CHAPITRE V
Le «ralicr.
Un jour le marquis se promenait sur le bord du grand canal de Versailles, rêvant trKlcmcnt et te croyant abandonne de sa mystérieuse protectrice. Il venait du manège, son costume de cheval faisait merveilleusement valoir l'élégance de sa taille. L'était un habit vert à galons d'or, une culotte écarlate, une veste pareille et de grandes bottes de maroquin noir bien luisantes qui $e détachaient sur des geuouHIcics
de fine batiste. A quelques pas de lui Létorière vil un cavalier assez âgé qui, malgré tous scs cfTorts, ne pouvait obliger sa monture à passer près d'un piédestal de marbre.
Deux personnes assistaient à ce débat : l’une des deux, âgée de cinquante à soixante ans, vêtue d'un habit de taffetas gris-perle, à hranbebourgs de soie de même couleur, avait une physionomie à la fois belle, noble cl bienveillante ; elle donuait le bras’ à un homme plus avancé en âge. assez petit, légèrement voûté, superbement vêtu à la vieille mode de la Régence, cl dont le pâle visage était sillonné do rides profondes.
Celui de ces deux gentilshommes qui était te plus simplement vêtu dit à l'autre en lui montrant Létorière :
— (Juel charmant visage 1 ... quelle jolie tournure !... Mais je n’ai jamais rien vu de plus enchanteur... Et vous, maréchal ?
— Ilum... hum... dit ce dernier avec une toux secbe. Ce p lil in'sieulà? il est assez ben... mais ü a l'air gauchir, comme un donneux d'eau bénite, répondit M. le duc tic Richelieu, qui avait conservé celle vieille façon de parler vulgaire autrefois adopter par les roués de la Régence.
— Lui? ce joli visage? Ce serait doue pour donner de l’eau bénite à des saints de votre espèce? dit l’autre en souriant avec malice.
Le cheval se défendait toujours; le cavalier, las des moyens de douceur, employait tour à tour la cravache et l'éperon, mais n'obtenait de sa monture que des pointes cl des ruades formidables.
l’eu à peu 11. de Richelieu et l’autre promeneur &c rapprochèrent du marquis. Voyant des personnes d'un âge vénérable s'avaucer vers lui, Létorière salua respectueusement.
— Eh bien ! jeune homme.. . oui aura raison de l'homme ou du cheval dans celte discussion? dit l’ami de M. cio Richelieu.
— Ma foi ! je ne sais trop, monsieur ! L’écuyer raisonne à coups de cravache, sa monture répond par des ruades. Celte CODversaUoQ-hi peut durer encore longtemps.
Cette réponse, faite sans trop d'assurance, mais avec h gaieté conliantc «le n jeunesse, fit sourire le promeneur.
— Vous en parlez bien à voire aise, mon jeune maître... Je voudrais bien vous voir... à la place de cet écuyer... Vous ne savez donc pas que ceîi 2 bête est une jument de l'Ukraine?... bile arrive d'Allemagne, c’c=t un vrai démon.. . dont b Guériniere lui-même n'a pu veuir à bout...
— Si j’étais à la pbec «le cet écuyer, iimurieur, je serais peut-être non pas plus habile, mais plus heureux, dit résolûmciil le marquis.
— Vraiment! Eb bien! voulez-vous essayer? voulez-vous monter Barbara ?
— Celle jument est si belle... si fière... malgré sa méchanceté... que j’accepte de tout mon cœur, monsieur; d'ailleurs l'Iicrho est si verte qu'on ne peut désirer un meilleur lapis pour se bisser choir, répondit joyeusement Létorière.
— J'ai uuc peur horrible qu'il ne se casse le cou, dit tout bas le compagnon de M. de l’icliclku.
— Avec un minois pareil, si espiègle et si cnjolciix , ou ne craint ni chevaux, ni hommes, ni femmes.... et m l’on tombe.... ou ir* tombe jamais seul... Je reviens sur son compte, il a l'air très-déluré...
— Holà 1 Saint-Clair, reprit l'autre en s'adressant à l'écuyer, ne l'o-
E ïlre pas davantage; descends de cheval.... Ce jeune gentilhomme a in d'une leçon, et lu vas la lui donucr, ajouta-t-il eu riant. Sallll-Clair obéit à « et ordre cl descendit de cheval.
Létorière, un peu choqué des dernières paroles de l'inconnu, lui répondit avec uue fermeté respectueuse ;
— Je recevrai toujours avec plaisir ou résignation les leçons que je «lemamlcrai ou que je n>éi itérai, monsieur; mais, ici, je ne crois mètre ruts dans aucun de ces deux cas...
L'inconnu et M. de Richelieu sc regardèrent en comprimant uuc violente envie de rire.
— Faut prendre garde, dit tout bas le maréchal, il a l’air d’un fameux ItabiBcux !
— Vous allez voir qu’il va me proposer un cartel, cl cela devant vous, le doyen des maréchaux de France , le p résilient du tribunal du point d honneur, dit l'autre; et il ajouta, eu regardant le marquis d un air Itc»» sérieux :
— Vous le prenez bien Iwut, mon jeune maître !
— Vive Dieu ! je le prends comme il but ! monsieur ! s'écria Létorière en se campant mesolûiucnt sur b hanche.
A cette bravade, M. de Richelieu et l'inconnu éclatèrent de rire, et le marquis commençait à s'irriter fort, lorsque Saint-Clair, qui notait pas sans peine descendu de cheval, s’approdu le chapeau à b main cl dit au gentilhomme vêtu de gris :
— Sire, on ne fera jamais rien de celle jument.
— Le Roi!... s'écria le marquis avec confusion, et il mit un genou en terre et baissa la tête d’un air repentant.
— Par saint Louis, mon jeune ami, dit Ixm» XV en souriant, j'ai vu l'heure où vous alliez vertement nous rappeler que tous les gentilshommes sont nos pairs, et qu'aux vieux temps un chevalier pouvait croiser b buce avec un souverain.
— • Ah!... site, pardon... pardon...
— Allons... relevez-vous, gentil paladin... Et par un mouvement plein de cette grâce majestueuse que ce roi, le plus aimable et le plus spirituel de» rois, mettait «bus scs moindres actions, il cfilcura du bout du
doigt b joue de Létorière, qui, toujours agenouillé, baisa celte belle main loyale avec une vénération profonde...
létorière sc releva , le front couvert d’une rougeur charmante , ses beaux yeux noirs tout humides de larmes, tant il était profondément touché de l'ioeflable bonté de son roi.
Cette émotion si pure, si jeune, si naïve, frappa délicieusement Louis XV. La flatterie la plus adroite ne lui eût pas causé cette double impression.
— Comment vous appelez-vous, mon cufanl? demanda-t-il au marquis en le regardant avec intérêt.
— Charles-Louis du Viglun, marquis de I cioricre... sire
— Votre patronage lui aura porté bonheur , maréchal, dit le roi en souriant; puis tout à coup il s'écria avec effroi : Ah !... le malheureux enfant ! il va se faire tuer. .. Saint-Clair lui a abandonné les rênes, et b damnée jument ne veut pas se bisser approcher.... Quelles ruades !.... quelles pointes!.. .il ne pourra pas seulement venir à bout de l'enfourcher. C'est une diablesse au montoir... Saint-Cbir... pourquoi ne b lui as-Ui pas tenue pour qu'il puisse la monter ?...
— Sire, reprit le vieil écuyer d'un ton bourru , cc monsieur m'a dit qu'il sc tirerait bien d'aflairc’lui seul...
— Et, par le ciel ! il s'en tire... dit le roi avec étonnement ; mais voyez donc, maréchal !. . sur ma parole... il l’a ensorcelée... Voilà qu'il l'approche, et elle ne bouge plus... Il la caresse... et b mauvaise ne lui répond pas par un coup de dent... ou par un coup de pied... Que dis-tu de ceb, Saint-Clair?
— Sire... je dis... je dis... je dis qne je n'v comprends plus rien... Ordinairement ou ne peut b monter qu'à l'aide du torche-nez, tant elle est ombrageuse et effarée...
— Et le voilà en selle... ma foi!... s'écria le roi charmé; cl il y est à merveille... plein de grâce et de souplesse... Qu'en dites-vous, Richelieu ?... Qu’en dis-tu, Saint-Clair? reprit Louis XV, dont b flgurc rayonnait de plaisir en voyant 1 habileté de son jeune protégé.
— Ma foi... je dirai au roi que ce garçon-là, tout jeune qu'il est, est un fin cavalier... Mais faut qu'il possède que'que charme pour avoir apaisé c'ie vilaine donneuse de coups de pied... répondit le maréchal.
— On ne peut pas dire, sire, que b position de cc gentilhomme soit absolument mauvaise, dit le vieux Saint-Clair. Il ne manque pas d'assiette : son corps et ses jambes sont bien placés, il parait avoir b main ferme et légère à b fois...
Le domino. — rtc» 7.
— Eh ! que diable veux-tu de pins?... dit le roi. Mais voyons... si Hle passera devant celte statue de marbre qui l'effraye si fort, bon, non, elle sc défend... quels bonds'... Ah! le malheureux' 1
— C'est qu'il parait vissé sur son dos. Il ne Innige pas plus qu’un terme, s'écria le maréchal... avec son air iniguou; 'aut qu'il toit fort comme un Hercule r
— Vous êtes de Xaintonge , dit le roi, qui connaissait à merveille b généalogie de sa noblesse.
— .Mais vous avez déposé vos litres, ajouta-t-il, vous deviez m'être présenté... pourquoi ne l'avez-vous pas été ?
— Slrc , j’attendais le retour de M. le comte d'Apprc ville , mon p.i rem... pour avoir cet honneur...
— Maréchal de Richelieu, voulez-vous lui servir de parrain ? dit le roi en s'adressant au duc, qui répondit par une inclination respectueuse.
— Ah çà !... dit le roi, je n'oublie pas.... mon enfant, que vous avez presque critiqué Saint-Clair.... il lui faut une réparation.... Oserez-vous toujours affronter Barbara ? Et le roi montra la jument qui, tenue en main, pointait et se cabrait, malgré les menaces et les caresses de l’écuycr. bc craignez-vous pas celle fougueuse ?
— Je ne crains qu'une chose, sire, c'est de mo montrer au-dessous île b grâce insigne dont le roi daigne m'honorer en m'ordonnant de monter à cheval devant lui.
— Mais c'est qu'il est charmant ; il répond avec une grâce parfaite .. avec un tact exquis, dit le roi à M. de Richelieu, pendant que Létorière, le cœur tout palpitant d’émotion, s'approchait de la redoutable Barbara.
— Le roi.... me dit quelquefois que j’suis un vieux connaissent en
figures, eh ben ! j’puu prédire au roi qu’avant six mois cc jeune faucon aura pris sa volée.... Et alors gare à lui, ça sera un grand inangeux de colombes, j'en réponds. % l
Le débiteur. — r*CK 5.
— .Monseigneur sait bien que ce n’est rien que de supporter les tond* d’un cheval... c'est à les prévenir et à lits empêcher que consiste b science... répondit Saiul-Llatr.
— Eu ce cas, tu dots être satisfait, reprit le roi. Regarde, regarde... ht voilà qui passe devant la statue aussi facile... aussi commode qu’une buquenée... Ah çà, il est donc sorcier? s’écria Louis XV eu refanlam avec étonnement le maréchal et Saint-Clair, imn moins surpris que lui.
Léiorière, après avoir fait plusieurs fois passer et repasser la jument devaut la statue qui l’avait d abord laut effrayée, s'approcha du roi ; le marquis tenait son chapeau de la main droite, de la gauche il rassem- LLiit Barbara, qui piaffait et mâchait sou mors le plus coquettement du inonde . on eût ait qu’elle étaiL tiére du poids léger qu elle portait. La ligure du jeune gentilhomme, encore animée par cet exercice et uar l’orgueilleuse joie d'avoir si bien réussi devant le roi, était resplendissante de bonheur et de beauté.
En voyant son protégé si joli, si radieux, si jeoue, Loué XV te regardait avec cet intérêt doux et mélancolique que les hommes avancés 4 ii âge ou rassasiés de plaisir éprouveut souvent à contempler b joie confiante, la folle ardeur de la jeunesse.
Cet excellent prince se sentait tout heureux de pouvoir, par un généreux caprice de souverain, ouvrir à cet enfant un avenir brilla ut comme un coûte de fées. — Il tôt quelquefois bien bon d’être roi! dit-il à M de Richelieu avec un allendriss«‘meui involontaire.
Le vieux maréchal, avaui de répondre, sembla interroger le regard du prince afin de pénétrer le sens de cette exclamation qu'il ne comprenait pas. Tout cUiit mort dans ce cœur usé par une ambition étroite, mais effrénée, cl racorni par un égoïsme impitoyable. Incapable de saisir l'intention du roi, le maréchal répondit |iar une fadeur de cour.
— S’il est quelquefois bon d'être roi, sire, il est toujours bou d'être le sujet de Votre Majesté.
Louis XV sourit d'un air fin et froid, et ré|M>ndit : — C’est plaisir que de se voir ainsi deviné. Puis, s’adressant à Léiorière, qui attendait toujours ses ordres : — Ah çà, mou enfant, diles-moi, comment avez-vous fait pour dompter si vite et si facilement cette créature indomptable?
— Votre Majesté m’avait dit que celle jument arrivait d'AIItimague; sachant que les Allemands parlent beaucoup à leurs chevaux, et qu'ils lis conduisent presque autant avec la parole qu'avec la main ou avec l'éperon, je lui ai parlé allemand ; reconnaissant sans doute une langue à laquelle elle était habituée, elle s'c&t calmée presque aussitôt.
— Mais II a raison. Rien de plus simple... vois-tu bien, Saint-Clair... dit le roi.
— Oui, sire, reprit (imidcmciil Létorière eu jetant un coup d’œil sur le vieux SuinUChir, qui semblait profondément humilié, oui, sire... rien n'est plus simple... quand on parle allemand...
Cette réponse presque hardie était dictée par un sentiment si délicat et si généreux, que Louis XV, vivement touché, s'écria : — Bien... très» bien, mon enfant... vous avez raison; si mon vieux Saint-Clair avait su palier allemand, il eût (ait comme vous...: mais comme il est trop âgé pour l'apprendre maintenant, et que Barbara ne paraît avoir aucun goût pour la langue française, gardez cette jument... marquis de Létorière, le roi vous la donne...
Le marquis salua respectueusement.
— Richelieu, vous me le présenterez demain à mon petit lever, dit le roi au maréchal, fuis, faisant un geste affectueux à Léiorière, Louis XV regagna le château.
Le lendemain létorière fut officiellement présenté; peu de jours après Louis XV se rattacha comme écuyer, et plus tard lui donna une cornette dans les mousquetaires.
De ce moment, la faveur de Léiorière ne fit que croître, car l’affection du roi pour lui augmenta chaque jour
Il serait trop long de dire comment le favori devint l'homme à la mode par excellence; mais cette progression est simple et naturelle. A tous les rares avantages de l'esprit, de la beauté, de la naissance et du cœur, il se joignit bientôt, chez Léiorière, un goût exquis en toutes choses. Ses chevaux, ses ameublements, sa parure, devinrent le type de l'élégance et do bon goût. Enfin, au bout de quatre ans, le pauvre écolier du collège du Plessis était devenu un des plus brillants seigneurs do la cour, et inspirait à b fois l'admiration , l’envie, la haine, l'adoration, comme tous les gens doués de facultés supérieures.
Celte narration ne comporte pas le récit des nombreuses bonnes fortunes dont le marquis fut le héros, ou du moins dont on le supjmsa le héros, car sa discrétion était profonde et absolue.
Seulement ce qu’on sut bien, c’est que jamais on n'eut à lui reprocher une bassesse ou une perfidie eu amour. Dans deux duels il remontra plein de bravoure cl de générosité. Le seul début qu’on |»U lui reprocher était une grande prodigalité, à laquelle il suffisait, giàcc au gain de son procès contre l'intendance du Poitou, et aussi à la munificence et aux bornés du roi, qui le nomma successivement abbé commendataire de la Trinité de Vendôme, commandeur des ordres réunis de Saint-Lazare et de Notre-ltoroe-du-Monl-Carmel, mes ire de camp de cavalerie, conseiller d'Etat, d'épée, et graud-sénéchal d’Aunis.
Telle était la prodigieuse fortune à laquelle était arrivé l élorière env»- •ron quatre ans après son heureuse rencontre avec le roi.
A travers ses succès de toutes sortes, Léiorière n’avait jamais oublié
les grands yenx bleus du bal de l’Opéra, et presque chaque jour il contemplait sa bague avec tristesse.
Malgré cette devise : « Il vous suit partout, » écrite au-dessous d'un si charmant azur, qui semblait le regarder avec une tendresse pleine de confiance et de sérénité, le marquis craignait d'être complètement oublié par sa mystérieuse protectrice. Depuis quatre années il n'en avait eu aucune nouvelle. Tantôt il tremblait que sa réputation d'homme à bonnes iortunes, en éveillant chez l’inconnue une juste jalousie, ne l'eût à jamais éloignée de lui; tantôt il craignait que l'absence, qu’une maladie, que la mort uu-me ne lui eût ravi cette singulière affection.
Par un sentiment bizarre et inexplicable, dans le cours de ses galanteries, Léiorière avait toujours rigourcu •binent fui les séductions de* yeux bleus... quelque cruel que ee sacrifice lui eût souvent paru. Il eût redouté de profaner, peut-être à son insu, un amour qu'il rêvait si peu semblable aux autres amours. Plus il avançait dans une vie que le destin lui faisait si belle et peut-être trop facilement heureuse, plus il songeait avec idolâtrie , presque avec regret , à cc temps de calme et de bonheur tranquille, où la seule émotion de son existence était de recevoir une de ces lettres dans lesquelles l'inconnue lui donnait des conseils si pleins de sagesse.
II voyait arriver avec effroi le u rine fatal qu'on lui avait assigné, au bout duquel il devait recevoir une dernière lettre qui déciderait de sa destinée. Cette lettre, il la reçut quatre aimées, jour pour jour, après sa rencontre au bal de l’Opéra, Elle était ainsi conçue :
« Depuis cinq ans je vous aime. .. Depuis cinq ans je vous ai suivi à travers toutes les phases de votre vie obscure ou écutanle, pauvre «m fortunée... Vous êtes digne du cœur que je vous offre avec confiance... Je suis orpheline, je suis libre de ma main, je vous l'offre... Aucuue puissance humaine ue peut changer ma résolution d’être à vous. Si vous refusez de réaliser mes projets les plus cher», retirée dans un clnilre, chaque jour je demanderai au ciel de vous accorder le bonheur dont j’aurais voulu vous combler.
c Julie de Soiwoh»,
« Princcue de S*** C* (f ).