‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Paula Monti ou L'hotel LambertChapitre 8 sur 41 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le prince de Uamfeld.

Une pièce immense , occupant uue aile de l'hùtel Lambert . formait à elle seule l'appartement d'Arnold de ülusleiu. prince de liausfeld, persouuage mystérieux dont l'existence prêtait à de si étranges cummentaires. L’aspect de celte paierie suffisait de reste pour juslffer tant d'accusations d'originalité. Nous y conduirons le lecteur, un peu après le momeul où les sons de I orgue' avaient cessé, au grand plaisir de b prim cesse... c'est-à-dire alors que b pâle cbrlé d'un jour d'hiver commençait à dissiper b brume du matin... Ou'on se figure une salle longue de cent pieds environ, un plafoud rayé de solives saillantes, autrefois peintes et dorées, ainsi que les caissons qui les séparaient. Par un caprice du prince, toutes les fenêtres avaient été bouchées, sauf une haute, longue et étroite ogive, garnie de vitraux de couleurs, et pbeée à l'extrémité de b galerie. Le jour, pénétrant par celte étroite ouverture, produisait un effet bizarre, car il luttait contre la cbrlé des six bougies d'un petit lustre de cuivre rouge gothique, suspendu à l'une des poutrelles du plafoud par uu curduu de soie, très-près du vitrail.

A ce moment un bruit grave, sonore, puissant, plein de suave harmonie, mais affaibli par la distance, arriva aux oreilles des deux femmes. C'était le Sun d'un orgue dont on touchait avec un rare talent et une expression mélancolique. A ce son b princesse tressaillit et s'é- Cl ta :

— Ob ! c'est lui.... il veille encore.... tiens, maintenant ma tête est si faible, que le bruit de cet orgue me semble effrayant, surnaturel... ce ne sont plus les sons de cet instrument que j'entends , mais les voix mystérieuses d’on monde invisible, répondant au prince qui les interrogé... Oh ! grâce!... grâce !... ceb m'épouvante !...

Par un hasard singulier , et comme si le vœu de b princesse eût été entendu, le chant de l'orgue expira lentement dans le silence de b unit, eu s’exhalant comme une plainte...

— Cet entretien m'a abattue , je frissonne, dit Paub. — Il faut vous courtier, marraine.

Après avoir présidé au coucher de madame de üansfeld avec la plus ndc sollicitude, et baisé respectueusement sa main. Iris ferma la porte b chambre de sa marraine, plaça en travers un divan qui, découvert , formait un lit , et , après avoir verrouillé l'entrée de l'cscalicr secret, s'endormit profondément.

Je vous demande pourquoi il y aval de la lumière dans cette elumbre en face. — pam 9.

Grice à ce mode d'éclairage, dont le foyer, factice ou naturel, sc concentrait en cct endroit, qu'il fit nuit ou qu'il fit jour, b lumière, d'abord rassemblée dans b partie avoisiuante de b croisée, s'amoindrissait de telle sorte, que le premier tiers de b galerie se trouvait dans un clairobscur assez lumineux, mais que le reste de celle salle immense se perdait dans l’ombre. Rien de plus éirauge que b décroissance successive de celte lumière qui, d'autant plus vive quelle était d’abord filtrée par I une haute fenêtre , s'éteignait insensiblement dans de profondes lénô-

de Ihusfdd su leva brusquement, sou pile visage deviut pourpre. Tktit 5 .

PÀULA MONTI,

bres. La coloration des divers objets qu'elle frappait, participant aussi de cet albiblissemeut gradue, semblait prendre des formes étranges.

Ainsi, vers l'extrémité de La galerie où venait mourir la lumière, ces dernières lueurs s'accrochant aux reliefs de quelques armures d'acier damasquinées, de rares étincelles de lumière scintillaient ça cl là dans l'obscurité.

l'rcsque à côté de l'unique petite porto qui communiquait à cette galerie, dans un eoiu sombre, ou dNliuguuil une forme blanchâtre. C'était un squelette bizarrement accoutré : sur son crâne il portait une mitre épiscopale, il s'appuyait d une main sur uu glaive du plus Im-m u temps de la renaissance ; de l'autre main il tenait uu luth d ivoire à sept cordes, dont la base reposait sur la rotule ; par uu caprice bizarre , une couronne de roses ( rareté pour la saison ) d'une fraie heur et d'un parfum adorables surmonta il ce luth; un manteau de drap bhuc, constellé d X et d'il entrelacés, brodés en rouge, se drapait eu plis majestueux sur la cage obscure île la poitrine du squelette , cl ne laissait voir que l'extrémité du tibia et du pied droit. Ce pied, d'une petitesse remarquable, était (amère dérision ! j chausse- d'un soulier de salin blanc, dont les cothurnes de soie flottaient en longue rosette sur l'os de la jambe, poli comme I ivoire. Si l’œil , s'habituant aux ténèbres, pouvait percevoir certains détails, on remarquait sur ces cothurnes de soie et sur ce soulier de satin quelques taches d'un bru» rougeâtre... que l'on reconnaissait facilement pour des traces de sang.

Ce singulier objet de curiosité était po*e sur uu socle d ébène merveilleusement rehaussé de bav-re*l:efs et d'incrustations d'argent cl d'ivoire. Car un étrange contraste, car là tout était contraste, les ornements de ce piédestal ne participaient en rien delà tristesse de l'ossuaire qu il supportait ; tout ce que l'art (loreuliu du quinzième siècle a de plus gracieux, de plus pur et de plus charmant, semblait revivre dans ce délicieux ouvrage, véritable chef-d'œuvre de ciselure et de sculpture. Néanmoins ces ornements enchanteurs ti'élatciil pas absolument étrangers au lugubre ubjel dont ils décoraient la buse ; la ligure du squelette, s'appuyant d'uue main sur une épée nue, de l’autre sur une lyre, et portant une mitre épiscopale en (été, et uu soulier d<* teiuuie au pied ; celle ligure, disons-nous, se retrouvait partout au milieu des plus charmantes coiiihinai-ons artistiques.

Ainsi, des amours supportés j*ar ces fabuleux oiseaux de la renaissance, qui tenaient de I aigle par la tête, par les ailes, et de la sirene par les capricieux enroulements de leur queue, IfMllml enlever dans leurs petits bras cette lugubre image. Ailleurs, des nymphes, dont les poses remplies d'une élégance à la fois chaste et voluptueuse eusse ut été avouées par les Grecs, se jouaient sous Panique d'uue salle du plus beau style, eu s'occupant des apprêts de b toilette du faulimie; lune portait le glaive, l'autre la lyre, celle-ci la mitre, bans un coin de cet admirable bas-relief, deux ravissante* nymphes, louant chacune uu des cothurnes du soulier, le balançaient entre elles, tandis qu'un petit amour, niché dans l'intérieur de celte chaussure de Ceudiillon, s’en servait comme d'uue escarpolette.

rendant ces apprêta, b sinistre figure, à demi couchée sur uu lit grec à drajH’ries tramantes, accoudée sur son bras gauche, regardait en souriant (comme une tête de mort peut sourire) les folâtres jeux de* nymphes, tandis que «le scs phalanges osseuse» elle cITcmlbil uu bouqm-l de roses que lui présentait un groupe d'adorables entants, Un petit trépied de vermeil d'un travail exquis, placé auprès de ce socle, pouvait à b fois servir de lampe et de cassolette à parfum.-. Si les autres objets qui meublaient b galerie n'offraient pas celte bizarre alliance des sujets les plus funèbres et des idées h» plus riantes, ils n'en étaient pas moins singuliers et remarquables, les uns par leur rareté, les autres par les in croyables mutilations qu'il* avaient subies. Uu tableau, placé dans une des ion»* de b galerie où n'arrivait qu'un demi-jour, représentait une femme d'une beauté rare ; à b fraîcheur du coloris, à b transparence voilée du clair-obscur, à b grâce divine du dessin, à la suavité de b touche, ou reconnaissait b main inimitable de Léonard de Vinci... .Mais, hébs ! au lieu de ce regard llui«lc. trausparent, auquel le peintre avait sans doute donné b vie, les veux, barbarcment. outrageusement crevés, «lardaient di'ux lames de stylet, fines, aiguës, étincelantes. Etait-ce une triste et sauvage raillerie de ce vieux dicton mythologique : « Les yeux de b beauté lancent des traits mortels. » On lie pouvait voir sans Indignation cet outrage à l'im des chefs-d'œuvre de l'art, «?t pourtant, un pou plus loin, on admirait une sorte de petit monument de marbre bbnc aux ornements empruntés aux mythologie» païenne et chrétienne.

Dans uu cartouche supporté par des amour* et par de* ange*, ou lisait en lettres d'or : Phidiat, Raphaël ; puis au bas une aorte de prie-Dieu (qu’on pardonne celle profanation d«- l'adoration due au seul Gréateur en laveur de b créature) dont le coussin de velours usé prouvait le fréquent usage, comme si quelque fervent et religieux admirateur de ces deux génies immortels venait souvent leur demander à genoux «le hautes inspirations, ou les remercier des ineffables jouissances que b science du beau donne à l'homme. En effet, des gravures ou d«*s copies des plus beaux cartons de Raphaël, placées tout auprès de quelques fragments des bas-relief* du l'arthénon. choisis avec un goût excellent, annonçaient un amour et un sentiment de l’art qui sonobienl incompatibles avec b barbarie des mutilations dont nous avons parié.

A mesure que l'on se rapprochait de b zone la plus lumineuse de celle galerie, étrange retraite du prince de Ibnabld. les objets changeaient

aussi de caractère... F lus ils devaient être éebirés. plus ils augmentaient de splendeur. Ainsi, près de la fenêtre, cm Voyait nue rare collection d'armes indiennes et orientale», des sabres d'argent incrusté» de corail, des poignards au fourreau du velours rouge brodé d'or, à U poignée enrichie de pierres précieuse»; le bleuâtre acier de Damas se recourbait mmjs sa garde d'or ctiuccbute de tubis et d'émeraude» ; des boucliers iudieus aux reliefs de vermeil étaient constellés de pierreries. Près de la fenêtre, c'était un fourmillement lumineux, coloré, scintillant, élilou Usant, auquel b lumière prismatique de* vitraux dounait encore des tons plus chaud* et plus riches; il est impossible de nouibrrr les curieux objets d’orfévreric émaillés, ciselés, entassés sur des étagère» de lucre qoi avoisinaient b fenêtre. A voir tomber de b haute fenêtre cette éblouissante cascade de lumière irisée par les lueurs chatoyante» des objets qui la rellélaienl, ou eût dit une de ces nappes d’eau que le soleil colore de toutes les iiuauci-s du prisme.

Cette comnarai-on semblait d autant plus vraie que, immédiatement au-de-sous «le la croisée, et oi cupant l«»ule la brgeur de sa baie, ou voyait ou grand buffet d'orgue : deux ligures d'anges de trois pieds de haut, sculptées eu ivoire, supportaient le cbvier de l'instrument, de mémo matière; le reste du bullèt, du ut h; sommet atteignait l'appui de b feuéire, se composait de pauneaux gothiques, aussi d'ivoire; travaillé» a jour comme une dentelle, ils if altéraient eu rien U sonorité de l'instrument; quatre sveltes cariatides d'argent, émaillée* de couronnes d'or, ornées de pierreries, comme des ostensoirs, séparaient ces légers panneaux, et supportaient une fri*e en pierres dures, repré-entant une giùrlauth- «le feuilles, de fleurs et de fruits... ceri»6S de cornaline, prunes d'améthyste, abricots de topaze, Muets de lapis, feuilles de inalacliile, jacinthes d'aigues marines, luttaient d'éclat et de vérité relative. Cet orgue, de dix pieds de haut et de cinq pieds de laigc, remplissait le soubassement de Kl lougue feuêtre à vitraux coloriés, percée à l'une des extrémités de b galerie. L’espace qui restait «le chaque côté de celte fenêtre pour atteindre les parob blérale* de 1a galerie, était rempli, encombré des innombrables richesses dont nous avons parlé.

Le prime de llamfeld était assis devant cet orgue d’ivoire; 0 portait une longue tunique de laine noire serrée autour de sa taille : une sorte de berrel de velours de même couleur hissait échapper de longues mèches de cheveux blonds qui tombaient en profusion sur ses épaules un peu courbées. Ses larges mauclies étaient presque relevées jusqu'au coude par Li position «pie prenaient se* mains en parcourant le clavier. Ses bras amaigris, ses mains lluettes, effilées, étaient d’une blancheur de marbre; ; mais les ongles long*, durs, polis comme des agates, n'avaient pas cette nuance ro»e, signe certain de la santé ; ils étaient cerclés d uu pâle azur ; la position de la tête un peu repliée eu arriére annonçait que le prince de liaiisfeld avait les yeux levés au plafond. Après s'étre interrompu uu moment, il recommença à jouer de l'orgue, mais pinnimmo.

Etait-ce b qualité supérieure de cet admirable instrument, était-ce b puissance du talent de l'exécutant ? jamais orgue u'exhab des sons à la lois plus suaves, plus sonores, plus mélancolique*. d'une tristesse, si cela peut se dire, plus passionnée! Il serait impossible de deviner quel était le motif de ces chants d'une expression à b fois plaintive comme un soupir... ineffable comme le sourire d'une mère à son enfant ., harmonie vague, indé|tciubnte, capricieuse comme b pensée qui, flottant au milieu des nuages d'une imagination attristée, aperçoit quelquefois l'azur d'uu ciel pur, éclairci, serein... Le cœur le plus bronzé se fût amolli, détendu a ces mélodies pénétrantes, douces comme une rosée de larmes. Au milieu du silence d/ la nuit, l«.*s sons déjà si graves de l'orgue augmentaient encore de solennité; ils montaient au ciel... comme T'eu cens. Il y avait surtout uue phrase d'uue pureté charmante qui reveuail souvent et comme par intermittence daus le chaut de l’orgue.

Four rendre le* idées qu'éveillait celte phrase cuchantcrcs.se, jouée sur les notes les plus élevées, les plus cristallines de l'instrument, il faudrait évoquer les ûléaliié* les plus riantes, les plu* jeune*, les plus fraîche» ; tout ce qu'il v a de perfes humides sur b mousse et de lueurs roses dans l'aube u'un beau jimr de priutemp*; tout cequ'il'ÿ a de mystère, de rêverie dans les clarté» argentines de b lune, lorsqu'au milieu d'une tiède nuit d'été elles se joucul dans b pénombre des grands bois qui semblent frissonne! amoureusement aux solitaires accents du rossignol ; tout CO qu’il y a do bonheur, de joie candide, d'espérance ingénue dans le doux refrain d’une jeune lilie de seize ans qui cbanle, parce qu'elle se seul heureuse eu regardant si mere et en voyant le soleil dorer b cime des arbres au moment où les fleurs redressent leur calice embaumé ; tout ce qu’il y a enfin de doux, de grave, «l'élevé dans b contemplation où itou» plonge souvent l'incommensurable scintillation des astre** qui décrivent leurs cours dans I immensité ; oui, à peine cette évocation de riante.» poésie* donnerait-elle une idée de b mélodie pleine de grâce cl de sérénité qui, à d assez longs intervalles, revenait se dessiner, pour ainsi dire, ro>e, lumineuse et sereine, sur la couleur sombre du morceau que jouait le prince.

Quant à ce morceau, que l'on pourrait considérer comme l'expression constante du caractère d'Arnold de llansfeld. c’était l'idéalisation de b rêverie allemande, no la douce fantaisie de Mignon, non celle qui fait éclore de gracieux mirages, mais celle qui, dans sa noire tristesse, évoque le pale faiilAmc de Lénore. La tristesse d'Arnold était caractéristique en cela qu elle était résignée, mais non pas amere et irritée. Il seinbtail se complaire à moduler avec amour b phrase musicale dont nous avons

PAlïLA MONTL

parlé, comme on s'abandonne à uo souvenir chéri de sa jeune»***. Le tintement aigu, strident et prolongé d'un timbre le flt tressaillir douloureusement. A ce bruit aigre, il interrompit de nouveau son chant... Le* dernières vibration» de l'orgue s'exhalèrent dans b vaste galerie comme un long soupir. Arnold inclina avec accablement sa tète sur sa poitrine ; scs mains blanches et effilées. se détachant du clavier, retomberont inertes sur ses genoux. Sa taille mince et frète se courba, la force faeticc, fiévreuse, qui Tarait jusqu'alors soutenu, l’abandonna ; U s'affaissa sur lui-même.

Les premières lueurs d’une matinée d’hiver, se joignant à la clarté des bougies du lustre gothique, formaient une lumière fausse, lugubre, comme celle des cierges qoi brûlent pendant le jour autour d'un lit mortuaire; cette lumière tombait d'aplomb snr le liront et sur la saillie des joncs d'Arnold, car il avait |la tète inclinée sur sa poitrine. A travers scs longs cils baissés, on aurait pu voir b prunelle immobile perdre T humide éclat de son bleu limpide, et devenir fixe, presque terne, i*es doigts se roidireut par l'intensité du froid ; car depuis longtemps le (eu était éteint dans la vaste cheminée... A ce moment, le tintement du timbre retentit de nouveau... et par deux fois. Le prince sembla sortir d'un sommeil léthargique, se leva péniblement et alla au fond de b galerie, dans laquelle on ne pouvait entrer que par une petite porte épaisse et bardée de fer. Arnold ouvrit à moitié, cl d'uu air soupçonneux, un guichet pratiqué dans cette porte, et dit d'une voix bible :

— C’est vous, Frank? — Oui. Arnold.. .voici le jour... Tien*... prends la cassette, mon cher enfant, répondit une autre voix un peu cassée. — C’est bien vous... Frank? répéta le prince. — Par tous les saints, qui veux-tu que ce soit, sinon le vieux Frank?... ouvre b porte... lu me verras eu pied. — Ob ! non, non, pas aujourd’hui. — Calme-loi... mou cher enfant... in as tes vapeurs, je le sa». ..mais prends donc b cassette... j'ai acheté le pain d'un côté... les fruits de l'autre...

Le prince allongea la main, et prit avidement une petite caisse de bois d’acajou cerclée d’acier qo’on lui passa par le guichet.

— Bonne nuit... ou plutôt bonjour, Arnold. — Adieu, Frank.

Et le guichet se referma.

Non loin de b porte était un lit composé de deux épaisses et soyeuses peaux d'ours étendues sur un vaste divan. Arnold s'assit sur ce lit et mit la cassette sur une petite table d'ébène d’un curieux travail où était déposée une paire de pistolets chargés.

Il prit une clef sur cette table et ouvrit b cassette ; elle contenait un petit pain sortant du four et quelques fruits d’hiver.

Le prhice regarda ces comestibles dignes d’un anachorète avec une sorte de défiance, ses soupçons luttaient contre son appétit; pourtant il cassa le pain en deux mon eaux, et après avoir longtemps examiné, flairé, il le porta enlin à ses lèvres... Mais tout à coup il le jeta loin de lui avec épouvante... Alors, cachant sa ligure dans ses mains, Arnold de llansfekl se renversa sur son lit en pleurant avec amertume.

Page 1