‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue La vigie de KoatVen roman maritime 17801830Chapitre 17 sur 70 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

U. U CQMUSitftK.

C’est chose digne do très-grâtnlo rcnsidêration que cette cire De nie police de Lycurgue, à I* vérité momtrueuv pir m perfection. Hostimkc, Irv. I, ch (v.

La petite chambre de Rila se trouvait envahie par une viiiglaiuc de soldats du guet, commandés par un sergeut à hallebarde. Les nus causaient à voix basse en désignant llita ; les autres sc nioiitraieiu en silence les divers meubles de l'appartement.

Assis à une petite table, était un homme d’une figure ignoble, gros et sale, vêtu d’une rote noire crottée. C'était le commissaire.

Devant lui. Ferez et Rita se tenaient debout.

— Vos noms ? leur demanda durcmeut l'homme noir.

— Perez de Sibeyra, répondit Perez.

— Votre état ? *

— Négociant.

— OhT négociant... Négociant est fort. Joli négoce, en effet. Vos papiers?

— Je n'en ai pas.. . je les ai perdus.

— Je m’en doutais et s'adressant à Rila : El vous, la Mie ?... Allons, allons, ôtez ces mains, cl ne nous cachez pas ce beau visage... Voyons, votre nom?... Ileiu.. Mai» parlez donc I dit brutalement l'homme de police. El, se levain à demi, il voulut abaisser les mains de la duche»se, qui continuait de sc cacher la figure.

— Misérable!... par le Christ!... ne la touclic pas, entend»- lu ! s’écria Fini en »e précipitant sur le commissaire.

— Sairisscz-lc, et serrez-lui les pouces, dit froidement celui-ci.

Perez fut garrotté.

Et l'homme noir s'adressant à Rita :

— Et loi, la belle... Ah’ à la twnne heure, tu nous bisses voir la figure... Tudieu ! tu avais bien raison de la cacber, car die n'est pas belle... Voyons, Ion nom, ton étal?

Rila était pourpre ; ses yeux lançaient des éclairs, mais elle ne parlait pas.

— Tu t’obstines à te taire; c'est fort bien. Nous verrons si le régime, de Saint-Lazare et les corrections qu on y inflige aux entêtées auront plus de pouvoir que mes procédés. Une fols à l'hôpital, lu te dérideras, uu fille.

— A l'hôpital ! elle... elle... ü mon Dieu ! c’est affreux ! dit Perez.

Et il (rieura.

— Tiens, et pourquoi donc pas die comme les autres de sa trempe? On prendra des mitaines, n'est-cc pas ? ne dirait-on pas que c'est une duchesse? Allons, qu’on lui attache 1rs mains comme à son complice ; et prenez garde à vos poches, car c’est une hardie coquine.

— Me toucher, lu n'oêcrafe, dit Rita, en s’avançant avec tant de dignité cl d'un air si imposant que I homme de police en fui un instant interdit.

Puis, revenant à lui : — C’est qu'elle se donne en vérité des airs de princesse. Allons, qu'on en finisse. Auachcz-la.

Deux soldats s'approchèrent.

Perez se jeta à genoux cl dit en pleurant : — Par pitié, madame, laisscz-les faire.

Rila pâlit extrêmement, lendit les mains aux chaînes et dit seulement à voix liasse et sourde : — Oh! Henri? Henri!...

— Mais de quoi nous accusc-l-on, au ninins? demanda Perez.

— Tu es bien curieux, toi ! dit le commissaire. Mais, si tu es curieux, monseigneur le lieutenant de police l’a été autant que toi. Aussi, à votre arrivée à Paris, toi Cl ta complice, vous avez d'abord éveillé les soupçons, et l’on vous a suivis. Cctaient des allées, des venues, de l'or donné à droite et à gauche, un espionnage de votre part qui s’attachait aux gens les plus recommandables... eufin, tout ce qui annonce les plu» mauvais desseins. Aussi, ou vous pince aujourd'hui, mes moineaux de Saint-Lazare Maintenant, les clef» de ce secrétaire ?

— Je ne les ai pas.

— Ouvrez ce secrétaire ! dit le commissaire. Il but que j’invenlnrie tout ce qu'il y a ici, car je soupçonne fort cet honnête couple de rccéler quelque b rein.

Le sergeut fil sauter b serrure du secrétaire d'un coup de hallebarde.

Et le commissaire ouvrit b cassette qui renfermait ces immenses valeurs que Rita avait réalisées, soit en or, soit eu billets de fa banqu j d'Angleterre.

— Ah! j’nl donc enfin trouvé b pie au nid! s’écria*t-il radieux.

LA VIGIE DE KOAT-VEN

C’est un vol manifeste... El d'où teocz-votw celle somme énorme, misé raides?...

— C'est mon bien. Je suis négociant, dit Perez.

— Oui, oui, tou bien, Greffier, mette* les scellés sur tous ces meubles, sur celle cassette, que je vais déposer chc* monseigneur le lieutenant de police. Quant à ces oiseaux, la cage les attend, et peut-être la potence, car le diable sait ce qu'ils auront (ail pour s'approprier cet or, et s’il n y a pas du sans dans tout cela...

— Pour la dernière loi», monsieur, dit Perez, je proteste, je jure devant Dieu que cctlc somme m'appartient légitimement, et que daittews, s’il y a crime, vol, madame est innocente. Cet or est à moi, à moi seul. Les démarches qui ont éveillé les soupçons de Pautoriié, moi seul les ai faites: relcnez-nioi prisonnier, mais que madame soit libre.

— Il y a lin (lacrc en bas? demanda le commissaire sans répondre à Tercz.

— Oui, monsieur le commissaire, dit le sergent

— Conduisez donc ces deux complices en net» desûreté, pendant que moi et mon greffier, assistés de deux de vos gens, nous allons terminer l'inventaire de tout ceci.

Et Rila fut conduite à l'hôpital, cl Pcrez 1 Saint-Lazare.

Cela est cruel, je le conçois, au moment de sc voir sur le point d’assouvir sa vtogennee par la trame la mieux ourdie.

Mais, mnl.'ctircuscmcnl, les conspira leurs, les amants, les poètes ou les artisans de vengeance tels que Rita, oublient presque toujours de prendre les précautions les plus simples et les plus vulgaires, égarés qu'ils sont dans les hauteurs de leur» puissantes combinaisons.

Or, tel est l'ordre admirable de la police, qu'elle irait relancer le solitaire sur son rocher pour lui demander scs papiers ou son rôle de contributions: car il y a dans les civilisations une époque à laquelle on ne peut pins être misanthrope sans autorisation municipale

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