CHAPITRE XV
des HToio Militas* M uvon va
u an hru. C’est un posta d.ingemix, marquis.
LB »4ngris. Nous avons du courage.
Garnit. — Lt Grmnd CophU, scie H, se. 4.
— Sir Georges, dit Saiat-Ouen, permoltez-moi de vous présenter, avant votre départ, un de mes amis intimes, M. le comte de Vaudrey, lieutenant des vaisseaux de Sa Majesté, qui désire vivement vous connaître.
Puis, saluant sir George», il le bissa avec le comte.
L'Anglais, après s'être profondément incliné devant Uenri, le regardait d'un air sec, glacial, et ne disait mot.
— Pardieu, sir Georges, dit Henri avec celle aisance nui lui était familière, j’ai été bien désolé de l'indiscrétion du maréchal; mai», par le diable, vous pouvez nous pardonner ce succès, car vous nous avez coûté assez cher A prendre, sir Georges! puisque mon ami, le marquis de b Jaille, a reçu, lui, deux bons coups de hache d'armes sur la tête, et a vu sur les cadres In trois quarts de son équipage, pour s'être donné le glorieux pbisir d'amariner le brick de votre seigneurie, lt Triumyh? je crois...
— U Triumyh, monsieur le comte, répondit l’impassible Anglais.
— Mais, enfin, votre sang-froid ne m'empêchera pas de soutenir que vous êtes le héros d'un des plus beaux faits d'urines de celte guerre, sir George».
— Si ceb est comme vous voulez bien le dire, monsieur le comte, j'ai eu le temps de l'oublier pendant ma captivité.
— Mais maintenant vous êtes libre, sir Georges... libre... et pourtant vous avez l'air triste et soucieux... Pourquoi diable cela?
— Monsieur le comte I dit sir Georges avec hauteur.
— Pardonnez-moi, sir Georges ; mai» moi je vous parle sans phrases, comme on doit se parler entre marin» et entre jeunes gens... Tenez, franchement, je serais ravi que vous me permissiez de me dire de vos amis, car, vive Dieu, capitaine, je sens que. j'aurais un plai-ir infini A me reueontrer bord A bord avec vous... A foi ces égales, par uue belle brise, cl A causer b, franchement, à bons coups de canon.
— Vous uic biles trop d'honneur, monsieur le couitc, dit gravement sir Georges...
— Eh ! mou Dieu ! ne m'appelez pas monsieur le comte; appclez-inoi présomptueux, fou, étourdi, si vous voulez; mais ne soyez pas aussi glacbl, sir Georges ... Voyons, quel est mon tort à votre égard? vous êtes prisonnier et étranger; comme je vous vois chagrin au moment où vous devriez être joyeux ; comme vous êtes de niuu âge, de in.i profession, de mon rang, je inc mets à votre service la première fois que je vous vois; ceb heurte nu peu les usages reçu», j'en conviens, mais le vous offre mon amitié en loyal et franc gentilhomme ; acceptcz-la de
Diqitize
LA VIGIE DE K.OAT-VEN
même, car, vraiment, voua ne pouvez m'en vouloir pour cela, air Georges ! el Henri lui tendit cordialement la main.
Sir Georges b prit et lui dit, toujours avec sang-froid, mais avec une légère émotion: — Je suis ou uc peut pas plus sensible aux témoignages d'intérêt nue vous me duuuez. monsieur le comte; et je vous suis un gré infini de votre obligeance. Ce «pii me peine seulement, c’est de ne nas me trouver dans le cas d'y avoir recours. Et, saluant profondément Ucuri, il sortit du salon.
Les joues de sir Georges se colorèrent, son regard devint éiiucelani, et U reprit pourtant avec calme : — M. le marquis do la Jaille a menti,
monsieur le comte !
— Il a rocuii!... s'écria Henri. Menti!... Mais savez-vous, monsieur, que cette injure m'est presque personnelle, vu l'amitié étroite qui m'attache ik M. de la Jaille?
— Prenez-la comme vous l'entendrez, monsieur : voilà d'ailleurs assez longtemps que vos nticslions me sont insupportables.
— Monsieur! dit Henri, suivez-moi... Il doit faire un ebir de lune superbe dans l'avenue de Saiut-Cloud ; nous passerons chez le prince île Monbarrey. qui reçoit, pour y prendre des seconds.
— Je suis à vos ordres, monsieur le comte, dit sir Georges eu s'inclinant.
El il suivit Henri chez le prince de Monbarrey.
' — J'aurai maintenant bien du malheur si je ne lui arrache pas ce diable de secret, pensait Henri, car vraiment cet Anglais m’intéresse au dernier point, cl jamais ic n'ai éprouvé de sympathie d’amitié plus vive.
En arrivant chez le prince, sir Georges trouva lord Eellow... En deux mots il lui conta l'affaire, et deux minutes après deux carrosses roulaient sur b roule de Paris :
Dans l’un, lord Fcllow et sir Georges.
Dans l'autre, Henri et Rullccour.
Un s’arrêta prés du Cbcuil-Neuf.
— Quand vous voudrez, monsieur... dit sir Georges en se plaçant devant Henri. Et, sur uu siguc des léuioius. les fors se croisèrent.
— Ah ça ! fl est fou... dit le comte. Il a décidément quelque chose de sinistre dans la physionomie, et puis H m'intéresse maintenant au moins autant qu'il intéresse madame de Ceraan. 11 faut que je le suive... car, pardieu, je saurai ce qu'il a...
El, se précipitant sur les pas de sir Georges, Henri le trouva au bas de l’escalier de b galerie des princes au moment où il demandait ses gens.
— Sir Georges, dit Henri en le preuaui par le bras, vous ue m'ecliappere* pas ainsi, vous m’ccoulercz... Il faut absolument que je cause avec vous, j'ai à vous dire...
— Qu'avez-vous i me dire, monsieur le comte? reprit l'Anglais avec sou diabolique sang-froid.
— Parbleu ! j'ai à vous dire...
— J'attends, monsieur.
Et Uenri, voyant ses avances ainsi rejetées, ne]savait plus quel moyen employer pour arracher le secret qu'il brûlait de savoir, lorsqu'une idée lumineuse vint à l’esprit de l’élève de SufTren.
— J 'ai à vous dire, ajouta Henri vivement, j'ai à vous dire, monsieur, que je désire avoir des explications sur le combat de votre brick ; mais sortons de celle galerie et entrons dans ce jardio.
Ils sortirent, et se trouvèrent seuls sur l’espbnade qui règne devant b façade neuve du palais.
L'Anglais n'y comprenait plus rien.
— Oui, roousienr, reprit Henri ravi de son idée; mon ami le marquis de b Jaille m'a dit que vous aviez fait tirer sur lui au moment où il venait sans défiance à votre bord, voyant votre pavillon amené, et que 'ccue Infime trahison avait pu seule voua donner l'avantage.
impair»! par 11. rtdol. Mesnil ‘Eure i, mr les dleluS des éditeurs
Le Suisso Uc I b6td do Vaudri-]. — MOT 13.
Uenri, d'une force supérieure dans t'escrime, ménageait visiblement la vie de sir Georges, car son but était de le blesser légèrement. Mais, au moment où, apres avoir évité l’attaque de son adversaire, il restait sur b parade, celui-ci profila de ce temps perdu pour lui porter une si rude botte, que Uenri tomba sur le coup.
— Assez, assez, messieurs, dirent les témoins.
— Ah ! oui, assez ! dit sir Georges en regardant Uenri qui, un genou en terre, s'appuyait sur son épée.
— Ah! monsieur! monsieur! ajouta sir Georges, pourquoi m'avezvous provoqué sans raisou ? Je vous jure sur l'honneur qu'un tout autre sentiment que celui de b haine m’attirait vers vous.
La femme uni nom — mi IC.
LA VIGIE DF KOAT-VFN.
— Pardieu ! et moi aussi, dit Henri d'une voix faible, et c'est jusletucol pour cela que...
U s évanouit.
Quatre heures après il était à Paris, dans son hôtel, livré aux soins dos chirurgiens.