CHAPITRE n Le» excuic
Mademoiselle de Cardovflle, en voyant Dagobert saisir si rudement) Rodin au collet, s'était écriée avec effroi, en faisant quelques pas ver* le soldat : « Au nom du ciel ! monsieur... que faites-vous? — Lo que je fai»! répondit durement le soldat sans lâcher Rrnlin et ou tournant la tête du côté d' Adrienne, qu'il ne reconnaissait pas, — je profite de l'occasion pour serrer la gorge d'un des misérables de la b aine du renégat, jusqu'à ce qu’il ni ail Jit où sont mes pauvres enfants. — Vons m'étranglez,... — dit le jésuite d'nne voit syncope eu tâchant dccliapper au »oldat. — Où wml les orphelines, puisqu’elle» ne sont pas 'a i et qu'ou m’a formé la porte du couvent sans vouloir me répondre? — cria IlMgoliort d’une voix tonnante. — A l'aide! — murmura Rodin. — Ah b c'est affreux ! » dit Adrienne.
Et pile, tremblante, s’adressant à Dagobert, les mains jointes : « fîrâce monsieur!... éboulez -moi... écoutez-fe... — Monsieur Dagobert! — s'éiria h Mayo u x en courant saisir de ses faiMcs mains le liras de Dagobert cl lui" montrant Adrienne... — c’est mademoiselle de 1,'ardovÿle... Devant elle, quelle violence !... et puis, vous vous trompez... faux doute. »
Au nom de mademoiselle de Cardovillc, la bienfaitrice de son Üls, le soldai se retourna brusquement cl lâcha Rodin ; celui-ci, rendu cramoisi par la colère et pur b suffocation, se hâta de rajuster son collet et sa cravate.
« Pardon, mademoiselle... — dit Dagobert en allant vers Adrienne, encore pâle de frayeur,— je ne savais pas qui vou» étiez -....triais le premier mouvement m’a emporté malgré moi... — Mais, mon Dieu! qu’avez-vous contre monsieur ? dit Adr tenue. Si vous m'aviez écoutée, vous sauriez... — Excttscz-moi >i je vous interromps, mademoiselle, — dit le soldat à Adrienne d’une voix contenue. Puis s'adressait! à Rodin, qui avait repris son sang-froid : — Remerciez mademoiselle, et allez-vouseu;... ri vous restez là... je ne réponds pus de moi... — Un mot seulement, mon cher monsieur, — dit Rodin, — je... — Je vous dis que je ne réponds pas de moi ri vous restez là ! — s'écria Dagobert en frappant du pied. — Mais, au nom du cfel. dites au moins b cause de cette colère,... — reprit Adrienne, — et surtout ne vous liez pas aux apparence»; calmez- von»... — Que je me calme, mademoiselle ! — s'écria
L'Ii-mmc i m-.-ic Je furet.
• Hier soir. — reprit Dagobert, — j'ai reçu une lettre du maréchal il à débarqué au Uavre; depni» trois jours, j'ai fait démarches sur de- j nnrebes. «opérant que les orphelines me seraient rendues, puisque la , niarltinalioi) de ces uiKérahlcs avait échoué (et il munira Itodiu avec un nouveau geste do colore). — Kh bien! non... il» complotent eocoitquelque infamie. Je m'attends à tout... — Mais, monsieur. — dit Hodiù en S'avançant, — permettez moi de vous... — .Sortez! — s'écria Dagobert, dont l'irritation et l'anxiété redoublaient en sougeaut que d‘un in noent à l'antre le maréchal pouvait arriver à Paris; — sortez... car, san» mademoiselle,... je inc serais au moins vengé sur quelqu'un... » Itodiu fit un signe d intelligence à Adrironc, dont il se rapprocha prude omont, lui moutra Dagoh-rt d un geste de commisération touchante, rt dit à ce dernier : « Je Mirtirai donc, monsieur, et... dautant plus vo' m'.iers que j« quittais cette chamlirr quand vous y êtes entré. » fuis, sc rapprochant tout à fait de mademoiselle de Cardoville, le jésuite lui d.t à vo t liasse: ■ Pauvre soldat la douleur I égare ; il sc-
L* fuitm — r*ct 14 Z
Dagobert regardait mademoiselle de CardovRIë avec surprise en o vraot luachinaleineut le petit p.iquct Lorsqu'il l’eut développe et qn eut reconnu sa croix d'argon’. noircie par les aimées, et le vieux r rouge Cane qu'ou lui avait dérobés à l’auberge du Faucon blanc an papiers, il s'écria, dune voix entrecoupée, lecteur palpitant *« croix!... ma croix’... c’est uu croix !... •
Dagobert avec désespoir: — mais je ne pense qu'j une chose. « mademoiselle.... à l'arrivée du maréchal Hmon; il sera à Paris aujourd'hui ou demain. . — Il servi possible ! o dit Adricnue.
Bodin lit un mouvemeut de sut prise et de joie.
rail incapable de m'entendre. Expliquez— lui tout, ma chère d
il sers bien attrapé, — ajouta-t-il d'un air Uu; — mais en altn
— reprit Rodln en fouillant dans b poche de côté de sa redingou
tirant un petit paquet, — rcincllez-lui ceci, je vous prie, ma chcred moiselle!... c'est ma vengeance;... elle sera bonne. »
Et eonune Adricnue. tenant !e petit paquet dans sa main, regardait le jésuite avec étonnement, celui-ci mit son index sur sa lèvre c pour recommander le silence à b jeune tille, gagna la porte eu chant à reculons sur 1a pointe des pieds, et sortit apres avoir c d'un geste de pitié montré Dagobert, qui, dans uu morne abatte, b tète baissée, les bras croisés sur b poitrine, restait muet aux c (allons empressées de la Maycux.
Lorsque Itodiu eut quitté la chambre, Adrietmo, s'approchant il I dat, lui dit de sa voix douce et avec l'expression d'un profond iu.
« Votre entrée si brusque m'a empêchée de vous faire une que bien intéressante pour moi... Et votre blessure ? — Merci, nude selle, — dit Dagobert en sortant de sa pénible préoccupation,— il„ ça n’est pas grand’chosc, mais je n’ai pas le temps d'y songer. . ‘•uis fâché d'avoir été si brutal devant vous, d'avoir chassé ce ir - * Me;... mais c’est plus fort que moi; à b vue de ces gcns-là tnt oe fait qu'un tour. — Et pourtant, croyez-moi. vous avez i prompt a juger... la personne qui. était' là tout à I heure, prompt... mademoiselle... mais ce n'est pas d’aiijourd hui q commis... Il était avec ce renégat d'abbé d'Aigriguy... — Sans d ce qui ne l'empêche pas d'être uu honnête et excellent Immun*. Lui?... — s’écria Dagobert. — Oui... et il n'est en ce moment n occupé que d'une chtae... de vous faire rendre vos chères enfer Lui'?... — reprit Dagobert en regardant Adricnue comme s’il n voit croire à ce qu'il entendait, — lui inc rendre mes enfants? plus tôt que vous ne le pensez, peut-être.— Mademoiselle, - dii coup Dagobert, — il vous trompe... vous êtes dupe de ce vieux y là. — Non, — dit Adricnue en secouant la tête en souriant, — ji preuves de sa bonne foi;... d'abord, c'est lui qui tue fait sort cette maison. — Il serait vrai ? dit Dagobert confondu. — Tri» et, qui plus est, voici quelque chose qui vous rocommodera peut -4 avec lui, — dit Ad rie u ne en remettant à Dagobert le petit paquet q llodin venait de lui donner au inomeut do s'eti aller; — ne \oul vous exaspérer davantage par sa présence, il m'a dît : o Madcir remettez ceci à ce brave soldat; ce sera nu vengeance. »