L.i veuve ajouta
— Demain matin il quittera l'Üe pour toujours.
— Comment? dirent à la fois Calebasse cl Nicolas.
— 11 va rentrer ; chcrclicz-lui querelle... mais hardiment, eu face... comme vous n'avez jamais osé le faire.- Veoez-en aux coups, s'il le faut... II est fort... mais vous serez deux, et je vous aiderai... Surtout, pas de couteaux !... pas de sang... qu'il soit battu, pas blessé.
— El puis après, la uicre ? demauda Nicolas.
— Après... on s'expliquera... Nous lui dirons de quitter l'ile demain... sinon que tous les jours la scène de ce soir recommencera. ... Je le confiais, ces batteries continuelles le dégoûteront.
Jusqu'à présent on I a laissé trop tranquille. ..
— Mais il est entêté comme un mulet ; il est capable de vouloir rester tout de même à cause des enfants... dit Calebasse.
— C'est un gueux fini... mais une batterie ne lui fait pas peur, dit Nicolas.
— Une... oui, dit la veuve, mais tous les jours, tous les jours . .
c'est l'enfer... il cédera...
— Et s'il ne cédait pas?
— Alors j'ai un autre moyen sûr de le forcer à partir cette nuit, ou demain malin au plus tard, reprit la veuve avec un sourire étrange.
— Vraiment, la mère?
> — Oui, niais j’aimerais mieux l'effrayer par les batteries; si je n'y réussissais pas ...
alors, à l'autre moyen.
— El si l'autre moyen ne réussissait pas non plus, la mère ? dit Nicolas...
— U y en a un dernier qui réussit toujours, répoudit b veuve.
Tout à coup la porte s’ouvrit, Martial entra.
Il ventait si fort au dehors, qu'on n’arait pas entendu les aboiements des chiens annoncer le retour du lils aîné de b veuve du supplicié.