CHAPITRE LXV
luaucE.
Vers la fui du mois de janvier 4818, les amis du comte et de la comtesse de Vaudrey reçurent la lettre suivante.
■ M. le comte et madame b comtesse de Vaudrey oot l'honneur de vous faire part du mariage de M. le vicomte Alfred de Vûudrey, leur fils, avec 8. A. la princesse aArsbcrg. »
Quelques jours après ou Usait dans uu naïf et honnête journal, connu par la nuessc de ses aperçus, la puissance de sa rédactiou et ta véracité de scs renseignements :
« Qui croirait que dans un siècle aussi éminemment progressif que le nôtre... que dans un siècle qui méprise autant le jésuitisme ultramontain... que dans un siècle qui est Hcr. à juste titre, d'avoir recueilli I héritage philosophique de Voltaire et des encyclopédistes... ou voie encore s accomplir des monstruosité» qui rappellent les temps les plus odieux du régime du bon plaisir et de la tyrannie du jésuitisme, les temps où le peuple, enchaîné à la glèbe, travaillait sans relâche pour ces fainéauts cloîtrés, ces jésuites que notre sainte et immortelle révolution a chassés de leurs couvents; qui croirait, dbons-nous, que dans un siècle qui sera la merveille et l'étonnement de l'histoire de l'esprit humain, tant les niasses se trouvent éclairées par le rayonnement du flambeau philosophique de la liber té et par la haine des principes ultramontains... qui croirait enfin que le fait que nous allons citer se soit passé de nos jours, en 1818, dans un pays oui jouit de ses droits constitutionnels, qui compte quatre-vingt mille électeurs instruits de leurs droits par la philanthropique idée Touqncll
« Mademoiselle de * M , d’une des plus anciennes familles de France, aveuglée par la superstition la plus frénétique, s'est jetée dans uu couvent, car en France, en 1818, il y a encore des jésuites et des couvents! ! i à l'instar des novices du temps jadis. On uc sait, en vérité, ce qu'il faut le plos déplorer ou du fanatisme stupide ou de la démence qui peut pousser un être doué de raison à l'exécution d'une pareille sottise. Mais ce qu’il y a de plus odieux, c'est que, grâce aux jésuites, la mère de mademoiselle de au lieu de combattre l'épouvantable folie de sa fille, s'est retirée avec elle dans ce couvent, tandis que M. de ***, le père cl l'époux de ces victimes ultramontaines et d’une ridicule superstition, est abandonné, seul, isolé, presque sans moyens d'existence, et privé des doux soins d'une épouse et d une fille; en un mut, tandis que ic vénérable vieillard se voit privé, par l'odieuse influence du jésuitisme. des consolations et du bien-être que sa position et la nature promettaient à sa vieillesse.
■ Il est inutile de dire que l'appât des biens de madame de m et de sa fille a seul décidé les misérables jésuites nui ont entraîné ces deux femmes duo faible esprit dans un aussi cruel oubli de leurs devoirs.
a En voyant ces progrès effrayants du jésuitisme, ne serait-ce pas le cas de rappeler ces vigoureuses et belles paroles de Guillaume-Thomas Rayn.il :
« Si celle religion existait (la religion chrétienne), n’en faudrait-il pas « étouffer les ministres sous les débiis de leurs autels? S’il existait dans « un recoin d'une contrée soixante mille citoyens enchaînes par ces r|. « üiculcs vu*ux de pauvreté, chasteté, obéissance, qu'aurait à faire le « souverain que de s’y transporter avec un nombre île satellites armés «de fouets, et de leur dire : Sortez, canaille fainéante, sortez; aux « champs! i l'agriculture! à la milice! »
« Nous citons celte entrée au couvent comme une nouvelle cl certaine preuve de l'envahissement jésuitique qui s'étend sur la France comme uu réseau qui doit enlacer toutes nos libertés, si les amis des lumières ne sc réunissent pas eu faisceau pour rejeter et couspuer un système ami-national, qui voudrait nous bâillonner et nous traiter en esclaves, uous les (ils de la glorieuse et immortelle révoluliou de 80 ! ! I »