‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 9 sur 82 · LE MO · texte numérisé non relu

LE MO

: .-I' un jour île Télr pour loul le monde : il ;. fou!- I '< inlilii ou se passnit une brillante revue

troupes frai -, il y avail foui ■■ les églises ou

l'.n célébrait ta fête aie je ne sais ulus quel martyr, connu seulement de la dévoie Espagne, llu mont Jouy venait de de$ i-uJre la musique militaire delà ; irnison, et belles dames et brillants cavaliers de Barcelone oubliaient, dans leur promenade favorite, que leur ville appartenait aux étrangers, que les en nous de la citadelle étaient consCamitteuL braqués sur leurs maisons menacées et que le soir même i! y aur.iii peut-être des vh n J- n!e> 1 titre deux [■euples que rien Q r a jamais pu faire amis l'un de l'autre, i.uit leur caractère est oppose, tant les événements pi les reudiiienr i- mis irréconciliables.

Les soies, les velours et les mantilles â lanies fi de

riches île Iles paraîenl la llambli; les peignei aor et

d T écallle oiselet tenaient captifs les obeveui m>irs et lissr> 1 iï ilanes pleines de coquetterie; les éventails m langage si bien compris de tout amoureux espagnol, se jouaient

«cieusenicnt entre les doi«ls agiles des petites mains exercées a les faire main murer, [,e^ livres roses des jeunes Mlles laissai eut tomber par intervalles, en s'adrcssant â leurs inaltentives, quelqnes*unea de ces syllabes innoceni< s . 1 1 1 i i<t>rieni le trouble ou la joie dans les cœurs avides 1 lis >iii>ir .1 la Tûlée, tandis que, discrets et timides, des viuix noirs el veloutés échangeaient furtivement île loin et à travers la foule, ces regards de feu qui brûlent le jour et font si doucement rêter là nuit, domine leeiel était limpide, comme les Ilots m t ; d il erra 11 cens venaient doucement mourir sur la jetée, f ùt dit un jour du 1ère patronale pareil

:i rein que Tun célébrait au temps ou nul uuifoir

cais ne se montrait insolemment dans la capitale de la Ca-

tangue. IWcelene était li, calme et joyeuse, parée l<

fraîche verdure, comme |>nnr résister à une de ces oouwea ijc liiiir^'nix qui (ont courir les heureux désFei de Ion-

Les les prQVlnces, et ou vainqueurs et va in eu h si* heurtaient, se frôlaient sans colore, ainsi mie des voisins inai* tenlifs habitués A se voir sans sa marner.

De tout^ tes elles espagnoles , Barcelone est sans cnutvedJf celle qui lient Ip plu a montrer distincte des autrès, Grenade, Valence, Kurde, Bénite, gardent encore dans kurs jeux et leurs pênes celte couleur Iris le et fatiguée dont ies Maures les oui ap| fries nu milieu d« leurs

suaves eeimnres de grenadiers et d'orangers. Mais Barcelone a secoué depuis longtemps son manteau ni |>é d'esclave h riiiinie une allure de vigueur ri d'iRdèpfmtaaee qui lui va ri ravir el subjugue les étrangers. Si l'Espagne s'affranchit jamais du monacal et de celui d' royauté

bâtarde, soyea sflrs que lé premier cri de l i 1 ■ • - 1- a . - 1 m ri in d* I Catalogne el qu'il retentira pu) isanl jusqu'à Malaga m à radïx doiii 1rs remparts >■ mirant, ternes et chaude, dans lea llois africain*,

Cependant la fraîcheur de In soirée, <m portant atteinte nu vif incarnai des frivoles désœuvrés, rendait [plus libres Us allées de Ln ILuubh. Les intrépides continuaient toujours leur promenade dun pris régulier et grave, Nui dis que. moins empressés de regagner leurs cellules el Leurs

ivenis, moines, capucins, religieux gris, blancs, brune, cli nasses ei déchaussés, voltigeaient comme des oiseam de nuit, ei semblaient ehereher clandestinement nàimv .1 leur ardente self de libertinage. Parmi ces derniers, un -ini.-iiî s'était fait distinguer dans la soirée par la suavité iii b m's traits réguliers, par sa démarche austère, par la vivacité de ïon i' gard à affronter cens des hommes, par son

iprassement a se baisser dès qu* il se portail involontairement sur n .ii d'or battant nui Lre une gorge amoureuse

eu a s une mantille voilant a demi un front plein de

et de désirs.

Le religieux dont nous parlons avai, faii aussi ses cht* rttéa i la canaille uteudianle; mais os n'étaient point seulement des nKLi.i'. iJis qui tombaient de ses mains gènéreu-

i , il distribuai! des piastres avec une prodigalité toute prînetére, et il mettait tnnt de réserve dans ses bienfaits qu'on eût dit que sa main gauche ignorait ' cours donnes ['il .1 main droite. Lui, aussi, quitta enkn la promenade, mais alors, seulement, qu'il ut |<mi. île pauvj .i secourir, plus de ri i -res ;i snii Ingère UÀnydus pourtant l'y relinl encore quelques moments, et lei curieux, qui L'avaient en ipiekpie sorte suivi avec inération , le virent

er son chapeau ^ris , a'arrêtei pieusement , se signer, et dire ;i voii basse la prière du soir et du matin, A laquelle i if bon Espagnol iie lait jamais défaut.

La nuit était venue; uuîl i qi.'iïïnule avec ses amoursj ses jalfuisîrs el ses mystères; une porte s'ouvrait et se fermait >îN-iirii n^'iiii-iii , deux hommes \ ni é côté l'un de l'autre et se lançaient un de ces regards érineelauis somme la pointe du stylet cach i dans leurs manteaui couleur dos ténèbres. Le mendiant, sans ■ occupé du soin d'entre* Icnir la plate n l'aide de laquelle il émeut la pitié publique, i-nn liait nu coin des bornes ; l'haleine riar fumée des campalmk'S voisines se promenai! sur t <n i eela, et à la plane Ma y or en entendait les pas mesures do la tentuiclk; \.i|lant auprès de La vas le demeure du générai Hilaur.cc~M.i- Ihien.

-s- Qui vive ! erin-t-ei!e en apj i étant son arme.

— Soi, Francisco Paulo.

— Au large i

— Fnneisco Paulo, m ni ne de la Merced.

— Au large' vous dis -je.

— Je lierre parler au général-^ -in rnirur.

Vous lui parlerei demain; au large!

— Je liens a lui narler aujourd'hui ,Vi l'instant même,

— Au large, on je fuis feul

>"■ ton a ut nul compte de L avertissement (rois fois renouvelé, le moine avance d'un pus, un coun part, une balle luineree sa large coiffure et il avança toujours. A la détonatton, la jjarde est sur pied ^ on irt, en s'empresse, nn entoure le moîno. en l'arrête, on lu fouille et on !c condnii dans imc s=itlo basse où i) est InLerro é pai le commandant du poste*

— Jt» n'ai rien à roua dire, répond Je moi nu, c'esl à voire général ijueje uetu parler.

— Altcndei donc son réveil.

— Il aérait peu i -être trop lard demain; c>sl ;i Tinslant même qu'il I'hiI r^ je lui parle, il y vn de ses intérêts les plus pressants* Qu'on le provienne "donc oii je me relire.

— Oh! m^iniei.iint, tu ea nqtre prisonnier et tu ne sortiras d'ici que sous bonne escorte.

— Frères, mnn enapeau est percé d'une balle; en approchant de cet hôtel, je pouvais en recevoir une d.ms la poitrine, et pourtant je n'ai pas fui, c'est roua dire que j'ai nue importante mission à remplir, Vniro refus de prévenir le général entraînera des conséquences sigravt <, une le sa* lui de son armée dépend à coup sûr de votre empressemen! à faire ce que je dis* Pour la dernière bis, veut-on prévenir le L'ouverneurï

Mauriee-M ilhieu entra, réveillé à la dèionatinnde In seutinelle. Selon le vœu eiprimé par le moitié, ils restèrent seuls dans la grande salle où ils se trouvaient, les of liciers de irarde voillereni autour, et le général assis dans un fuilenil, le moine debout devant lui et les bras croisés sur In potlrmCj une rapide conversation s'engagea entre les deus personnages.

— (Jui ètes-vous? D'où venes-vousî

-—Général, je répondrai n lou tes vos questions; mais nous avoua hes tin l'un et L'autre de beaucoup de calme. Mi dêrnnrHie vous prouve déjà que je désire fort vous être utile.

— J'ai trouvé jusqu'ici parmi les gens vêtus comme vous tnnt d'hostilité, Utnl de mauvais vouloir, qu il m*est permis de suspecter vos intention

— Il est vrai que mes confrères sont des coquins qui ne vous iiim-'ur fi.is et qui voudraient vous voir tous au fond des enfers; mais, puisque je vous offre une exception, proliiez, croyez-moi. de ma lionne votant •■ et de mnn pouvoir, vous vous en trouvera bien, Je m'appelle Francisco l'auto, je suis grand prieur du couvent de la Merced [jue vous avez di-jà si fort rançonné, je viens en mon nom seul, vous offrir un immense service; c'est à vous, général-gouverneur de vous décider*

■ pondre il nv.f',]. i m -ni, votre mnvoi >l a van t- hier ûBt-il arrivé in ta cl ï

— .li- n' «i pas reçu une piastre , ceco |nîn dePujoia touj volé.

— Le brigand J

— Si je peux jamais le saisir!.-

— Oli ' vous ne le saisirez passerons -éponds, gênerai; PuEol est un bandit déterminé de sac H de corde quia toujours â *n ceinture un non poignard, eh avant que de tomber dans vos mains, il se percer&H le cœur. El puis,

'Veï-vous, quand vous le cherchez au midi, il est au ndrd, el il glissera dans la main de vos soldats comme une anguille dans la main du pécheur. On dît, général, que vous i mis si tête ;i pfnf

— U'est vrai, et je compte surplus de succès que vous ne l'espérez vous même* m bande le redoute plus ou -elle ne l'aime, el i -i, parmi ces vauriens, quelques affiles qui veillent pour moi sur ce misérable.

— Je connais vos a Aidés, gén rai, et je crains fort que vos soins, vos démordes, ne soient perdus.. Les comiins de l'iijolaci 1 1 i- roni voire argent, ils vous bercer nul Je belles promesses; m:iis nul bras n'osera s'approcher assez de la poitrine de Pujol pour la trouer.

— Taumareillas, cependant.

— khi il en était aussi, Lui? J£h bien! général ne comptez plus sur le secours de ce misérable, car il sert en ce moment Jje pâture aux loups el aux oiseau* de prrm'.

— Tu croîs celai et Peurillo?

— Des flmea de beuej cola n'a de mains que pourlepîîlage, Ci la im sail fraj^ier ijue piir derrière et dans l'ombre* Or, Pujol lesconriiùi rt il se prose nie toujours de race à ses adversaires. Tenet, général, repousses cette pensée; Pnjol ne vous sera livré mort nu vif p r aucun dn> ions; s'il a des ennemis dans sa bande, il y compte aussi des amis chauds el dévoués qui se feraient hacher sur un seul mot de lui et qui vie nura ïe ni brûler lïarcekuie pour peu

— Si re que vous me proposez est accepta hl ■ — Veuillez me répondre d abord. . léral, i

œuvres de JÀf:(jn;s arako.

qu'il leur en donnât l'ordre. Or, maintenant que Je vous ai prouva que je connaissais ce scélérat qui vous lue Uni de monde et qui s'empare si cavalièrement de *oire argent, je viens vous fnïre une proposition que je von s engage forl ' accepter et qui mettra votre or et v- , à l'abri des

stylet et des cscopctlcs de PujoL

— An pom de nul vous prcsentez-von< J

— Au nom de Pvtjol hiMnéme,

— Vous lui avei parlé? Vous l'avez vu?

— Je l'ai vu, je Imî ai parlé.

— Et si je vous forçais i me dire sa retraite!...

— Vous n'y réussiries pas; je suis é^ileinent inaccessible i li crainte et â la douleur; c'est pour cela que Pujol nVa charge de celle mission.

— Vous ûies sou nuit ?

— Pas toujours: mais enfin je viens en son nom j La iniii esi avancée, il me faut une réponse, je J 'attend s, et si je ne li lui apporte pas deux heures après le lover du soleil» le nouveau convoi qui vous est annonce n'arrivera pas.

— I ihni'iU/ donc les prétentions de ce bandit.

— Il vous propose son concoure el celui de ses braves.

— Ah: il veut se vendre!

— Oui, ou plutôt se donner; un caprice, une idée, qui sait? peut-être autre chose aussi.

— Combien demaude-t-il?

— Je vois que vous ne le connais/ n.is. Il a de l'or plus que vous. cl. s'il m manquait, il viendrai en puiser dans vos coffres. Te qu'il attend de vous, ce qu'il désire, ce qu'il veut, c'est antre chose.

— Quoi donc?

— Je recule autant que je peux, car il vous sait homme i préjugés; il craint votre relus, vo* scrupules.

— Pourquoi n'est-il pas vnm lui -même me faire se> propositions?

— Parce que vous L .un iez fait fusiller*

— Fusiller ' lui ! il se liai te ; je t'aurai tfail pendre, voila tout.

— Vous voyez donc bien qu'il s'esl montré fort sage de menvoyi r i .« y', ce. Cependant^ général, je crois en efTet que vous traiteriez mieux celte affaire avec lui qu'avec moi; et, si vous le vouiez, je lui donnerai avis de vos intentions â son égard*

— Un peut-on voir cet homme si redoutable? je veux lui parler, qu'il vienne, ailes le chercher,

— Voire parole, gén< rai, que *i vous u'ètes pas d'accord il pourra s'en retourner librement.

— Cvoira-t-il a ma parole, ce bandit 'i

— Quand il la donne, lui, c'est une chose sacrée; mille tort m s ne l;i lui feraient pas trahir. La parole d'honneur de Pu j tu, c'est l'arrêt de votre Dieu, c'est l'analhème de son sang; la parole d'honneur de Pujol, c'est le plomb de son escopelte, c'est la pointe de son stylet: rien n'est plus sur que [a parole d'kumuriu 1 de ee bandit*

— En ce cas, je lut donne la mienne.

— En ce cas aussi, général, permeUes*moi de m f a&seotr à vol iv rote et d "en la mer la conversation.

— Que dites -vous?

— Je suis l'ujoL

Il y eut un moment de silence entre les deux in ter locuteurs. Le gouverneur plongeai! ses regards surpris dans les regards ailiers de l'intrépide mjque jet; puis, avec un mouvement rapide : — Pujol ï sêcria-l-il, vous êtesPujol!

— Moi-même, dit celui-ci d"im ton calme et d'une voii tranquille; veuillez irons asseoir, général.

— Je vous liens donc enfin !

— Moins que jamais.

— À moi} quelqu'un.

~ Pardon, général, notre conversation doit être parti i nUêrc, etees leui messieurs qui viennent d'entrer sont de trop ici.

— Le fjënèral a appelé? dit un des deux officiers eu tirant son èpee du fourreau

— Oui, répondit froidement Pnjol; mais seulement des valets pour quelques rafraîchissements qu'il veut bien m'oifrir.

Les olïieiers sortirent.

— Savez-vous, reprit Maurice-Malhieu, que vousâtes un effronté coquin?

— J'ai trente ans et il v en a seize que je sais cela ; maie je sais aussi que je suis dans la demeure d'un brave général, il'nn s-d. Lu un grand empereur; que j*; me suis fait connaître après avui reçu sa parole a honneur qu'il ne ■n'arriverait rien de fâcheux par ses ordres; que si je lui avais ilouiié, mol, ma parole de bandit, dans une occasion

1 analogue, nulle puissance au monde ne m'y ferait manqui et qu'ainsi je suis tranquille dans ce salon comme dans mes montagnes entouré de mes miquelets. Continuons donc, monsieur le gouverneur, noire conversation interrompue, et tachons de conclure un marché profitable â nos deux armées.

— Votre bande une armée!

— Eh! eh! général, celte bande fait d'assez belles choses pour qu'on ne la dédaigne pas. Voulez vous tenir une gageure que votre prochain convoi ne passera point?

— Non. Mais enfin, voyons; vous desirez voua vendre?

— Oui, me vendre, c'est le mot, corps et àme,

— Quelle foi peui*on accorder à qui se l nss»- marchander?

— Quelle foi? Celui qui croit à la parole d'autrui a aus i une parole sacrée; et tout â I "heure, général, si j'avais oc* cupé votre fauteuil ei vous ma chaise, si vous aviez été le bandit Fujol el mui le i ni -gouverneur de Barcelon deux officiers n'auraient pas franchi à ma voix le seuil de cette porte. Et puis encore, est-ce réellement un marché que je vous propose ?Cesï an '-change, cl voilà tout. Vous y gagnerez plus que moi, j'en suis certain*

ipnlez donc le prix; quelle somme demande z-vou

— Pas un écu, pas un m.iiMvêdis; quand je veux de l'or, j'en ai. Est-ce que vos caisses ne paient pas prèsdes pos* tes i|iif j'occupe? C'est moi, rut contraire, qui viens vous offrir de belles quadrupla -i Espagne si estimées dans tous les pays.

— El que vous donnerai -je en retour?

— Des épaule lies»

— Des épaulettes! des épaulellcs!

— d'est peu, niais je m'en contente : des épaulellea simples, ii petits bouillons, semblables â celles que portent i Capitaines; L'ambition me viendra plus tard, el al i nêral T je vous demanderai, et vous me donnerez la graine dé pïnanR

— Allez, Pujol» quittez- Barcelone, d'il Maurii

en se Levant, vous avez reçu ma parole d'honneur, il ; vous sera rien fuit.

— Cela ne me sufJit pas, répondit froidement Le bandit, je pourrais être reconnu, el je demande une escorte.

— Est-ce encore une u"i convention

— C'est une courtois ic i laquelle je n'aurais pas manqué s'il m'était arrivé un parlementaire de voire part.

— Toujours des parallèles qui me blessent.

— Ce n'est pas mon intention, monsieur !»■ gouverneur, ri cependant, pour vous prouver que je ue suis pas ta ni à dédaigner que vous voulez bien le dire el le croire, j'ai

l'h teur ae vous donner avis, général, que le 17 de ce

mois doit partir de Figueras un convoi de vivres, de munitions et u argent 1 qu il va quinze cent mille Crânes dans les coffres, que les deUu bements qui raccompagnent for* rueront en tout huit cents hommes, et que vous ne reci vrex pas une piastre qui ne soit lâchée de sang franc îs, si je permets a un des voires de vous ipporter des nouvelles de notre attaque. Adieu, génêraL

— Ile s lez encore, Pnjol, je n'ai pas tout dit.

— À la bonne heure, vous ^nnmencez à comprendre ce que je vaux, Àï-je ies epaulettes

— Il faut d'abord les avoir méritées.

— Mais ma démarche seule me les a acquises, et nul de vos braves n'oserait venir déguisé dans mon camp comme je suis venu Luprés de vous, moi.

— C'i^i qu'on assure que vous brûlez la cervelle à de malheureux piétons égarés avec une férocité qui voua rend IVflfroide tout le pays

— Je brûle la cervelle aux espions, aux traîtres et aux lâches. Ji tenus la in in aux pauvres, et jusqu'à 1 1

je n'ai point enlevé déjeune Qlle â sa mère.

PUJOL, CHEF FIF. MIQUELLTS.

Les j'cns de T mplîreul de Lan» i mes de-

vinrent pales, ton front se rida, ses lèvres violet les frémi* rem, ci loul son corps trembla d'un mouvement oon>

vnlsif.

— Je vous comprends, Pujol, je sais quel deuil a ele porté dans voire famille ï mais vous êtes si redoute des Espagnols, que nul Catalan ne vous pLii.ni â Barcelone, et que le corregidor lui-même n'oserait poînl punir le coupable s'il il fil arrélé,

~Les infimes] Ce n'est pas Je corrégidor oui punira tfarcelino Père 2 ! ce n'est pas le bourre au qui lui serrera le cou; ce n '«si pas une balle qui lui percera la poitrine! Je mourrais dam dp si je ne châtiais pas moi -me me ce miihîe ravisseur,, ,0kl tenez, achevons cette conversation <l ni l'ail bondir mon cœur dans ma poitrine!*^ Mes heures -'"i n comptées, on m'attend la-haut, je dois être de retour au milieu de mou armée demain malin, et il la ut

e je fisse diligence, A moi les épaule Lies, n vous vos convois : â moi le titre de capitaine, à vous vos munitions et voire or. Est-ce dit '

— Pujol, nu nouveau convoi m'est annoncé, escortez- Le, ren ivec lut a Barri-lune. > 1 te ijrade que vous demandez vous il acquis,

— J'accepte voire parole, général, et d'avance je vous donne la mienne que mes coquins n'arracheront pas un centime à vos caisses, Je ne lente pas* là une chose aisée, j'ai affaire â dis vauriens qui IVanpent fort avec des lames bien trempées; ma poitrine n'esi pas plus dure à l rouer !' ie celle d'un honnête homme ; mais j'ai dans mon camp

des amis qui seul prêts a se disputer l'honneur de mourir po u r m i , et, plus pu issa n te q 1 a mis à vec tout leu r

attachement, jai ma parole de feu qui coduase u>, rVm de mes bandits, elles forcerait, si je voulais, ri devenir ans: 1 deux que les desservants rie Saint-Jacques de Com-

posai

— 'ujol, you* svez manqué votre vocation,

— Général, je l'accomplis.

L'escorte demandée par le chef miquelei lui fui Accordée. Trente soldats de l'armée française commandés par un sous-lieutenant raccompagnèrent jus ju'aui premières

l leurs qu'il avait â franchir. Le moi ivrail la mar-

che, ci se plaisait, pour abréger la longueur de la rouir, à raconter mille traits d.< ■■ urage cl d'impiété qui avaîenl signalé La vie de Puj'd depuis l'entrée ies Français m Espagne, — lcî T b ur dïsaît-il, ce brigand a surp un de vos delnraVmenfs, H y a un mois .i peine, el deux hommes seulemenl se sont sauvés pour en porter la nouvelle â Barcelone. La, on a trouvé une femme égorgée, et

Personne n'a dnui.é que ce ne fil le célèbre oandil qui eût percée de son poignard toujours rouge de sang. Vous voyez bien t poursuivait-il, ce couvent de sainis rHiulen* qui pare le bord de celle, vallée? Eh bien ! Pujol le dévalisa un jour de fond en comble, ei mit en se retirant le feu a la chapelle de la Vierge alin d'éclairer sa retraite, Car ta nu il étnil sumliiv el meuaç \\U .ilors que l'ut commis cet Horrible sacrilège. Tenez, vous apercevez bien encore là-haut, là -haut, sur ce mamelon isolé, un petit presbytère à cèle d'un cloître eu ruines? Croira*- 011 s que, sans crainte de la foudre, lanlechrisi que nous nommons Pujol, el qui n'esl neut-èîrc que Salan lui-même In il ' a osé épouser, sans prêtre, sans témoins et

au pied ùv< auleh, une jei gitan a qui V.i ï m m 1 1 a\

passion!... Oh! le ciel, fera vrnsreanee t[<* imt cela, me* frères, et le jour n'esl pas loin peut-être on t'enfer s'ouvrira ■m 1 1 -m 1 1 1 ' ■ el se reler niera sur Lui pour l'éternité tout re. Selon moi, mes braves, le meilleur moyen de vaincre Pujol n'es! pas de lui expédier des baltes et des boulets : ces armes noul pas assez de puissance, croyezen mes paroles; â itn plaie, quand on m'enverrait contre lui, te biais faire force signes de croix aux soldats, et je leur donnerais un goupillon â la main et tm petit vase d'eau bèniie à la ceinture. Ces! alors qu'i -ït d'horribles grimaces de possédé et tomberai! .1 la renverse.

— Nous .1 % 1 11 1- plus foi en nos fusils «l en nos sa 1 1res, lui répondu îl le commandant île rose mie; el si jamais il m- trouve a portée de mon sabre, je vous juré luen tW. niavsiinr s'il y a une ïi 1a us le corps de ce scélérat*

— Soins inutiles! Pujol \ ■ ■ ■ ronl fois 1 vos cotés, il vous serrera la main comme je le fais en ce moment, que vous ne le reconnaîtrez pas. Et, tenez encore, \- niezvous que je vous apprenne un secret que vous saurez 111 s doute plus tard?

— Qu'est-re?

— Je s,iis positivement que Pujol, cette nu il même, s'est promène dans les tues de Barcelone, qu'il s'esl montré la veille à h Rambla, et qu'il a eu une longue conversation avec votre général, sans que celui-ci se doutai d'abord de I.-l n 1 y si ifi cation du chef mîquclet.

— Soin ci Us que loul cet

— Je vous dis la vérité, frères, el Pujol csi capable de vous jouer d'autres tours plus merveilleux encore. An surplus, â voire m rivée a Barcelone, parlez-en au gouverneur, et étudiez son sourire quand il vous répondra ■

On s'arrêta an sommet d'une colline fM-arpée, h là le révérend frère Francisco Paulo, toujours en le te du détachement, se retourna dêuiii-ment vers les braves, nia ion lar^e chapeau gris i gouttières de l'arriére el île l'avant, prononça quelques paroles â voix liasse, leva la main et envoya sa bénédiction ans voltigeurs de Maurice-Mathieu; puis, serrant avec cordialité la main du sous-lieutenant :

— Retournez-vous-en vile, ItlidiMl; la terrible guérilla de Pujol rôde peut-cire par ici, et mal finir :i vous sï elle vous donnai! chasse.

— Pujol! il il l'officier d'un ton de menace, qu'il vienne, et il verra si nos fusils portent droit, et si nos balles percent les poitrines.

— Il ne viendra pas aujourd'hui, dit le moine, c'esl moi qui vous l'assure; et la preuve, c'est que je m'en vais, ■ 1 |oc je m'en vais seul.

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