‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Le juif errantChapitre 84 sur 95 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le* Mup$ons.

Mademoiselle de t’ardovflle s'avança vivement au-devant de laMaycux et lui dit d’iiue voix émue en lui tendant les bras :

■ Venez.... venez.... il n'y a plus maintenant de grille qui nous sépare! »

A cette allusion, qui lui rappebil que naguère sa pauvre mais laborieuse rnaiu avait été respectueusement baisée par cette belle et riche patricienne, b jeune ouvrière éprouva un sentiment de reconnaissance à b Ibis ineffable et lier. Comme elle hésitait à répondre à l'accueil cordial d‘ Adrienne, celle-ci l'embrassa avec une touchante effusion. Lorsque b Maycux se vit entourée des bras charmants de mademoiselle de Cardoville, lorsqu'elle sentit les lèvres fraîches et fleuries de la jeune fille s'appuyer fraternellement sur ses joues pâles et maladives, elle fondit en larmes sans pouvoir prononcer uue parole.

Bodin, retiré dans un coin de b chambre , regardait celte scène avec an secret mabise: instruit du refus plein de dignité opposé par b Maycux aux tentations perlidcs de b supérieure du couvent de Mainte- Marie, sachant le dévuucmeut profond de cette généreuse créature pour Agricol, dévouement qui s'était si valeureusement reporté depuis quelques jours sur mademoiselle de Cardoville, le jésuite n'aimait pas à voir celle-ci prendre â tâche d'augmenter eucorc cette alita lion. Il pensait sagement qu’on ne doit jamais dédaigner uu ennemi ou un ami, si petits qu ils soient. Or, son ennemi était celui-là qui se dévouait à mademoiselle de Cardoville ; puis enfin, on le sait, Bodin alliait à une rare fermeté de caractère certaines faiblesses superstitieuses, et il se sentait inquiet de b singulière impression de crainte que lui inspirait la Maycux : il se promit «le tenir compte de ce pressentiment ou «le celle préviafon.

Les cœurs délicats ont quelquefois dans les plus petites choses des instincts d'une grâce, d'une bouté charma nies. Ainsi, après que b Mayeux cul versé d'abondantes et douces larmes de reconnaissance, Adrienne, prenant un mouchoir richement garni, en essuya pieusement les pleurs qui inombicul le mélancolique visage.de b jeune ouvrière. Ce mouvement, si naïvement spontané, sauva la Mayeux d'une humiliation ; car, hébs ! humiliation et souffrante, tris sont les deux abîmes que côtoie sans cesse l'infortune ; aussi, pour l'infortuné, la moindre délicate prévenance estelle presque toujours un double bienfait, l'imt-étre va-t-on sourire de dédain au puéril détail «jue nous allons donner pour exemple ; mais b pauvre Mayeux, n'osant pas tirer de sa poche son vieux petit mouchoir en lambeaux, serait loue terni» restée aveuglée par scs larmes, si mademoiselle de Cardoville n était pas venue les essuyer.

« Vous êtes bonne... ob ! vous clés noblement charitable... mademoiselle ! »

C’est tout ce que put dire l’ouvrière d’une voix profondément émue, et encore plus touchée de l'attention de mademoiselle de Cardovillc qu'elle ne l'eût peut-être été d’un service rendu.

« Regardez-la... monsieur, — dit Adrienne à Rodin, qui se rapprocha vivement. — Oui... — ajouta b jeune patricienne avec fierté... — c’est an trésor que j’ai découvert... Regardej-la, monsieur, etaimcz-Li comme je l'aime, bonorez-b comme je l'honorc. C’est un de ces coeurs comme nous les cherchons. — Et comme nous les trouvons. Dieu merci ! ma chère demoiselle, s — dit Rodin à Adrienne en s'inclinant devant l’ouvrière.

Celle-ci leva lentement tes yeux sur le jésuite: à l’aspect de ccite figure cadavéreuse qui lui souriait avec bénignité, la jeune fille tressaillit : chose étrange! elle n’avait jamais vu cet bomme, et instantanément elle éprouva pour lui presque b même impression de crainte, d'éloignement, qu’il venait de ressentir pour elle. Ordinairement timide et confuse , b

Mayeux ne pouvait détacher son regard de celui de Rodin; son cœur battait avec tbree, ainsi qu’à rapproche d’un grand péril; et, comme l’excellente créature ne craignait que pour ceux qu’elle aimait, elle se rapprocha involontairement d’ Adrienne, tenant toujours ses yeux attachés sur Rodin.

Celui-ci, trop physionomiste pour ne pas s’apercevoir de l'impression redoutable qu’il causait, sentit augmenter son aversion instinctive contre. l’ouvrière. Au lieu de baisser les yeux devant elle.il sembla l’examiner avec une attention si soutenue, que mademoiselle de Cardoville en fui étonnée.

« Pardon, ma chère fille, — dit Rodin en ayant l’air de rassenrtder ses souvenirs, et en s’adressant à 1a Mayeux,— pardon, niais je crois... que je me trompe point... n'étes-vous pas allée, il y a peu de jours, au couvent de Sainte-Marie... ici prés? — Oui, monsieur... — Plus de doute... c'est vous I... Où avais-je donc b tête! s’écria Rodin. — C’est bien vous... j’aurais dû m’en douter plus lût.. — De quoi s’agit-il donc, monsieur? — demanda Adrienne. — Ahl vous avez bien raison, ma chère demoiselle, — dit Rodin en montrant du geste laMaycux : — voila un cœur, un noble cœur, comme nous les cherchons. Si vous saviez avec quelle dignité, avec quel courage cette pauvre enfant, qui manquait de travail, et pour elle manquer de travail c’est manquer de tout; si vous saviez, dis-je, avec quelle dignité elle a repoussé le honteuxsalaire que la supérieure du couvent avait eu l'indignité de lui offrir pour

l’engager à espionner une famille où elle lui proposait de la placer !

— An!... c’est infime! — s’écria mademoiselle de Cardoville avec dégoût. — Une telle proposition à celle malheureuse enfant.... â effet....

Mademoiselle, dit amèrement la Mayeux,— je n'avais pas de travail... j etais pauvre , on ne me connaissait pas ;... on a cru pouvoir tout me proposer... — Et moi, je dis, — reprit Rodin, — que c elait une double indignité de b part de la supérieure de tenter b misère, et qu'il est doublement beau â vous d'avoir refusé. — Monsieur.... — dit b Mayeux avec un embarras modeste. — Oh , oh ! on ue m'intimide pas, moi, — reprit llodiu, — louange ou blâme, je dis brutalement ce que j’ai sur 1e cœur... Demandez à cette chère demoiselle. — Et il indiqua au regard Adrienne. — Je vous dirai donc très-haut que je pense autant de bien de vous que mademoiselle de Cardoville en pense elle-même. — Croyezmoi, mon enfant, — «lit Adrienne, — il est des louanges qui honorent, qui récompensent, qui encouragent.... et celles de M. ltodin sont du nombre... Je le sab, oh! oui... je le sais. — Du reste, ma chère demoiselle, il ne faut pas me faire tout l’ honneur de ce jugement... — Comment cela, monsieur? — Celte chère fille n’e&t-elle pas la sœur adoptive d’Agricol Baudoin, le brave onvricr, le poète énergique et populaire? Eh bien ! est-ce que l'affection d'un tel bomme n'est pas 1a meilleure des garanties, et ne permet pas, pour ainsi dire, de juger sur l'étiquette? — ajouta Rodin en souriant. — \ ous avez raison, monsieur, — dit Adrienne, — car, sans connaître cette chère enfant, j’ai commencé à m'intéresser très-vivement à son sort du jour où son frère adoptif m’a parlé d'elle... Il s'exprimait avec tant de chaleur, Luit d’abandon, que tout de suite j’ai estimé la jeune fille capable d’inspirer un si noldc attachement. »

Ces mots d T Adrienne , joints à une autre circonstance , troublèrent si vivement b Mayeux , que son pâle visage devint pourpre. Ou le sait , l’infortunée aimait Agricol d'un amour aussi passionné que douloureux et caché; toute allusion même indirecte à ce sentiment fatal causait à la jeune fille un embarras cruel. Or, au moment où mademoiselle de Cardoville avait parié de rattachement d’Agricol pour 1a Mayeux , celle-ci avait rencontré le regard observateur et péimtrant do llodiu, fixé sur elle;... seule avec Adrienne, la jeune ouvrière, en entendaul parler du forgeron, n’eût éprouvé qu’un ressentiment de gène passager; mais il lui scmhh malheureusement que le jésuite, qui lui inspirait déjà uue frayeur involontaire, venait de lire dans son cœur et d’y surpreudre le secret «lu funeste amour dont elle était victime... De là r'échlantc rougeur «le l'infortunée, de Là son embarras visible, si pénible, qu'Adriennc en fut frappée. Un esprit subtil et prompt comme celui de Rodin, au moindre effet recherche aussitôt b cause. Procédant par rapprochement, le jésuite vît d'un côté une fille contrefaite mais très-inlelligcnle et capable d'un dévouement passionné; de l’autre un jeune ouvrier, beau, ourdi, spirituel et frauc. « Elevés ensemble, svmpalhiques l'un â l’autre par beaucoup de points, ils doivent s’aimer fraternellement, — se dit-il ; — mais l'on ne rougit pas d’un amour fraternel , et b Mayeux a rougi et s'est troublée sous mon regard : aimerait-elle Agricol d'amour? a

Sur b voie «le celte découverte, Rodin voulut poursuivre son inquisi lion jusqu’au bout. Remarquant la surprise que le troublé visible d«: b Mayeux causait à Adrienne, il dit à ccllc-ci eu souriant et eu lui désignant b Mayeux d’un signe d’intelligence : « Hein ! voyez-vous , ina chère demoiselle, comme elle rougit... celte pauvre petite, quand on parle «la vif attachement de ce brave ouvrier MUT elle? »

La Maycux baissa la tète, écrasée de confusion. Après une pause d'une seconde, pendant laquelle Rodin garda le silence, afin de donner au trait cruel le temps de bien pénétrer au cœur de l'infortunée, le bourreau reprit : « Mats voyez donc cette chère fille, comme elle se trouble ! » Puis, après un autre silence, s’apercevant que la Mayeux, de pourpre quelle était, devenait d'une pâleur mortelle et tremblait de tous scs membres, le jésuite craignit d’avoir été trop loin, car Adrienne dit à la Alayeux avec intérêt : «Ma chère enfant, ponnjuoi donc vous troubler ainsi? — Eh! c’est tout simple, — reprit Rodin avec une sunjdici:é

parlai le, car, sachant cc qu'il voulait savoir; il tenait à paraître u<- se douter de tien. — eh ? c’e*l tout simple, cette chère fdk- a lu modestie d'une bonne et tendre seeur pour son frère. A force de l'aimer, à force de s’assimiler à lui quand on le loue, U lui semble qu'on U loue ellemême... — Et, comme elle est aussi modeste qu’excellente , — ajouta Adrienne en prenant les mains de U Mayenx, — b nmii;il: !■• ou pour sou frère adoptif ou pour elle, lu trouble au point où nous lu . soyons... ce qui est un véritable enfantillage dont je veux b gronder bien fort. »

MadcuioL-dlc de Uurdo ville pariait de très-bonne foi, l'oxpllqniioti donnée pur Rodinlui semblant cl étant en effet foil plausible. Ainsi que toutes les personnes qui, redoutant à chaque minute do voir pénétrer % leur douloureux secret, sc rassurent aussi vile quelles t'affrayeut, la rx «c pcrsuaJa... eut besoiu de sc t*crsnadcr, pour ne pas mourir de houle, que les dernières paroles de Rodin étaient sincères, et qu'il ne se doutait pas de l'amour quelle ressentait pour Agricol. Alors scs angoi>-c* dinuiiuèreut, et elle trouva quelques paroles a adresser à mademoiselle de Cardovillc.

■ E\*’Uïcz-moi , mademoiselle , — dit-cilc timidement; — je suis si peu habituée à iiuc bienveillance semblable à celle d ut vous nie comble/, que je réponds niai à vos bonté# pour moi. — Mes bonté . pauvre enf-nt 1 — dit Adricnne,— je u’ai «ICore rien bit pour vous. Mais, Dieu «nerci ! dès aujourd'hui je pourrai tenir ma promesse . récompenser vôtre dévouement pour moi, votre courageuse résignation, votre saint autour du travail, cl la diguité dont vous avez donné tant de preuves au milieu dot plus cruelles préoccopaltoot- : en un mol, dès aujourd'hui, si cela vous euuvieui, i.m

c’est trop débouté, — dit la Maveuxd'uue voix tremblante. — nais je.,,

— Mi ■ rasiurez-v ous, — dit Adi irune en l'interrompant et en la de-

vinant, — ri vous acceptez, je saurai concilier avec mon désir un peu égia-!r de v uus ..-.ri,- .<■■■, . .

VOS habitudes du liavail, votre goût pour la retraite • t voire besoin de vous dévouer à tout et! qui mérite cominisératiou ; et même, je ne vous le cache -pas, c’tsi en vous dounatU surtout les moyens du satisfaire à Ce* généreux^ Iriubuce» que je compte vous séduire et vous fixer près de moi. — Mais qu'ai-je donc luit, mademoiselle , — dit naïvement b *>ur mériter laut de reconnaissance de votre part ? Né^t-cn pas vous, au contraire, qui avez commencé par vous moutrer si généreuse envers mon frèru adoptif? —Oh ! je ne vous parle pa3 de reronnatoam e, — dit Adrienne, — nous somme.'' quilles; mais je vous parle de l'affection, de l'amitié siocrfC que je vous offre. — De l’amitié. à n»oi, mademoiselle ? — Allons allons, — lui dit Adrienne avec un charmant sourire, — ne soyez pas orgueilleuse, parce qoe vous avez l avan loge de b position sur moi; et puis j'ai nus dans ma tête que von* série/ mon. auiie... et, vous îe verrez, cela sera. Mais maintenant j*y songe, et c’est un peu tard, quelle bonne fortune vous amène ici Ce matin M. Dagobert a reçu une lettre dans laquelle ou le priait de se rendre ici, où il trouvernll, disait-on, de bot mes nouvelles relativement à co oui l'intéresse le plus au monde. Croyant qu’Q s’agissait d<- roesdemoiseues Simon, il m’a dit : La Mayenx, vous avez pris tant d’intérêt à ce qui regarde ces chères enfanta qu'il faut que vous veniez, avec moi ; vous verrez ma joie en les rétro avant, ce sera votre récompense... s

Adrieime regarda Rodiu. Celui-ci fit un signe de tête affirmatif et dit : « Oui, oui, ehere demoiselle, c'est moi qui ai écrit à ce brave soldai... mais sans signer cl saus m’expliquer davantage ; vous saurez pourquoi.

— Alors, tua chère enfant, comment êtes-vous venue «Mile? — dit

Adricnne. — Hélas ! mademoiselle, j'ai été, en arrivant, si émue de votre accueil, que ie n'ai pu vous dire mes craintes. — QoeUe» craiutes? — demanda bodin. — Sachant que vous habitiez ici, mademoiselle, j’ai supposé que c'était vous qui aviez fait tenir celte lettre à M. Dagobert ; je le lui ai dit, il Ta cru comme moi. Arrivé ici, son impatience était h grande qu'il a demandé dès la porte ri le» orphelines étaient d.ms cette reoisoa, cl il le» a dépeinte». On lui a dit que non. Alors, malgré im*s supplications, il a voulu aller au couvent s'informer d'elles. — Quelle imprudence ! — s'écria Adricnne. — Après ce qui s'est passé lors de l'escabdc nocturne du couvent! — ajouta Rrnlin en haussant les épaule». — J’ai eu beau lui faire # observer, — reprit la Mayenx, — que la lettre n'annonvnit pas positivement qu’on lui remettra il' les orphelines, mais qu'un le renseignerait sans doute sur elles, il n’a pas voulu m'écouter. cl tu 'a dit : Si je n'appreuds rien, j’irai vous rejoindre ; mais elles étaient avant-hier au couvent; maintenant tout est découvert, on ne peut me le* refuser. — El avec une lélc pareille,— dit Rodin eu souriant.— il n'y a pas de discussion possible. — Pourvu, mou Dieu, qu’il ne soit pas reconnu,— dit Adricnne en songeant aux menaces de 11. Raleiuicr. — Cela u’est pas présumable, — reprit Rrnlin, — « n lui refusera la porte... Voilà, je l'espère, le plus grand mécompte qui l’attendre. Du reste, le magistrat ne peut maintenant larder à revenir avec ers jeunes tilles... Je liai plus besoin ici... d'autres *oins in 'appellent. U faut que je m'informe du prince Djalma ; aussi veuillez dire quand et où je pourrai belle, afin de v

de aies recherches, et de convenir de tout cc qui regarde le jeuae prince, si, comme je l'espère, ces recherches ont de bons résultat». — Vous me trouverez chez moi, dans ma nouvelle niaisou, où je vais aller en sortant d'ici, ru.- d' Anjou, à l’ancien hôtel de Beaulieu... Val», f y songe, —dit tout à coup Adricnne âpre* quelques moments de réilcxlon.

— U no me pareil ni convenable, ni peut-être prudent, pour plusieurs raisons, de loger le prince Djalma dans le pavillon que j’occupais à l’hôtel de Saint- Dixier. J’ai vu il y a peu de temps une charmante petite maison toute meublée, toute prête ; quelque» emholKssemcnls réalisablcs en vingt-quatre heures en feront on trèfdofi séjour. Oui, ce sera mille fols préférable , — ajouta madcmoMIe de CardovINo après un nouveau silence ; — et puis ainsi je pourrai ganler sûrement le plus strict incognito. — Comment ! — s'écria Bodin . dont les projets se trouvaient dangereusement dérangés par cette npuveBe résolution de b jeune fille, — vous voulez trall ignore...— Je veux (pie le prince Phlma Ignore absolument quel est l'ami inconnu qui lui vient en aide: je désire que mou nom ne lui soit pas prononcé, et qu'il ne sache pas même que j existe, quant à présent du moins... Plus tard... dans un mob peutêtre... te verrai, le» circonstance* me guideront. — Mais cet incognito, —-dit Rodin cachant son vif désappointement. — ne sera-t-il pas bien difficiles garder! — Si le priueo eût habité mon pavillon, je suis de votre avis, le voisinage de ma tante aurait pu l'éclairer, et celle crainte est uuc des raisons qui ine font renoncer a mon premier projet... Mais te prince habitera un quartier assez éloigné... b rue Blanche. Qui Ho- >t mirait ilo < c qu'il doit ignorer ? Un de mes vieux amis, M. Norvnl, v 0 u*, monsieur, et celte digne enfuit, — elle montra b Mayenx, — sur Li discrétion de qui je pois compter comme sur la vôtre, vous connaissez seuls mon secret... il sera donc parfaitement gardé. Du reste, demain nous causerons plus longuement à ce sujet ; il faut d'abord que vou parveniez A retrouver ce malheureux jeune prince »

Rodin, quoique profondément courrouce de h subite détermination d Adrienne au sujet de Djalma, fit bonne contenance et répondit : Vos intentions seront scrupuleusement suivies, ma chère drmoiVte, n demain, ri vous lo permettez, lirai vous rendre bon compte... de qe que vous daigniez appeler tout a l'hctirc tna mission providentielle. — A demain donc... et je vous «tiendrai avec impatience, — dit affoctueusement Adricnne à Hodln. — Terme Uez-niol toujours de compter sur vous, comme de ce jour vou» pouvez compter sur moi. Il faudra m’être indulgent, monsieur, car je prévois que j'aurai encore bieu des conseils, bien «et servico* à vous demander... moi qui déjà... vous dois tant...

— Voui ne me devrez jamais re demoiselle, ;

— dit Rodin en se dirigeant discrètement vers la porte après s’êtro incliné devant Adrienne. •

Au moment où il allait sortir, il sc trouva face à face avec Dagobert. « Ah !... enfin j'en tiens un... » s'écria le soldat en saisissant le jésuit *. au collet d'une main vigoureuse.

Page 1