CHAPITRE IV
Mystcro.
U maladie de M. de l.élorièrc lirait à sa fin, il était presque convalescent, grâce aux soins assidus de Madeleine, de son mari cl de l'apprenti Kraft. Tous avaient rivalisé de dévouement avec le bon Dominique. Le marquis s était montré si afferme usenu ■ut reconnaissant de ce* touchantes preuves d'intérêt, il sembbit telhineiil les justifier el les mériter par la délicatesse et par la bonté de son cœur, que le tailleur el sa femme se montraient de plus en plus attachés à leur joli seigneur, comme ils appelaient le marquis.
Le printemps approchait ; un jour Dominique, qui était sorti pour làcher de décider uu procureur à suivre un des pions de Létorierc, rentra d'un air k b fois rayonnant et étonné: l'apprenti Kraft le suivait portant avec peine une immense corbeille de fruits el de fleurs les (dns rares. Sur un petit papier, attaché par une épingle à un magnifique ananas, on lisait ces mots ; A Monsieur le mari/um Je Leloherr.
Après avoir admiré ce cliarmant cadeau avec une curiosité enfantine, et en vain cherché de quelle pal il pouvait venir, carut) homme inconnu avait bissé la corbeille chez le portier, le marquis remplaça l'adresse de ce présent par celle-ci : A mes bons amis Landry el sa femme , et il chargea Kraft de porter de sa part les fruits et les fleurs à maître Landry
— Tu leur diras que j’ignore d'où me vient ce don, mais c'est b première et b seule chose que je puisse leur offrir, et je b leur envoi»! comme gage île ma reconnaissance éternelle.
Quelques jours après autre surprise : dans un charmant nécessaire a écrire qui fut laissé chez le portier par un garçon de Bordier, célèbre ébéniste, le marquis trouva ce billet :
« Votre cœur ne dément pas ce qu'on attendait «le vous. CVst bien. « Envoyez ces deux lettres à leur adresse, »
Dans un des compartiments du nécessaire, Létorière trouva deux lettres cachetées. Sur l'une on lisait ;
A monsieur Landry, ladleur, aux Ciseaux d'or .
Sur l’autre : A monsieur Buslan, procureur au ChAulct.
Ce dernier, l’homme de loi elnrgé des procès du marquis, n'avait jusqu’alors voulu tenter aucune démarche dans la crainte de uo pas être remboursé de s» -s frai*.
Létorière et Dominique *r regardèrent avec, ébahissement.
— Qu»* vous disais-je? s'écria l'ex-régent, nie croirez-vous maintenant? vous défierez-vous de votre destinée? Quand je vous dis que vous n’aurez rien à envier au fils de Elinias !
Etourdi de telle aventure, dont il ne comprenait pas encore les sui— les, b- marquis pria Dominique de porter la lettre du procureur à sou adresse, et envoya «'elle de maître Landry par son portier. Une heure apres le tailleur, Madeleine cl l’appteuli étaient aux genoux du jeune gentilhomme.
« Grèce à vous, monsieur le marquis, j'ai b pratique de monseigneur le duc .de Bourbon ! s’écria Landry. C’est un bénéfice clair el net de six mille livres par an ! Me voilà riche à jamais !
— Grâce a vous, monsieur le marquis, notre voisin Matburin, qui nom enlevait toutes nos pratiques, va crever de dépit, disait Madeleine.
— Grâce à vous, monsieur !<• marquis, dame Madeleine, dans sa co-