CHAPITRE XXIII
LB ntfvoccMEirr.
Ton sort sera k mien
Scuiu.it». — WalltntUin, «et. n, #c. Itt.
Reste seul dans le parc, Auguste crut un moment que sa tête ne résisterait pas à celle horrible secousse; puis, pourtant, il se remit peu à peu. Obéissant au premier élan de son cœur généreux, ayant que do se résigner à devenir victime du sort affreux qu'il prévoyait, des Préaux avait compté, fH>ur ébranler la volonté de fer du colonel, sur toutes les nobles inspirations auxquelles lui-même Auguste aurait cédé. Tendre et bon, il essaya de s’adresser à b tendresse et à b bonté de son oncle; mais lorsqu il lut amèrement convaincu que ces cordes dcsséchiîes ne vibraient plus dans l'àme de Latréaumoul, des Préaux se résolut à son horrible position avec calme et fermeté. Une dernière fois il tâcha d'entrevoir s’il ne trouverait pas quelque moyen terme pour se dégager de sa promesse, il n’en vit aucun. II lui (allait absolument ou agircomine oii lâche, en abandonnant ses complices à l'heure du danger, ou devenir criminel de lèsc-inajesté.
Peut-être l’homme qui ne voyait à nue telle position que les deux issues extrêmes poussait-il jusqu à un scrupule blâmable le respect dd à U promesse ; peut-être une neutralité ferme eût été louable ; peut-être des Préaux aurait-il pu, tout en conservant religieusement le secret de ses complices d'autrefois, à cette heure, leur refuser son concours. Mais, malheureusement, des Préaux n’agit pas ainsi ; il est à croire que les raisons qui le déterminèrent à demeurer fidèle à sa parole furent un point «l'honneur mal compris ; la profonde vénération que lui avait inspirée Vau-dcn-Endcn, et surtout, on le répète, l'habituelle cl puissante réaction des sentiments de la marquise sur les siens, en ceb que, d«*s son enfance, Auguste ayant entendu la femme qu’il adorait, et qu'il écoula toute sa vie comme un oracle «le grandeur et de vertu, exalter sans cesse l'héroïque probité qu’on devait mettre à accomplir toute promesse faite librement, en vint à s’exagérer, aussi bien que l-ouisc, les obligations de la foi jurée, qui sont au moins contestables dans certaines conditions. Auguste se nisolut donc à conspirer, et aussi à rompre avec Louise jusqu'après l'issue de b révolte, uc voulant pas compromettre madame de Vilars, et se reprochant avec horreur de lui avoir jusqu’alors caché un aussi terrible secret.
Il balança un moment avant que de se décider à revoir la marquise et à lui tout confier. Il v«Hjlait retourner à Préaux, dont heureusement son père, le brave M. de Saiut-Mare, était absent, et «le là écrire à Louise qu’une nécessité insurmontable le forçait à ne pas b voir pendant deux ou trois mois; mais il pensa que ma«iatnc de Vilars serait affreusement importe; que les démarches qu’elle ferait peut-être, afin de pénétrer le motif de cette rupture subite, seraient sans doute dangereuses pour tous deux . fl avait d’ailleurs depuis si longtemps l’habitude de tout dire à Louise, de b consulter sur chaque détermination, ci de suivre aveuglément scs avis, il connaissait si bien la noblesse de ce caractère sérieux et résolu, qu’il prit le sage parti de lui avouer loyalement tout ce qui était, et de lui faire peser et adopter les raisons puissantes qui nécessitaient momentanément leur séparation. Il regagna donc le château. .
Pendant l'entretien de des Préaux cl de Lalréaumont, Louise, heureuse, souriante cl doucement agitée, avait, non sans distraction de tendres pensées, continué sa tapisserie, d'après un beau bouquet de roses placé «levant elle dans uu vase de cristal. Plus d’une demi-heure d étail écoulée depuis le départ du chevalier, Louise commençait à fort : maudire le fâcheux qui venait dérober à son amour d'aussi precieux inotnciils, lorsqu’elle entendit les pas du chevalier. Prenant alors à la hâte le botiqtiel de roses qu’elle copiait, la jeune femme se blottit derrière unejporte, et, riant aux ccbls lorsque Auguste entra, elle lui jeta cette tooffe de fleurs qui s'effeuillèrent sur son habit, et lui dit : — Ah ! c’cst ainsi, monsieur, que vous me laissez seule pour... Mais vovant l'effroyable pâleur de des Préaux, ses traits bouleversé;, Louise s’écria en courant vers lui : — Dieu du ciel ! qu'avez-vous? vous m’épouvantez 1
Auguste s'appuya sur un fauteuil, et lui dit d’une voix entrecoupée :
— Pardon, Louise... uo moment... un seul moment, et vous allez tout savoir...
Et le malheureux chevalier s'assit, tandis que Louise, stupéfaite, les mains jointes, le regardait de ses deux grands yeux, arrondis par b terreor.
— Eufin, Auguste, dit Louise... Cet étranger?... — Eh bien, cet
étranger.... Puis ne pouvant acltcver, sentant sa résolution lui écliapper, il se jeta aux pieds «le la marquise, et. cachant sa tête dan» scs mains, lui dit en ctoulLuit scs sanglots ; — Il faut que je parle» Louise! que je vous quitte pour quelque temps...
Ces mois étaient si inexplicables pour madame de Vilars, celle idée de départ était si loin de sa pensée du moment, et lui paraissait tellement improbable, qu'elle n’en fut pas effrayée d'abord ; aussi prit-elle les deux mains «l’Auguste dans les siennes, ci avec sa fermeté habituelle, ne s'é|K>uvanlant pas de paroles dont elle iguorail le sens, elle reprit avec tendresse :
— Voyons, mon ami, remettez-vous; asseyez-vous près de moi, et dilcs-moi ce que vous avez? — Il faut que je vous quitte, Louise, s'écria Auguste en la regardant avec des yeux humides de larmes; il faut que je vous quitte, {mur quelque temps du moius- — Mais pourquoi cela ? pourquoi me quitter?... encore uuc fois expliquez-vous, Auguste. — Eh bien. Louise ! dit Auguste d une voix brève et saccadée, vous allez tout savoir, ci vous verrez bien, héb* ! qu'il faut nous séparer. Lorsqu’il y a deux ans, éperdu, désespéré, je suivis mon oncle en Hollande, ne pouvant trouver b mort dans les combats, voulant me débarrasser d une vie qui m'était insupportable, toute folle et dangereuse entreprise devait nie séduire... en un mot. à cette époque, je me suis librement engagé dans un complot contre le roi cl l’Etat... et, à cette heure qu’il faut agir, mon oncle vient me sommer Mc remplir uu promesse. — Oh ! mes pressentiments! s’écria Louise en se rappclaut scs craintes pour Auguste lorsqu’elle le sut en compagnie de M. de Rohan et de Lalréaumont; puis elle ajouta en songeant qu’Auguste s’était ainsi compromis pétulant l’exil qu’elle lui avait imposé : El c’est moi, c’est moi qui l’ai perdu ! — Et j’ai pu vous cacher aussi longtemps ce terrible secret ! Ali ! voilà mon crime a moi! dit Auguste d'un ton déchirant. — Un complot contre l'Etat...' Dieu du ciel! dit Louise en frémissant; mais comment, vous, Auguste, vous! avec les principes d'humn-ur que je vous sais, avez-vous pu vous laisser entraîner à un aussi horrible dessein? comment surtout des hommes tels que votre oncle et M. de Rohan ont-ils pu vous amener là? Puis, saus donner à Auguste le temps de lui répondre, b marquise ajouta douloureusement, se parlant à elle-même : Mais c'est tout simple... le malheureux enfant était fou de douleur, égaré par le désespoir : cnc«irc une fois, c'est moi... c’est moi qui l’ai pcnJu! — Ali! croyez-moi, Louise, j'étais fou... «lésespéré, je cherchais des partis extrêmes; mais, je vous le jure, si mon oncle et M. de Rohan eussent été les seuls buteurs de ce complot, je ne m'y serais mus doute pas jeté sur leur seule créance. — Mais qui donc vous a décidé alors? — Un grand homme de bien, Louise, uu philosophe austère, digne de votre estime, je vous l'assure... en uu mut, un etranger nommé Van-dcu-Eodcn. — Et où l avez-vous rencontré? — Au camp de Nordcn, lors de la première invasion de Hollande par nos troupes. Ab! Louise, si vous aviez vu les ravages de « cite épouvantable guerre portée par le roi dans ces innocentes et paisibles contrées! vous concevriez peut-être que, déjà aigri . . égaré par la douleur, l'aspect de pareils malheurs ait pu alors m'inspirer une haine violente contre celui qui les causait; enfin ce fut à la lueur de riuccndic des villages hollaudais «pii brûlaient à l'horizon, au milieu d'un camp gorgé de pillage, que pour la première fois je vis Van-dcn-Enden : ce malheureux vieillard fuyait à la fois et les Français qui ravageaient sou pays, et le prince d’Orangc, qui le proscrivait ; il emmenait avec lui sa femme et ses enfants : tous étaient dans la plus profonde misère: le peu qu’ils avaient sauvé d’Amsterdam leur ayaut été enlevé par nos soldats. Uuc vous dirai-jc, Louise?... pendant le temps qu'il demeura près de Nordcn, logé par pitié dans une masure abandonnée, chaque jour je le vis. Je ue saurais vous exprimer l'espèce de calme bienfaisant que sa conversation sereine et élevcc répandait sur mes douleurs. Vous avez perdu tout ce qui vous attachait à b vie, me disait-il; l'existence vous est à charge? eh bien ! consacrez désormais cette existence à une cause noble et sainte, à b cause de la liberté eufin, qui est celle de tons les hommes purs cl généreux. Voyez les désastre» nui écrasent mon malheureux pays! qui les cause? l’implacable volume du tyran qui vous gouverne. Qui courbe vos frères sous un joug affreux ? qui les ruine et les désole par les impôts les plus écrasants? qui sacrifie hommes ci choses au lérocc caprice de sou ministre? Qui insulte enfin, à la face du monde, aux scnlintenls les plus sacrés de b famille, en étalant au grand jour, avec faste et appareil, un double cl monstrueux ; adultère?... Encore lui! —Pauvre malheureux enfant! dit Louise, hélas) je conçois votre entrainement. Ah ! j'étais bleu sûre, moi, qu'il devait y avoir nu noble motif, même au fond de ce parti criminel et désespère. — Enfin, Louise, je voyais dans cet homme tant d'énergie, tant de hautes cl mâles pensées, de si nobles convictions, les affreux désastres que J j’avais sous les yeux m’exaspéraient tellement contre le roi, que je me ' décidai à conspirer, et que je m’y engageai librement et par serment... I — Librement et par serment! répéta Ltwise en joignant scs mains avec terreur. — Uélas ! oui, cl à ce momcul même i 'appris que vous étiez libre et que vous m'aimiez. Dites, Louise, dites! étais-je assez malheureux? Ne suis-je pas au moins excusable à vos yeux? — Vous, Auguste... oh ! sans doute. — Me pardonnerez-vous eufiu de vous avoir tout caché, ou plutôt d'avoir tout oublié, dans l'entraînement de mon bonheur? Mais aussi je revenais ivre d'espoir cl d'amour; cl puis, en partant, mon oucle m'avait assuré que l'exécution du complot était iu«Jéfiu fanent ajournée : mais je le sens, I onise, ma faute irréparable fut de ne vous avoir pas dit
LATREAUMOINT.
que an«si gravement Ile pour l'avenir, car c’est mon détestable cgnïsmc, la peur involontaire de vous perdre peut-être, qui m’a fait agir ainsi. Ali ! I.onisc, Louise! je suis bien malheureux cl bien coupable^ — Oui, bien malheureux, dit la marquise, qui resta longtemps pensive et silencieuse. Puis, redressant son noble visage où éclatait une admirable expression d'enthousiasme et de résolution, clic dit d'une voix ferme : (Te»! un effroyable malheur... mais il est irréparable, Il faut donc s’y soumettre cl obéir à cette horrible destinée. Maintenant dites-moi quel est votre rôle A vous, Angnstc, dans celte révolte. Que devez-vous faire?
— J'ai promis d'exciter les gentilshommes à sc soulever en armes, à refuser l'impôt et à résister de vive force aux ordres cl aux soldais du roi — Et si le complot réussit, qu 'arrive-t-il? — La Normandie, décbiée fibre république... et désormais régie parles douces et paternelles lois formulées par Van-dcn-Rnden, reconnaît M. de liolian pour chef.— Et si le complot ne réussit pas... si les conjurés sont pris ou découverts, quel est leur sort? — La mort... Louise... une mort infâme!... — El SI de Latréatimont assure avoir des|chanccs de réussite? — De grandes, dit-il... étant certain d'intelligences A Qufllcbœuf, qui aideront au débarquement des troupes.
Lonise resta de nouveau et longtemps pensive; puis, pâle et grave, elle dit A Auguste ;
— Vous me connaissez, Auguste; vous^avez si, pour moi, l'accomplissement d'une promesse est sacrée. Il n’y a pas une minute à liédtcr. 4c vous le répète, c'est un affreux malheur; mais vous avez promis, il faut tenir votre parole. — Vous m’y engagez, Louise? — Ouï. — Mais pourtant c’est un crime... un crime de îcsc-majesté ! dit des Préaux en faisant un retour sur sa position, et, malgré lui, voulant tenter d'y échapper encore. — Si maintenant cela est un crime A vos yeux, Auguste, il en devait être ainsi autrefois; alors pourquoi vous êtes-vous librement engagé dans ce complot? — Eh bien ! autrefois j'ai eu tort, et je me repens A cette heure. — Si « celle heure » était le moment du triomphe, et « autrefois » celui du danger, peut-être votre conduite serait- elle excusable. — Mais, enrorc une bus, alors j'étais désespéré, et A présent vous m’aimez! — Et que fait cela A votre parole, Auguste? vous avez en foi aux nobles espérances de Van-den-Euden, vous avez partagé scs desseins, vous lui avez promis de lâcher de les faire réussir. L’est un homme de grande vertu, dites-vous; le seul de vos complices qui ait de nobles visées. Eh bien, quand ce ne serait donc que pour ne pas faillir A celui-là, il faudrait agir, quoique vous deviez vous croire aussi religieusement engagé envers les autres conjurés, puisque c’est librement que vous êtes venu à eux. — Mais ce soulèvement est impossible ! c’est une chimère! — Il fallait raisonner aiusi autrefois: maintenant il vous faut tout faire pour qu'il succède bien. — Mais mon père! mon père !
— fl fallait autrefois songer à votre père, Auguste! aujourd'hui il est trop tard ! — Ainsi, parce qu’un moment j’ai été égare, tout remords m'est interdit ! — Non pas le remords... mais la trahison avec vos complices vous est interdite : et c’est les trahir, que les abandonner au moment du danger. — Ainsi, vous me conseillez d'agir de la sorte ? — Je vous conseille d’agir de la sorte. — Mais songez qu’alors il faut que je vous quitte : car, maintenant, vous voir chaque jour serait vous affreusement compromettre. — Vous ne me quitterez pas, vous ne pouvez pas me quitter. — Mais il le faut, Lonise; songez donc aux conséquences!
— Quelles conséquences? Ne suis— jo pas maintenant votre complice?.., dit Louise avec une sublime simplicité.
Auguste la regarda, stupéfait. Ces paroles de Lalréaumonl : « Louise conspirera, » loi revinrent à la mémoire; il frissonna malgré lui.
— Jamais, jamais! s’écria-t-il; vous ne saurez rien de plus de ces détestables projets; je pars demain... je pars A l'heure meme. — Et moi demain... et moi, A f heure même, j’écris à votre oncle pour lui proposer l'aide de ma fortune et de l'influence que j'ai dans la province et sur mes tenanciers ! — Mais cela est impossible, malheureuse femme ! Vous ne savez donc pas que si le sort nous trahit... — On risque sa tête... vous me l'avez déjà dit. — Grand Dieu! — El pourquoi donc ne ferais-je pas ainsi que vous faites? pourquoi donc ne parlagcrais-jc pas un danger nue vous courez? Bien que notre union soit reculée, ne me eonsidéierai-jc pas comme à vous? ma promesse ne vaut-elle pas ma main? Et si le sort n’avait pas retardé notre mariage, une fore votre femme, ne m’auricz-vous pas regardée comme bien lâche, si je n’avais pas agi ainsi que j’agis? — Mais, Louise, quel rôle pour une femme comme vons ! — Madame la duchesse de Longueville était plus grande dame que moi, et elle conspirait. — Mais... — Mais j’y suis résolue, dit impatiemment la marquise. Cela est horriblement fatal, sans doute : mais
dois partager en tout votre sort. — Encore une fois, au nom du ciel,
isscz-inoi agir seul. Si tout succède bien, je vous reviendrai, vous en êtes bien sûre. — Et si tout succède mal? El si la conspiration avorte? vous prrdrz la vie, n’est-ce pas? — Hélas! — Et le moyeu que tout succède bien, n'est-ce pas de donner le plus de base, le plus u extension possible au complot? de lui assurer enfin le plus de chances de réussite possible? Kl pour cela faire, mon influence dans la province ne nous peut-elle pas servir ? Mes terres ne me donnent-elles pas de nombreuses mouvances ? ch bien ! j’ai des tenanciers, des fermiers, nous les armerons ! Par mes relations de famille, je connais bon nombre de gentilshommes. nous les soulèverons contre la tyrannie du roi et l’iniquité des impôts, dit la marquise avec une incroyable énergie. — Mais, mon Dieu, 1 s'agit d’une conspiration A laquelle votre intérêt est étranger ;
vous n'avez aucun motif de haïr le roi, vous, malheureuse femme* aucun motif de renverser ce qui est! — Il s’agit bien pour moi du sujet de la conspiration! s’écria Louise avec i.oc admirable impatience; il s'agit bien pour moi de renverser cc qui est! Et que m’importe tout ceh?Pwr moi... il ne s’agit que d'une chose, entendez-vous! de disputer votre tête A l'cchafaud ! puisque la réussite ou la ruine du complot est punr vous une question de vie ou de mort. Encore une fois, je dois, je veut tout sacrifier pour que celte révolte triomphe ! ou mourir avec vous... puisque je n’aurai pas pu vous sauver !...
Toute l'Ame, tout le caractère, toute l’exaltation de Louise, se réu 1 - I aient dans ces derniers’ mots, qui résumaient avec une concisioa et une logique écrasante la nature de son amour et de son dévouement pour Auguste. En effet, rieu de plus rigoureusement vrai : une fois des Préaux, et conséquemment la marquise, engagés dans cette lutte, tout les forçait, ainsi que l avait subtilement dit Lalréaumont, d'agir le plus c(A» cacemcnl possible, afin de fane triompher la cause de leurs complices, qui, par le fatal engagement d'Auguste, était devenue la leur.