul doute : ou fera renfermer les ennuyeux pour cause de salubrité publique.
la comtesse. — Le fait est (pu; tout ennuyeux devrait être mis hors b loi.
le chevalier. — Ou plutôt hors la société, ce qui vaudrait bien mieux. la comtesse. — El ae qui tenez-vous cette histoire, chevalier? le anvAUn. — De M. de Fronsac.
le marquis. — 1! a été fort amu&iul hier à Trianon, ce cher Fron>ac ! la comtesse. — Vous y étiez hier?... Que donnait-on au théâtre de la Reine?
le marquis. — La Vrillée villageoise. Sa Majesté jouait Babel: madame b comtesse Diane, b mère Thomas; mesdames de Luit lie, de Polignac, de Pobstron, fis jeunes filles; le comte d’Esterhazy, le bailli : et puis toutes les vieilles c'étaient messieurs de Bezenval, de Üoigny, de Crussol . . .
LA COMTESSE. — Et le Colin ?
le marquis. — C'était monseigneur le comte d'Artois, qui chante comme il se bat. c'est-à-dire fort et longtemps, je vous jure. Les places coûtaient, ma foi, bien un louis, et luut cela au bénéfice des pauvres orphelins que. Sa Majesté protège. •
o* valet de ciumbre (anuonçant). — M. le- baron cl madame b baronne de Ccrnan. (Entrent le baron et la baronne.)
la comtesse (au chevalier!. — Ah I bon Dieu!... madame de Cerna» avec son mari !... (A b baronne.) Bonsoir, ma toute belle... (Au baron.) Mais il y a un siècle que vous me négligez, monsieur de Oman.
u baros (lui baisant la main). » Vous êtes mille fois bonne de vous en apercevoir, madame, et je viens me mettre â vos pieds pour obtenir mon pardon.
la baronne. — Ne croyez pas un mot de cela au moins, madame ; M . de Ccrnan ne vient pas pour vous.
la comtesse. — En vous voyant avec lui, je devais m’en douter, Cécile..
la baronne (malgré les signes du baron). — Oh ! vous n’y êtes pas... il vient pour voir M. de Vaudrey, que vous recevez, m’a-t-il dit.
le babon (souriant). — Comme madame de Ccrnan veut faire excuser mou assiduité auprès d'elle, elle prend ce prétexte... et je le dis avec fatuité.
la comtesse. — Le prétexte est au moins bien choisi, car, en eflet, depuis son affreuse aventure, M. de Vaudrey est plus à b mode que jamais. C'est horrible à dire, mais cela est. Je le vois beaucoup. 6a rnere était de mon iulimilé, et je vous assure que c'est pourtant l’homme du monde le plus aimable qu on puisse se figurer.
la baronne. — Cependant, madame... quelle miteuse conduite a été la sienne! il me parait au coulraire, à moi, souverainement haïssable.,.
la comtesse. — Oui. ma chère eufanl... mais c’est un de ces hommes que l’on bah à l’adoration...
le baron. — Est-ce qu'il rentre déjà dans le monde?... le marquis. — Mais il est en mesure, ce me semble... douze ou quinze jours de retraite après l’événement... et I on peut reparaître, C est 1e terme.
la baronne. — Il ç»t donc bien vrai que la duchesse est morte de désespoir?...
le marquis. — De parfait désespoir... ceb vabit bien ça. le crevai IEB. — Heureux Vaudrey... ces choses- b n'arrivent qu'à lui, il va faire fureur...
la comtesse. — Taisez-vous donc, c’est épouvantable... El qui eût dit, à la voir, que cette duchesse si prude devait mourir d'amour ! Je me b rappelle iort bien... J'ai soupe avec elle chez b maréchale de Luxembourg... c’était une femme d'un fort grand air... les yeux superbes, la gorge parfaite... mais trop brune, les sourcils trop marqués... le babon. — Elle était d'une sauvagerie affectée, m'a-t-ou dit. le uiE'alisb. — Ridicule... elle s’etait constituée eu reproche vivant pour beaucoup de femmes qui valaient mieux quelle... car, entre nous la vertu est facile quand on n'a ni cœur ai âme...
le marquis. — Pourtant... cHc a pris, ce me semble, la plaisanterie de Vaudrey fort au sérieux.
la comtesse. — Franchement, je suis loin d'excuser b conduite de M. de Vaudrey; mais quand je pense avec quel froid dédain, quelle ironie insultante b duchesse accueillait les plus simples galanteries... avec quel air d'impertinente supériorité elle parlait des autres femmes... tout en b plaignant, j’aime mieux que cela lui soit arrivé qu'à toute autre, u baronne. — Pourtant jugez doue ce quelle a dû souffrir. la comtesse. — Sans doute. Aussi je la plaius, mais je b pbiudrais
LA VIGIE DR KOAT-VEN
pfos encore si cUe s’était montrée plus tolérante avant sa Taule ; à mou ipe, ma chère enfant, on peut dire tout ce qu'on pense ... Eh bien !... leoez, j'ai vu le monde, et je suis convaincue qu'il est plus difficile de te faire pardonner ses qualités gue ses début*, par une raison toute umpte. c'est que la modestie ou la bonhomie de venu manque presque toujours an* gens austères.
u cmivauir. — Madame la comtesse a raison. El puis, quel pitoyable p*i! car enfin, avant que Vaudrcy ac Tût fuit connaître, elle croyait n’aimer, et même elle n'aimait, à bien dire, qu’un iuconnu sorti on ne sait d'oà: vous avonerez que c'est presque de la dépravation.
is muons. — Ou l’espoir du mystère. Un amant de cette sorte, ça se cache parfaitement, et maintcuaut je suis de l'avis de ceux qui la croyaient non rigide, mais adroite. Aussi Vaudrcy me semble-t-il, après tout, fort excusable. Ce n'est pas non plus de sa faute, à lui, si d une comédie la duchesse s'est amusée à faire une tragédie.
u cnrrmt. — El puis enfin, ia cause de l'iudulgence qu'on a pour N. de Vaudrey vient de ce qu'il a vengé les hommes des rigueurs de la duchesse, et les femmes de sa supériorité de vertu ; il ne faut pas non pi» nous Caire meilleurs que nous ne sommes.
u sun*. — Il le but pourtant, madame, il le faut... améliorer, arriver â U perfection en morale comme en politique.
ls enviusa (bas à la comtesse). — Bon ! Je parie qu’avant cinq minutes le baron a parlé de l'Amérique.
u baros. — Teucz, en Amérique... (Ici la comtesse se cache sons son éventail. i Tenez , en Amérique, ils s'améliorent, et la preuve de cela, eot qu'ils s’insurgent! c'est un fait. Ils dépendaient de la métropole. Eh bien! tout à coup ils se discut : Bab ! ne dépendons plus de la métropole. et ils ne dépendent plus de la métropole. Savez-vous que c’est «Mime, ça?
u cazvAiit». — Ce sera surtout sublime s'ils sont les plus forts, ii barou. — Ils le seront, monsieur, ils le seront, car leur cause est notre cause à tous.
u comtesse (riant). — Comment ! monsieur de Cernan, c’est b nôtre aussi?
u mos. — Certainement, madame, c'est b cause du monde entier; l'insurrection triomphera, part* que l'insurrection est la plus admirable des venu*; d'abord elle est facile et à la portée de tout te monde, de toute* les intelligences; ensuite elle est naturelle, car elle a son germe éun le cœur de l'homme. Tenez, moi. étant eubnl. je m'insurgeais déjà coutre mon gouverneur, je m'insurgeais contre me* bonnes, je m'insurgeais...
u conrzsat. — Pardon si j'interromps le cours de vos insurrections; nais contre quoi nous insurgerons-nous, nous autres, la noblesse?
u Btaon. — Mais contre nuus-mcmes, madame, contre notre propre classe. Voilà ce qu'il y a d'admirable; ce sera bien mieux encore qu'eu Amérique.
u cbetaltxi. — Je conçois parfaitement le système politique et insur^ reiiMHiDel du baroo. Nous appellerons la canaille pour la prier de vouloir bien mettre le feu à nos hôtel*, et nous égorger ensuite ; c'est pareil, mais après?
u bakos.— - Après... cb bieu ! quand nous aurons fait abolir nos titres monstrueux, renverser nos fortunes scandaleuses, nous serons tous ég'W, tous frères ; je deviendrai l'égal de mon palefrenier. Voilà le sublime.
u cnvAim. El puis après?
lx iakou. — Eh bien ! après... b France sera un immense jardiu, couvert de fruits et de fleurs, dont chacun aura sa part. Nous serons berger», cc* dames bergeres . il y aura des vertus pour tout le monde, des robes blanches pour les jeunes gens, des robes bleues pour le* jeunet (eus mariés, et ou portera le deuil de ses amis. Ce sera divin, l'âge d'or; lisez Condorcet. 1
u chevalier. — Et puis après?
u Bakou. — Eli ! mon cher, que voulez-vous de plus? c'est le paradis terrestre , nous y vivrons sans avoir besoiu d'autres lois que des lois naturelles ! Manger quand on a faim, dormir quand ou a sommeil : voilà qui est beau !
u cumula. — Mais les vices? CMH meut les réprimerez-vous? u kakou. — Mais abolis, les vices, abolis avec les corvées, les gabeiies et les droits seigneuriaux. Est-ce qu'il peut y avoir des vices dans une société régénérée, qui vit de liberté, de légumes et d'égalité?
u comtesse (bas au marquis). — Il est fort amusant. (Haut.) Kl b religion, baron? abolie?
u barou (avec sufiUauee). — Parbleu, vous sentez bien que nous ne Hxuaies plus à ces temps de fanatisme et de superstition où le clergé "s- rail la raison de* peuples pour leur faire croire à d'atroces faussetés, <wns < e temps de barbarie où il disait aux malheureux : L’homme e*i aé pour souflrir, souffrez donc patiemment peudaut celle vie, et vous niiez le bonheur éternel après votre mort ; et ils le croyaient, le* infortuné* abrutis ! 11 est notoire qu'il* le croyaient, qu'ils souffraient sans se plaindre, stupidement consolés par l'espoir d’une chimère absurde que le (lambeau de. la philosophie vient de réduire en cendre. Aussi maintenant le malheureux, n’ctaul plus enfoncé dans les ténèbres de l'ignorance, peut sc dire, doit sc dire : Je souffre toujours dans cette vie, c’eil vrai ; mais après la mort il n'y a rien du tout. Vous m'a vouerez que c'est fort agréable de pouvoir passer ça au ucz du curé de son viJbge,
car maintenant, « les prêtre* tic sont plus cc qu'un vain peuple pcvisc, notre crédulité lit toute leur puissance, a dit le grand homme, fe demidieu, qu'esl-ce que je dis, le demi-dieu ! le dieu du siècle : Voltaire! le dieu Voltaire !
li cubvalizk. — Ali çà! mais, et l'autre? le barou. — Quel autre?
u cuivAuza. — Oui, l’ancien Dieu, qui ne fit, lui, (oui bonnement, que le ciel et la terre; aussi aboli?
le barou. — Ce n'est pas encore décidé Hier j’ai vu Laclos, qui m’a dit qu'on débattait la question chez Condorcet. Avant huit jours nous saurons à quoi nous en tenir, et si on le conserve, oui ou non.
ut cazvALiZB. — Oh l je vous en prie, dès que vous saurez si von* le conservez, faites-m'en part ; car je suis bien curieux de connaître votre arrêté... et puis je ne voudrais pas envoyer mes gens à la messe inutile ment.
lz valet de chambre (annonçant). — M. le comte de Vaudrey. (Mouvement général de curiosité et d'admiration.)
Henri baise U main de 1a comtesse.
u comtssss. — Dites-moi, Henri, j’ai à vous parler-, donnez-moi rotre bras.
La comtesse entre dans un boudoir attenant au salon, dont les portes soûl ouvertes. Les visites se succèdent . Dps groupes sc forment. Henri est superbement vi’-tu d’un habit de velmir* incarnat. brodé et pailleté d’or ; l'an insouciant et calme ; ultérieur justement oppose à celui qu on al tendait, et par cela même produisant beaucoup d'effet. — La baronne Cécile de Cernan a vingt an», est belle comme un ange, spirituelle, rêveuse quelquefois, souvent folle et étourdie. — Le baron de Cernan a trente ans, pouvant prétendre en belle tête, fort gras, négligé, brave, immensément riche, et fort épris de philosophie.
lz MBOft (à sa femme). — En vérité, madame, ma démarche est étrange ; je ne connais pas M. de Vaudrey, et rua demande lui paraîtra fort indiscrète.
la babouub. — Alors ne la lui (ailes pas, monsieur, i.c 8AKriu. — Mai* vous m'y avez engagé.
la barohue. — Moi? pas dn tout; je vous aidil que la comtesse, ayant beaucoup connu la mcrc de M. de Vaudrey, avait infiniment d'amitié pour lui, et que, présentée par elle, votre demande ne serait peut-être pas refusée : voila tout.
u babob. — Soyez doue assez lionne pour faire colle demande vous-
même.
la babuuui. — Quelle folie! y pensez-vous?
U babou — Vous êtes de ( intimité de madame d’Emard, vous pouvez bico l'intéresser pour moi; de la part d’une femme c’est toujours moins choquant : nous somme* encore si ridicule* avec notre politesse, nos forme* .. ah î en Amérique...
la bakouuk. — AHonsl... j’y consens;... mais, en vérité, je sui* trop bonne..
u barou. — Tenet, voilà justement la comtesse qui rentre dans le salon.
La baronne va s’asseoir prè* de la comtesse, et cause avec elle quelques minutes à voix basse. La comtesse regarde malignement Cécile. Cécile rougit, et la comtesse la baise au front.
u rakor (à part). — Bravo I cela va bien... ma demande est en bon train.
la comtxssb (s’adressant à Henri qui cause et rit avec le chevalier, cl lui moniraut un siège à côté d'elle). — Henri, mettez-vous Là, i'ai à vous parier, à vous supplier : après voua avoir tant grondé tout à l'heure, j’espère que c'est bien hardi.
MIW (souriant).— Le fait cal que c’est exiger un peu vile le prix delà leçou ; mais elle a été si gracieuse, si aimable, que je ne m'offense pas, et j'accorde tout. .
u coMTtïSZ. — Même alors que cette supplique ne m'intéresserai! pas personnellement 7... mai* une jolie femme... qui vous hait de toute sou àtue...
L» baronne rougit. Henri, qui U regardait i L dérobée, s'en aperçoit et répond avec indifférence:
Entre nom, madame, ia haine ou l'affection me trouvent maintenant assez tiède ; autrefois j’aurais été fier, charmé de me savoir haï. dans le piquant espoir de changer cette impression cruelle en un sentiment plus doux; mais, en vérité, l'amour entraîne à sa suite tant de tracas tanl de suites désagréable*, que je. me réforme tout à fait, et je ne veux plu* vivre que pour votre ancienne et bonne amitié ; aussi est-ce à clic >.cule que j'accorde ce que vous me demandez.
la iarouur (sc lève avec dépit et va regarder de la musique étalée sur le clavecin, en disant à part) : — Quelle impertinente fatuité! quel calme! quelle insouciance!... après son affreuse conduite avec cette pauvre femme... c'est odieox...
u barou (avec intérêt). — Eh bien ! madame, où en sommes-nous ? la barouue (avec impatience). — Eh bien ! monsieur, je n’en sais rien , croyez-vou* que je nien occnpe ?
le barou (décontenance, sort en se disant) : — Il est, pardieu, fort plaisant que moi, qui suis d'une maison qui vaut au moins la maison de
LA VIGIE DE KOAT VEN
Vaudrey, je sois obligé de le solliciter ; cl l'on veut que je ne sois |>aa parlism de 1 egalilé... Oli! en Amérique...
i.a comtesse (qui a causé longtemps avec Henri). — Oui, mon cher Ucnri, il meurt d'envie, du désir de se rendre en Amérique: on lui a dit que vous y alliez, et il vous supplie de le prendre sur votre vaisseau ; c'est un excellent homme, sauf une monomanie qui vous amusera. Eu vérité, Henri, si vous pouvez m’accorder cette grâce sans nuire à vos ordres, je vous en aurai une obligation particulière.
henm. — Mais avec plaisir... je n’y vois aucun inconvénient; seulement j’en préviendrai N. le maréchal de Casiries.
la comtesse. — Mille remercimenls. mon cher Henri... Venez donc annoncer cette bonne nouvelle à madame de Cernan.
lissai (à Cécile, d’un air froid). — Si j'avais nu prévoir les intentions de AI. île Cernan, j'aurais été au devant de sa demande, madame, puisque ce bien léger service me donne l'occasion de vous assurer de tout uiou dévouement.
la saxonne (saluant d'un air sec). — Monsieur, je vous remercie mille fois de voire obligeance, au nom de M. de Cernan, heureuse pourtant de penser que c’est à la seule influence de notre amie commune, madame la comtesse d'Emard, que nous devons votre bienveillante disposition.
henw (toujours froid). — Pour la première fuis, madame, peut-être seriez vous injuste envers noire exccllculc amie, si vous attribuiez à sa seule influence mon empressement à me mettre à vos ordres.
La baronne rouait rf salue. Henri n’adres<c plut U parole & madame de Cernan de toute la soirée. On joue une macédoine. Au moment de partir en compagnie du vieux duc de Lercnos, auquel elle a demande son bru, Cécile dit assez haut à U comtesse
Phicz-vous demain chez la maréchale de Casiries? la comtesse. — Non... Mais pourquoi celte demande, mon cœur? la saxonne. — C’est que j’y suis priée, cl je vous aurais offert de vous conduire.
la comtesse (la baisant au front). — Méchante enfant, de me donner un regret à moi, qui ai les dîners en horreur.
■emii (à part). — Justement j’ai à parler de M. de Cernan au maréchal de Casiries; j'irai demain me faire inviter.
La baronne sort sans regarder Henri.
menu (à part). — Tout va bien., mène souper chez Lélia.
Allons rejoindre Crussol, que je 11 sert.