‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 10 sur 82 · VOLTE-FACE · texte numérisé non relu

VOLTE-FACE

Sî le départ avait été tourmenté par les colères du ciel , le retour le l'ut hh n davantage par les orales de la conscience; 1 ar, on a beau dire, le scélérat aussi entend cette voix intérieure, lerrïbleet solennelle, consolation ou torture de la vie, à laquelle nul homme ne peut échapper. Mais dans la poitrine de Pujnl bouillonnait , ainsi que la lave dans les |<rofiiiiieurs du cratère, une de ces haines puissantes qui font taire toutes les au 1res passions et jusqu'au souvenir des premières caresses d'une m ère La haine de Pujol eiaii la Lumière de ses jeux, L'air de ses poumons, Le sang de ses artères; In haine de Pujol ne pouvait se comparer qu'a son amour pour Beppa; car tout ce que prouva il Pujol devenait une violence, nue secou galvanique ; le calme de Pujul était an niveau de la loreur, et au bout de tout cela, le meurtre, le sang ! Le chef de luudiis, en revenant de Barcelone, ne trouva plus ni cal»! ne du pauvres ni précipice dangereux, ni avalanche, ni brigand aposlé pour l'a bassiner, ni femme pjënéreuse pour te sauver; il passa devant la cbaoclle déserte où une jeune lil le lui avait Ikré son coeur dans des baisera incoinl ris jusque-là par le chef miqnclet, el il soupira profondément*

Ce soupir, c'était de la reconnaissance.

Au camp, l'agitation des esurils élaiL eïlrèmc; la plupart des coquins, irrités des fatales conséquences de le* meuie, ne parlaient rien moins que de guet-apens tendus à Pujol, et nul bras ne se levait pour puutr les mutins, dans la crainte de les irriter davantage et de réveiller un nouveau désastre avant r arrivée du capitaine.

Bejjpa el Saïctas se confiaient en secret leurs mortelles alarmes; le frère de Pujol, toul à fait convalescent, se joignait presque chaque jour aux entretiens intimes des miiis

OEUVRES HK JACQUES AflAGO

dévoués, et i->us trois, poursuivis par de sinistrés préssentimenls, hé parlaient (me pàfcc tjuc 1b Silence aurait rendu leur promenade plus i oUloureusë ëiicoTc\

— Tu dis donc, Androu, cjuiï tu Tus suivi aéitS les montagnes ï

— Qui» i^ii déj il de L'avalanche qui a failli m'entrai uer.

— Lt puis

— Et puis j'ai Ifié un homme qui s'était posté là pour le frapper.

— Tues sur au moins que 6 était Taumareî1las7 du le frère de Pujol.

— Mon amour et ma haine* l'avaient reconnu.

— Ta haine, pour qui?

— Pour le baml

— El ion amour.' -- Pour Ion frète*

— Toi, Andreu/

— Sïoi, Bcppa.

— Tu es une fille ! -s'écria Malliins cffrnyê.

— Non, je suis, lu femme de Ion frère* Une chapelle a été témoin de notre luutlicur el de mis serments.

— Tu me l avais cacne, réprit Ijathifts eu s'adressent à Sa Jetas d'un nui de reproche

— T o n f r c re m*ë vail ï iïâ on ne de ga rd ef le silence; je levais obéir,

— El. maintenant que tu suis ta moitié de mon secret, poursuivit Beppa. apprends comment j*âi commence â minier Pujol .

— \J mol continua SalH.-K.je Le dirai comment elle É aussi conquis mon ardente amitié,

— Césf donc un homme de cœur que bette fillc-hi? Beppa raconta alors sa course avec sa famille de çittfnoÂ,

Leur entrevue avec Pujol. I.i générosité de celui-ci el les dangers qu'elle avait bravés pour arriver au camp. Salelas son tour dit â Nalhias le duel de Beppa avec Ripol), le commenu n n ni de l'émeute et la part glorieuse «mu; ta jeune fille avait prise dans cette sanglante iffaire*

— Ainsi donc, 5 , écria Mathias, unis a tout jamais par l'amitié* la recnimiitisanœ el L'aimmr à imm lïere Pujol !

— Unis ii tout jamais, répondirent Saletaset Audreu eu lut serrant affectueusement h main.

El ils rentrèrent au camp,

fi i •hiliini. Pnjid devait arriver dans la journée; Saletas et Mathias l'attendaient dans h petite ru is n; ut Audreu oins impatient que tes deux amis, venait de s'avancer vers le sentier étroit que Pujol avait pris en nuLttanl son armée, lors |ue, tournant les regards véra un champ voisin bordé par une haute dois ni de r immiik serrés, il aperçut miehpu 1 chose de notre! de mobile qu'il prit d'abord pour une bète fauve, Aussitôt il s'arme du son pis i marche LehleiHeni vers cet objet inconnu il st.- préparé à Une âUaqlie où ri m m- défense.

— Comment! loi ici, PrailGistïd? et a ^enouxl que faisii! donc?

— Je prie le Ejou Dieu.

-- Que lui de m n n des- lu, mou pan vif guérillero?

— Qu'il me ij m.- risse.

— Tu es blessé?

— iilij. Indien, blessé mortellement,

— Où f

— Au cœur. Tu ne sais pas, mon ami, comme l'ôd souffre quand oiî souffre en silence.

— Si (ait, si tait, je s,i is. cela aussi, imù, el je te piainft

— Plaindre, quand nu peut confier, te n pi pas assei.

— S'il est vrai jueje puisse être pour loi de quelque secours, parle. Marin i, parle, je sïiis pVexWllfiht conseil.

— Eh bieol alors ue m'en veuille pas. si jeté coolie des rhoses que tu aurais voulu ne pas entendre.

— Va, va. dit Andreu en souriant, Je puis tout écouter surtout de braves gens comme LoL Ccni ndànt je le préviens, pour abréger ton récit, que je sais qui tu es et cornment tu en venu ici* Maintenant Continue,

— tml alors je serai bref. riprè*toi, Andfeu, que j'ai 'l'-eyuM.fi un secrel ùue toul le mondé Ignore atj cali&p, j'en suis sur, ci 4111, s'il étâtl connu. stirîbUt de Pùjol, >li viendrai lalaU qui le lui a caché- Oui, mon ami. unni bnu Ainlreu. ï t-ï , dahsle r mu ati inilieu de tant (Ife mltdtts

(cùr ^ sommes des batiditsai ainsi jurant, se battant

é\ CoUCnanl mut ttôUà, vit une jeune iHle 1 ..,

— Meiisiuj.n-.

— Une jeune fille, le dls-je, jeune et belli'; et cette flllr

l'ii a «:i..i!i.- loul umii être, qdî nlC fernii n.r 1 uifiu-

[i'ii 1 Sbil ^n- jmisdu'etlë m'a niaintétlU liêvài et (pi elle «eut me faire nmi ie, ec te jeune fille, Andreu, c'est toi,

— %*\, mntM&'î Tu Nvfe.

— h nv rêve j'as : cVst toi, mou iiui. et je laimr.

— Francisco, je ne sais où ru as pris cette jpehséë, niais elle esl ébiurdé, et je le prie de ne pas la tômihturîqfr r à

■ cathàtades qui seraii-ur. GopâblM de trop s'amti-ier n les dêpei

— S.>is Ifànijaillé, Je uo leur dirai rien, ttoti poinl parce tjuetu luVn ]■! îes, iueis lien parce '[ul 1 \v craindrais Trop

de rivaux ; birjê t'aime, | rsUîvii avdtî empdriemenl PVaîi-

dlSco, ^je t'aime comme j'iiiru i •■ à Hëufaài la Vierge del ('u'uii-l; ^e L'aime comme Titlutiarëillag .lime le &Htlg +

• -.iiiN- sBs soldats aîtneul l'eul'er, ruiunrn le^ànjes aiment le ciel.

— Le soleil Bal lsien chaud, dît Anihcu l- 1.1:1 ni de n'avoir rien entciidu.

— Pas pins (pi. mnncteur, poursuivit ardemment Francisco eii se j ' ni i si loûï.

— Tu vas salir les; culottes de Velours, Marini; Ju Jcne est humide

— Pas plus -pie mes yeut qui férsent *li s lafraëa,

— Quelle heure t j %r-if?

— L'heure de t é almer pt de te le din*.

— Je rentre au po>Le, PratiCisco, reste, je vi u\ rire iaul^ •u • nie si cela te rail pjaïsïr

— jfon, lu nt- lin' ipiitlenis pus ainsi, je ne le veux pas,

— Je u- quitterai aiUsi, parce que je U> veux, nmi,

— HfâisJ i une vUlonië aussi, une volonté que PàntoUr reiui puissante; prends garde, je peux user de viuléticfc, it i«"î prières alors ne nu 1 loiiebetonl plus, conH hua LVuncisco Manni avec une sorte de frénésie,

— Je ne | rie jamais, i*êctia Htppa eu se levant comme une lionne, je ne prie jamais lorsque j T ai un poignard â mini eôtù.

— Un duel avec une fille! Non. uun ; n\ \U le setffel que J **■■! découvert, Un an ire lé saura, et ce! hulre, cesi PujoL

— Il te Mit, dil Pujnl tuî-mëme ;ui, baôhd depuis un insiani derrière les rosètioz, AVait écouté cette conversaliiui

raj idé.

— Toi, mon ami s'écria lepjia eu lui jetant les bris autour du nui.

— Min. beppa» ma femme bien -aimée; il toi mainte* liant. Francisco Marihî, s) tu dh un mot, lin §eul mol <!e

; i. tli sais comme /«Hto/è ôéui dunl j'ai à me plaindre.

! v. iM'i-r ' lit un signe decrnix t baissa la tète el - ua en trembhnt Les deui nani acheminèrent vers le criinp, bhv- dessus bras dessous.

— ueln esl bien â toi h ditleiulnm BepUa û Pujol. d'à-

v.ur ■■;■'■ lidùle à ta pa » Ifl levais Iriliîe, je n'aurais

pas trahi la mienne, moi

— Quand Pujol dit : fiel a sera, cela est. et ce h esl pas fi lui, beppa, quej'aur.iis menti pouf la première fois de un vie. Mais niions* nos pas et Sachons ce qui se | • tï nous,

—On murroUtt, nu te menace ftourdémèilt, on eonspiie contre tes jours,

— Je bercerai bien des poitrines a vu ni tiil ptl ail i nié U mienrtc. Que veulent donc ces canailles? Len

jétter est de tuer et de mourir de faim; je leur permets^ leur mètiei . je l'aptiuie, je le pfi et je leur donné -

plus îles vi\ivs «i .ii Inr; ou seront-Us mieux 7 Kst-ce sur une poiente? Ml bien! dé paf le diable : j'en 1 rai, s'il

le fanl, et nous VèfrObB où s"airék-]a la danse des e.uia*

\res.,, tiens, Miii-i mon frère èl Saletés nul ha relit, A

là bonne heure des bottines' de 1 A sorte! on >e sent un

eumi »ÛprèS de tels ami-

— Et auprès de mnl t dit Èeppa en le le^udant av

ii ur r

— Aupfes de loi, on s'en croit deux,

Les intimes si sefrërênk cofdialemtiii !a main, et

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