‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue La vigie de KoatVen roman maritime 17801830Chapitre 23 sur 70 · CHAPITRE XXY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXY

accoonuüCE.

Si tu a vus adopté ce genre de vie «*uvage pour chitier ton orgueil, i U bonne heure; mai* tu ne l'as fait que par force.

Tu serai* on courtisan si lu n’éuit pas un gueux.

Surumu. — Timon d'Atbmts, acte tv, seine 8.

\a ville de Brest était alors et est encore divisée en deux quartiers bien distincts, par le canal qui forme le port militaire et traverse l'arsenal.

Ricodviasci, quartier ordinairement habité par les matelots, les basofiieiers de b marine, et les maîtres du cabotage, était uii ainas de maisons basses et sombres, de rues étroites, fangeuses, cl de ruelles saus

issues.

I j roc des Poutres était uoe des rues les plus confortables de ce misérable quartier. Au milieu de cette rue on distinguait une petite maison basse, dont les volets, peints d'un joli vert, les murs bbnebis, contrastaient, par une propreté splendide, avec les masures environnantes.

Celte maison était celle de madame Thomas, veuve de M. Thomas* premier maître des rannnntrri àour^roû, et mère de M. Jean Thomas, capitaine de brûlot, officier bleu, et lieutenant de b frégate la Sylphide, commandée, on lésait «or w b cotr”! Henri de Vaudrey.

LA VIGIE DE KOAT-VEN

— Bonjour. Jean, dil la veuve, qui, tenanl sou livre d'une main e( sec luuclies de l'aulre, paraissait importe du long silence que sou (ils vouait seulement d'interrompre. Bonjour, Jean.lreprit-clk*. Mais qu'as* tu donc encore? A tes sourcils, je le vois, tuas de i humeur.

— Oui. j’en ai, et j’ai le droit d’en avoir.

— Ah ! mon cher (ils, dit la veuve eu secouaut ta tôle avec une expression de tristesse, mon cher (ils, vous serez toujours le môme, jamais content du sort que le boo Dieu vous a fait.

— Eli! le bon Dieu !... S’il y en a uu, le bon Dieu ne s'inquiète ni de moi. ni de vous, ina mère.

— Taisez-vous. Jean, taisez-vous, dit la veuve en levant sa main d’uu air d'autorité, cessez de blasphémer ainsi, vous qu'il a comblé de ses dons, vous qui ôtes arrivé par sa grâce à une position inespérée |)our des gens de notre état. Souvenez-vous de cela, Jean, et remerciez

Jean se leva les poings serrés ; il était pourpre.

— Des sens de notre état... de notre état... Vous voilà bien... de notre étal ! Est-ce qu'un gentilhomme est fait autrement que moi? est-ce que sa voix a plus que la mienne le doo de charmer le vent ou de calmer la tempête ? est-ce que, lorsque je dis à mes canonniers : — Feu ! mes boulets arrivent moins lourds et moius rapides dans le bâtiment ennemi que ci c'était un gentilhomme qui eût commandé ?

— Qu» vous dit cela, mon (ils? de quoi vous plaignez- vous? Depuis que par votre courage vous ôtes arrivé à un grade qui doit dépasser toutes vos espérauccs, u’avez-vous pas môme des gentilshommes sous vos ordres?

Jmr Thoou.

— Oui, i’en ai, et, par le ciel ! ils m'obéissent et ne disent mot.

— Eh bien ! Jean, que voulez-vous de plus ?

— Mais vous me rendrez fou, ma mère : ce que je veux, c'est qu'ils m'obéissent sans avoir l'air de n’obéir qu’à mon grade ; ce que je veux, c'est autre chose que cello soumission passive, Iroide, insolente, qui me dit assez qu'ils ne me considèrent que comme un parveou, un intrus dans leur noble corps !

— Vous parlez de folie. Jean, dil sévèrement 1a veuve, et voua avez raison ; vous êtes un pauvre fou, un fou incurable, un fou rongé d'envle et de vanité : et c f est là, mou flic, une misérable folie; car, péaé-

II était envirou deux heures de relevée, et la veuve Thomas, assise <bns uu grand et autique fauteuil de velours d’Utrecbl gris à larges fondes rouges, lisait l'Imitation de Jésus-Christ avec un profond reeacBlenieut ; ses pieds étaient posés sur un petit tabouret de la mémo clofle que le fauteuil. Un rouet et une quenouille, placés à ses côtés, indiquaient assez que cette pieuse Cérame venait d'interrompre son travail pour sc livrer à celle sainte lecture.

La veuve Thomas avait bien soixante-dix ans. Selon la mode de Bretagne, elle était vêtue d'une robe de laine brune cl coiffée d'un petit béguin de toile blanche oui entourait étroitement sa tête, et ne laissait apercevoir aucun de ses cheveux.

Perc* Muit fortement l'extrémité de l'échelle. — ract 31.

Sa physionomie calme et douce annonçait une âme résignée, cl le jour qui tombait d'une fenêtre étroite à petits vitraux plombés éclairait telle ligure austère à la façon de Rembrandt.

Les murs de la chambre étaient nus, mais propres. Le plancher, soi- Kncuscment lavé et gratté, éblouissait par sa blancheur ; puis, au fond ue celle pièce se dressait uu de ces anciens lits, d’une largeur démesurée, à baldaquin, et à quatre rideaux de serge grise et rouge comme le fauteuil ; eulin, au-dessus d'uuc grande cheminée qui recevait un poêle était un mauvais portrait de feu M. Thomas, en uniforme de maîtrecanonnier, et au-dessous de ce tableau pendait une épée, droite et courte, à largo poigitée de cuivre, iocrustée de deux ancres et de la couronne royale. C ebit l'épée du défunt maître.

Bientôt la porte de la rue s’ouvrit, des pas retentirent dans l'escalier, et le fils de feu Yvon Thomas entra brusquement.

Jean Thomas était un homme de trente ans environ, de taille moyenne, à épaules larges et carrées. Sa ligure n'avait rien de remarquable qu'un plissement de sourcils prononcé. Ces sourcils étaient d'un blond ardent : ses veux d'uu bleu vert, et soc visage fortement coloré annonçait un tempérament sanguin et vigoureux.

Jean Thomas, lieutenant do la frégate la Sylphide, était poudré et vêtu du petit uniforme de la marioe, habit, veste et culotte bleus ornés d’un galon à b Bourgogne, bas blancs et larges boucles sur les souliers.

En entrant, il jeta son chapeau bordé sur une chaise, débouda sou eeioturoo, ôta sou épée, et, s’approchant de sa mcrc, U loi dit d une voix brève : — Bonjour, ma mère.

LA VIGIE DE KOAT-VFÜ.

Irez-vous bien de ceci, Jean, tons seriez demain grand amiral de France, que tous n’en séries pas moins (ils de Thomas, maître des canonniers bourgeois ; qnc vous ne pourriez pas oublier que voire grand-père vendait du poisson sur le port

— Par le ciel ! par le ciel ! ne dites pas cela, ma mère.

— El je veuf vous le dire, moi, reprit la veuve d'nn air Imposant, ei je veux vous rappeler sans cesse votre origine, aussi humble qu’elle csl uonnéle, pour vous montrer combien soni vains cl fous ers regrets qui vous empêchent de Jouir de ce que vous avez, en vous faisant envier cc que vous n'avez pas, ce que rien au monde ne pourra vous donner : une origine noble.

— Moi ! mol I envier U noblesse ! mais je la méprise souverainement, la noblesse ! mais c’est un mot creux, un préjugé stupide, bon à imposer aux sots et aux enfants : la noblesse, voilà pardieu quelque eho.-e de bieu désirable ! des titres dus à la bassesse, à la prostitution ou à l'Infamie !

— Taisez-vous, monsieur, lahcz-vons, dit vivement la veuve. Allez! vous montrez bien que l'envie est la mère de tous les vices, puisqu'elle vous entraîne jusqu à l'Ingratitude. N’est-ce pas à un des membres de celle noblesse, que vous attaques, que vous devez cc que vous êtes? n’est-ce pas aux bontés de feu monseigneur le marquis de Metmeval, dont votre père était patron et dont j’étais domestique de confiance, que vous devez votre éducation et votre avancement? Encore une fors, Jean, taisez-vous, car je Hs au fond de votre coeur de bien tristes vérités quo vous essayez en vain de vous cacher, et qui empoisonnent votre existence, dit la veuve en attachant sur sou fils un regard chagrin et découragé.

— Eh bien, oui! s’écria Jean avec impétuosité, oui, je les envie, je les abhorre, je les déleste ; oui, si quelque chose m’est surtout odieux, c'est de devoir de la reconnaissance à un de ces nobles insolents qui ne vous sont utiles que pour vous humilier, que pour pouvoir dire : Vous vovez bien cct homme, c'est ma créature; il était daus la boue, c'est mol qui l’eu ai tiré !

— Mais, malheureux, c’est horrible, ce que vous dites là ! Mais c’est l’orgueil le plus détestable, l’envie la plus amère qui vous font tenir ce langage de la plus noire ingratitude ; mais, encore une fols, songez donc quelle devait être votre position, à juger de votre origine : toute votre ambition devait être de mourir maître comme votre pere !

— Eh bien ! alors, pourquoi m'a-t-on sorti de cette position ? Malédiction sur ceux qui ont éveillé en moi des passions qui devaient rester endormies! malédiction sur ceux qui ne m’ont pas laissé confondu avec les gens de ma classe, comme vous dites ! malédiction sur ceux qui ont développé eu moi des besoins, des idées que je ne puis, que je ne pourrai jamais satisfaire, et qui, vous l’avez dit, cl c’est vrai, empnisonnerout ma vie, fût-elle pleine, fût-elle glorieuse comme celle de Jean Barl! Enfin, oui, malédiction sur vous qui ne m'avez pas étouffé au berceau, plulét que de me jeter dans une vie de regrets et de désespoir!

Et Jean Thomas, exalté, furieux, ne se connaissant plus, parcourait la chambre à grands pas.

A ces dentiers mots si cruels, la pauvre mère s'était levée debout, calme et imposante, s'appuyant d'une main sur son fauteuil : elle étendit l'autre vers la porte : — Sortez, monsieur ! dit-elle à son fils; la colère de Dieu frappera cette ntaisuo, car un fils vient d'y maudire sa mère! sa mère ! re péta-t-elle avec un accent déchirant.

Et une larme coula sur les joues creuses de la veuve.

Jean ne s'en aperçut pas, et continua de se promener avec agitation dans l.t chambre.

Un troisième personnage vint interrompre cette scène triste cl solennelle.

C'était le doc leur Gédéon, chirurgien-major de fa Sylphid t ;

Un gros petit homme à face rouge et luisante, poudré, vêtu d'un habit gris-de-fer à collet et parements de velours cramoisi, d uue veste de velours aussi et d'une culotte pareille à l'habit.

A la vue du docteur, la veuve sïlail assise et avait repris sou rouet, uc voulant pas rcudre un étranger témoin de ces débats de famille.

Jean avait réprimé un léger mouvement d impatience cl s'était avancé vers le docteur en lui tendaut la main.

— Boujour, docteur ; quelles nouvelles?

— Pas d'autre que l'arrivée de notre uioustre de commandant ; il sera, dit-on, ici aujourd'hui ou demain.

Celle nouvelle parut faire une impression désagréable sur Jean Thomas.

— Pourquoi donc, monsieur le docteur, appelez-vous M. le commandant un monstre? demanda la veuve sans quitter son rouet.

— Je l’appelle un monstre, d'abord parce que c’est le commandant, et puis parce que c’est un noble, un privilégie 1 , un abu$, comme disent les philosophes ; parce que c'est un de ces grugeurs qui soulienneut la prétraiüe, autre espece de moustre.

A ces mots, la veuve se leva, posa sa quenouille cl dit & son fils ; — Je vous laisse, Jean, j'ai affaire Ici près.

— Mais, ma mère, je vais sortir avec le oocteur, répondit Jean en prenant son chapeau et son épée.

— Ah ! dame ! reprit Gédéon en s'approchant de la veuve et riant d'un gros rire bête et moqueur; ahl dame! maman Thomas, sur l’ar-

ticle de la calotte, nous nous chamaillerons toujours; je combats le fanatisme partout où je le rencontre, d'abord.

— Allons, allons, venez, Gédéon, dit Jean en tirant le docteur par le bras. Adieu, nia mère, ajouia-t-il en s'approchant de sa mère pour l'cmbrasser.

Mais la veuve se retira d’un air sévère et lui dit seulement : — Adieu, mon fils.

Jean sortit avec le docteur.

On était dans les premiers jours de janvier. L’air était froid et vif, le ciel bleu, le temps sec.

— Qu’csl-cc quelle a donc, la mère? dit Gédéon.

— Ab ! bah ! reprit Jean, toujours la mente chose, son engouement pour ce qui csl noble ou prêtre.

— Quelle bêtise, mon cher! au lieu de mettre ccs gens-là sous uos pieds, comme je le fais. Mais, dis-moi, Jcau, vcux-lu venir te promener sur la route de Paris?

— Soit, dit Jean, qui paraissait rêveur. Et ils se dirigèrent vers les portes de Brest.

Le docteur Gédéou était une plate parodie du malheureux caractère de Jean Thomas, qui avait au moins, lui, uue rudc»seet une franchise d envie originale et amère contre tout ce qui était au-dessus de lui.

Main le docteur Gédéon était un de ce« êtres petits et vulgaires qui nourrissent d’iusliuct, contre tout ce qui leur est supérieur, cette rancune hargneuse et lâche qui caractérise la variété de l'espèce cauiue qu'on nomme communément roquet.

Je demande pardon de celte trivialité : mais relie comparaison peut seule tendre I espece d'abuiemeut continuel du docteur après tout ce qui le dépassait.

Le temps était beau, et nos deux promeneurs, uue fois arrivés sur les boulevards extérieurs, rencontrèrent une assez grande qua utile de monde, surtout des matelots cl des soldats.

Jean Thomas, qui était revêtu des Insignes de son grade, plongeait de tous côtés sou coup d’œil d'aigle, afin de voir si chaque soldat, chaque matelot lui rcudait le salut militaire qu'il lui devait, et dout le docteur Gédéon s’appropriait la moitié, se faisant illusion sur ces marques de subordination qui, de fait, ne s'adressaient qu’à ton compagnon.

Jean Thomas, inflexible sur cet article de la discipline, tenait, plus que personne, aux bouneurs et aux prérogatives dus à son grade.

Deux matelots assez ivres, se tenant, comme d'habitude, par la dernière phalange du petit doigt, ci le balançant les bras, s’en venaient chaulant à pleine voix, et s'avançant en sens inverse de nos deux promeneurs.

C 'était plaisir que de voir ccs deux bonnes figures, toutes rouges, toutes bouffies de vin et de gaieté, ccs larges épaules qui se trémoussaient aux cadences d'une naïve chanson bretonne.

Jean Thomas fut insensible à ce touchant spectacle, et du plus loin qu’il les aperçut et qu'il les entendit : — Voilà dos drôles qui chaulent bien haut, dit-il à Gédéou ; est-ce qu’ils ne nous voient pas?

— J'opère bien que si, dit le docteur en se carrant, et qu'ils vout se taire et nous saluer.

— Vous voulez dire me saluer, docteur ; le salut militaire ne vous est pas dû. Cela se toléré, voilà tout.

— Par exemple ! dit Gédéon, nous avons rang d'officier.

Il n’en put dire plus long, car à cc moment les matelots étaient assez près d'eux, et leur voix tomiauic vibrait de toute la force de leurs larges poumons.

Jean Thomas s'arrêta court, pinça ses lèvres, et, attachant sur les chanteurs un regard furieux, il les attendit au passage.

Mais les chanteurs avaient bien trop de joie et de gaieté dans le cœur pour s'apercevoir de l’air furibond de l'officier ; et ils passèrent eu délounant et sans se découvrir, les malheureux !

— Vous ne me voyez donc pas, canailles? dit Jean Thomas avec violence, en abattant le bonnet d’un des dileltatiti d’un revers de sa main.

— Vous ne nous voyez pas, canailles? ajouta le ducleur cri imliant Jean Thomas.

— Pardon, excuse, mon lieutenant, dit un des matelots ni ramassant son bonnet, nous ne tons avions pas ru ; niais c’est lotit de même un drùle de vent qui vient d’abattre mon bonnet.

— .Mi, oui, elle est drôle la brise ! encore d’un chef ça Irait, dit l’autre ; mais v là uu carabin, un je n'ie guérit guère qui s'est aussi permis sur moi la brise à coups de poing ; faut pas qu’il la res*ounV\ d'abord, ou je lui fais uu tremblement d’ouragan qui...

— Que dis-tu, gredin! s’écria Jean Thomas en le précipitant sur lu matelot pour le frapper.

— Je dis que je lui...

Jean Thomas l'interrompit par un vigoureux soufflet.

Aux premiers mots de celte querelle, on avilit fait cercle autour des deux matelots; le tumulte s’accrut davantage, la fiiule <e forma, et deux ou trois âmes charitables allèrent chercher le sergent du poste d'artillerie de marine.

A ce moineut au courrier vêtu de vert et galonné d'argent sur louiqi le* tailles partit au haut de la route, qui. avant à cct endroit nue pculè assez rapide, cmpéçhaitjqii'ou ne la pût voir dans toute son étendue

Lo courrier modéra le galop de son cheval, et le mil au pas pour traverser cette cohue.

LA VIGIE DE KOAT-VEN. 3

— Do. hé! ho. béï cria-i-il, place, place aux équipages de H. le comte de Vaudrey, capitaine de frégate!

Feu de Loup * après on entendit le claquement des fouets des postillons qui conduisaient une grande berline à six chevaux, suivie de fourgons et de deux chaises de poste couleuant les gens de Henri et ses bagages.

A peine celte file d'équipages était-elle au milieu de la foule pressée, nue le sergent d'artillerie s'en vint avec quatre soldats pour arrêter les délinquants.

Jean Thomas était plus furieux que jamais, et le docteur plus colère eucore, s’il est possible.

Eu voyant ce tumulte, le comte de Vaudrey Ht arrêter sa voilure; et s'avançant à la portière : — Sergent, qu’esi-cc que ceb? demanda-t-il.

— lion officier, dit le sergent, qui porta la main à son chapeau en voyant la croix de Saint-Louis de lleuri, ce sou! deux matelots ivres qui ont insulté leur supérieur.

— El cela ne regarde que leur supérieur, monsieur, dit arrugammeut Thomas en se retournant vers le comte, et ce supérieur est moi, lieutenant eu premier de la frégate la Sylphide, monsieur ; ainsi passez votre chemiu.

— Alors, monsieur, dit Henri en souriant, vous me permettrez de rendre grâce à cette rencontre, puisqu'elle me met à même de taire connaissance avec mon lieutenant, qui, je le vois, entend parfaitement la discipline. Monsieur, je suis le cotnmaudani de la Sylphide, le comte Ueiirt de Vaudrey.

Jean Thomas lit une grimace énergique, salua lleuri et dit sèchement au sergent : — Qn’ou mène ces hommes aux fer».

— Lieuleuaut, dit Henri avec boulé, veuillez pardonuer à ces pauvres diables; quand uu condamné reucontrc la voiture du roi, il est gracié. Moi qui suis, je vous l'avoue, toujours uu peu roi à mou bord, je voudrais en ce moment jouir d’une de mes plus précieuses prérogatives, de celle de faire grâce.

— Si c'est parce que ces hommes m'ont insulté, commandant, que vous voulez les gracier, vous le pouvez ; nuis il me but un ordre par écrit, dit Thomas avec aigreur.

— Je ne donne pas d'ordre, monsieur; je vous demanda is une faveur, qu'il n'en soit plus question. Mai clic, postillon, dit Henri en se rejetant dans le fond de sa voilure. El les carrosses eurent bientôt disparu.

Dix inimités après que le dernier fourgon des équipages du comte eut passé, une chaise de poste parut au haut de b montée, suivant la même route. Daus celte chaise étaient Ferez et Hila.

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